bord des voiles

© photo Pierre Verger

amené par les secousses les caprices et le rejet la vie comme une eau et soi comme le bois, ballotement, la tête à l’envers quand le monde ne semblait plus avoir de sens, la raison s’agrippe au peu mais la tourmente emporte le fétu alors on est tenté d’en rire et ce rire est cette branche qui reprend vie échoue sur le rivage de l’ile  fait fi des tempêtes et en riant crée des racines de la hachure ramené en rêve une foi par semaine au déballage de quoi s’ensoiffer d’espérance, entourant de prévenance le soleil, couronne d’or nouée en fichu et le pas décidé, marche entre les forêts d’un pas enjoué, la chemise déterminée et le froc ceinturé d’eau indigo

 

résister c’est créer

Oui, mais la guerre est finie, Fleur, finir c’est imposer par le silence la voix forte de nos vies la-bas au creux de nos vert  si elles le veulent  l’essentiel de nos vies détourneront  le poison que les pouvoirs promettent: les vies de tôle qui nous enserrent nous les jetterons sans un regard ou perce de mépris à leur brodequins de ciment, nous cueillerons le brin d’herbe et le porterons à nos lèvres et nous murmurerons


tombera  le fer et la violence insensée  : constructeurs d’enfer, tordeurs de vie, empêcheurs de penser et rêver libre


dans le vent je lancerai


c’est un chant qui va très profond en moi


simple mais vrai

plonge

et me dit de m’en remettre aux étoiles à l’étrave d’un bateau, aux branches d »une fougère et au cri d’un oiseau

écarquiller les yeux et en silence laisser l’écho du voir répercuter

sève de cœur parvenu à mes pieds


(âme pieds)


consulter la roche et le feu en dessous


(l’âme au fond)


puis laisser le tout remonter vers les yeux

fort  au regard


âme main


de nouveau pouvoir chanter ou danser – est-ce se taire

et s’empreindre de la baie