caractère

il est difficile de capter l’air dans la bouche,

car si on l’aspire il se perd en oxygène et rejoint comme une écriture énergétique, microscopique,  les tissus

si on ne respire pas et qu’on veuille garder l’air, il se peut bien que l’on expire, mais c’est sa vie et non plus l’air qui cette fois  au sens fort du terme relâchera

les tissus cette fois ci balayé par l’air qui n’en a cure feront un hamburger aux fourmis

si on expire l’air alors la grande poche atmosphérique s’augmentera de la contenance de tes poumons qui de toute façon ne sont pas autonomes et qu’un mince tissus sépare

entre l’air et moi une fine couche et une même agonie

de là à dire que nous ne somme qu’une poche, qui gonfle et dégonfle au rythme de la passe du temps

où ai je bien pu piquer cette photo, bon elle fera bien l’affaire

d’où il s’ensuit qu’il est vain de tenter de faire un avec l’air qui ne pense qu’à s’échapper et selon un schéma aléatoire

si on pouvait penser que je suis comme le caractère solide tracé de main de maitre jouant avec les vides qui un instant supporte l’ensemble et l’autre subtilisant l’espace au sein même du plein et les mouvements du temps s’ils sont les entrelacs et les allers et venus de l’air et du vide

il faut s’en contenter,  que de l’air ou de nous dans ce grand saisissement je t’étreins et tu m’étreins je me laisse envahir et tu me portes,

est il sage d’en conclure que l’air est plus insaisissable que la prétendu fixité du caractère qui n’est que mouvance et tente un instant de dire quelque chose dans l’infini de la métamorphose

en allant de l’éclosion de l’œil et de son pépiement

Publicités

Conférence de Romuald Fonkoua

à écouter, impossible de tout résumer ni retranscrire ,

sauf à dire que je m’y retrouve plus encore que je ne le pensais,

le langage vise à l’unité quand le monde vise à l’unité

dans un monde visant à la multiplicité le langage ne peut viser qu’à la multiplicité

d’où il ressort que l’essentiel du discours de Glissant l’équivalence ou le lien entre le monde et le langage et l’importance de l’irrésolu

Romuald Fonkua est Professeur à l’université de Strasbourg et à l’Ecole française de Middlebury College (Vermont, Etats-Unis), il est aussi le rédacteur en chef de la revue Présence africaine.

Spécialiste des littératures et cultures d’Afrique noire et des antilles, il a publié, entre autres, Essai sur une mesure du monde au XXe siècle. Edouard Glissant (Honoré Champion) et Les Discours de voyages. Afrique-Antilles (Karthala).

Césaire

l’ici qui marche dans l’ailleurs

Mais pourquoi raisonner uniquement en terme de territoire, d’identité de corps, vassalité et communauté ?

quid de l’esprit comme des courants qui ne sont pas que marins ou mammifères, s’inscrivent dans une mathématique, aussi surement que le soleil brille les aléas aimantent les affinités et gravitent, les pôles de nos circulations intérieures sont en mouvance, attirés les uns vers les autres selon des itinéraires qui doivent rester secret, rivés aux affinités déployant des attractions

loin en apparence, les corps ne cessent de s’alimenter l’un l’autre, de se bécoter en aller retours, le grand vide est un champs magnétique où les dérives en veulent aux rives, imperceptiblement se fondent dans un même esprit même si immobile en apparence, un fil à linge qui au jour semble relier les maisons comme les voix des commérages de la rue et ce de rues en rues descendant vers le port mélange de la lessive à la nuit et au large les voiles des navires

mouvement en forme de fleur, aquarelle de Lamber Sav 1997

Edouard Glissant : un champs d’îles, la terre inquiète, est-ce cela qu’il à voulu dire ? les êtres sur la terre sont en constant soucis de correspondance, déplacement hors de la place dans le mouvement et le temps, de façon récurrente ou par accident pour susciter la fécondation

ainsi fait le vent ou la grand marée sous le repicage de la lune

dans les trajets en dessous tout bouge et se rejoint, se déplace dans quel soucis, déposer les oeufs là à des milliers de lieues plutot que sur place bénéficie t’il à la grande circulation,

photo Vasil Qesari , Lisboa

ils échangent l’esprit comme ils mêlent les salives, le mouvement aide à l’éclosion et la posture statique ne fait que tromper l’incompatible pendant que la vitesse joint les bouts

et patchwork, les proximités sont trajets de bouts en bouts

des iles que nous sommes tous ou quelques uns, coques de noix naviguant de là en là où le monde ne va pas ? le monde des masses continentales est percé des veines qui irriguent et créent des voies établissant là aussi un réseau de correspondances, et on voit de îles couver un continent, maillage des chaumières circonvenir à une forteresse

sailing away (photo inconnu)

le monde n’est pas ce qu’il parait, si solide ou liquide et dans ces états des correspondances, attractions, répulsions, émulsion, révulsion et si on y parle toutes les langues, si le filet entre les mailles touche à l’émotion, les bouches s’abbouchent et sexe de femme en fleur éclosent, dans les yeux le fluide courant qui zèbre l’univers

un socle de terre traversé des mille faisceaux est comparable à l’archipel et , l’esprit en pluie fines gouttes scintillant d’arc en ciel porte et préjuge des transports, la matière en mouvement

bouillonnant  des alliances.

i-je rien

Gauguin

en rebond à l’article de Gérard Larnac sur Poétaille que je cite :

L’Universalisme est sous le coup d’une double naissance : expansion globalisante du même à l’exclusion d’un tout autre qu’il s’agit systématiquement de nier, et dans ce cas totalitarisme au sens strict du terme ; trame unique de toutes les diversités assemblées, dans l’écoute, le respect et le partage – et l’invention d’une table commune.

 

 

La pensée de Glissant condamne l’universalisme comme un héritage des pensées globalisantes, qui, soit à l’aube de l’occident et de quelques autres civilisations à racine unique, impériales et totalisantes, soit à l’époque de notre « Renaissance » et c’est ce qui a permis à la science telle que nous la connaissons de pouvoir prendre le contrôle, elle pouvait avoir raison et je pense à Galilée mais ce n’est finalement qu’un regard qui, pour pouvoir penser le monde à besoin de s’en saisir comme d’un objet fini ou du moins « défini », il en résulte que l’univers obéit aux mêmes règles communes à tous. Valables pour tous , or en fait la pensée du monde est en accord avec la façon que l’on a de le vivre, y a t’il une vérité ou est ce question de point de vue, de vie .

Les secousses politiques et pratiques de cette pensée sont impérialistes. les grands empires occidentaux ont la main mise sur les mondes, pluriels, et c’est cette diversité qui rend la vie si étonnante, la conquête se fait aussi par l’emprise sur des systèmes de pensée comment les peuples pensent ils ?  les peuples pensent, leur vie sur terre et il émane une tentative d’élucidation, une hypothèse qui fonde la vie qui sera civilisation, l’occident en se lançant dans les mondes brise ces élans car même dans le cas d’une tentative de compréhension il y a préhension, la pensée de l’autre est asservie,  détruite pour être assimilée.  Les fondements de ces pensées ne sont pas compris, la diversité non relationnelle commence à faire des dégâts.

Edouard Glissant

Car  l’univers entier apparaît il de la même manière à tous ou est il dépendant d’une vision? d’une hypothèse à vivre , voyons nous tous que ce que nous voyons ? les différences ne sont elles pas au coeur même de l’être humain et de sa présence, et l’interpréter, n ‘est ce pas déja un début, non seulement de trahison mais de destruction. Il m’a toujours semblé impossible d’aller vers ces autres peuples en ayant ma propre proposition, définition, langue et habitudes,  et , c’est s’imposer soi à l’autre, anthropophagie et non pas anthropologie, l’ethnologie est condamnée. Seule la poésie et ce qu’elle suppose, l’intention poétique de Glissant mais aussi intuition, par laquelle on réussi à s’imprégner, à se prendre à l’autre, l’écoute, l’attention, et même comme le fait ressortir Ségalen, la présence de l’étranger, de soi dans l’autre lieu fait déjà basculer le monde, lire Nicolas Bouvier c’est s’en convaincre , mais alors ?

Il serait intéressant de se pencher sur l’histoire de la notion d’universalisme, de sa présence dans l’histoire, des temps anciens aux notres, il faudrait être philosophe, ou historien : l’idée que nous procédons tous d’une ligne unique et donc que nous pouvons être ramenés au même est combattu par Edouard Glissant .

Le penseur de la créolité en sent bien les dangers, et surtout l’inanité, car si sa pensée mène à la créolité, idée fabuleuse mais pragmatique, car à un point de l’histoire, il n’est pas de retour possible et surtout JE suis le produit de la diversité, dès lors comment me penser en dehors de notions d’ordre « rhyzomique » ou relationnel, et non comme le fait l’occident en en appelant à l’universel et à la pensée unique, idée qui le renvoie surtout à lui-même mais qui est désespérée, elle ne résiste pas au fait et aux conséquences du monde d’aujourd’hui.

La pensée créole est de tous les créoles (superbe article de Maxette Olson à lire ici ou sur potomitan  ) mais se pense dans un temps, les conditions de son avènement, et un lieu, qui peut être multiple ou étendu, ce point du lieu qui articule la pensée de Glissant est un point délicat, des auteurs comme le réunionnais Carpanin Marimoutou étendent le concept de créolité à l’outre-caraïbe et même s’il se sent plus proche de Glissant que des autres penseurs créoles, semble indiquer qu’il y a un développement possible, même nécessaire. C’est la définition même de la créolité de Glissant que d’échapper à ce qui le restreint puisqu’il est le contraire et est en devenir de vivre, la vie en mouvement, se construisant elle même et donc échappant.

Zoran MUSIC serie bizantina

Nous souffrons de strabisme, et nous pensons que chacun est plongé dans le même monde par les mêmes yeux que nous,les choses se ramenant à ce que nous croyons être, de manière scientifique ou aveugle, d’elles. Le monde en est rétréci, les poètes et les artistes, nous montrent que l’apparence que prend la diversité, pour ne pas la réduire, pourrait être un chemin vers la vérité plutot que comme nous le croyons une fantaisie. Des peintures rupestres du Tassili aux toiles de Roberto matta,  des sculptures de Chillida aux dessins de Zoran Music,  tous les voyages où les mots mènent, que ce soient en philosophie, en poésie ou autours d’un feu, au hasard de la marche, voyons nous un divertissement ou nous engouffrons nous par une porte vers ….  quoi au juste, l’humain, quelque forme qu’il ait, semblable et si terriblement unique. Avec l’intention poétique et ces oeuvres opaques, que l’ont pourrait appeler des metaromans, Glissant entame une réponse qui ne finira pas. mais qu’il sonde.

Mais la créolité vient après la lutte pour la négritude, Césaire, décrié, a quand même écrit « le cahier d’un retour au pays natal » qui est l’écrit de tous les retours, de toutes les reconnaissances, de la connaissance et de la différence. Abderrahmane Sissoko dans son film « un jour sur terre »,  ponctue son film , de l’écho du texte de césaire et du « discours », l’-An-deux-mille qu’est ce que cette notion a de commun avec un petit village du Mali, ou l’occident n’est présent que comme une blague, celle du téléphone, et nous dit clairement que ce que nous nommons le monde n’est pas le monde, et qu’il n’est même pas désiré.
Le cahier a ceci de surréaliste, je vois le surréalisme avant tout comme une reconquête de l’intériorité sur le monde extérieur, comme la recherche effrénée de la vérité dans les méandre du cerveau, de notre être véritable qui est à creuser plutot que le monde autours sauf à le penser pour s’en libérer, car sous-entendu, dehors la vérité humaine a déserté. Je pense que c’est pour cela, et parce que le temps était venu, que les reconquêtes des  identités bafouées par les colonisations ont pu se faire. Césaire a lâché les chiens. La pensée de la créolité si elle est obligé de penser l’Europe se pense avant tout au dela d’elle. Elle est une reconquête de soi. Tous les cahiers sont ici chez eux pourvus qu’ils s’ouvrent et s’écrivent, toutes les pages se tournent, l’homme noir se redécouvre, s’accepte, dans la souffrance, dans le regard sacrifié et estropié. Et s’accepter, entamer la reconquête dans la modernité.
Mais on ne peut voiler la face du monde. la guerre d’Europe jette un immense filet sur le monde ou l’homme blanc est présent, et les échos retentissent de Paris à Sao Paulo, de Madrid à Lima, de Budapest à New-York, la pensée issue de la guerre  vient jeter son ombre dans les mondes qui prennent conscience de leurs marges, elles sont partout, des non-lieux aux centres des villes, de la folie aux espaces hybrides où les pensées ont fusionné, dans les rues et les complexes industriels où la vie n’a plus rien de simple, en l’homme du commun se découvrant et en se découvrant est projeté  dans un siècle nouveau.

Lac malawi, vallée du rift

La prise de conscience est énorme et la diversité est indubitable, le monde ne se pensera pas sans elle, l’universalité devra être revue, les centres glissent vers les marges et occupe l’espace mental pendant que progresse la gangrène dans les villes et partout où la logique industrielle, post-industrielle et futuriste rejoint la forêt et le hululement des chouettes. Dès lors que comprendre, qui sommes nous au delà des brumes du conventionnel.

L’universalité insiste comme aveuglée, nous ne renonçons pas facilement au rêve d’antan, celui de la caravelle et du concorde, alors même que pousse la mère (terre mère) le déchirement dans les douleurs de l’enfantement, cet être hybride aux milles visages dont un seul contient tous les autres, qu’il n’est plus possible de penser en dehors de ces systèmes, mais l’être humain, le visage, le corps, le crime, l’effort, je pense à Salgado à ce réel impossible, que l’on nomme tout-monde et qui repeuple la tour de Babel, reconquise, et aussitôt détruite, de fait, dans la relation mère que nous annonçait le panthéon vodun, la ville et la mine de nouveau jette à bas les fondations possibles. Ou est-ce que nous ne savons pas voir et regardons nous de façon torve, sans se soumettre à l’évidence.
Infinité des possibilités, prédites et dissoutes ce que nous en voyons et sème le doute, au contraire, la libération de devoir se limiter à une vision factice.

Sans sortir de là, mais tu (l’autre) est sur la même ligne, recrée de la cendre, de la minute égarée, de la blessure et la souffrance, le monde est à naître et cela sans fin et perdu de vue, repousse à coté, incompréhensible, chaos-monde, alors il suffirait d’écouter sans ce projeter dans le discours mais faire la place aux bruissements des langues, aux imaginaires, au tremblement, signe de la fragilité et de l’instabilité de toute réalité, que nous sommes sommé d’écouter. mais qui inintelligible, fuit.

On recourt facilement, croyant bien faire, à l’idée d’universalité, philosophiquement l’idée est séduisante mais elle est aussi suspecte parce que si elle semble combattre l’obscurantisme et l’isolationisme, autres plaies de notre époque et de toutes celles qui nous ont précédées, l’idée en même temps s’acharne à nier la différence, et imposer, sans qu’il y semble, une autre pensée, celle là unique, terriblement pauvre, elle fut annoncée, encore et encore et le monde moderne accouche comme d’un mort né encore et encore à chaque naissance tué, dans l’oeuf. Comme le rappelle deleuze, si la philosophie ne se mêle plus de penser les concepts, la fonction en reviendra aux publicitaires et aux politiques et la quel monde quand nos mondes seront livré à la bêtise ! (à écouter plus loin sur ce blog)

Le tout-monde réclame à la fois le bruissement de tous en tous mais réclame le lieu, irrésistiblement collectif, de façon inattendue, le divers, le dévalement de la vie que la pensée enfin reconnait, mais peut être la reconnait elle déjà dans la modernité car la pensée moderne est si complexe que je n’y risquerait un oeil que par l’entrebâillement, encore n’y verrais-je rien ou un souffle capable de nourrir mon intuition.  La géographie, toute chose est située, mais je n’en suis pas sur, et le tout-monde n’est il pas aussi dans l’espace,  la notion de lieu comme essentiel au tout-monde, se situer même de façon contradictoire, le temps ne l’a peut être pas attendu, n’est-ce pas ce que pointe David Lewis dans sa pluralité des mondes ? Mais je ne saurai m’avancer . sables mouvants et il me suffit d’être.

peinture rupestre du Tassili, sefar

suspecte aussi tout de même par la grande difficulté/ ou l’impossibilité de comprendre la complexité qui nous est interdite, celle de la pensée aborigène par exemple, des mondes du Tassili ou des esprits de la forêt,  bantoue, amazone ou cubaine, native ou créole,  ou est-ce d’accepter les termes mêmes par lesquels les hommes se signifient / se pensent et établissent leur existence jusque dans le dit et le non-dit de l’autre  (que l’on trouve dan le geste rwanda par exemple, la Palestine de Jousse, le « qu’elle était vierge ma forêt  de Matta mais aussi de tant d’autres)

L’universalité battue en brèche, tous les uni_ du monde s’entendent au pluriel. Pour ma part , il m’a toujours semblé que la compréhension entre les différences ne pouvaient pas se faire d’emblée ( par perspiration mais aussi initiation, immersion, traduction, comparaison, hybridation, « révélation » (je pense à la réaction de malaurie face aux mondes inuit) mais généralement il est besoin d’une passerelle , ainsi l’Afrique que l’occident contemple, le pont qui le fait accèder à l’Afrique, mais l’Afrique de la rencontre, qui n’est plus l’Afrique des origines, que l’on a forcé à ressembler suffisamment à l’occident pour que le dialogue, ou le constat puisse s’envisager, l’Islam a fait de même, est-ce qu’elle a déja commencé à se perdre ou est ce qu’elle est rentré en relation et a commencé de se préparer à l’échange, entre ses deux idées, mais aussi l’hybridation créole dont nous nous obstinons à ne pas prendre en compte la fabuleuse avancée, car ces mondes sont de tous les mondes, dans la souffrance de tous les temps mais aussi dans l’aujour’hui quand hier rejoint les ombres et laisse la fascination d’être en vie, prendre le dessus, même dans les situations supposément les pires, l’être humain se révèle à renaitre, vivre quoiqu’il en coûte, puisque vivre il n’est rien d’autre et la souffrance et la négation ont été vaincu, je pense la plus grande richesse du monde créole dans ce sourire, ce rire, qui obstinément avance,
Et la question, les indiens de l’Amazone devaient ils être changés, les mondes étaient ils si différent que l’on ne pouvait pas entendre ou suffisait il d’écouter ?

Il y aurait besoin de transformation pour accéder à l’autre et communiquer, je suis perplexe et bien sur la vie est dans la transformation. (relire Coomaraswami et l’Inde ne nous l’a t’elle pas promis? )

or l’écoute et l’acceptation entière est nécessaire , car sinon l’autre sera t’il encore l’autre et ne sera t' »il pas amoindri, sombrant avec l’idée de différence, de diversité et d’entente.

L’ idée que suggère Ségalen (relayé par Clifford) est une idée de voyageur, eux ont su se glisser dans les étonnements et en faire une force, se vouant sans se renier à s’augmenter constamment, donnant tout son sens au voyage qui est de traverser l’alterité sans qu’il n’y ait de but, mais, chacun nous le dira, on en sort transformé, augmenté de connaissance, un soi qui n’est plus tout à fait le même qu’au départ, ayant traversé et imprégné tous les points du trajet, l’homme a eu l’intuition du tout-monde dans la rencontre, dans le lien le laissant en devant de lui, quand il y parvient.
Je relis « ébène », « le voyage avec Hérodote » de Kapuscinski tout entier dans ce qui pourrait arriver et qui arrive, et je me demande si le rapport à la différence qui devait être si criante, ou était elle ressentie comme moindre, parce que moins ancré dans sa propre différence et dans l’idée, à la bien penser, de l’universalité qui est un leurre si elle repose sur une constante, sur un rapport à une normalité fixe, à une norme quand règne le divers,  l’imprévisible et l’inacceptable, je me prends à me demander si cela a toujours été vrai ou s’il a toujours fallut user des passerelles et des moyens véhiculaires. Il y faut peut être seulement un carnet (gris) ou un claquement de langue qui amusée tente de reproduire en riant les sons. Tout alors parait proche. Même s’il n’est jamais à atteindre, cela en fait il un  lointain ou est on entre deux eaux. finalement heureux et sujet du destin.

Deux idées me viennent, l’antiquité ne faisait pas référence à la couleur comme critère et  certaines régions comme celle de  l’ancien Niger qui, selon Hampate Bâ, étaient des zones de partage du territoire ou chaque ethnie se répartissaient les fonctions, les lieux et les divinités, ainsi les Bozos étaient les maîtres du fleuve,  les bambaras les forgerons et les peuples, vision idyllique mais est elle sans fondement, vivaient un espace partagé.  En était il partout ainsi ? le Rwanda et les régions des grands lacs vivaient ils suivant ce mode, comment un pays comme le Cameroun et ses quelques deux cent langues parvient il à ne pas s’incendier en guerre tribales, quel est le miracle de cet équilibre ?

et surtout qu’en est il de nos villes et de nos mondes qui s’enchevêtrent formant un monde dissemblable toujours au bord de la rupture ?

Comment se sortir d’un tel étranglement, qui va croissant et ne connait plus de limites ?

Shanghai tower

marinheiro


photo inconnu

et si l’on devait dire le bouleversement quand à la mer marche l’étendue de l’eau la poitrine inspire les flots, aspire à s’embrumer, brume d’eau aux surfaces des écailles

pour le marin c’est comme claquer la porte d’en bas de la rue qui monte et suivre les pavés jusqu’au bureau de tabac, et s’en revenir au port où l’attend le bateau, mais je ne suis pas marin ou pas assez ou trop poète, et attentif aux mots

laisse l’air fouetter les odeurs et les épices, je me sens de tous les mondes, j’ai intact l’étonnement de pouvoir demain jeter l’ancre au Cap vert et de là frétiller  d’île en île et à la conversation, quémander un pain et un grog et heureux écouter les vieux raconter le malheur de vivre ici, me sentir submerger par le corps et coq sacrifié chanter  l’âme des femmes mûr d’une torsade et ivre en rire

envisager l’avenir chantant des promesses non tenues, promettre encore et rendre aux flots le du du sang et n’en garder que la chanson, je la fredonne sur les chemins infidèle au milliers de visages et la joie en tête, sourire sous ma chemise et la flute entre mes jambes, d’un pas léger accepter d’être miséreux tant que les mots ont un air de fête

je revois l’écume, la poussières et les îles qui disparaissent de la surface

oubliées

semblables à des points ou est ce moi qui ai soufflé sur l’océan dispersant des bribes et repensant l’humanité, sans soucis de précédant l’oeil pétillant confondre danse et volcan et  commissures des lèvres et le corsage ouvert me fier aux hanches, poles de l’univers

pour ce que j’en vois

photo inconnu (droits réservés)

m’attacher au noeud du sari et pieds traîner la poussière, l’envoler vers les grains et s’envoler les mouettes, comme dans les rochers qui absorbent l’Océan, comme le sable qui s’ingénie d’une drôle d’arithmétique et comme la terre qui surgit du feu se couvre de maïs au beau milieu de l’eau, comme la rivière s’écoule entre les sables et émeraude chevauche les rochers comme crinière crépitante vers la bouche de l’ouverture

béat, s’y échappant et libre des courants

fil des échanges entre les terres le marin se laisse glisser et la voile lui sert de prise au-vent et s’en être marin, marinheiro je reçois les atomes des embruns

tanné sous les couleurs et la lumière de la nuit, j’invente pour me parler  une langue étrange, au vent celle des autres rives et des bancs de sardines, mérous et dans ma soute la poésie d’un matin

aquarelle, Lamber Sav 2005

rire l’exil d’ici

tout-monde contre exil

ou bien

porte t’on l’exil en soi

ou bien

porte t’on le tout-monde en soi
malgré l’exil malgré la fraction du monde en trois malgré le monde et malgré soi

rire l’exil d’ici et quand la vague frappe plus fort qu’un crash à Hyde Park est une antidote à l’exil

qui défie d’exil d’être au monde ne répand pas d’exil s’il ne se retourne pas et réinvente ce qu’il a laissé qui l’a tué, abandonné et que meurtri il a du quitté comme une meurtrière dans la tour éperonner l’alezan et à travers champs peut être d’iles et de malédictions jeter aux corbeaux si le tout-monde en soi porte à bout de bras malgré l’âme qui plonge et braille en ressac

le monde enveloppe et ce poignard d’être d’un lieu à rebours ou à reculons ne vaut pas que l’on se terre même si cime-terre danse Mame luck plus fort qu’un dervish qu’un dare devil et qu’erre

puisque à t’entendre même dans les caves et dans les villes

l’on accepte d’être de tous les mondes ou d’un tout Monde qui signifie qu’il n’est plus besoin de retour ni de marche arrière et encore moins

de panne sèche

même en plein désert la rain forest et les villes fut elle Sao Paulo abrite bien dans un pot de fleur un hibiscus prélude à l’après midi d’un faune,

bacille de la forêt d’émeraude

et chant des pygmées dans ce concert de klaxon

quand on écoute stomp le coup de balai se confond avec la pluie et les poubelles rugissent si fort

sacré baile funk je veux bien baile funk toute la nuit au rythme de ballet stomp et grommeler en ouvrant  ma coquille un air

en quadrille

de conque et montrer ma binette

qui deux par deux

baile le funk

alors quoi la nostalgie cette douceur de l’âme est de tous les départ et ne se trouve qu’à l’arrivée quand touche terre terre les douceurs alizés emportent la tristesse et à Lyon les bouchons quand à Carcassonne et à Frankfort même le wurst chou krouté est poéllé

alors quoi il n’est plus besoin de se sentir des relents d’accents et d’épicer la tambouille

peut on vraiment, est ce vrai exploser au nom d’Allah les sanctuaires des saints de Tumbuktou  touareg du désert ou Buddah d’Afghanistan les signes de nos traces sont elles envolées effrités et rien ne fait il plus de différence quand on acquiesce au monde

il serait le monde et on serait à lui , on se donnerait sans compter et on ne se retournerait pas car devant les voiles du sexe nourrissent les seins et l’esprit saint tout d’un même tenant et la boussole n’est qu’affective

Angèle etoundi Essamba

tu étais bien parti mais tu commences à dire n’importe quoi ! me dit il , le perroquet du haut de son perchoir a tout vu et me le répète mot à mot

que veux tu donc dire ?

Ne comprends tu pas ?

l’être au monde est il et cela suppose t’il qu’il n’est besoin de lieu d’ou l’on parle car de fait « on parle » c’est donc que l’on parle et donc d’un lieu

d’un lieu mais pas du lieu ,

ah y a t’il le lieu ,  plutot qu’un lieu, le lieu de l’aimantation, un pole à soi d’ou l’on revient et qui nous manque

qui nous meurtri et nous rappelle les chansons la langue qui douce mère nous tisse et que l’on chérit même dans la violence ,

faut il faire ce deuil là et ira t’on dans les cimetières retrouver les traces perdues ou le soir sur la falaise jeter les yeux dans la mer

ce lieu qui est en moi ne m’appartient déja plus

c’est je pense le lieu de la souffrance et le lieu du rire et du jaccasse vaut mille fois plus pourvu qu’en son estomac la nasse mêle tous les poissons du monde

monde dont je suis

et que d’exil la tristesse comme les baleines viennent s’échouer , déesses de terre dans l’ile rompant la promesse et l’alliance des grands fonds, un enfant s’accroche à la mer et scelle le pacte.

Dogside

comment de sa position apparemment dominante, qui même si elle était de dominée de ce pic d’Europe de l’ouest
de l’intérieur même de cette zone de la dominance,

encore faut il adhérer à cette pensée qui irrigue les automatismes et la réflexion issue de cette société, l’homme s’y voit il ?

ils sont les survivances, et dérivent hors de l’histoire maintenant une trace stagnante , loin vers l’horizon ceci n’a plus de sens quand reviennent les bateaux chargés à ras bord des clandestins ou que les avions ramènent dans leurs soutes,

stagnante la source ?

ou est elle mouvante et vive des traversées sans borne des marges se poursuit elle à l’intérieur même des terres et des villes, quartiers rues, immeubles où se retrouvent les gens de tous les bords des terres, langues en mouvances, frénésie simple des partages, on observe le métissage et dans les êtres, frustres ou cultivés s’entendent les patines des tressages des imaginaires issus des luttes qui poussent aux rivages

crisse le bois d’ébène, bois blancs mort sur la plage et que le passeur transborde offre en combustible ou arrête dans les mailles policières, les halls d’aéroport et les hangars des mégapoles construites sur les os des peuples, ces archipels animés et de roche en roche franchirent les familles à la recherche du poisson, de la terre entourée d’eau, du coté ou allaite le chien

ici qui dans son plus haut pic, la langue cimente, tente de lier les gravats du monde, quand chaque grain de sable est l’héritier de la traversée et conte l’histoire, il n’est plus de vent seules les turbines carburent

et moi parvenu à ce seuil où l’on pourrait me croire de souche, quel chemin n’ai-je pris pour me retrouver là et pourquoi est ce que je brandis l’exil, pourquoi obéis-je aux vents du monde qui se retrouvent dans les visage et les voix qui sagaies tentent d’oublier l’oubli, renouer au seuil du rivage où je suis parvenu, j’entends les voix

qui des brumes des temps anciens, survive en l’âme et dans certains coins en bien en mal , enracinés dans le collier de mer et dérivent hors de l’histoire maintenant une trace stagnante ou est elle vivante, dans ces parages mornes du paysage, sont ce nos strates que nous piétinons et peut on encore se réclamer d’elles, croisés à être liés, dans ce présent isolé que le partage réclame, de cet entrem^^element de peuples, familles villages vallées se rassemblent, nouveau né aux marches des immeubles le long des pierres de cette route, l’enfant ne sait plus ni la soie ni les contes fantôme du feu.

francophonie

 

ce qui m’intéresse ce n’est pas le français mais les gens, les peuples etc. individualités qui transitent par cette langue, le français sans les français dirait Anna Moi, qui de toutes façon n’existent pas , c’est pour cela que l’on peut dire cette phrase,
néanmoins j’ai l’impression que l’on revient à une fiction de l’identité nationale qui est hors de propos, sauf dans les sphères du pouvoir , dont on se fout (enfin moi ) par contre des individus nageant dans le bain de la langue française .. écrivent, parlent, ramifient des expériences, etc. là ça devient intéressant dans ce qu’ils apportent de neuf, de différent, humainement et avec des codes souterrains différents, fondant un tout-monde, un dit plus libre sans référence à cet agrégat qu’est le français et qui nous échappe, qui nous contraint et où on ne se reconnait que par habitude,
revenir à une langue identité est asphyxiant, vive la langue qui se déploie
en fait ce qui m’embête c’est de mettre en premier plan la langue française et l’environnement culturel dit de France soit-disant universel et de fait colonial ; la notion de France n’est que secondaire sauf si elle est fondatrice mais l’est elle ?

photo , inconnu

 

vent l’insatiable veut

les mouettes ont fait taire les grenouilles et le vent souffle , apporte de la fraicheur avec le soir ,

des cris bizarres dans la nuit , un cormoran, si loin de la cote cela semble peu croyable mais qui sait ce qui franchit la distance

c’est la magie du vent d’écourter l’espace rendre l’improbable tangible et se rencontrer  ceux que rien ne rapproche , la géographie est mouvante et l’homme constamment en mouvement, ce vaste tourbillon cellulaire, ces rythmes des planètes dans l’espace, l’homme n’en différe pas, de l’endroit où sa vie comme des cercles se répercute il  semble immobile comme  un vent qui mets en mouvement, croise et entrecroise, parallèle et traverses, lignes de fuite et tension, magnétisme, tout concoure à mettre en relation ou  s’affronter les immobilismes, points de rencontre issus des départs et des escales, rapts et attractions, l’le voyageur porte en lui l’improbable d’être là mais n’est déja plus dans l’ailleurs ni le lieu dans le là.

Le monde n’a pas attendu les défrichages pour métisser

céder à l’impulsion et partir se laisser aller aux affinité sans fins, connections électriques et tempêtes les regards quand les pas et la démarche portent

les souliers vernis et pieds nus comme un visage

cuissardes, la peau est zébrée des tatouages, dessins et signes, la peau porte le monde incisée sur elle,  en est la carte , insignes de la perception et dont il se réclame, trame de l’imaginaire autant de voyages contés  du fond de ce qui semble bien être l’esprit l’intention remonte, actes

un pan de tissus recouvre les corps permet de s’entrouvrir au chemin quand la marche attire le monde à soi

je pense à ces vents qui ont poussé les voiliers, à ces courants qui poussent par dessous les eaux et  font s’attoucher les cotes, délivrant les hommes et les asservissant

brèche de contact

langue véhiculaire

pas de la jambe et de l’élan *

lave et des décombres surgissent la flore

que peut ‘on savoir de la vie si l’on omet les vents, les marées et les courants

les planches des géographes préfigurent le jour où tu te laisseras aller au vent, le souffle infléchit les tracés qui ouvrent l’espace, cible de là où où les pas atteignent, si seulement l’on savait que tout est mouvant, fluctue,  se déplace et suscite les écarts , les obsessions, les grandes marches inscrites dans l’effort de l’un à l’autre prend par surprise, autre carte, ces déclic où la photo dessine le pourtour de ce qui fut reconnu et rêve l’ouverture nécessaire à s’augmenter de la couleur ou l’odeur, quand on s’arrête, quand l’étonnement est le départ de la compréhension, quand la passion rase au fil de l’eau l’envie de ne pas continuer vers où  se perdrait  le pressentiment quand face à l’autre le contentement de rester à accompagner ce corps et voir avec ses yeux, 

en rester là , ici

quand nourrit le déchiffrement, la charade et l’inintelligible est le prélude satisfait s’ouvre l’éclaircissement du mystère en soi

proie du vent

le muscle allié à la détermination, l’envie de rencontrer, d’apprendre et de rejoindre, d’échanger la monnaie de son expérience pour étancher cette soif,  à la recherche partir remplir son sac de la connaissance

pendant que le vent colle une croute de terre et végétaux sur les mollets  durcit la plante et l’esprit dévoile son propre vent au centre de la vie

gronde le  filet déployé vaste et qui ramène au sens et à l’entendement la densité clairvoyante,  l’en vie et la source prénatale de la valeur du chemin dépend de ce qui traverse

devenant plus léger et imprévisible à chaque voyage

l’homme en se chargeant de la terre se charge d’un sourire et sous son silence la foison des histoires le rapproche de lui même, tel qu’il se retrouve , comme si l’autre, dans les roches et la boue, les étoiles et l’insondable, la mort et la souffrance et dans ce déchirement des entrailles ce cri que le monde est à découvrir

se découvre

soulève le bandeau qui cache aux yeux et maintient l’habitude alors que le regard doit se faire neuf s’il veut voir et c’est pour cela que l’on part

soulever le voile de l’oeil, trouver le chirurgien qui libérera de l’illusion

chevaucher le vent,  l’immobilisme que l’on gagne dans la cavalcade soeur de l’escalade et de l’outre-passement, orgasme malicieux de l’existence, gourmandise  insatiable de celui qui sait que le fil est ténu et est fait pour craquer.

© photo Andy Goldsworthy

tag les caprices d’un fleuve, Yeelen, waati, signares

bord des voiles

© photo Pierre Verger

amené par les secousses les caprices et le rejet la vie comme une eau et soi comme le bois, ballotement, la tête à l’envers quand le monde ne semblait plus avoir de sens, la raison s’agrippe au peu mais la tourmente emporte le fétu alors on est tenté d’en rire et ce rire est cette branche qui reprend vie échoue sur le rivage de l’ile  fait fi des tempêtes et en riant crée des racines de la hachure ramené en rêve une foi par semaine au déballage de quoi s’ensoiffer d’espérance, entourant de prévenance le soleil, couronne d’or nouée en fichu et le pas décidé, marche entre les forêts d’un pas enjoué, la chemise déterminée et le froc ceinturé d’eau indigo