maintes jointes

Yemanja , Bahia

 

 

l

en files comme aux vagues

les bras scandent

rappel des mers

Océan le bras de Jemanja

 

 

ll

 

bleu

une échappée des corps

l’ombre

les voiles sur les hanches

 

 

lll

 

blanche

au loin la verticale

 

blanc

la ligne horizontale

 

 

llll

 

 

le rouge autant que le blanc

rappelle la rose

congres

sur les fesses la ligne de l’eau

retenues

hanches comme les bateaux

bleues

toute à la fertilité

 

 

lllll

 

 

jeune fille ou femme

 

ou rose sabrée de blanc

 

nacre

 

sabre

 

ou faisant face

 

chant

 

le chemin de l’eau

 

 

llllll

 

 

du slip aux hautes hanches l’archet du blanc au nombre de cinq trace une cordée qu’il n’est pas bon de dépasser ni de tirer

 

corps bleus

 

laissant la force s’exercer par les mains alliées aux corps nus s’exerce la dominance brune accordée aux dentelles hymne de Jemanja

 

peau la brune

 

c’est offrir la splendeur lascive à la brutalité comme un filet ramène le corps à l’eau ouvragé pour un retour de l’esprit

 

 

lllllll

 

 

toute à l’eau

étroites galbes de la jeune fille les bas fonds sans écume

grandes voiles le sang des mères les largeurs des coques

et l’attente

 

 

lllllllll

 

 

le rouge

est au sang

le blanc

vient me saisir

tout à l’eau

 

 

llllllllllll

 

 

l’eau pour un transport dans les sangs

 

la peau rivée quand fixent les courant

 

 

llllllllllllll

 

 

ou

 

photo de Marcio fr

 

 

du blanc

de la main à la voix

 

alba

de la main à l’oreille

 

conque

roule et prégnant

 

ongle

la fumée accède à l’or

 

muette

la pointe en main jointe

bord des voiles

© photo Pierre Verger

amené par les secousses les caprices et le rejet la vie comme une eau et soi comme le bois, ballotement, la tête à l’envers quand le monde ne semblait plus avoir de sens, la raison s’agrippe au peu mais la tourmente emporte le fétu alors on est tenté d’en rire et ce rire est cette branche qui reprend vie échoue sur le rivage de l’ile  fait fi des tempêtes et en riant crée des racines de la hachure ramené en rêve une foi par semaine au déballage de quoi s’ensoiffer d’espérance, entourant de prévenance le soleil, couronne d’or nouée en fichu et le pas décidé, marche entre les forêts d’un pas enjoué, la chemise déterminée et le froc ceinturé d’eau indigo

 

rouge heure

la maison blanche obstrue la rua on voit un arbuste dominer l’ombre et dans les interstices de la perspective passent les vides des possibilités fantômes d’une renaissance quand les femmes passent éclatantes dans cet ocre rouge le vert balance à se déchirer la rue s’illumine de la naissance et octroi les pas qui mènent vers la porte qui peut toujours être poussée un bouquet à la main.