loin de l’eau

Mais quoi de l’eau du lac

cette scie l’eau impose à sa surface

 

 

lentement comme le miroir

 

 

d’une lueur pourtant dans l’épaisseur

sans consistance

ne pas être vu la

hachure de la lumière

 

sans se mouvoir

se déplaçant sans déplacement

une couleur brune

de l’apnée grise

ce corps n’est pas de l’eau

 

à y bien regarder constituent les bourgeons de l’eau

 

ChuTa
ChuTa

 

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lisse sans quoi la raideur

sous le pin

comme un nœud sous le pin

assis sous le pin

 

j’en vois l’écorce blessée

et la nécessaire lucidité

de l’égale fluidité aride

 

le toit

dépassant

une eau émeraude troublée

amène

une égalité d’humeur

 

est le pendant au bain crasse de la journée

les rides

d’un seul tenant

dépassent

les aspérités

 

la pierre est lisse

 

je ne lance pas dans le lac

le poids

je garde l’apaisement

douce

la peau dans la paume

 

parvenu à l’accord

quiétude acquiescent

 

lisse sans quoi la raideur laisse le lac indifférent

 

hirosi nagare
hirosi nagare

 

promenade 2

s’il fallait revenir au moment d’après de la pluie

me portant en promenade le long d’elle qui charrie

sur les bords de l’eau le matin vers la plaine

l’eau me touche par tâches l’heure blanche sur vie

racontant sur la berge des barrières de troncs

on pense aux castors tu sais la furie des orages

pas d’ombre qui n’a pas le temps de s’arrêter

mais une fraicheur apaisée de fleur échouée

au bois des digues le silence une matière d’arbre

sans penchant quand elle heurte les roches

de blanc dans le mouvement l’eau déroule

je marche épais l’eau fluide d’un brun sourd

libellé lourde la chaloupe  en sens contraire

Fruction

un coin dans cette enclave, coincé entre deux pans, en forme de motif l’instant ramenant à l’enfance cachée derrière l’armoire, dérobé, atavisme ? en embuscade l’œil perçoit le vide et  inquiet pointe des sens à l’écoute, l’indécision est le faîte d’une falaise.

La marche semble m’entrainer dans le sens des flots qui charrient l’eau de l’orage transformée en furie la promesse lorsqu’elle se sera apaisée d’une fertilité sans précédent ; les pluies de l’hiver ont donné ce vert au printemps débord de la vitalité et canalisé dans le lit le fleuve tend à rejoindre la masse de l’eau indifférencié suivant la gravité laisse par sa friction la moisson au limon et la terre s’imprègne du fruit. On dit qu’elle fructifie.

Navajo rug , detail
Navajo rug , detail

invitant à la marche

allant du plus suave à ton excavation par les chemins offerts au vide

survoler

 

 

les ombres parallèles du contrefort sans omettre l’adoucissement

 

grave un calame pour seul vaisseau

les voiles tendues de la pierre et les cheminements des sables gravir les graviers les pas allant

 

des enlacements de l’un à l’un

ruisseau menant à la pente dressée  les étendues invitant à la marche

 

le ravinement incline

une ligne relie le propre et le couchant le glissement le tendre de l’éboulement

 

la douceur de ces tranchants

les brisées de l’épanchement

la terre n’étant que le passage

 

à l’ombre des mousses

 

mais si boire à la source nous vient du ciel

boire dévale la fraicheur de l’aplomb

 

l’arythmie facile est démentie par le chapeau

la montagne n’est pas à grimper

mais la vapeur qui bruisse sous le couvercle

 

ruades dans les creux

l’ombre étouffe

le choc des certitudes

 

le vertige en taches

crissement du végétal

y parvient le  vide

 

sans qu’il y ait de débord

 

roucoulent et saouls

les lignes éparses

sérénité ombrée

des plis du moineau

maintes jointes

Yemanja , Bahia

 

 

l

en files comme aux vagues

les bras scandent

rappel des mers

Océan le bras de Jemanja

 

 

ll

 

bleu

une échappée des corps

l’ombre

les voiles sur les hanches

 

 

lll

 

blanche

au loin la verticale

 

blanc

la ligne horizontale

 

 

llll

 

 

le rouge autant que le blanc

rappelle la rose

congres

sur les fesses la ligne de l’eau

retenues

hanches comme les bateaux

bleues

toute à la fertilité

 

 

lllll

 

 

jeune fille ou femme

 

ou rose sabrée de blanc

 

nacre

 

sabre

 

ou faisant face

 

chant

 

le chemin de l’eau

 

 

llllll

 

 

du slip aux hautes hanches l’archet du blanc au nombre de cinq trace une cordée qu’il n’est pas bon de dépasser ni de tirer

 

corps bleus

 

laissant la force s’exercer par les mains alliées aux corps nus s’exerce la dominance brune accordée aux dentelles hymne de Jemanja

 

peau la brune

 

c’est offrir la splendeur lascive à la brutalité comme un filet ramène le corps à l’eau ouvragé pour un retour de l’esprit

 

 

lllllll

 

 

toute à l’eau

étroites galbes de la jeune fille les bas fonds sans écume

grandes voiles le sang des mères les largeurs des coques

et l’attente

 

 

lllllllll

 

 

le rouge

est au sang

le blanc

vient me saisir

tout à l’eau

 

 

llllllllllll

 

 

l’eau pour un transport dans les sangs

 

la peau rivée quand fixent les courant

 

 

llllllllllllll

 

 

ou

 

photo de Marcio fr

 

 

du blanc

de la main à la voix

 

alba

de la main à l’oreille

 

conque

roule et prégnant

 

ongle

la fumée accède à l’or

 

muette

la pointe en main jointe

l’aube de l’ô se prononce « ou »

L’aube de l’ô se prononce « ou »

comme un acquiescement un baiser au bleu, on ne saurait à moins se parer mais ce n’est pas tant le bleu que l’on le voit que cet océan mouvant, vivant des ses mouvances,

l’errance est un vivier

du noir au gris se nourrit le bleu mais drapé de blanc demeure au bleu

bouchée

lumière des convives ils mangent le ciel et brassent les nuages les courants d’air

una cerbeza et la mousse est l’écume

le ventre héberge les vents les entrailles de la mer où les transports invisibles inscrivent les îles dans le parcours le recours à la cote et entre le désert et la forêt la dérive des cours de l’océan y mènent comme des points d’acupunctures aimantés de l’un aux autres

l’océan a la volonté propre de l’eau

qui pourrait mener de l’eau au sable, s’y sculpter comme un destin d’une embrassade, étreinte et baiser humide de l’eau au sable l’histoire de tant de marins  qui s’y sont fiés vouant leur prière à la mer, ce grand cheval d’en dessous et

vogue

cris des naïades plasma des nouveaux-nés
balancement des songes vers le soir
mouvement dorsaux des rameurs
allongée de l’autre coté des courants
l’océan a l’odeur femelle de la  belle
et rêve dans le haut le coeur à la proue

le filet est jeté l’homme au centre chante les clameurs que le choeur comme les vagues appelle

sont
mémoire
reflets de la mangeoire ou pourrit l’hermétisme
où court

gémissement la musique des sphère agit sur les cétacés

la puissance de la remontée est telle que dans ma voix s’extasie la jupe qui tourne

la prise remonte daurade et raies
le homard en salade et le poulpe
aux olives
à la grecque sans qu’à Madagascar
fuient les icebergs

et les pirogues d’antan continuent de s’échouer à jamais dans ce présent que ramène la barre

photo inconnu

partir en voyage le souvenir dans la mémoire le nom des mollusques et les mâchoires des prédateurs y font la morale aux cachalots et survolent les mouettes

Chu ta l’avait vu lui au bord du torrent
l’océan est le là musical dans la bouilloire
l’ici torride de l’atavisme
la zoologie marine ici se laisse aller
apéritif comme pris de mescaline
cactus des mers et motifs des sargasses

bain de la pieuvre

sargasses

sur terre ce sont gouttes,
pluie, fleuves et rivières
embarquement sur les flaques
filet cuits à la vapeur
rives où le rythme de la vague
et dans le coquillage
la musique de la déesse
le bruit du ressac
l’air emprunte les conques
et sous l’eau sifflent les baleines

ne donne pas l’idée de ce que Océan veut dire

création de Oumou Sy

L’immensité de O stagne en mouvance s’étend
est de partout
et file entre les doigts
dédaigne entre les doigts de pieds le grain de sable
et ravitaille dans les coques
transborde les plaisir des corps
et sans le pénétrer sauf à le détruire

asphyxie,

on appelle cela la noyade

l’eau

les eaux
comme un continent
la traversée infuse
la transe envoûte
ramène à l’origine le temps d’un transport
le trait attache lèche les pieds de la déesse
aboie s’il le pouvait
se ceint en chevelure de sa traîne
les yeux écarquillés
de points en points créent un sens d’une géographie
absorbe résorbe

imitant les délires des plaques et la tectonique un vent pousse par les fonds et bafouille les rires des rives en rives jusqu’à s’abandonner aux tropismes de la vague qui enroule la liane du corps alors pousse des palmes et un feuillage de corail

pousse l’eau rejette la gravité flotte la plante des pieds ce n’est que dire de se laisser couler dans les rouleaux qui émiettent

l’océan soupire après les îles,  pour elles un drap
charmante auberge où qui s’y baigne s’y fait manger
ou mange
dans l’assiette des milliers de formes biologiques
en expansions
pourchassées par les cargos et les baleiniers, les filets des pécheurs
poissons, algues, molécules, plancton, roche, sable adhèrent à l’ensemble
sont presque de < l’eau
L’homme sur le raffiot dans sa rêverie est happé dans le bleu
y descend scaphandre
et sur le pont prends des notes dans son calepin ou son ordinateur
la science a fait des progrès mais l’opaque se métamorphose
garde son secret et motus bouche cousue seul la vague épelées les voyelles

s

Erykah Badu

l’Océan est cette immense soupe je plonge ma cuillère, ôte ma chemise et en fait une voile et je me jette à l’eau comme un échange des salives

un langoureux enlacement des eaux