Une peau

Une main soumise dans la catastrophe des doigts sont enclins à penser, douce villégiature, courbe longitudinale, les neiges repartent dans une rasade longue, saccade de l’air secoue la chevelure, l’onde est défaite et tremble dans le toucher à la peau, revenant à Toi, la courbe des saillies s’ombre. La peau souffreteuse s’est tue, irradiations des sueurs sur les pores, comme une luge. Peu à peu, comme une ville soudainement élucidée, s’incarnent tous les points de nos affections, on est étonné des tremblements, ce corps sous l’œil et les doigts savants courent sur la nuque, d’un lait plus blanc qu’une rage joyeuse, fondre, voir, jaillir, étouffer le fracas de l’épiderme, se souvenir d’un blanc ondulant, sentir l’octave du sexe plus doux encore que la laque d’un rose appelant la navigation, doigt sur sa source, souvenue par les bords, dans le bain vert, le noir vient se perdre, la nacre s’emballe et convulsive, sur la bouche, rayonne l’attention d’un mont fier.

C’est l’honorer d’un pli poli, tige pressant sur les boutons prévenants du cerisier, de cognassier s’étoffant de la touffe de la lune.

cherry blossom (c) Masao Yamamoto
cherry blossom (c) Masao Yamamoto

loin de l’eau

Mais quoi de l’eau du lac

cette scie l’eau impose à sa surface

 

 

lentement comme le miroir

 

 

d’une lueur pourtant dans l’épaisseur

sans consistance

ne pas être vu la

hachure de la lumière

 

sans se mouvoir

se déplaçant sans déplacement

une couleur brune

de l’apnée grise

ce corps n’est pas de l’eau

 

à y bien regarder constituent les bourgeons de l’eau

 

ChuTa
ChuTa

 

lisse sans quoi la raideur

sous le pin

comme un nœud sous le pin

assis sous le pin

 

j’en vois l’écorce blessée

et la nécessaire lucidité

de l’égale fluidité aride

 

le toit

dépassant

une eau émeraude troublée

amène

une égalité d’humeur

 

est le pendant au bain crasse de la journée

les rides

d’un seul tenant

dépassent

les aspérités

 

la pierre est lisse

 

je ne lance pas dans le lac

le poids

je garde l’apaisement

douce

la peau dans la paume

 

parvenu à l’accord

quiétude acquiescent

 

lisse sans quoi la raideur laisse le lac indifférent

 

hirosi nagare
hirosi nagare

 

à l'eau

je vois un cercle arrondir l’eau

je vois la fraicheur élever l’eau

je vois un ours retourner l’eau

je vois la pluie déplorer l’eau

je vois l’opale traverser l’eau

le caribou contourner l’eau

je vois mon pied dans l’eau

ma bouche apaiser l’eau

le fond remonter l’eau

une fille de l’eau

cajole l’eau

sur l’eau

lisse

 

Cascade

c’est lorsque la brume

envahie

que chasse la lumière

cinglée

les dents de la montagne

déchirent

c’est pendant l’orage

m’ébroue

que la ligne de crête

ou lorsque la pluie

dévie

la roche échancrée

dilue

promenade 2

s’il fallait revenir au moment d’après de la pluie

me portant en promenade le long d’elle qui charrie

sur les bords de l’eau le matin vers la plaine

l’eau me touche par tâches l’heure blanche sur vie

racontant sur la berge des barrières de troncs

on pense aux castors tu sais la furie des orages

pas d’ombre qui n’a pas le temps de s’arrêter

mais une fraicheur apaisée de fleur échouée

au bois des digues le silence une matière d’arbre

sans penchant quand elle heurte les roches

de blanc dans le mouvement l’eau déroule

je marche épais l’eau fluide d’un brun sourd

libellé lourde la chaloupe  en sens contraire

Fruction

un coin dans cette enclave, coincé entre deux pans, en forme de motif l’instant ramenant à l’enfance cachée derrière l’armoire, dérobé, atavisme ? en embuscade l’œil perçoit le vide et  inquiet pointe des sens à l’écoute, l’indécision est le faîte d’une falaise.

La marche semble m’entrainer dans le sens des flots qui charrient l’eau de l’orage transformée en furie la promesse lorsqu’elle se sera apaisée d’une fertilité sans précédent ; les pluies de l’hiver ont donné ce vert au printemps débord de la vitalité et canalisé dans le lit le fleuve tend à rejoindre la masse de l’eau indifférencié suivant la gravité laisse par sa friction la moisson au limon et la terre s’imprègne du fruit. On dit qu’elle fructifie.

Navajo rug , detail
Navajo rug , detail

invitant à la marche

allant du plus suave à ton excavation par les chemins offerts au vide

survoler

 

 

les ombres parallèles du contrefort sans omettre l’adoucissement

 

grave un calame pour seul vaisseau

les voiles tendues de la pierre et les cheminements des sables gravir les graviers les pas allant

 

des enlacements de l’un à l’un

ruisseau menant à la pente dressée  les étendues invitant à la marche

 

le ravinement incline

une ligne relie le propre et le couchant le glissement le tendre de l’éboulement

 

la douceur de ces tranchants

les brisées de l’épanchement

la terre n’étant que le passage

 

à l’ombre des mousses

 

mais si boire à la source nous vient du ciel

boire dévale la fraicheur de l’aplomb

 

l’arythmie facile est démentie par le chapeau

la montagne n’est pas à grimper

mais la vapeur qui bruisse sous le couvercle

 

ruades dans les creux

l’ombre étouffe

le choc des certitudes

 

le vertige en taches

crissement du végétal

y parvient le  vide

 

sans qu’il y ait de débord

 

roucoulent et saouls

les lignes éparses

sérénité ombrée

des plis du moineau

%d blogueurs aiment cette page :