Lambert Savigneux peintre et poète

Petite bio : De racine basque et espagnole, nait à Pau (Pyrénées Atlantiques) en 1963 et tout à la fois peintre, poète, traducteur, bibliothécaire lecteur et marcheur. La peinture et la littérature sont mes premières amours, les langues et les cultures étrangères, en particulier celles qui remontent le cours du temps et les cultures de métissages. En 1992, je prends la décision de me consacrer à la création et d’ouvrir un atelier où mettre en œuvre peintures, encres, décors de théâtre et expression poétique et ce jusqu’à 2006. Car il faut bien vivre et je deviens documentaliste et bibliothécaire par raison, métier que j’exerce aujourd’hui tout en continuant à peindre et écrire. A ce jour principalement deux publications aux éditions du petit véhicule et des traductions. Je m’occupe actuellement de la Maison de la Poésie de Grasse (06) où je réside.

Les sources : Est-ce d’avoir pendant mon enfance côtoyé le peintre Jacques Le Roux, escriturien et grand connaisseur des cultures anciennes, de l’Égypte au Mexique ancien en passant par la Chine ? Sa peinture agit sur moi comme un talisman et me fait progresser vers une gestuelle plastique, écriture hors du temps qui cristallise les forces du monde. Présence et vitalité de l’art. Faire exister sur la toile et le papier une énergie qui remonte, reflet du portrait ou paysage ouvre le rideau sur un horizon. Il y a une charge vivante dans ce que les mains explorent. La poésie prend des voies semblables et en remontant les mots sans décrire, convoquent.

La poésie est incarnée dans la voix dont l’écriture tente de rendre les échos et l’épaisseur. Tels sont pour moi les univers de Bernard Manciet, Octavio Paz, Edouard Glissant, Herberto Helder … La liste est longue et ne cesse de croitre tant la lecture est une activité qui m’occupe. Coté peintre, Tal Coat fut sans doute une influence déterminante ainsi que tous les peintres de Chine et du Japon dont la vision esthétique et la conception du vide fut si éclairante. L’occident aussi et ses Jean Fautrier, John Marin, Miqueu Barcelo et Marlene Dumas pour ne citer qu’eux. La découverte en 1987 de la poésie brésilienne et d’une voix suggestive donne une perception claire des enjeux de l’incarnation poétique. C’est tout l’art de l’Amérique Latine, des Caraïbes, d’Afrique, passé et présent, proche d’une oralité totale où la parole et le geste se chargent du monde et de l’intériorité. Où pour rencontrer , il faut écouter, où la création poétique est rencontre plutôt que projet. Choc, car cette poésie offre un corps, musical, tactile et jouissif que le poème déploie. Écrire peut être cela, témoigner de l’énergie de vivre et ouvrir des fenêtres. Les mots sont comme des attaques claires, avancent sur la scène de l’esprit et du corps qui fait sens, qu’il faut suivre.
Être vrai, tel est l’essentiel et la seule règle à respecter. Être fidèle à soi-même et à toute une cohorte d’humains qui bruissent, de la nature vibrante et d’un devenir esquissé. Le vivant, saisi dans sa remontée et que je préfère au descriptif et au grammatical, à la distance froide de l’écriture. C’est le monde qui interroge, mes poèmes et peintures surgissent sur l’émotion souvent musicale et sur cette poussée qui questionne.

Site : https://aloredelam.com email: aemperlinades@free.fr / mobile : 06 45 59 35 94

​L’œil au cœur :

Déterminé, sur mon embarcation de mots à barque de lignes, j’essaye, je tente des brouillons pour m’éclaircir la voix….

Lambi à l’oreille de l’immensité,
de racine basque sur les rives de la méditerranée,
il peint avec toutes les ressources d’un imaginaire nourri aux sources des ailleurs.
La poésie, la quête intérieure sont au cœur d’un ‘tout-monde’
qui ouvre et reconnait le sens intime de l’homme…

Approfondir le regard entre poids du réel, rythme, espace, signe

L’élancement du pinceau plongent au cœur du vide
recueillent le vivant qui cherche à percer
comme les mots qui affleurent nourrissent le sentiment d’exister. ​Les pigments de mots le laissent rêver en survol océan à tous les ailleurs.
Il s’intéresse à toutes les cultures, lit énormément,  ne cesse jamais vraiment de peindre, d’écrire ni d’allumer son désir au feu des couleurs et de l’étincelle.
Il rêve de voyage comme d’un retour à une ascendance révélée au fil des visages que l’humanité se donne. Le désir d’expression, et le songe que l’homme et le monde dépasse ce qu’il en voit, lui font prendre le chemin de l’art, clé de la découverte de soi.

Scruter la terre, la nature devient son atelier, La couleur, la matière ouvrent le sens intime qu’il porte en lui.

L’élancement du pinceau plongent au cœur du vide
recueillent le vivant qui cherche à percer
comme les mots qui affleurent nourrissent le sentiment d’exister

Pays réel débusqué,
Devenir poétique,
Redisent la présence de l’homme au monde.

Peintre,
il sculpte le rêve que la main porte, en écho à ce chant du monde, au cœur de l’homme immémorial.

la porte ouverte, comme en mon vieil atelier aux effluves de café, sent bon le bois qui brûle au poêle
et la voix d’ours douce effile les mots en berceuse, gage de paix dans ce monde où seules les collines vertes aux douceurs érable offre le vin chaud d’une vie qui tende les bras,

A DIOS donc …

Lambert Savigneux , (Le Val 2001)

Le premier matin

Les couleurs parlent du cœur qui bat, d’un ailleurs que l’on rêve comme un signe.

Peindre aussi cette musique que l’on entend autour des choses et des êtres et qui devient comme une danse, un chant que l’on voudrait voir devenir réalité .

Un château, une rivière, la chaleur du soleil à midi et l’amour qui naît où l’on peut faire halte et retrouver le cours de soi même, puiser au fond de soi et autour de soi ce qui y dort qui est le ferment du lendemain, cet ailleurs que l’on sera demain. Un enracinement vers son horizon.

À chaque instant , retrouver sa trace, donner chair et forme à ses rêves, ses idées, ses désirs pour qu’ils ne soient plus chimères et brumes.

Lambert Savigneux, (Crampagna 1993)

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