portrait

Elle a ramené la beauté en bouche de volcan au contact de l’air
L’île s’est embrasée en flammes suaves en gouttelettes la mer sur le grand vent chaud de la flagrance Elle a du bout de ses doigts sans penser à rien par le velours humide de sa bouche soufflé légèrement pour que vogue s’envole s’irise la douceur Du plus profond de la couleur des grains fins pour que se détache de sa peau aussi fine que dix mille sanglots du soleil sur le teint  la transparence  à vif le crin de  lumière Un seul étincellement  l’oiseau multicolore s’est mis à glousser ailes de feu  crinières de cristal chant insistant des myriades de bouclettes envahissent l’océan harnachées d’eau en droite ligne verticale plongeant là où la langue de terre se détache Flot sur l’eau plane l’alizé sur une ligne mélodique de basse aussi volubile que la mer violente et verte la belle tige d’hibiscus.

IMG_6251
photo inconnue pour éviter l’usage interdit de celle que je convoite

Ma bouche et son pied
ambre sur le sol de l’île
ses pieds couronnés d’or
touchent et embrasent
le sol si léger
la poudre brune de la mer
La trace dans le sable IMG_6246
la lumière a laissé
l’orteil la fleur et l’ongle
s’envolent aux quatre vents
de Port Louis embrassant
les maisons rouges les visages
les yeux clos de ma bouche
que j’avais entrouverte.

 

Elle dans les bras de son île
apprêtée comme une reine
sereine comme une vestale
pour offrir en retour à sa terre
ses cheveux  une parure d’or
une perle de nacre à son cou
mieux que de l’encens
des bracelets sonores un anneau
de l’amour sucre sur sa bouche
le bec de l’oiseau sa joue
une offrande de fleurs pales
rosée sur son corps
des traits de poussières noires
vent sur les yeux
ses yeux qui sont des îles
et des pieds sanglots
inspiration sur ses pas

 

Comme si l’avion accroché à mon flanc je sens les moteurs qui arrachent mes entrailles les déplient des kilomètres d’entrailles avant  que ne se déchirent brutalement dans le ciel bleu dans la vapeur de nuage dont je suis le gardeur l’en traille l’avion et les fleurs     l’oiseau hilare de l’île en vol canaille à la belle qui pose son beau pied lumineux sur la terre aimée  si douce sa chevelure que les fleurs embaument de la sueur Paradisiaque.

AAA

IMG_6245aradis

 

Laura,  je te vois
je vois la fleur
et moi intérieurement je chante
la fleur
longue veloutée de l’humidité
qui fait luire la lèvre
déborde en paysage l’effluve
ensorceler l’œil de la douceur
retombante du pétale
au fin fond de l’esprit
la langueur retombée de l’inclinaison
l’ange tendre de la corole
ta robe
le parfum
et la couleur qui caresse
refermée sur la peau comme pour dormir
paupière ouverte sur le pore
luit sur l’iris
la rosée d’ambre
le mauve et le nacre
le noir luisant parait l’irrémédiable
un puits moins profond
que le fil
de cette eau qui remonte
enchante la soif en lumière ce matin

001

Rien d’intelligent dans cela, il ne sert à rien de comprendre, mais accepter et maintenir le pouls, comprendre ne sert à rien. Ce rythme est le mien,aujourd’hui lent après tant de frénésie due à cette pluie d’étoiles filantes, la parole en suspens retrouve son écho et réverbère, libère une impulsion reconnaissante qui deviendrai n’importe quoi mais dit : je vis , je je parle, je suis et c’est ainsi que je vois.

 [Je voudrai mon rythme plus poétique, il prend le chemin qu’il veut, de la phrase ou de l’idée pour garder l’étincelle vivante, fébrile. Peut être après un passage dans un lieu contraire, perturbant parce que trop éloigné de mon accord. Les étoiles jouissent de cet éclatement qui les a propulsé, moi aussi je suis propulsé dans le sens s’accordant à ce que je pourrais nommer ma vie, trouver l’emplacement et le rythme et que l’énergie luise. Il faudra être à l’écoute.

Là, en suivant les étapes du parcours dans ma mémoire, je retrace les différentes ellipses qui toutes s’interpellent, reconnaissent une , qui est pur et vivant comme l’espace entre les différentes spirales, celles de l’arbre en train de grandir, qui à intervalles réguliers puise sa propre course d’élévation, ou celles du poètes élevant des courbes pour atteindre le monde, tenter d’en capturer un son, j’écoute et une musique s’installe. Envahissement dans le corps et l’esprit, quelque chose convient et affirme une suite, celle de la source à la bouche.  Mes ellipses sont comme une boucle sonore, à travers la matière, « sonora » tente une succession d’impacts qui j’imagine font une pluie de trajectoires variables, tant en épaisseur qu’en hauteur occupant tous les lieux, de celui du corps à celui de l’intériorité. Mon corps et mon âme en sont criblés mais toutes proviennent d’une même direction ou y vont, l’énergie évolue dans un sens dont la lecture est émue.Le temps de l’entame où la sève perle le matin comme un jaillissement hors de l’écorce par la voix et les fibres de l’être comme s’il criant, le soleil et les vents en renfort percussif.

zao-wou-ki-1347974582_org
Zao Wou Ki

Nuit dans le jour
Il y a plutôt un écho
une  trace
un impact de la pulsation
le monde sous mes doigts
et dans mon œil  vibre
du geste à la trace
trajet d’une reconnaissance
Le  monde passe par le corps et l’éveil
la lumière permet ce tracé

Non comprendre
mais accepter
maintenir le pouls
Ce rythme est le mien
après tant de frénésie
due à cette pluie d’étoiles
la parole  retrouve son écho
elle réverbère
libère une impulsion
est renaissante