isolé par les fibres qu’elle ne voit pas
ne sent pas existant à l’insu
de la touffeur
la voix [acharnée-
ne sait plus comment vibrer – par quels pores
retrouver le chenal
sortir de la barrique
où elle dort
aborde
avorte
elle toujours borgne
le livre de la vie refermé
indolore
inodore
le flot de l’énergie
la porte
le tombeau cerclé
de fer
au caniveau
inondé
hors des bords
des solives
de la peau

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En quoi quelque chose cherche
à prendre appui sur soi
hors de toute pensée
préexistant au vide
a dépassé de nombreux appuis
fait le grand saut entre soi et le monde
se jette en avant
détache l’attache en toute vitesse
l’ivresse la beauté nue
l’esprit immobile repousse
en arrière l’impulsion
projette le mot dans le mouvement
pour que naisse le poème en soi 

 

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Crête rouge
se frotte à l’air
non celle du coq brailleur mais
le froissement léger
que la branche
irise
à la sève
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mm
Pétale et Fleur
à la retombée
des vents
houle et boucles
sur les mers du dessus
courent dans le courant
du possible

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Lors de la solidification
sur l’infini d’un
néant vif
le rêve  allaite
s’il court après
un long sommeil ?

Il s’agit avant tout de poser un pied
sur le cadavre en travers du monde
l’enjambée ouvre l’angle
sur ta jambe en l’air
tente le risque en déséquilibre
non  basculer mais  changer la course
l’habituelle poussée
vers ce qui n’est jamais advenu
mais si le fil tendu traverse
la percée claire d’un poème de pensée
quand le corps peine à souffler
le vent parebrise ose le poids sourd du soleil
un pas de coté  irrite comme des poussières sur l’oeil
la transparence sous les accès des débris
contre la fraicheur
comme une barque en avant de ton pas

Coupé du monde
soit parce que l’on ferme la bouche
et les fumées de l’asphyxie
du monde vieux
remontent par les narines
les yeux
le cœur
l’âme surtout
oublie l’oued hurlant
de l’autre
noyé sous la coque
tandis que dans les yeux
du passant
venu de loin
la poussière sur les os
chante sans voix
une chanson qui tente
de remonter de loin à la salive
qui vient

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