Il y a le présent
le don que le jour offre au jour
l’âme se pose
oiseau picore
s’envole doucement
dans l’air
émet de douce couleurs
sans doute nostalgiques
mais joyeuses
pose les deux pattes
sur le rebord
et regarde curieux ce qui s’offre à ses yeux
sans aucun retrait
entièrement au fait
d’être vivant
dans l’immédiat de ce qui s’offre à l’œil

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Perdu
dans ce qui est aussi vaste que
la liberté
de choisir n’importe quelle destination
mais aimanté vers le nord
à quoi me sert cette vastitude ?
cette vacuité où tout pourrait apparaitre
mais le nord ! ce nord
sans lequel je ne peux pas penser
ni voler sans tourbillon
soudainement le magnétisme est
envolé
se dérobe
le ciel est mon pré
je compare mon ciel à ma latence
se perdre
dans ce qui m’est donné
sans reflet autre que le nuage
le bleu réverbère
se dissout en vapeur
libre aussi
de ne plus rien voir
si je lance à la latence
à la largeur
privé de la profondeur
si j’accepte d’élargir la possibilité
aux devenir de la graine
au rythme de la tige
croitre en épaisseur
élargir au vaste
aussi épais que les eaux
que le corps et l’esprit qui découvre
met le cap sur la vibration et satisfait
de son vide aussi épais que l’envie
brisant les barrières
magicien seulement d’un avenir
de nuées
augmentant au même rythme que le
déplacement
n’ayant d’autre raison
que son expression
le plaisir de se savoir vivant
hors de l’emprise
d’une quelconque prise
au hasard d’un vol
satisfait
de voler
mais si loin
si loin
dans le plein même de l’univers

 

aile_1000_2

Lambert Savigneux, aile 2009

 

La sensation de vide assez épouvantable
l’absence par l’effort de la volonté
s’estompent  Il y a les bienfaits déposés en terre
la peau et l’âme succulentes au soleil
germent Entre l’oiseau heureux au faîte de l’altitude
et la terre au dessous étendue de vertige
et l’attente Ou est-ce le maintient du magnétisme
la distance élastique du déséquilibre
spontané  Le flux et le reflux le sang dans les veines
la vie en orbite et la connexion soudain
la relation Un calme s’instaure et le bleu sans nuage
ou est-ce le vide qui enveloppe la certitude
appelle Éternisée une aiguille en plein cœur
soleil rayonne dans les cellules de l’eau
fixe La sensation pour l’attraction sans raison
par le vol invisible au charme des yeux
totale Immersion la question plane vers les hauts
que suis pour toi dans la solitude sans nom
dérive Aussi loin l’un de l’autre que possible de rêver
les regards absorbent le magnétisme cru
rendent Au monde cet instantanéité du bourgeon
à quoi bon la greffe ou l’imposition forcée
libre La relation »écrit de cercle dans la rature
les ambivalences de l’oiseau dans son ciel
la liberté Rien qui ne soit libre et plane toujours
à deux doigts de mon apothéose ton risque
subjugue

42loizo

Jaabi , l’oiseau

 

Face à l’immensité des possibilités
il n’y a pas de carte pas de vocabulaire
pas de grammaire avérés
il n ‘y a rien que le ciel immense
avec quelques points qui n’existent déjà plus
et l’espace intangible de l’avenir
Rien que l’onde de choc de nos corps
dans la trajectoire amorcée
et qui peut constituer une possibilité
la vitesse mais aussi l’écho
les rythmes à l’œuvre dans l’univers si on les laisse aller

Les attirances les sympathies les concordances
et les repoussoirs peuvent aussi être des magnétismes
mais il est difficile de les saisir vivant
la spontanéité et la réflexion
sans arrière pensée ni représentation
face au vide de l’existence
il y a mon désir qui se perd
sans écho dans le néant
qui peut être rencontrera le tien
mais rien n’est moins sûr
ce que je projette comme l’expression de ma vitesse
lancée à vivre allure dans le dépassement de mon corps
filera comme une étoile et s’éteindra
échappera à l’impact
à la rencontre à la fusion
ma pensée n’y pourra rien
ce qu’il aura voulu fera long feu
s’éteindra
surtout quand comme aujourd’hui
il n’y a que le silence
aucune voix que la mienne
et qui n’atteint rien
qui se perd
sans que la tienne n’ait la moindre existence
si tu ne la lances pas
ce que tu auras pu dire dans le passé se sera évanoui
ou du moins ne me croisera plus
occupée que tu es ailleurs

ni ma pensée ni mon rêve
ni rien de moi à ce qu’il semble
tout est éteint
aucune lumière
et mon corps à l’habitude de vivre
commence à échapper à la lumière
que toi seule voyais
et que tu maintenais en vie
comme étoile s’éteint dans l’univers
comme une voix
trop lointaine
comme un geste avorté
et mon désespoir
de rentrer dans mon vide
solitaire
aucune carte
aucune lueur
aucun œil pour me lire
oreille ni cœur pour m’entendre
l’écho a cessé de battre

pour un instant
suspendu dans le vide
immobile
les probabilités de s’écraser
vertigineuses
dérives sans limites
à la merci des contraires
le corps laissé
en apnée de l’esprit
au cœur qui se sait relié
à l’essentiel
au risque de l’autre
quand l’évidence
se meurt fleur à l’intérieur
est une végétation
un monde en soi
inverse la poussée
la mort promise
verticalité incongrue
sur le plan de l’horizon
impulse une ligne
de l’épaisseur amoureuse
ramené à soi
la certitude de rejaillir
dans la fidélité

 

J’ai ouvert la gueule du temps
à un moment où il s’était
recroquevillé
qu’il tentait de m’écraser
de sa queue
de ses pattes
de sa nonchalance
eu le temps d’attraper entre ses dents
et tout au fond de l’estomac
nos moments caillés
que j’ai inhalé
j’ai pris un bain de jouvence
de ce lait fermenté
que j’ai lapé sous la langue
coincé sous ma rétine
cloué sur mes neurones
tatoué sur ma peau
en toutes les langues pour
ne jamais oublier
le jus de la lumière
l’octave de ta présence
pour que soit là que commence mon dictionnaire
fait des lettres de ton nom
L  A U R A comme un rébus d’artificier
d’avant en arrière et puis en reculant
en rond et en travers
jusqu’au bout de la mer
jusqu’au bout de la nuit
jet de feu jet de voie lactée
qui éclaire
château en sable assoiffé de nos vagues
moi en équilibre sur ta langue et
faisant la toupie
tourne plus vite que le carrousel de l’univers
que j’ai chipé au temps
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