Nuées noires (remix)


La décharge
quand sombre
il n’y a pas
de port

Les nuées d’oiseaux
en criant
à hauteur de
cette barre de neige
vers ces fumées
ce charbon
qui fond avec
la mer

Dans l’entre-deux-rives
l’eau est glaciale
dans la cale
au fond de la
mine les migrants
noyés
engloutis
le nègre scat hurlant

 

Barques de bois
sorte de mille-pattes
perce oreille
sur la neige noire
du Sahel
natifs des brousses
termites de l’Ouganda
anciens rois des bidons villes
adeptes
de la contrebasse
tous à plat ventre
sur la planche

la bête à mille dos
tatouée
à même la peau

 

D’Europe
que dire
vache à carne
plutôt que
Vache à
lait
pourvus que
le mazout
enflamme (…)

D’Europe
point de bord
sur les flancs
des refuges
silence
mutique
l’on pensait
révolu ce
Passé lointain
tellement inachevé
et sans
absolution

De loin
nos morts
décharnés
suppliant
suffoquant
des mémoires vaines
d’ossements
quand rejettent

sous  la vague
les charniers de
la mer

On les dit réchappés
des tueries
de la misère
de l’ethnocide
de la tonte d’ébola
de l’éradication
de la sauvagerie
de la furie unijambiste

On les dit
encore vivant
aux abois
la masse
et l’eau des continents
frappant
au creux
des enclumes
sans encombres dans
le gîte
des côtes
ante ou post
diluviennes
comme les pluies des
angoisses
les oubliettes des forêts
où pullulent
les myrtilles
les amanites et
les roses
ces belles fleurs
des sables
L’océan a des piques
qui ont
déchiqueté
C’est là qu’il faut pointer
la longue perche
du cameraman
écoute
prend la vue
de cette peau sale
cette viande qui a faim
ce regard sans mot
qui meurt
est prêt à repartir

Embarcations
Comme un fil
de dent
tronçonne
les vies
en ballots plus
serrés
sur l’armada
de Shell
destination
la raffinerie
Les lois
nos os multiples
les règles de fer
la dérisoire bouée

Opposent
l’esprit obscur
sec
de celui qui
ferme
sur lui
la pensée même de
l’eau
recueillie dans la paume

 

Boire au goulot
le flot
quand les rivières arides
déversent
torrentielles
l’étincelle
insultée
les hommes
ont manqué d’enfants
de femmes
de mangroves
ne parviennent pas jusque
Sur le trottoir

Je dis cela
dans une convulsion
au versant du refuge
sur les plages
quand ils parviennent
à débarquer
une parenthèse
que la
pirogue
convoie pour conjurer

 

 

 

 

Embryon pour le théatre : l’eau est plastique

L’eau est plastique (day one)

Devant un lieu qui semble appartenir à un passé très lointain mais qui se révèle être la transformation de ce qui s’en va et nous arrive en pleine gueule issue à la catastrophe de fil en aiguille on en est arrivé là

La femme sur un matelas pneumatique lugubre comme un hululement

L’eau est partout. C’est un fait inexpugnable, inextinguible l’eau est partout.

Vous me voyez là sur mon canot pneumatique, d’où sort-il

 Il flotte

Et moi je suis dessus naufragée apeurée

Tout est seul

Ce matelas comme une piscine le ventre à l’air et moi qui agite les bras

Curieusement je suis plutôt calme, pas la trace d’une panique, cela devait arriver  ne comptez pas sur moi pour un long monologue, n’y comptez pas 

La chance de cette eau c’est de nous offrir le long silence de la fin de la diversité,

Suis-je seule ?

parce que j’en ai tout l’air à voir toutes ces espèces noyées Il y avait des voitures et des tramways désormais rouillés engloutis, des avions supersoniques hyperpollueurs sont écrasés digérés dans le ventre de l’eau

Que dire de l’inénarrable solitude du coureur de fond après la chute, de la solitude du gardien de but après la pluie ? sol trempé, eau à perte de vue , vie à perte d’existence ,  trouille  après l’asphyxie , même si

En quoi cela nous concerne t’il  toute cette eau désormais accrochée au fond d’une cuvette de déluge aujourd’hui tout disparu tous disparus,

L’eau est partout, le monde est entouré d’eau comme saturé d’humidité  et il n’y a plus de poissons ils sont morts étouffés par l’azote le chlore et la remontée des grands fonds. Petite il y avait les dauphins les baleines le corail et sur la cote le cormoran des nuées de mouettes picoreuses des remontées de forêts sous-marines des grands déserts et les immenses glaces. Ici dans cette ville de banlieue le sol était sec tout ce qu’il y a de sec à peine quelques fourbes courbes souterraines emplies de mouvance calcaire des sources à pic et des fuites d’eau sous les placards (il faut que je développe ça)

 Nous étions des gens qui ne se parlaient pas, ne parlaient pas et c’est peut être comme cela que l’eau est venue … par surprise personne ne nous a prévenu, évidemment  pourtant l’eau s’était rassemblée elle montaient de plus en plus compacte et invisible chaque jour, les corps se saturaient le poids devenait plus fort à force de ne pas pouvoir exprimer l’insatiable des pores qui se sont fait plus lointains plus espacés plus proches de la surface comme un ballon d’hydrogène remonte des hauteurs vertigineuses de l’en-bas les bulles d’h2O ont  imprégné l’air qui  à son tour a plombé la réalité – grand-mère n’était plus qu’un branchage stérile sans feuilles flottant sur son eau interne ricanant d’elle même se sentait fière et victorieuse enfin sorti de ce corps dur pas assez liquide ni amniotique

Enfin l’eau en a eu assez elle a suffi à son propre poids à sa propre densité et a rejeté les faibles corps qui ont surnagé étouffé récupéré l’eau vitale comme des crottes plus bonnes à rien déjection de l’organisme qui lui gambade

  Du moins j’imagine que c’est comme ça que ça s’est passé

Who cares , on s’en fout

Le fait est que l’eau est partout et moi sur mon matelas gonflé à l’hélium sans voile sans sextant sans drap sans rame sans bouée sans ancre à la dérive flottant seul résidu d’humanité corps incertain qui repose la question, qui suis-je, où vais-je, de quel bois suis- je donc fait bois blanc des cadavres dans cette flotte omnipuissante de la liquidité avérée livrée aux potentielles nuées lourde et courants qui charrient icebergs, bans de boue et suintement improbables

Là où il n’y a plus de saison là où plus personne n’est témoin

Comme au plus fort de mes quinze avant que le cataclysme n’arrive.

Ça, je me souviens très bien de ces voix débraillées à la sortie du lycée ces jeunesses hurlantes préfigurant l’acte sexuel   j’étais déjà sur une plaque gonflante, j’étais comme autonome sans lien avec le reste , j’étais déjà dans la catastrophe , eux ne se doutaient de rien, je savais que l’eau était là , la surface lisse des mobylettes pétaradait tout autour des crimes avaient lieu des négociations et des intrigues se nouaient se dénouaient un grand désordre moléculaire symptomatique de la révolution de l’acné, tout à l’heure je ne sais pourquoi, j’ai repensé à elle on sait que l’eau est sexuelle, symboliquement, indéniablement, l’eau est relationnelle même si elle glisse sur le corps et que l’âme va féconder la poussière si poussière et graine il y a , et quand tout est eau peut-on encore parler de plasma de membrane et de différenciation corporelle

C’est certain la pluie n’avait pas envahie ni l’eau de l’intérieur ni ma solitude n’avaient éclaté je m’en souviens il y avait du soleil aux fenêtres  et des giroflées noires et  heureuses, du moins il me semblait

Je saisi des souvenirs au vol des bribes des mondes déchus le bleu du gris et la couleur des terres, il n’y a plus de papillons ni d’abeilles seuls émergent quelques têtes d’arbres et des tics de tours vides des grues qui pointent, il n’y a plus de bas, plus de hauts plus de vertiges tout est étal dans la masse morte et universelle je le vois clairement une harmonie dis-harmonieuse sans que rien n’arrive à l’unisson

Mais il faut quand même aimer

Je rêve que quelque chose qui vivrait bougerait casserait la monotonie immobile du monde sans floc


Voila , je suis sur le radeau de plastique que je tenais à l’abri au garage au cas où et puis l’eau est montée, j’ai gonflé le matelas et nous sommes montés ensemble moi et l’eau jusqu’à dépasser les immeubles remonter loin au-delà des rues et dériver dériver sans savoir vers où petit marin sur la planche de plastique rayures rouges et  bleues et tout l’air qui s’oppose à l’eau ;  le pneumatique me proposait une issue à la catastrophe comme un œil sur les fonds de ces mers, les quelques oiseaux ont fini par disparaitre, les canards, truites et baleines les albatros foudroyés par la famine plus nous avions de ciel et moins les boulevards et les ponts suspendus faisaient obstacle , les humains de la termitière étaient pris dans la toile   la grande toile que tissait l’underworld , le monde dessous cataclysmique et comme éteint,  obturé et seuls quelques arbres se sont mis à dépasser à fleur de l’eau trop profonde, de très très grands arbres comme il en existait avant dans le comté. Séquoias et cèdres du Liban du bois qu’avaient coupé Noé lors de la grande débandade des espèces qui refusaient de mourir mais ici tout est allé trop vite, l’eau n’a pas donné l’ombre d’une chance aux pelages et aux museaux, elle a débordé trop vite des cascades  et des torrents et les douches se sont mis à tout ensevelir. Seul est visible dans la distance un pic feuillu ou s’agite un mulot qui est peut être mort.

A la fin l’eau n’existe pas, il faudrait se pencher pour saisir s’en assurer et épuise les gouttelettes les vagues et ce bleu gris boueux.

Et je suis celle qui cherche à comprendre.

J’aboie, je bois, j’abjure je crie à la grande illusion qui me fait voir le monde comme un grand verre d’eau, à moitié vide à moitié plein la paille violemment ancrée dans mon œil ma poutre qui flotte sur l’eau et les quatre mondes de la transformation trop éloignés l’un de l’autre pour électriser la diversité , seul au milieu de l’eau je pleure l’éboulement vital en rafale, l’affaissement du vent,  j’ai peine dans cette solitude éteinte, l’astre qui beugle comme à un enterrement en Louisiane

 (Elle glousse et pousse l’eau de son petit pied : elle est bonne ! et si je piquais une tête ? ah ah j’ose, non, je me perdrais, je ne saurai revenir quel dommage

Seule, je suis face au corps de l’eau et celui-là est mille réponses que je ne comprends pas   différents suivant la lumière du jour ou de la nuit les astres chauffant ou froids, les courbes des températures et le degré de saturation de l’humidité – je pourrai faire la planche

Day two L’homme plastique

Le monde est un tronc qui s’enroule d’un geyser que les forces d’en bas activent pour fuir devant le vide
Tomber, il s’agit peut-être de ça (pensif) si l’on y réfléchit un tant soit peu tomber la tombe

 

Un temps)

J’étais près de la mer, j’ai longtemps médité près de la mer j’aimais les vagues douces qui me frottaient les pieds mais cela m’a lassé, la mer ne ressentait rien ne s’apercevait pas de ma présence

J’ai toujours aimé la solitude ça oui, la mer me renvoyait à moi-même même mais toute cette masse horizontale, je ne puis vraiment le supporter à force je me suis pris la tête sur les genoux –

Instantanément tout cela m’a semblé absurde

il n’y a pas de mouvement qui défie la pesanteur   l’asphyxie de la mer qui foule  et refoule

C’est interminable l’étal, on dit que le sable est un souffle mais à quoi sert un souffle s’il ne   fait que l’absorber

(Furieux)

Même les poètes le disent le paysage n’existe pas il n’y a que des hauteurs qui retombent s’appesantissent et cherchent à fractionner le mouvement perpétuel où Chaque centimètre gravi est une victoire sur la lenteur

Il se met à taper avec un maillet et tape sur peut des pierres on ne sait pas : saleté ! tu me résiste ! (il tape plus fort)

L’homme est plus fort que la nature rien ne peux le maintenir en bas, la gravité, oui bien sûr   tout finit par retomber !

Il y a un début à tout, il faut commencer petit,  petit à petit,

 

Il s’applique et on ne l’entend plus)

 

Je saisi des souvenirs au vol des bribes de mondes déchus le bleu le gris et la couleur terre il n’y a plus de papillons seuls émerges quelques têtes d’arbres et des tics de tours vides il n’y a plus de bas, plus de hauts plus de vertiges tout est étal dans la masse morte et universelle je le vois clairement une harmonie dis-harmonieuse sans que rien n’arrive rien à l’unisson

Je rêve que quelque chose qui vivrait bougerait casserait la monotonie immobile du monde sans floc

d’ailleurs je suis déjà assez haut, heureusement pas le vertige, de ce côté-là je suis tranquille

je progresse par à coup petit à petit, je coupe, je colle je rafistole mais surtout, je crée ! Je m’inspire, je suis un oiseau finalement  du type castor ou écureuil, mais des cimes ! Moi il il faut que je vois loin, non je ne suis pas un rêveur, je fais dans le solide pour des siècles et des siècles

vertical en tout et j’additionne les progressions en boucles, les ellipses les tours et les détours, il suffit de s’appliquer

Tout monte !

Une construction c’est comme un être de chair, on n’entend les bruissements de la sève comme une avenue renversée ouais cette image me plait c’est ça, évidemment dans la hauteur parce que là c’est facile toutes ces rapidités à l’horizontal, non le vertical, c’est autre chose ! Ça s’entend respirer mais avec difficulté, lenteur, ça  fuse et s’imprègne dans tous les étages, les parois, les poutres et la charpente, les solives, les rembourrages, les colmatages, les enduits, le plâtre, jusqu’au ciment et à la ferraille, ah c’est cette peau et ses os que je m’obstine à façonner

 

 On me parle de paysage il n’y a pas de paysage l’unique pulsation de la ruine qui approche et que je dois empêcher

toujours plus haut plus loin dans la cime toujours,   le large est interdit

 Un temps)

Soucis d’étayage …  la matière n’est pas un fantasme elle obéi aux lois des moellons, des torches et du marteau, réfléchie, dure définitive, le remord prendrait trop longtemps à rattraper il faut aller vite lutter contre le temps qui verrouille autours de cet axe bien serré

 

 

 

Day three , les états de l’eau

 

La femme est pensive , elle énumère) Si je compte les états de l’eau et de la glace et même le vent est empathique me force à jeter dans ces bras rarement un geste de douceur d’alanguissement de temps qui se soulève se tend comme des diphtongues il se fragmente pousse le corps hors de sa zone de confort invente les milles aspects de l’eau du plus solide au plus volatile que de mots à l’état pur que de couleurs imaginez toutes ces intentions de l’élément interagissant entre eux ! En voilà une belle œuvre de théâtre ! autre chose que ce pauvre monologue d’une folle embarquée sur un matelas de fortune, coupée de ses semblables   à jamais détachée de son continent perdu attendez ! Écoutez ! Laissez résonner !  écume, flotte sueur bleu source monoxyde de dihydrogrène glace vapeur  H2O sirène »    et encore  lac cascade goutte Océan perle Naïade Nymphe Océane UHAINA (se prononce « Ouhaïna » ), qui signifie « vague » en basque mer mare la notre Mare Nostrum des romains et puis je susurre , je me délecte revenu dans la fontaine la pluie la rivière la vague de la mère et de moi s’échappent surf goutte flot onde liquide source large océan quel opéra !  quel tableau ! je continue  ondine humide sueur de mouille ou  larme ou salive fleuve l’affluent étanche amphibie arc-en-ciel arrose la berge flotte le bateau chauffe la bouillotte salive m’accroche à la bouée j’eructe  buse clapotis citerne poisson corégone cygne embrun fluvial glouglou ile jetée lac lessive marécage marée marin nageoire navire oasis plancton plouf radeau remous  ruisseau truite laver asperger diluer imbiber baigner naviguer arroser délayer nager couler mouiller se noyer émerger immerger pêcher voguer patauger barboter tremper  englouti glisser s’abreuver irriguer humidifier purifier désaltérer bassiner doucher étancher filtrer vous imaginez  ce que l’on peut faire avec ça :! De l’eau à perte de vue et à n’en plus finir !

Une passante  passe et s’arrête étonnée puis repart puis revient

Ça va ?

Pas de réponse

Ça va Madame

L’autre ne l’a voit pas

Bizarre …

La passante qui doute passe le long de la scène en jetant un regard appuyé à la femme plongée dans sa contemplation

Elle ne lui dit rien mais ramasse un papier par terre et le met à la poubelle puis va s’assoir sur un banc : elle écoute la radio : Ça dérange ?

La radio déclame :

Le « 7e continent de plastique ». On le décrit comme une immense plaque de déchets évoluant dans le nord de l’océan Pacifique, de la taille d’un tiers des Etats-Unis ou de six fois la France. Aussitôt se forme à l’esprit l’image d’un gigantesque amas compact de sacs plastiques, bouteilles, filets et autres bidons…En réalité, ce phénomène, qui effraye et fascine à la fois, ressemble plus à une « soupe de plastique » constituée de quelques macro déchets éparses, mais surtout d’une myriade de petits fragments. « L’image d’un continent sert à sensibiliser le grand public, mais ne rend pas compte de la réalité, explique François Galgani, océanographe et chercheur spécialiste des déchets à l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer).

«  Il s’agit plutôt d’une multitude de micro-plastiques, d’un diamètre inférieur à 5 mm, en suspension à la surface ou jusqu’à 30 mètres de profondeur, difficiles à voir de loin. Mais quand on puise dans l’eau, on en remonte une quantité impressionnante. » Ce que confirme, Isabelle Taupier-Letage, chef scientifique de l’expédition Tara Océans

La femme précise Et les océans eux même sont morts asphyxiés ! j’en suis l’incarnation  ! Je ne suis retenu que par un fil ,quel fil ? Voici des mots nouveaux dont il va   falloir apprendre à connaitre la signification car ce sont les dénominations des phénomènes physico chimiques qui président içi ou là à l’asphyxie et la mort de vastes zones des océans du monde et en particulier de leurs zones côtières.

La passante la regarde Vous aussi vous passionnez pour ces sujets ! et la fonte des pôles ! il parait qu’un gros morceau de l’Antarctique c’est fissuré pendant qu’à Bagdad ça craque !  !

La femme semble pénétrée par une vision intérieure mais semble douter

 

La radio s’emballe

Non content, il y a l’eutrophisation, c’est la croissance excessive d’algues microscopiques appelées phytoplancton qui lorsqu’elles meurent tapissent le fond de la mer et suscitent alors la prolifération de bactéries qui consomment l’oxygène dissout dans l’eau de mer à cette profondeur.Qu’est ce qui provoque cette eutrophisation ? L’enrichissement des eaux en azote et en phosphore en provenance des engrais azotés ou phosporés utilisés en agriculture et qui finissent via les rivières dans les mers.

L’hyposie, c’est l’état du fond des mers quand la teneur en oxygène, du fait de l’eutrophisation, descend au dessous de 2 ml par litre d’eau de mer. Dans ces conditions d’oxigénation insuffisante, les animaux qui vivent sur les fonds marins,crustacés, coquillage ou corail, ce que l’on appelle le benthos,meurent. Ce faisant, une étape de la chaine alimentaire qui relie entre eux tous les êtres vivants disparait. on peut dire que dans ces zones là la vie a disparu.

La femme L’ennui c’est que ces zones de mer morte ont tendance à s’étendre. Elles atteignent désormais à la surface du globe l’équivalent de la surface de la Nouvelle Zélande en 405 sites.  Ce sont les estuaires des grands fleuves dans le monde, certaines mers fermées, Baltique, Caspienne ou certaines zones de ces mers, Nord de l’Adriatique, Golfe du Mexique, Fjords ou Mer de Chine orientale. En France ce sont les estuaires de nos fleuves, les étangs de Berre ou de Thau,le bassin d’Arcachon ou les baies de Somme ou de Vilaine.

 La femme répète inlassablement

Que d’eau que d‘eau l’eau est partout elle envahit tous les recoin de mon esprit , il y a bien des pointes qui surnagent hors de la nappe envahissante à deux pas la cime d’un cèdre du Liban et là-bas au loin comme un ponton au dernière étage d’un immeuble, je l’aperçois à peine , il sombre ….

 

 

et puis non content

Day four j’étais faite pour aimer

La femme soudainement Vous ne comprenez pas ! J’étais faite pour aimer !

Je ne veux plus de ce tapage silencieux dans ce beuglant unanime ou plus rien ne sert de raisonner ! Personne n’a donc survécu ?! Mais comment concerter ferai-je toutes les voix à moi toute seule,  naïade, douces fleurs tropicales, abeille qui butinez à mes narines ! que ne puis je crier « terre »  » et hurler du rire libératoire ni une ni deux repeupler reboiser ce désert sans bestiaire   sentir mon ventre gonfler sans que ce soit d’eau ou de bulle d’air , je le sens sous mes cuisses le feu qui veut donner naissance au tragique salvateur de l’ennui métaphysique , sueur du crachat, les eaux me viennent en houle sur le corps et finissent

Commencent, Sur le pont rouge déferle mon désir le déluge sous le big one dans la position du lotus j’ouvre la bouche par où s’infiltre la grosse catastrophe où m’entraine dans le sillage la marée jetée à la lune en pâture aux grands fauves des vielles galactiques

J’ai froid, je m’enchaine au bastingage de la vie à la vie ça tangue je sens le fond céder l’océan s’entrouvre or, fait indiscutable, je suis seule de chez seule sur cette eau éloignée de toute plage, de toute chimère transitoire,

Se pose dès lors la question de mon caractère car hors de la relation la plus petite cellule ne saurai constituer un personnage, je dépéri, je n’y consens pas, la tête entre les mains, l’angoisse au plus fort de ne pouvoir me concevoir, qu’importe pourvus que l’intrigue, ce cabinet noir, cet enfer insoluble ! je convoque l’humanité , l’animalité la musique des sphère, l’accroche note , l’accroche cœur et l’accroc hors de cette dérive suffisante car même si le protagoniste semble tenir au mépris du théâtre    non que je craigne l’absurdité du monologue, quel mal y a-t-il à projeter sans fatigue des ribambelles de rubans sans finalité dans le vent    non le problème ce serait plutôt de sortir du vrac de l’existence   et faire des vagues un peu comme une voiture éclabousse au passage alors que dehors il n’y a rien personne pas même des mouettes que l’on s’efforcerait de faire parler –elle rit – vos gueules les mouettes , pas un souffle et l’oralité ni l’harmonie visuelle car l’univers à tôt faire de vous rabougrir  Or  J’ai pensé à inventer un personnage, un colocataire pour meubler ce silence, un autre moi comme qui dirait déguisé en poisson chat ou en caniche, aurai-je assez de force créatrice pour une véritable personnalité , un personnage à part entière et qui m’échapperait, ferait couler le navire, risquerait pris de panique de me dévorer ou de me faire la leçon jour après jour et sans discontinué comme un robinet qui resterait ouvert et coulerait coulerait jusqu’à emplir le navire de plastique de sa masse verbale , car un personnage existe au risque de soi et de la relation

   Je     me tâte, en effet j’ai un corps, que je peux tâter tant qu’il n’a pas perdu trop d’eau pas trop atrophié, et toujours source de plaisir même opposé à la vastitude adverse contradictoire, immense esprit de contradiction qui dépasse bien l’eau et m’englobe moi qui ne semble plus avoir de semblables et qui suis comme isolée

Car une des tragédies de cet isolement de facto irrémédiable et ontologique c’est de ne pouvoir non plus supposer de développement de l’intrigue alors m’opposer au néant environnant ? Tenter de percer à jour ce puits d’intrigue sans fond qu’on dirait « bouché » non magnétique et comme laissé à lui-même au risque de me répéter inlassablement

(en cours)

 

between day one and day two (3)

J’aboie, je bois je, j’abjure à la grande illusion qui me fait voir le monde comme un grand verre d’eau, à moitié vide à moitié plein, la paille violemment ancrée dans mon iris poutre qui flotte sur l’eau et les quatre mondes de la transformation nécessitent la diversité , éboulement vital que je ne vois plus dans la solitude éteinte, astre qui beugle comme à un enterrement en Louisiane

Qu’est-ce qu’on s’emmerde à être Un dans ce Un cosmique des myriades d’étoiles ces trilliard de vaguelettes que j’envoie à travers l’atmosphère chargée d’humidité comme un tapage silencieux dans ce beuglant unanime ou plus rien ne sert de raisonner  ! personne n’a donc survécu ?! mais comment concerter?  ferai-je toutes les voix à moi tout seul , que ne donnerai-je pour un collé serré mignon , douces fleurs tropicales abeille qui butine à mes narines ! que ne puis je crier « terre » « terre » et hurler de rire libératoire ni une ni deux repeupler reboiser ce désert sans bestiaire je sens mon ventre gonfler n’est que d’eau ou une bulle de l’air , je le sens sous mes cuisses qui veut donner naissance au tragique salvateur de l’ennui métaphysique , sueur crachat les eaux reviennent la houle sur le corps et fracassent la normalité la tranquillité le repos éveillé d’une vie qui se suspend.

Sur le pont rouge déferle de mon désir le déluge cathartique assis sous le big one dans la position du lotus j’ouvre la bouche par où s’infiltre la grosse catastrophe m’entraine dans le sillage des marées jetées en patée à la lune en pâture aux  grandes ourses de l’éther à l’affut de l’enchainement de la vie à la vie

Or , fait indiscutable , je suis seule de chez seule sur cette eau planante éloignée de toute plage de tout fond de toute chimère transitoire

se pose dès lors la question de mon caractère car hors de la relation la plus petite cellule ne saurai constituer un personnage , et je dépéri, je n’y consens pas la tête entre les mains l’angoisse au plus fort de ne pouvoir me concevoir , hors des pointillés point de planche de salut, planche à pirate, planche à découper , qu’importe pourvus que l’intrigue m’absorbe, me rejette de ce cabinet noir et que l’enfer cet insoluble cet indénouable nous précipite ! je convoque l’humanité , l’animalité la musique des sphères, l’accroche note , l’accroche cœur et l’accroc l’entaille le friable le mal dit de la vie humaine qui agglutine car même si le protagoniste semble tenir au mépris du théâtre qui commence au chiffre deux  semble vouloir se contenter du portrait et à l’introspection du monde en soi tel qu’il se décrypte, se fend, se sédimente dans l’ovule et la disparition et non que je craigne l’absurdité du monologue, quel mal y a-t-il à projeter sans fatigue des ribambelles de rubans à l’astre, je parle comme le vent souffle comme les marées s’attirent je parle non le problème ce serait plutôt que le théâtre est supposé sortir du vrac de l’existence cahin caha et faire des vagues un peu comme qui dirait une voiture vous éclabousse au passage et là rien de tel l’eau est d’un plat imperturbable et moi là sur le canoé gonflable j’ai l’air d’une grosse omelette ou d’une chantilly avachie et preuve que ça va pas j’ai du me mettre à parler bizarrement pour faire mon intéressante et  créer vous le public alors que dehors il n’y a rien personne pas même des mouettes que l’on s’efforcerait de faire parler –elle rit – vos gueules les mouettes , ah ah ah – mais il n’y a pas un brin de vent , voyez comme dans la nouvelle de Conrad, pas un souffle et l’oralité n’y est pas ni l’harmonie visuelle car seule sur un bout de bois en plein océan l’univers à tôt faire de vous rabougrir et vous renvoyer à l’immensité marine et au liquide vous niant par la logique en quelque sorte car une existence trop particulière , Bombard or not Bombard ne saurai subsister longtemps qu’à force de la plus forte obstination à exister

Or dites le moi supposés témoins de mes délires pourquoi continuer à être là les deux pieds sur l’eau à me prendre pour Dieu ou quelqu’autre possibilité de dialogue que la schizophrénie.

J’ai pensé à inventer un personnage, un colocataire pour meubler le silence, un autre moi comme qui dirait déguisé en poisson chat ou en caniche, aurai-je assez de force créatrice pour dessiner une véritable personnalité , un personnage à part entière et qui m’échapperait, ferait couler le navire, risquerait pris de panique de me dévorer ou de me faire la leçon jour après jour et sans discontinuer comme un robinet qui resterait ouvert et coulerait coulerait jusqu’à emplir le navire de plastique de sa masse verbale , car un personnage existe au risque de soi et de la relation l’autre,

qui est peut être l’océan ou l’eau ontologique en devenir prête à surgir d’un atome et même du silence avant qu’il n’y ait de glace

   Je me tâte, en effet j’ai un corps, que je peux tâter tant qu’il n’a pas perdu trop d’eau pas trop atrophié, et toujours source de plaisir même opposé à la vastitude adverse contradictoire, immense esprit de contradiction qui dépasse l’eau et m’englobe tout entier moi qui ne semble plus avoir de semblables et qui suis comme isolée

Car une des tragédies de cet isolement de facto irrémédiable c’est de ne pouvoir non plus supposer de développement alors m’opposer au néant? Tenter de percer à jour ce puits d’intrigue sans fond qu’on dirait « bouché » non magnétique et comme laissé à lui-même au risque de me répéter inlassablement

Ce qui fait comme disait Hamlet le « rub » sans lequel il n’y a de repos , de mémoire : Ay ! there’s he rub !

 

 

Gravir (day two)

Le monde est un tronc qui s’enroule d’un geyser que les forces d’en bas activent pour fuir devant le vide
Tomber, il s’agit peut-être de ça (pensif) si l’on y réfléchit un tant soit peu tomber la tombe

 

Un temps)

J’étais près de la mer, j’ai longtemps médité près de la mer j’aimais les vagues douces qui me frottaient les pieds mais cela m’a lassé, la mer ne ressentait rien ne s’apercevait pas de ma présence

J’ai toujours aimé la solitude ça oui, la mer me renvoyait à moi-même même mais toute cette masse horizontale, je ne puis vraiment le supporter à force je me suis pris la tête sur les genoux –

Instantanément tout cela m’a semblé absurde

il n’y a pas de mouvement qui défie la pesanteur   l’asphyxie de la mer qui foule  et refoule

C’est interminable l’étal, on dit que le sable est un souffle mais à quoi sert un souffle s’il ne   fait que l’absorber

(Furieux)

Même les poètes le disent le paysage n’existe pas il n’y a que des hauteurs qui retombent s’appesantissent et cherchent à fractionner le mouvement perpétuel où Chaque centimètre gravi est une victoire sur la lenteur

Il se met à taper avec un maillet et tape sur peut des pierres on ne sait pas : saleté ! tu me résiste ! (il tape plus fort)

L’homme est plus fort que la nature rien ne peux le maintenir en bas, la gravité, oui bien sûr   tout finit par retomber !

Il y a un début à tout, il faut commencer petit,  petit à petit,

 

Il s’applique et on ne l’entend plus)

 

Je saisi des souvenirs au vol des bribes de mondes déchus le bleu le gris et la couleur terre il n’y a plus de papillons seuls émerges quelques têtes d’arbres et des tics de tours vides il n’y a plus de bas, plus de hauts plus de vertiges tout est étal dans la masse morte et universelle je le vois clairement une harmonie dis-harmonieuse sans que rien n’arrive rien à l’unisson

Je rêve que quelque chose qui vivrait bougerait casserait la monotonie immobile du monde sans floc

d’ailleurs je suis déjà assez haut, heureusement pas le vertige, de ce côté-là je suis tranquille

je progresse par à coup petit à petit, je coupe, je colle je rafistole mais surtout, je crée ! Je m’inspire, je suis un oiseau finalement  du type castor ou écureuil, mais des cimes ! Moi il il faut que je vois loin, non je ne suis pas un rêveur, je fais dans le solide pour des siècles et des siècles

vertical en tout et j’additionne les progressions en boucles, les ellipses les tours et les détours, il suffit de s’appliquer

Tout monte !

Une construction c’est comme un être de chair, on n’entend les bruissements de la sève comme une avenue renversée ouais cette image me plait c’est ça, évidemment dans la hauteur parce que là c’est facile toutes ces rapidités à l’horizontal, non le vertical, c’est autre chose ! Ça s’entend respirer mais avec difficulté, lenteur, ça  fuse et s’imprègne dans tous les étages, les parois, les poutres et la charpente, les solives, les rembourrages, les colmatages, les enduits, le plâtre, jusqu’au ciment et à la ferraille, ah c’est cette peau et ses os que je m’obstine à façonner

 

L’homme : On me parle de paysage il n’y a pas de paysage l’unique pulsation de la ruine qui approche et que je dois empêcher

toujours plus haut plus loin dans la cime toujours,   le large est interdit

 Un temps)

Soucis d’étayage …  la matière n’est pas un fantasme elle obéi aux lois des moellons, des torches et du marteau, réfléchie, dure définitive, le remord prendrait trop longtemps à rattraper il faut aller vite lutter contre le temps qui verrouille autours de cet axe bien serré

 

L’eau est plastique (day one)

L’eau est partout, le monde est entouré d’eau comme saturé d’humidité « ça »règne en maitre et il n’y a plus de poissons ils sont morts étouffés par l’azote le chlore et la remontée des grands fonds. Petite il y avait les dauphins les baleines le corail et sur la cote le cormoran des nuées de mouettes picoreuses de forêts sous-marines de grands déserts et les immenses glaces. Ici dans cette ville de banlieue le sol était sec tout ce qu’il y a de sec à peine quelques fourbes courbes souterraines emplies de mouvance calcaire des sources à pic et des fuites d’eau sous les placards

Nous étions des gens qui ne se parlaient pas ne parlaient pas c’est peut être comme cela que l’eau est venue … par surprise personne ne nous a prévenu évidemment  pourtant l’eau s’était rassemblée elle montaient plus compacte et invisible chaque jour, les corps se saturaient le poids devenait plus fort à force de ne pas pouvoir exprimer l’insatiable des pores qui se sont fait plus lointains plus espacés plus proche de la surface comme un ballon d’hydrogène remonte des hauteurs vertigineuses de l’en-bas les bulles d’h2O ont  imprégné l’air qui  à son tour a plombé la réalité – grand-mère n’était plus qu’un branchage stérile sans feuilles flottant sur son eau ricanant elle se sentait fière et victorieuse enfin sorti de ce corps dur pas assez liquide ni amniotique

Enfin l’eau en a eu assez elle a suffi à son propre poids à sa propre densité et a rejeté les faibles corps qui ont surnagé étouffé récupéré l’eau vitale comme des crottes plus bonnes à rien déjection de l’organisme qui lui gambade

  Du moins j’imagine que c’est comme ça que ça s’est passé

Who cares , on s’en fout

Le fait est que l’eau est partout et moi sur mon matelas gonflé à l’hélium sans voile sans sextant sans drap sans rame sans bouée sans ancre à la dérive flottant seul résidu d’humanité corps incertain (qui suis-je, où vais je de quel bois je suis fait dans cette flotte omnipuissante liquidité avérée et potentielle nuées lourde et courants qui charrient iceberg improbables là où il n’y a plus de saison là où plus personne n’est témoin

comme au plus fort de mes quinze avant que le cataclysme n’arrive.

Car je me souviens très bien de la sortie du collège hérissé de ces voix débraillées et des ces jeunesses hurlantes à la va comme je te pousse préfigurant l’acte sexuel je me souviens j’étais déjà sur une plaque gonflante un pneumatique je ramenais mon corps vers les enveloppes qui entouraient ces voix de regard d’écureuil  la surface était lisse des mobylettes pétaradaient tout autours des crimes avaient lieu des négociation et des intrigues se nouaient se dénouaient un grand désordre moléculaire symptomatique de la révolution de l’acné, j’en avais, tout à l’heure je ne sais pourquoi , est-ce sexuel ? on sait que l’eau, symboliquement indéniablement, quoique qu’il faille être deux l’eau est relationnelle même si elle glisse sur le corps et l’âme et va féconder la poussière si poussière et graine il y a , et quand tout est eau peut on encore parler de potentialité   c’est certain la pluie n’avait pas tout envahie ni l’eau de l’intérieur ni ma solitude n’avait éclaté je m’en souvient il y avait du soleil aux fenêtres  et des fleurs heureuse de vivre, du moins il me semblait

Je saisi des souvenirs au vol des bribes de mondes le bleu le gris et la couleur terre il n’y a plus de papillons seuls émerges quelques têtes d’arbres et des tics de tours vides il n’y a plus de bas, plus de hauts plus de vertiges tout est étal dans la masse morte et universelle je le vois clairement une harmonie dis-harmonieuse sans que rien n’arrive rien à l’unisson

Je rêve que quelque chose qui vivrait bougerait casserait la monotonie immobile du monde sans floc

Moi je suis sur le radeau de plastique que je tenais à l’abri au garage au cas où et puis l’eau est montée, j’ai gonflé le matelas et nous sommes montés ensemble moi et l’eau jusqu’à dépasser les immeubles remonter loin les rues et dériver dériver sans savoir où l’on est et elles sont devenues le fond de ces mers, les quelques oiseaux ont fini par disparaitre, plus d’avions dans le ciel plus de square, d’avenue et de carrefour  seuls quelques arbres se sont mis à dépasser à fleur de l’eau trop profonde.

Et je suis celle qui cherche à comprendre.

J’ai ouvert un carnet
(que j’avais refermé)
j’ai jeté des mots
sur le papier (et)
des signes cabalistiques
une euphorie de traits
mille volts et des gouttes
de couleur absorbent
l’irisation de la carte

C’est alors que mon œil
s’est emparé du compas
tracé un cercle  lent
déchiré le sparadra
est tombé dans l’eau
du  méandre dans le marigot
c’était comme si
l’astronaute dépliait
l’eau bleue du sang
des eaux dans le vif
l’or rouge des veines et
la forêt de haut en bas
Oh Astre notre astre
laisse voir le fracas
l’ahurissement glacial
la pesanteur de la douleur
l’erreur et le feulement
la cicatrice qui se referme

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C’est mon monde c’est ma maison
Y’a pas de trous de taupe dans ma pelouse
Je me mouche
Y’a pas de crotte au bout de mon nez
je secoue mes chaussures
une graminée déchire la toile d’araignée
me fais pas croire aux gouttes de rosée
Y’a de l’ivraie dans le matin
tous les chemins
les grenouilles de la guerre
M’empêcheront pas de passer la barrière

(à M. T)

Voile au vent, sur une photo d’Angèle Etoundi Essamba

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© Angèle Etoundi Essamba, voile et dévoilement, le livre

Par la force du vent
l’éclat d’une porte entrebâillée
j’ai vu
une voile blanche
une ombre figure un cil
une main
ramène sur les yeux
pour que coupe le soleil
un air de coton
aussi blanc que l’écume

gggg
La nudité était dehors
dans l’étendue indifférente du monde
à portée de main
sur le mur qui s’écaille
beauté cratère
sous les brins tissés de la rue
l’érosion
constante
au fil de l’eau
sur les paupières
la morsure du sel
chauffée par la brulure

 

© Angèle Etoundi EssambaAngele-Etoundi-Essamba-Voile-au-vent-2006-Foto-op-aluminium-dibond-Oplage15-100x70cm-Euro1730-jpg-1426690103-0_full

Ouvre le livre
c’est un chemin sur la beauté
intime
et qui ne livre rien
une juste distance entre la vague des êtres
et dans l’optique
regard vers l’intérieur
œil épris des lointains
non le lointain qui éloigne
mais le lointain intime
qui par l’iris
semble filtrer
les secrets des étendages
le doux sourire
toute la lumière obtuse du monde

Ce fil
lumière
l’assurance sereine des jours
Un œil sans un visage
un buste sans un corps
seuls les murs se lézardent
la terre recouverte d’un peu d’herbe
croute sur la peau
conscient d’un mystère
uniquement
s’enrouler de nuit
ou se croire
obturation maximale du jour
dans le même lieu
d’une vive voix qui n’est pas la sienne

Je ne peux parler à ta place
se confondre avec le sable
Mille voix et la mienne
plusieurs temps et un lieu
si j’y suis
et que tu es toi

jjjj
Qui dit comment s’approcher
de la rudesse de l’eau
qui dit comment marcher sur le sable
tutoyer la distance
les infinies possibilités du labyrinthe
l’unique trou de souris
l’éclat du vent
la vie aux mille couleurs

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© Angèle Etoundi Essamba, voile et dévoilement

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Vase communicant avec Aunryz Tamel

L’idée des vases communicants m’est chère : ouvrir son blog à d’autres écritures et élargir le cercle à ceux qui écrivent sur la toile, particulièrement à ceux qui en donnent l’envie.

C’est Aunryz Tamel, dont javais apprécié l’écriture qui nous offre ce très beau texte sur le thème dont nous avions convenu de « Ce que nous fait le vent »

Et qui m’accueille gentiment sur son espace « les décourcis de Lélio Lacaille »

 

Vent éteint

Une femme, un lourd panier de pommes au bout de chaque bras
autant de soucis que de fruits derrière les paupières

Un homme que ses ancêtres
vigilants spectres qui ne le lâchent pas d’un pas
tiennent droit comme l’épée qui blesse sa hanche
lui interdisant tout commerce de l’œil et des lèvres

La foule, en une vague dense, menaçante, joyeuse
qui s’en va, place du marché
manger des pommes ou les voler

Un âne dont l’obéissance fait durer l’existence
et qui lâche sans malice
– mais rien de certain –
un vent odorant où la ville se dissout
pour un temps

Deux enfants qui poursuivent
chacun le souffle de vent que donne le corps de l’autre.

y
Porte muette-p(Beaume les Dames)

De tous ces passages
que le temps et la pierre ont murés
j’entends le vent triste
J’entends le murmure éteint
la supplique figée en son ombre
le souffle tu d’une bouche scellée

 

(c) écrit par Aunryz Tamel pour ces vases communicants de septembre

Pour la liste des autres vases co de ce mois (et des autres mois) ils sont ICI

  vase-communiquant1

 

 

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