dans la glace sépare d’une taille une poudreuse

survient

une dérive

sépare

creuse

viole

le bloc en immersion sombre à pic une tombe du flot

réchauffe

survient

la fonte

creuse la demeure

laisse une béance

revient à la circulation des eaux quand meurent les ours

 

ours-polaire-205_jpg

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Fruction

un coin dans cette enclave, coincé entre deux pans, en forme de motif l’instant ramenant à l’enfance cachée derrière l’armoire, dérobé, atavisme ? en embuscade l’œil perçoit le vide et  inquiet pointe des sens à l’écoute, l’indécision est le faîte d’une falaise.

La marche semble m’entrainer dans le sens des flots qui charrient l’eau de l’orage transformée en furie la promesse lorsqu’elle se sera apaisée d’une fertilité sans précédent ; les pluies de l’hiver ont donné ce vert au printemps débord de la vitalité et canalisé dans le lit le fleuve tend à rejoindre la masse de l’eau indifférencié suivant la gravité laisse par sa friction la moisson au limon et la terre s’imprègne du fruit. On dit qu’elle fructifie.

Navajo rug , detail
Navajo rug , detail

saisir

Je suis allé grimper  la nuit sur le chemin qui monte quel merveille je me suis retrouvé dans cette émotion que j’avais enfant quand je partais la nuit dans la forêt l’esprit et  la porte du rêve les sens et éveillé dans la fraicheur le corps se hâte

retrouvé dans la voie lactée et toutes ces lumières les étoiles les pensées des dieux les lueurs bavardage de géant dont nous ne voyons que les perles

 

 

des temps est-ce le début ?

 

Permanence, la lumière par les points et mon corps qui se lave s’asperge les efforts lorsque tout s’est retiré laissant briller l’éclat

 

et le chemin qui accompagne l’ouverture d’un possible

le noir redevient lumière

l’espace heureux

 

vibrer de l’air le trait qui le traverse

 

 

Car le matin est proche et je tend ma main pour que tu la prennes et que naisse un sourire pareil au ciel ce soir

 

Un brin de tristesse comme si je m’étais cueilli

la vie fébrile va se poser et nos regards se croiser fondre peut être et se couler

 

 

si en moi pèse dans la nuit

Mais ce matin en moi les rayons d’automne sont comme au pire de l’été et me contredisent.

J’ai besoin de cette solitude près de toi si près de toi, à te toucher, les veines de tes doigts le long de ton bras, le hale de ton visage le poli si lisse la pudeur de tes seins signant ton corps de ballerine, chutant ton parfum colonise les objets la vie qui flotte l’air se déposant comme les pétales de rosée.

Comment puis je être loin et pourtant ma solitude si près, et nécessaire

afin d’échapper à ton emprise et mieux pouvoir me saisir, de nos rêves, des pensées qui comme deux corps tournent et s’attouchent se rejoignent un combat dans une frénésie se saisissent, face à face, la face contre la face, s’opposant dans un engagement et pourtant se nourrissant des choc frontaux et alliances, alliage des glaives, les dieux visibles dans la rage et voyelle une douceur sur les feuilles, le brillant du matin à la tombée du soir exigent le bouclier et sculptant l’age la stridence des troncs, effort d’un tellurisme naturel passant dans les bois qui ravinent les vies, ces accents du sol, terrailles alimentées des laves, que nous buvons

à la grande source,

au jaillissement de la couleur

et l’accord, à l’accord-danse

l’harmonie, crépuscule matinal de la déflagration solaire, rejaillit dans le prisme

à ton port la méditerranée, de figue la cote lisse abrupte du lin noir qui t’habille, je parle de ton nez, de tes joues et de ta jambe comme fille de la soie, ta chevelure comme la nuit triomphante du jour et le jour comme le tronc, le tiroir volcanique se penchant à tes lèvres, rouge de ta pensée incessante, suspendue à tes mains qui façonnent ou imaginent et rythment le temps, le temps rythmé te donne naissance dans la succession des signes du corps de la torsion, l’apaisement et l’entente décomptant les secondes qui t’éloignent et rapprochent le vif , peut être de la brume ou de la lune

et je suis le témoin de cette éclosion, joie sœur de l’angoisse, urgence cette force qui rompt les amarres et soudainement le gros temps, ce visage un marbre d’ébène, est ce le soir, ou le sud profond des vents, les bords aigus de la pensée qui piétine aux bords de l’attention, ce visage égyptien ou sable des déserts de la sauvagerie, je le vois nègre dans cette grande étendue de l’œil, sous les cils le mince traite de fusain et je le le voudrais tracer à pleine main s’il n’y avais la distance cette présence concentrée des dieux et grave, les lueurs  circonflexes et l’horizon de toutes les mers à l’angle des forêts, l’aplat déconstruit en strates à l’aube de mourir plus affuté par le rabot qui défraie les jointures et dans ce crépuscule d’opale la tragédie sans minotaure d’avant le règne du chêne et que passe le chevreuil, quand l’ombre retient le sanglier et que filent les renards quand surgit la décision ou que l’espace se rompant délivre l’héritage.

Dans le geste quand nous regagnons la traine sur les graviers comme la filature de la hâte rejoignant dans la pente qu’est notre temps gagnant sur la nuit et qu’en moi pesant dégringole l’ancre qui s’en va se fixer dans les fonds, atteignant le noir et que je te regarde. perçant la lumière recouverte.

Si en moi pèse dans la nuit ce qui remue les feuillages, cette splendeur dont la tristesse me pleure et que je m’endors .

le bleu du ciel, Brigitte Komorn

un papillon échut

au vent l’arythmie des enchantements céder aux accords de la consternation

 

sans heurts la destruction des désordres quand mentent les fuites contaminent

 

terres sillonnées des contrastes posées du souffle et la dévastation superposée

 

 

 

l’eau des ravages une fois encore l’ouragan

la radioactivité du désastre

réacteurs des mues

réactivée

la flore délavée

la brume du kojiki

frêles fractures dans les formules atomiques

 

 

la musique n’a pas asile ici dans le grand tremblement pas d’homme le naufrage des ailes des papillons

 

 

les hommes dans l’homme

Zoran, dans les marges de l’Europe, le voyage hors des camps ,

quand le retrait de l’humanité tue

que l’on ne retient que cela

 

près des cotes de l' »Adriatique rattrapé par la meute le meurtre le social constitué en histoire

zoran Music (…)

meute l’enferme le réduit à au ppcm humain,

autant dire peu ,

un chiffre, un flux, peu de chair sur les os et l’essentiel pour survivre

autant dire rien mais c’est déjà beaucoup

on voudrait que l’histoire et l’homme se réduise à ça

un tas d’os de chair sans vie

qu’elle est le contraire de vie            celle qu’on ôte

violemment à la façon des sans- homme et  une négation

comme dit on le contraire d’un homme * si c’est un homme,

barbelé dans l’oeil

 

Zoran Music

 

même en meute

Mais peut on réduire l’homme

ce peu de chair sur les os,  à ça

 

on voudrait que ce le soit, on voudrait que les oripeaux sur la peau résume la peau à l’histoire,

du troupeau

comment peut on vivre après l’histoire ?

 

on voudrait ne se rappeler que de ça, et comme en psychanalyse ramener la vie aux trace de la meute

 

Zoran Music, paysage dalmate

 

Mais l’homme est homme

 

la Dalmatie et l’Istrie assurent que le monde refleurit

quelle différence ce dessin d’un paysage dalmate ou l’oeil retient  plus que la masse l’amoncellement

 

les végétaux qui composent ce bouquet sur lequel marcher ,

antidote

échappée

 

preuve sans doute que l’homme peut échapper à l’anéantissement

 

zoran music , jardins eau forte et aquatinte sur rives

 

On imagine que l’homme recompose le chemin, dans ce peu

pour échapper à la force de la négation ‘

et voir

 

renoncer à ne voir que la mort dans la vie,

le soleil ?

et l’esprit au repos

 

est ce mettre un pas devant l’autre

 

et sur le papier

peindre les traces,

qui ne sont sans doute que le peu qu’il peut peindre,

 

regarder le monde dans les yeux

et voir

 

zoran music__jardins 9 (eau-forte et aquatinte sur rives)

 

ces points dénombrent le monde sans qu' »il y ait de membres,

ce calcul laisse la place au hasard je pense que c’est du laissé vide ce qu’il n’a pas voulu remplir

pour laisser une chance à la vie

 

et aux mouches

papillons de l’ombre

 

et voir

Zoran Music, été en Istrie (1959/60)

le voir étant là la liberté de de nouveau s’immiscer dans l’espace et dire

dans l’espace intercaler sa voix pour prouver la vie

l’antidote

est de voir quand de nouveau on peut

car l’homme est avant tout peintre

il faudra bien que l’on le voit comme tel

s’inscrivant ddans le mouvement

une tristesse ou mélancolie

l’histoire

Zoran Music, motif dalmate

l’histoire qu’est ce à l’aune du monde,

qu’est ce même si comme le dit Walter Benjamin « L’humanité est devenue assez étrangère à elle-même pour réussir à vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de premier ordre. »

il demeure que l’homme s’échappant et meurtri du poids de l’histoire et non du monde et qui semble congénital et comme Hélène à Troie pas si loin de loin

et on affirme que l’on ne peut s’éloigner de ces traces que furent ces grands brûlis des cités des chemins commerciaux et des sentiers des guerres

des camps et des bûchers

les lieux sont les mêmes

Zoran Music , paysage

comme celui qui a clamer la prédominance de la vie

et l’échec de l’histoire

 

ou donc nous mènent les traits du monde,

les points

 

sur la surface

enfin

et la vie de l’homme

laissé en opaix

et libre

évadé

au singulier,

et sans ce pluriel incontrôlable

 

l’homme peintre s’en va

ou tente

de prendre les chemins de reconnaissance du monde

 

dans cet homme qui fut le peintre j’ai vu ce désir de revenir à cela même qui a permis de demeurer l’homme

 

sans un mot de trop

 

Zoran Music–motif vegetal hommage a caspar

 

sans que l’homme de l’histoire ne consente

fairly see

Michael Riley

Untitled (water), from the series Sacrifice / Michael Riley (Australia 06 Jan 1960–2004)

Language group
Wiradjuri / Kamilaroi, Southern Riverine region / Northern Riverine region

 

Michael riley, cloud serie

Michael Riley’s career started in 1982, when he enrolled in a photography workshop at the Tin Sheds Gallery, University of Sydney, and later became the photographic technician at the Sydney College of the Arts. Riley’s family and friends are his constant inspiration, and his work is characterised by a strong sense of intimacy that inherently challenges the negative portrayal of ‘otherness’ in historical ethnographic portraiture.

In 1986, Riley was included in the first exhibition of Indigenous photography at the Aboriginal Artists Gallery, Sydney, exhibiting five portraits of black women, one of which – ‘Maria’, 1985 – seemingly appropriates historical depictions of Truganninni, the woman martyred as the last of the Aboriginal people in Tasmania. In 1986, Riley and nine other Sydney based artists established Boomalli Aboriginal Artists Cooperative. He worked concurrently at Film Australia, where he wrote and directed his first film ‘Boomalli: Five Artists’, 1988, followed by the highly acclaimed ‘Dreamings’, 1988, a documentary made for the exhibition of Aboriginal art at the Asia Society Galleries, New York.

Riley continued to celebrate Aboriginal women in ‘Portraits by a Window’, 1990 and the 1991 series ‘A Common Place Portraits of Moree Murris’. From 1993 Riley’s work focused on self-abuse as a symptom of colonisation, represented in ‘Sacrifice’, 1993, a series of images of icons, such as Aboriginal hands displaying stigmata. He was commissioned by the Museum of Sydney in 1996 to create Eora, a permanent video display dedicated to the people of Sydney. In this work, he presented a subversive juxtaposition of traditional and contemporary Aboriginal culture.

Riley surveyed the environmental destruction of his country as a metaphor for the encroachment on Aboriginal culture in his film ‘Empire’, 1997, and the photographic series ‘Fly Blown’, 1998. These works juxtaposed images of Christianity and roadkill with the parched Australian environment, and were shown as a satellite exhibition of the 1999 Venice Biennale. Riley returned to community portraits in 1999, with the series ‘Yarns from Talbragar’, depicting members of his father’s Wiradjuri community in Dubbo and echoing his 1991 Moree series, centred on his mother’s Gamilaroi family first digital series, ‘Cloud’, 2000 was included in Photograhica Australis at ARCO in Spain, the Fourth Asia-Pacific Triennial of Contemporary Art at the Queensland Art Gallery, Brisbane, and the 2003 Festival of Sydney. Isolated against an emblematic blue Australian sky, a cow, a bible and a boomerang each symbolise pastoralism, religion a Aboriginality – questioning who belongs within Australia.

Jonathan Jones in ‘Tradition today: Indigenous art in Australia’, Art Gallery of New South Wales, Sydney, 2004

© Art Gallery of New South Wales

pluie et boue

Constable-étude de nuage

 

pluie et libre dans les tons libérés marcher sous les nuages, comme les oiseaux laisser venir le mouvement et l’éphémère sous nos humeurs et la touffeur sous les grands ormes ou le long  d’une rivière ombrée, la lumière sur les fleurs, mais enjouées,

au lieu de cette canicule méditerranéenne, odieuse, je ne vous cacherai pas que je déteste ce climat et je cherche étouffé sous  l’ombre des grands arbres et ce ciel, vie osée aux vents et les récits dont on ne sait rien, mais qui s’inventent

chaumes

pierres dégagées des roches

fenêtres et les grandes herbes, domestiquées ou non, fleurs comme des sourires cachant les dents

papillons des étés

 

John Constable « Cottage at East Bergholt »

 

si à peine un rayon de soleil ne perce, il le fait pour illuminer les tons, troubler de terre et  peindre d’herbes le ciel illuminé est un miroir ou une élancée vers les chantres de l’intérieur ?

je ramasse la fleur et ému

Sunstruck fox-gloves

As you bend to touch
The gypsy girl
Who waits for you in the hedge
Her loose dress falls open

Midsummer ditch sickness !

Flushed, freckled with earth-fever,
Swollen lips parted, her eyes closing,
A lolling armful, and so young, hot !

Among the insane spiders.
You glimpse the reptile under-speckle
Of her sunburned breast
And your head swims.  You close your eyes.

Can the foxes talk ?  Your head throbs.
Remember the bird’s tolling echo,
The dripping fern-roots, and the butterfly touches
That woke you .

Remember your mother’s
Long dark dugs.

Her silky body a soft oven
For loaves of pollen.

(ted Hughes, Flowers and insects)

 

ainsi parlait Ted le long de la rivière, était ce en Derbyshire,  dans ce district des pics où la roche conte aux vents et fébriles ou plus au sud et calmes les eaux de la rivière, le même nom un pur hasard ou une continuité de fortune, j’ai souvent arpenté calme et randonneur, calme une lassitude toute intérieure, et le chant et les vaches, les bouses et les pâquerettes épris des tourments

et remous des rivières,

lisant sous les saules Tennysson ou quelques pages de Hopkins

passage de là en extension pensant peut être à Sylvia s’est elle perdue dans cet arrêt du temps des bords du hasard de l’ombre à ceux de Londres les clichés d’un photographe dans la plongée urbaine transforme le temps et habillent la femme d’incertain,  qui n’a plus à attendre, se devançant déjà, et n’attendant plus

 

PORTRAITS
Photographer: Jordan Graham
Creative Director: Tiana Wallace
Fashion Editor: Lucinda Rose Constable

car parti de là piquant ça et là un somme auprès d’une vache et rêvant de douceurs freckles et la peau blonde si rose, sweet sweet sweet  émergeant d’une lumière presque sans soleil presque verte  mais la rosée des rêves chevauchant les orages

Constable avant les nuages

Mary Freer by John Constable, 1809

des deux noms

s’il faut l’écrire des sermons ou des notes éparses sur un papier

tous le monde n’est pas Swift ni Sterne

mais passant d’un constable et autre instable s’y inscrire en portrait si fashion victim ou la douceur des deux femmes laquelle dans ce visage,  celle insaisissable  d’une photo sans graphie mais qu’expriment le troubles du passage sans qu’il n’y ait une intention ni  chevauchement des mondes, un seul calque  ou la lenteur d’une qui ne devait être que caprices ou rires mais n’est peut être qu’angoisses de ne pas se permettre

et étendre, de l’une à l’autre les possibilités, l’un le scribe des journées que les vents ne me décornent pas, les heures et les lieux, plus fidèle à la terre qu’à la lumière triste mais changeante d’un portrait proche mais l’émotion du regard, la sérénité préférant la mouvance des ciels à l’enchantement d’un visage,

le tien,

à mon gré muet, attentif et m’appliquant à tout ce qui déborde,  laisse calmement rugir sur la feuille à distance l’heure et le temps car l’on est bien à respirer les fondements de la nature, lumière ou humaine, musique avant que ne vienne l’hiver et que chante « what then is love but mourning  » ou les larmes des « Lachrimae »

 

les ombres

arbre, encre de Lamber Sav

ferme sous les pieds
un sol
qui a été un lac
et s’est asséché
les tiges portant les graines
et se fier au vent
sachant que la terre
l’eau sur la roche
l’usure de la pluie

 

l’humus des hivers
la mort des vieux jours
un arc en berceau

 

plis de l’ombre, encre de Lamber Sav

sous  les mousses
le soleil
la terre ferme
le lieu luit
la nuit
le froid
pour reformer
la courbe du temps

voir
l’arbre enraciné
l’herbe
sèche
les branches tordre
la chaleur
les nuages
s’abandonner au vent
et saisir
les germes
les lieux de l’ombre
savoir
qu’il faut partir
et où