J’ai ouvert un carnet
(que j’avais refermé)
j’ai jeté des mots
sur le papier (et)
des signes cabalistiques
une euphorie de traits
mille volts et des gouttes
de couleur absorbent
l’irisation de la carte

C’est alors que mon œil
s’est emparé du compas
tracé un cercle  lent
déchiré le sparadra
est tombé dans l’eau
du  méandre dans le marigot
c’était comme si
l’astronaute dépliait
l’eau bleue du sang
des eaux dans le vif
l’or rouge des veines et
la forêt de haut en bas
Oh Astre notre astre
laisse voir le fracas
l’ahurissement glacial
la pesanteur de la douleur
l’erreur et le feulement
la cicatrice qui se referme

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C’est mon monde c’est ma maison
Y’a pas de trous de taupe dans ma pelouse
Je me mouche
Y’a pas de crotte au bout de mon nez
je secoue mes chaussures
une graminée déchire la toile d’araignée
me fais pas croire aux gouttes de rosée
Y’a de l’ivraie dans le matin
tous les chemins
les grenouilles de la guerre
M’empêcheront pas de passer la barrière

(à M. T)

Voile au vent, sur une photo d’Angèle Etoundi Essamba

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© Angèle Etoundi Essamba, voile et dévoilement, le livre

Par la force du vent
l’éclat d’une porte entrebâillée
j’ai vu
une voile blanche
une ombre figure un cil
une main
ramène sur les yeux
pour que coupe le soleil
un air de coton
aussi blanc que l’écume

gggg
La nudité était dehors
dans l’étendue indifférente du monde
à portée de main
sur le mur qui s’écaille
beauté cratère
sous les brins tissés de la rue
l’érosion
constante
au fil de l’eau
sur les paupières
la morsure du sel
chauffée par la brulure

 

© Angèle Etoundi EssambaAngele-Etoundi-Essamba-Voile-au-vent-2006-Foto-op-aluminium-dibond-Oplage15-100x70cm-Euro1730-jpg-1426690103-0_full

Ouvre le livre
c’est un chemin sur la beauté
intime
et qui ne livre rien
une juste distance entre la vague des êtres
et dans l’optique
regard vers l’intérieur
œil épris des lointains
non le lointain qui éloigne
mais le lointain intime
qui par l’iris
semble filtrer
les secrets des étendages
le doux sourire
toute la lumière obtuse du monde

Ce fil
lumière
l’assurance sereine des jours
Un œil sans un visage
un buste sans un corps
seuls les murs se lézardent
la terre recouverte d’un peu d’herbe
croute sur la peau
conscient d’un mystère
uniquement
s’enrouler de nuit
ou se croire
obturation maximale du jour
dans le même lieu
d’une vive voix qui n’est pas la sienne

Je ne peux parler à ta place
se confondre avec le sable
Mille voix et la mienne
plusieurs temps et un lieu
si j’y suis
et que tu es toi

jjjj
Qui dit comment s’approcher
de la rudesse de l’eau
qui dit comment marcher sur le sable
tutoyer la distance
les infinies possibilités du labyrinthe
l’unique trou de souris
l’éclat du vent
la vie aux mille couleurs

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© Angèle Etoundi Essamba, voile et dévoilement

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Vase communicant avec Aunryz Tamel

L’idée des vases communicants m’est chère : ouvrir son blog à d’autres écritures et élargir le cercle à ceux qui écrivent sur la toile, particulièrement à ceux qui en donnent l’envie.

C’est Aunryz Tamel, dont javais apprécié l’écriture qui nous offre ce très beau texte sur le thème dont nous avions convenu de « Ce que nous fait le vent »

Et qui m’accueille gentiment sur son espace « les décourcis de Lélio Lacaille »

 

Vent éteint

Une femme, un lourd panier de pommes au bout de chaque bras
autant de soucis que de fruits derrière les paupières

Un homme que ses ancêtres
vigilants spectres qui ne le lâchent pas d’un pas
tiennent droit comme l’épée qui blesse sa hanche
lui interdisant tout commerce de l’œil et des lèvres

La foule, en une vague dense, menaçante, joyeuse
qui s’en va, place du marché
manger des pommes ou les voler

Un âne dont l’obéissance fait durer l’existence
et qui lâche sans malice
– mais rien de certain –
un vent odorant où la ville se dissout
pour un temps

Deux enfants qui poursuivent
chacun le souffle de vent que donne le corps de l’autre.

y
Porte muette-p(Beaume les Dames)

De tous ces passages
que le temps et la pierre ont murés
j’entends le vent triste
J’entends le murmure éteint
la supplique figée en son ombre
le souffle tu d’une bouche scellée

 

(c) écrit par Aunryz Tamel pour ces vases communicants de septembre

Pour la liste des autres vases co de ce mois (et des autres mois) ils sont ICI

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La réalité semble indélogeable

l’attaquer à coup de « même si »

ne semble pas l’entamer

 

peut être lui jeter des pierres

l’empoisonner l’abandonner
sur l’autoroute

ou au fond d’un ravin profond

 

Pourtant il y a des traces de pneus
qui mènent quelque part,
ou est-ce à l’autoroute, au ravin ?

 

la pie fait un bruit épouvantable
Je n’ai plus d’humour , je garde le
singe dans le sac et le tout sur le dos

 

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Je regarde ce que je n’aurai jamais, des enfants, une maison sur une terre une ile sur une rivière, des parents des grand-parent la joie dans la maison,

Le là qui n’est pas n’importe où, les mots qui ne sont pas n’importe quels mots attachés à mes pensées et mes chaussures, j’ai dessiné sans m’arrêter une maison, à grands coups de crayon à grands coups de patte

je regarde les mots  j’ellipse et  les fais sortir du sac, ils me parlent de la question qu’à tous les mots je pose, Puis-je retourner le sac ? puis je les mettre en collier autour du cou et m’en faire une paire de chaussure ?

Partir allez là vraiment où je veux aller dire ce que je veux dire

J’écoute Rita,  c’est remonter le sentier des mots et les mettre à l’eau, au delà ce serait que derrière se tient ce que je ne vois pas, le creux de ma vie.

 

 

 

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vais ou va l’encre

le chemin des crêtes
la tête par la brume
l’œil trempé
enveloppé dans ses langes

les précipitations
l’humidité
le contraire est l’aride

Du haut du mont
saturé de noir
les gris d’herbe
en fines lamelles
fibres vert plis et accrocs

pluie en rigole
duvet le dessin

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