Je regarde ce que je n’aurai jamais, des enfants, une maison sur une terre une ile sur une rivière, des parents des grand-parent la joie dans la maison,

Le là qui n’est pas n’importe où, les mots qui ne sont pas n’importe quels mots attachés à mes pensées et mes chaussures, j’ai dessiné sans m’arrêter une maison, à grands coups de crayon à grands coups de patte

je regarde les mots que j’ellipse et je les fais sortir du sac, ils me parlent de la question qu’à tous les mots je pose, Puis-je retourner le sac ? puis je les mettre en collier autour du cou et m’en faire une paire de chaussure ?

Partir allez là vraiment où je veux aller dire ce que je veux dire

J’écoute Rita,  c’est remonter le sentier des mots et les mettre à l’eau, au delà ce serait que derrière se tient ce que je ne vois pas, le creux de ma vie.

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vais ou va l’encre

le chemin des crêtes vers la tête
recouverte par la brume
l’œil trempé est enveloppé dans ses langes

les précipitations l’humidité le contraire est l’aride

Du haut du mont
trempée de noir
où les gris frissonnent d’herbe
en fines lamelles faîte des fibres
vert plis et accrocs

pluie en rigole taillant duvet dans le dessin

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L’homme
dans le silence et la pénombre cagnard brûlant
prenant conscience
de ce qu’il est seul

prend l’acte d’écrire
tracer les signes
envoi sa pensée au loin comme une comète
aller à la rencontre
du monde fatigué
de l’organisation des grandes décisions et de la complaisance des chiens
à l’égard de leur maitres
surtout le conformisme et la pensée automatique du social érigé en charpente
il se sait termite et creuse un passage pour aller jusqu’à la mer puiser dans la grande armada
le signe temporaire qu’il trace de la grande délivrance
qu’il rêve
alors il explore
en un mot il arpente
la nuit
les grands boulevards
les bois
les rêves éveillés de la pensée et refuse
de se soumettre et trace
soupèse
les soupentes
apèse
l’envie de l’encre

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Dans l’absence de tempête

à fleur d’algue
souffrance sans écho

la nonchalance

  dans une caverne
une cascade
le repos antique

d’un carré de forêt vierge

l’étoffe
la robe safran
les chants de bure

les morts dans la poursuite
l’eau interminable et aucun navire
aucune voile

dans son pas
écho des distances

on voit

le visage même voilé
le blanc du soleil
le brun au terme du bleu

la cloche
sonne
vibre
lit de crevasse

dans les couleurs d’une fin de jour

On entend les
voix éteintes
les profondeurs
l’esprit sombre

le halo des chaleurs
de l’océan
vire au violet
l’ultimatum
transmet la fin du jour

la vue
cède
alors que le regard
pèse

Lambert savigneux , profondeur des iles
Lambert savigneux , profondeur des iles

Je me souviens de mon
grand-père
Ce n’était pas à Naples
ni à Hendaye
quelle différence entre l’odeur
de l’océan
celle renfermée des livres
l’embrun des régates
et le belcanto des oiseaux
dans le parc
il y a un feu à la Saint Jean
les branches de l’arbre
sont coupées
la maison me fait les
gros yeux
brille dans les
rouges et les ors
à grands coups de
brosse jaunes
pendant qu’à Aix
je lui achète un châle
du Kurdistan

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(c) ohara koson

radial insoumis

 

Finalement toucher
avoir une rugosité
figure hors du style
assise
et nous rend visite

le  moment ou l’air
heurte la glotte
ou la main frôle le monde
au besoin de vide
reposer les termes
d’une rencontre
entre la présence
et le radial insoumis

deux dans le monde - Ewa Palczynska-Ehrard Photography
Ewa Palczynska-Ehrard Photography