Portrait de l’endormie

C

est une naufrage entre les briques
les jumelles permettent de sangler les vides
le rouge à lèvre est peut être dans les creux

X

Je baille
l’eau
maintient le naufragé

D

Semble refermer le sable cap au piment
il fait nuit dans le gris
deux baguettes abouchent la crevette

G

Une feinte entre les dents l’aspic s’applique à dépasser la langue
deux cordes de luth dans le palais

F

Ce n’est pas un oreiller
ce n’est pas la chevelure
ce n’est pas une bougie
moteur à quatre temps

A

l’ovale
est troué
le triangle
pointu

Y

Le teint opaque
le lait mat
là où s’accidentent les nageoires

B

Ne bouge l’oreille
pare les cheveuxle noir serre le fil des cils
paupières cinglées des ongles

U

Seins
d’occident
l’aile

S

Entre dans les parpaings lézard recroquevillégranulé de béton
ciment peau
trainée lumineuse de tignasse

T

L’ouverture lente des lèvres
ce blanc corps sue glisse sur la fente
tourelles du château

M

Pourtant rien dans les murs ne rend de son
la vase de son
et tu bailles ou m’avales

L

Rivalise dans le rêve

akira Sato- woman
© akira Sato- woman
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aller en travers ou contre

Une fenêtre énorme s »ouvre

L’Immensité

La vague énorme Flèche

 

Armée des mots traverse, pont, précipice, vertige, rappel,corde, avion train botte muscle vont de plus en plus vite

Jusqu’à effacer

je ne mes souviens plus de la phrase qui venait mais Je me souviens de l’image de ton corps ivoire et de ta jupe blanche et la collerette jaune, tu cachais les yeux qui riaient

 

Aller en travers ou contre

Ta robe coule un fleuve

Précipite est un passage sur précipice

Il n’est pas juste de dire que

 

Les mots engouffrent ni l’idée de recouvrement comme une neige ne va pas assez vite,

Graines frisent l’éclosion Le temps du verbe est le présent – l’on donne à manger à l’inconnu qui entre

 

Temps Passé

Grandiloquent ou Affreux

Futur remanié

 

La main s’est posé sur le présent elle couve l’œuf sans mouvement

Apaise et laisse s’établir les lignes, appelle

 

Mais la vague vient lécher doucement le bas de vos jupe et fermement s’en empare

Ouvre un chemin dans l’œil et décille

Le mot ferment ne ferme pas mais ouvre – toujours ouvre par l’échancrure

Naissance qui brise nécessairement

 

Je te parlerai du futur

Tu le vois mieux que Moi mais je le sais être accordé aux lignes parallèles

Toi toi toi la douceur divinatoire

 

la fenêtre s’ouvre

J’ouvre la fenêtre

Je la maintiens ouverte

et Tu la pousses

 

Tout ce ciel bleu et la statue

N’explique pas ce surgissement

Cet aimant qui s’impose

 

Ni que le Tigre soit des sentes d’Eucalyptus.

 

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mots cargos doux de nuits

Que dire d’un matin de brume issu des tempêtes

que dire d’une nuit bouleversante

de l’ahurissement des boulimies d’orage

cale surpeuplée de chaines ou de ballots

mots cargos mots doux de nuits

que dire d’un nom que l’on n’aperçoit qu’au lointain

détail sombrant dans la généralité

fumée noire assauts et coups de la diversité

coup de fourchettes et découpes sauvages

mettent parfois en déroute

recroquevillé sur ce qui pourrait être une plage

ou un lit de draps défaits

Turner, Staffa, la grotte de Fingal
William Turner

Fruction

un coin dans cette enclave, coincé entre deux pans, en forme de motif l’instant ramenant à l’enfance cachée derrière l’armoire, dérobé, atavisme ? en embuscade l’œil perçoit le vide et  inquiet pointe des sens à l’écoute, l’indécision est le faîte d’une falaise.

La marche semble m’entrainer dans le sens des flots qui charrient l’eau de l’orage transformée en furie la promesse lorsqu’elle se sera apaisée d’une fertilité sans précédent ; les pluies de l’hiver ont donné ce vert au printemps débord de la vitalité et canalisé dans le lit le fleuve tend à rejoindre la masse de l’eau indifférencié suivant la gravité laisse par sa friction la moisson au limon et la terre s’imprègne du fruit. On dit qu’elle fructifie.

Navajo rug , detail
Navajo rug , detail

à la Lune

Je me suis servi de la nuit comme d’un levier

tenter de me hisser moi même vers l’irradiance de la Lune toute l’aide qui perçait des étoiles et les hourras des légumes

gisant de fièvre à même mes doigts un ver s’en retourne luire

 

filets d’or épingle

à travers le feuillage

pomme splendide

gîte au plein Astre

 

et me penchant au balcon sans aucune peur du vide

 

une coulée me permit de voir le reflet des marées

ouverture de sable brodée des coraux

pansement tes lèvres quand elles se mettent  à trembler

 

Soif

pour une pluie divine  la peau dans les embruns cesse sans aucune arrière pensée passant et repassant jusqu’à serrer au plus fin le motif

pour finir le voyage

chahuté

la fatigue

car les cahots comme si  ballot sur le dos d’un chameau sauts de ses lourdes pattes élastiques

mais la corne est aux pieds foulée dans les herbes

 

 

ou une caravelle que je voyais voler dans le ciel étaient-ce les nuages ces fils où je glissais à m’en faire mal je me retourne dans mon sommeil cherchant l’issue au pourpre

 

cela semblait sans fin et qu’importe le sens inverse à la pesanteur

me hissant à revers et pesant nonchalamment vers un bleu trouée d’or vert

 

allongé le nez aspiré sans odeur

une nuance de bleu

j’avais rencontré au désert la nuit quand l’âme est rechapée l’immensité clairvoyante filles vivantes les fleur d’un matin pointent dans la rosée c’est retrouver le minéral dont l’étoffe est faite pointe de la nuit

des jours et des jours et de la résistance et la chaleur

brouille de bleu si bien qu’on ne pense plus qu’à ça

 

et aux grains la-haut qui filent

Photo 506

 

 

 

 

réveil

Il importe

de se réveiller comme un homme

l’oiseau

sur mon épaule ne peut être

une poule

 

si elle pond sur le front

 

plutôt que posée sur un rameau

est-ce une colombe ?

le tenant dans le bec

 

je dirai que c’est un moineau

ses plumes ne sont pas d’une toge

mais l’écrin d’une bure

 

la veine à mon cou

un brin d’herbe s’est allongé,

songeant à la vague

de pré ou de pelouse ?

d’un étang,

il serait jonc ou nénuphar

 

selon l’orientation et la profondeur

 

Arbre désorienté

brûlant le sol dur de Palestine

l’ombre ruminant

des palais

battant des cils aux fenêtres

 

une orange

 

comme des iris,

prière croassant

et belles illuminant

les endormies

 

 

 

 

 

béance nos peaux

le matin apporte les nouvelles passées au tamis par la nuit

les mots de l’aube se sont mis à pleuvoir au plus fort du rêve

à ce moment précis où tu as mis ton visage contre moi

où tu as inscrit ta rosée ton souffle tes sourcils dans ma respiration

 

dans mon souffle se soulèvent tes rêves ton désir a inscrit les miens

délicatement y peignant ta couleur un semis dans les alvéoles

la bougie soufflée laissant l’offrande aux dieux remonter le courant

 

herbes des tresses

un tissage

et tu murmures

ta voix m’envoute

 

à la nuit dans mes veines

la pleine lune est un halo

coupe en deux l’océan

la lumière est un sentier

 

dans mes veines un fil recoud les blessures

les herbes simples

 

mon cœur s’est ouvert et nous sommes restés comme un

se confondant

 

l’amour rythmant

la voile blanche tes seins un papillon  rouge s’y est posé

 

le lait sur la rivière une nuée des feuilles a recouvert l’horizon de sa migration

le tourbillon s’est apaisé nous tournons biface liés d’un lien médian

dans nos doigts les nervures et l’abondance d’un fil

au hasard du vent les couleurs traversées se déposent musique

ce n’est que légèreté dans notre parcours l’air est retombé

béance sur nos peaux

de Bohème la gaité  doucement comme un chat s’étire

si en moi pèse dans la nuit

Mais ce matin en moi les rayons d’automne sont comme au pire de l’été et me contredisent.

J’ai besoin de cette solitude près de toi si près de toi, à te toucher, les veines de tes doigts le long de ton bras, le hale de ton visage le poli si lisse la pudeur de tes seins signant ton corps de ballerine, chutant ton parfum colonise les objets la vie qui flotte l’air se déposant comme les pétales de rosée.

Comment puis je être loin et pourtant ma solitude si près, et nécessaire

afin d’échapper à ton emprise et mieux pouvoir me saisir, de nos rêves, des pensées qui comme deux corps tournent et s’attouchent se rejoignent un combat dans une frénésie se saisissent, face à face, la face contre la face, s’opposant dans un engagement et pourtant se nourrissant des choc frontaux et alliances, alliage des glaives, les dieux visibles dans la rage et voyelle une douceur sur les feuilles, le brillant du matin à la tombée du soir exigent le bouclier et sculptant l’age la stridence des troncs, effort d’un tellurisme naturel passant dans les bois qui ravinent les vies, ces accents du sol, terrailles alimentées des laves, que nous buvons

à la grande source,

au jaillissement de la couleur

et l’accord, à l’accord-danse

l’harmonie, crépuscule matinal de la déflagration solaire, rejaillit dans le prisme

à ton port la méditerranée, de figue la cote lisse abrupte du lin noir qui t’habille, je parle de ton nez, de tes joues et de ta jambe comme fille de la soie, ta chevelure comme la nuit triomphante du jour et le jour comme le tronc, le tiroir volcanique se penchant à tes lèvres, rouge de ta pensée incessante, suspendue à tes mains qui façonnent ou imaginent et rythment le temps, le temps rythmé te donne naissance dans la succession des signes du corps de la torsion, l’apaisement et l’entente décomptant les secondes qui t’éloignent et rapprochent le vif , peut être de la brume ou de la lune

et je suis le témoin de cette éclosion, joie sœur de l’angoisse, urgence cette force qui rompt les amarres et soudainement le gros temps, ce visage un marbre d’ébène, est ce le soir, ou le sud profond des vents, les bords aigus de la pensée qui piétine aux bords de l’attention, ce visage égyptien ou sable des déserts de la sauvagerie, je le vois nègre dans cette grande étendue de l’œil, sous les cils le mince traite de fusain et je le le voudrais tracer à pleine main s’il n’y avais la distance cette présence concentrée des dieux et grave, les lueurs  circonflexes et l’horizon de toutes les mers à l’angle des forêts, l’aplat déconstruit en strates à l’aube de mourir plus affuté par le rabot qui défraie les jointures et dans ce crépuscule d’opale la tragédie sans minotaure d’avant le règne du chêne et que passe le chevreuil, quand l’ombre retient le sanglier et que filent les renards quand surgit la décision ou que l’espace se rompant délivre l’héritage.

Dans le geste quand nous regagnons la traine sur les graviers comme la filature de la hâte rejoignant dans la pente qu’est notre temps gagnant sur la nuit et qu’en moi pesant dégringole l’ancre qui s’en va se fixer dans les fonds, atteignant le noir et que je te regarde. perçant la lumière recouverte.

Si en moi pèse dans la nuit ce qui remue les feuillages, cette splendeur dont la tristesse me pleure et que je m’endors .

le bleu du ciel, Brigitte Komorn

à chaque moment un

Si l’on peut s’obliger à écrire quelque chose tous les jours, l’on peut aussi s’empêcher de ne pas ouvrir un livre à une certaine page et en laisser lire quelque passage ; ce fut le cas du livre de l’intranquillité ce midi ;laisser couler de la page en soi un peu de magie et inspirer dans la journée de cet air, si vital, étranger à l’insensibilité

les phrases comme un baume avant de glisser dans un rêve éveillé en guise de sieste, en suspend entre rêve et image du réel qui sont liés.

tiger_martyna zoltaszek

vivre et que vivre

dixit  MaJi Holly (sénégalaise, jeune et déjà talentueuse)

photo Jaabi , Sénégal, c’est pas elle mais ça pourrait
« J’ai une envie obsédante de me barrer avec mon sac chaque matin au réveil.
A pieds ou avec une deux roues, on s’en fou! L’essentiel, c’est d’arriver!
Donc je raconte…
La vérité est que je ne supporte plus personne, même plus mon ombre.
C’est pour vous dire!!!
Sale crétin de prince charmant va chier, frère et père honte à vous, amis matérialistes et superficiels allez au diable, diplômes de merde de mes fesses à la bûche (je vais passer le reste de ma vie à formater la merde que toi éducation nationale, tu t’es acharnée à déverser dans ma tête).
Je n’ai ni rêves ni passions donc je devrais m’en sortir pas mal,
ni attache ni but précis donc je finirai surement par rater ma vie.
Ce qui, ma foi, ne me déplairait pas au fond!
J’emmerde mon « avenir radieux » (quand ils en parlent, ils me font tous rire), merde, je veux juste rater ma vie!

 

 

ouais vrai sujet , mais on est pas obligé de se conformer , on peut vraiment partir et on peut vraiment créer en s’en foutant de bien écrire d’être entendu, d’être lu, qu’on nous aime, que ça intéresse , ouais on s’en fout !  réussir, mais réussir quoi ? c’est comme péter dans un verre d’eau pour ce que ça rapporte, moi ce que je pense c’est qu’il faut au moins réussir à faire un truc qui nous ressemble, en tout cas sur l’instant, parce qu’on change et que c’est à chaque fois à recommencer, mais selon leurs critères, aux autres, les successeux, là je te l’accorde on s’en fout ! et bien ! de réussir ! parce que fuck !

on s’en fout puisque c’est vivre qu’on veut , quitte à rater , ou est ce l’art suprême ? moi je pense que l’on peut tenter de se trouver si l’on se cherche et que l’on s’est perdu ou pas , ! dépend ! quitte à jamais se trouver et si ça se trouve on ne se trouve pas , c’est peut être plus possible si on s’est perdu , pas possible peut être ?! p’têtre qu’on trouve que ce que l’on jette au loin en se défiant de l’attraper avant que ça retombe, comme si on pouvait en avançant trouver ce qui a été laissé loin derrière peut être jeté dans une poubelle ou écrasé par un camion, de toute façon on va pas se retourner et faire le chemin à l’envers , non on serre les dents on crie shit !!! merde et fuck !! 

et dans une colère verte on essaye en marchant de faire des trous dans le chemin suffisament profond pour s’y enterrer , on crie fuck ! et on continue à avancer on rase le poids lourd en tentant de l’envoyer dans le fossé quitte à y passer

enfin c’est ce que je fais , vrai ma soeur , j’appuie sur le champignon et j’ai qu’une idée c’est me foutre dedans accrocher un regard qui m’obligera à lui en flanquer une, même en rêve

photo : Angèle Etoundi Essamba

ou alors je je pose le sac à terre et m’en fout de ton appart, bon j’ai fini par en avoir un, je loue, j’ai pas grand chose dedans mais tout ce qu’il y a c’est choisi, ça a droit de cité, pacte d’amour, et vrai j’ai accumulé un tas de bouquin que j’ai lu ou pas et de trucs  importants comme des bouts de bois déposés par le vent d’est et des cailloux à tête de cheval et des histoire à n’en plus finir, mais la HD, l’ordi et l’ipad je te dirais que j’en ai rien à branler et je me branle oui , toi aussi ok , bon on s’en branle alors ok , bon d’la musique et des sacs qui trainent ok je dis pas même j’en rêve et un de ces quatres ça va me reprendre parce qu’ici y’a rien ou peut être que je suis pas ici que je suis déja ailleurs

ROTIMI FANI KAYODE

Le vrai désespoir s’écrit à l’encre de sang et là on commence à entrevoir le chemin, tous les jours se lever avec l’aube dans ses doigts et les cheveux en bataille, en ordre de guerre et des bouts de ficelles dans les cheveux et les rêves dans les yeux, avec cette lumière qui perce dans les yeux comme si c’était ton kérosène et que t’allais décoller avec tes idées à bord dans ton sac ou autours de tes hanches,n tu les mets ou tu veux et si t’en as pas , et ben , t’en as pas , peut pas faire plus léger, ça décollera mieux, enfin peut être , souhaitons le, porte dans les cheveux comme des airelle, la lumière dans tes yeux ça passe bien dans les texte, quand tu peins y’a rien de mieux et quand t’es amoureuse si tu y arrives c’est encore mieux, une bonne déchéance, laisse pourrir les fruits sur ta tête tu verra que ça finira par puer, moi je le passe dans ce qui pour moi est le plus important, quand je crée,  je vibre et je me fous de tout ou presque, puisque à deux ça semble être dur et quand à réussir sa vie on en a déjà parlé!

emily-kam-ngwarray

c’est pas ce que tu veux dire ma soeur, bon mais c’est pas loin, quand même, un sac, des pieds nus et le moment pour rêver , à l’impossible, à la façon de Pessoa sans espoir de retour pour la raison que je t’ai déja dit parce que le retour y’en a pas, y’a que rrien, y’a qu’à avaler de la littérature qu’on aime, la zik qui nous perfuse et invoquer les dieux et pousser la mêlée, les pinceaux, les textes tous les jours que j’enfile à l’ordi, que je m’envoie à moi-même, y’en a c’est la baise, l’alcool, ce que tu veux , moi non,  parce qu’un beau jour je me suis dit que ça voulait pas être pas beau ma vie alors je l’ai faite belle, en rêve et sans tout ce que tu aimes pas, parce que moi c’est autre chose qui m’attire, c’est nager, les arbres, les plantes sur la terrasse ou la fenêtre, le sourire des gens ou la tronche qu’ils tirent, m’en fous pas au fond, de ça, je résiste et j’accumule les histoires, et je chante les airs du Brésil, et j’aimerai que ça soit réciproque mais ça l’est pas,

alors je me rêve comme tu sors par les rues et comme tu vis ta vie sans make up,

mais tous les jours je fous un coup d’boule à ce confort, je gagne juste de quoi vivre et pour ce que c’est que vivre ça devrait suffire même si c’est pas vrai mais ça devrait, et mon envie au coeur que tous les soir je mets sous la douche, pour que ça pousse

si tu me comprends