la chose écrite est partout

La chose écrite est partout, elle n’est pas création exclusive. L’homme s’est inspiré des rythmes pour en faire cette trace du vivant qui lui est intelligible, qui synthétise l’expérience dans cette forme haute.  La forme n’est pas formule, l’écriture est rendue au divers, simples bâtonnets et boucles comptables dont la simplicité permet de rendre compte aussi rapidement que possible toutes les manifestations de ce qui parvient jusqu’à nous. Le monde fait des événements, des descriptions des phénomènes, de suites mathématiques des statistiques des récurrences des comptes et des inventions, ce qui est écrit et chiffré est une projection du réel comme un entonnoir par où rentre l’agissant comme une projection sur grand écran dont l’ensemble semble un tableau une accumulation de régimes binaires ou mots sans résonances qui ne font que répéter la même histoire, rendent compte à l’infini. Dans cette plongée en soi d’un vertige mathématique et démesure littéraire le monde n’arrête pas de se voir reflété en lire. Pourtant l’humain est  présent et cette tentative de rendre tout semblable entre les lignes d’un agenda ou  calendrier, lignes de codes et retour à la ligne sans fin d’un journal, d’une liste qui se déplie, aucun caractère qui ne serait pas de titre, plus gros que le précédent alors que certains englobent tout jusqu’à cacher dans la liste l’énergie à cru et qui seule peut être remonte à la surface c’est ce qui est lu.

Código digital de un programa con el mundo como fondo Esta es una imagen editada con un programa de diseño. Algunos componentes de este montaje están cedidos cortesía de la NASA y pueden encontrarse en http://visibleearth.nasa.gov/
Código digital de un programa con el mundo como fondo
Esta es una imagen editada con un programa de diseño. Algunos componentes de este montaje están cedidos cortesía de la NASA y pueden encontrarse en http://visibleearth.nasa.gov/

Il n’y a plus les pages du livre qui frottent comme des symboles qui se fichent directement à notre entendement. les yeux piquent comme une seringue, des manifestations chiffrées ou lettrée déplorent l’absence du scribe ou du lecteur accroupi , il y a une injection directe de l’information au cerveau sur le message chiffré du monde, les neurones en sont pleins, sans que le corps en tant qu’entité corporelle et non statistique ne participent, jusqu’à ce que la révolte gronde, les particules de l’immense torrent du monde se poussent agglomérant autour d’elles un dessin comme une forme dont nous sommes conscient, sensibles aux échos, même si nous n’en sentons le pouls, n’en voyons que la queue, la masse, le détail, la répercussion, l’image à la tv, le plan général répété jusque dans nos vies, structures que nous répétons dans notre travail mais pire dans la cellule que nous laissons au plus proche de l’intime. Alors d’une main de maitre le calligraphe vient opposer ce qui n’est pas chiffrable qui est une poésie, une philosophie, un trait, symbole étrange profond, somme de tous nos cauchemars, répétés à l’envie comme formule partielle, forme calligraphique, graphitique, géographique, dessin primitif d’un humain stylisé qui fait peur, dont le sens nous est devenu très lointain et primitif, la sommes des coins de ce monde. Il se nourrit de nous, il se nourrit du monde. C’est pourquoi le calligraphe en a fait le dessin symbolique à l’encre par dessus le papier journal rempli des éléments anodins et traumatisant de notre monde programmé que nous ne savons plus transcrire. C’est pourquoi le calcul du génome est inexact et sa poésie problématique.

mordre c’est

la phrase le python

L’allure est impériale, avançant comme au rythme des claquements de mâchoire et l’endormissement qui la jappe. Dire se conforme à l’équivalence des éléments mis en perspective qui rassemblent, faste mouvant.

Prend l’allure d’un grand python qui déroule, les os ou osselets coulent comme dans l’eau. A-t’on déjà vu une locution s’élever au dessus de nos têtes, seuls les mots ont ce pouvoir, se muer en substantif, se pouvoir. Mais la langue comme des écailles ils luisent seuls, heureux d’être vus si beaux. Sont ils passifs ou déterminants ? Ce mouvement ondulant provient d’une stance hypnotique, l’auditeur est maintenu dans les mâchoires impérieuses, le présent, la peur se voir broyé provoque l’engourdissement, l’on se met à croire au réel comme à un dénominateur du présent, se soumet à ce jeu de corde bondage ce jeu de nœuds serré, le python alors enroule sa légitimité autour des cous, pire nos ventres et nos membres, sensuellement la pression pour  étouffer. la phrase est. Charnier de son allocution, tombeau qui nous acharne, entraine dans une engloutissement d’où l’on ne sortira pas. L’on dirait fatal.

L’empire

Dans le Bal toutes les fleurs sont parées des mille charmes, c’est le parterre qui sourit au souverain et pourtant tous portent le décolleté avec nerf et emphase, cou  tendu d’un même tenant vers ce soleil, irradié. Un seul ciel est ombrageux, sédition et faisant tâche. un seul chien rompt et claque la porte, lui refusant le sourire ou regardant ailleurs. L’Empire ou l’œil cyclopéen qui regarde, l’acquiescement courtisan ou l’effet de corps. Le déroulement est syntaxique comme une armée en marche. Question d’envisager, de progression et d’adresse. La portée de la phrase est impériale est de consentement, alors le fin dans le fond toute une stratégie pour échapper, propulser  le vouloir être dans le sens sans que le couperet tombe et que l’arrestation amène à terme toute tentative, des ruses amène la forme à se conformer en rendant palpable, peut être le désaccord, le changement de direction, l’ondulation contraire. comme cet homme dans la foule qui indifférent, diffère.

Le Prisonnier

Les fascismes inhérent au corps les millions de têtes cellulaires reproduisent celle pensante et nerveuse de l’organisme en mouvement, compossibilité et impossibilité de s’extraire de la marche grossissante des armées ou engeance tapie, la forme de la rébellion même, dans la nuit noire où se dissociant, marchandise se jetant dans l’eau sans retour et esclave prenant le nom de marron, fugitif comme une pensée déviante, cellule cancéreuse destructive d’un self condamné, repli d’une psychologie de résistance aberrante qui elle, finit par créer un empire dans un empire, hallucination entre les sens, promis une indistinction  à la phrase convoyeuse tours et détours d’une paranoïa, in distinctive. Les tentacules de l’organisation entraine par le fond  les griffes indéfectible le poids omniscient du pouvoir l’adhésion sans choix du corps in détachable.

L’on sombre en hurlant en poussant le cri de l’oie qui marche au pas.

Celan
Celan

La hutte

Deux questions en découlent. faut il se laisser trainer comme une proie dans un présent déchirant fugue sans fin du torrent, vertigineuse apnée et accepter de ne pas desserrer l’étreinte, succomber à une description dont le pouls crée des maillages à la manière  d’un massif végétal finissant par couvrir tout l’espace, l’effet en changeant d’image à flanc de montagne, étant un dans les taillis, afin que l’effet des griffes sur le corps soit observé et enfin voit, le sang une saignée brève est discordant, Celan et Heidegger se rencontrant dans la hutte, l’incompréhension et la fuite hors de la langue, conformisme, la rencontre est impossible et la hutte alors s’écroule ou prend feu. Suffit t’il alors de laisser un espace vide ?

 Accroche

Dans l’oeil alors la structure même de la phrase qui va s’écouler, brillance de l’empire ou inverse du pourchassé, vibrance de l’image en négatif , le point de vue s’empêtre. Marcher c’est partir. On a fini par faire corps avec l’image et maintenant nous la trainons, chien sans colliers, partout dans l’errance. Car sujet hors corps c’est de l’errance que la découverte prend source, il n’y a pas d’image contrepoison qui prenne un départ impromptu, sans qu’elle soit convoquée par une précédée d’une autre, l’adhésion enfin relâchée comme des deux mains du bord d’un navire négrier ou chavirant la même histoire, répétant inlassablement son exact contraire ou essayant de comprendre comme la vie a pu finir passé ses grilles, hutte dans la montagne, dominion isolée d’une tentative de conciliation ou d’échappatoire, l’exil au débarcadère d’Ellis Island, rochers naufrageurs des contrebandiers soi même marchandise en fraude, repartir le cœur léger et sans passeport. La phrase est désormais maison s’y arrêter est in envisageable et on se contorsionne.

tanuki

tanuki
tanuki

Il suffit d’en être sûr, la certitude d’avoir raison est suffisante,  privé de cet échappatoire, ce ne sont qu’automatismes qui annoncent la mort et la préfiguration du bagne des jours quand la chaine se fait de plus en plus longue et qu’elle pèse, chaque anneau le poids d’un superlatif , d’un conjonction autant dire une reconnaissance de dette alors qu’il y a dans la phrase à l’abri du législateur des explosifs sans détonateur, la puissance est détenue en soi comme un autre soi, l’imaginez quelqu’un qui courent après lui même et finisse par s’attraper, bâillonné livré à l’autorité supérieure avec moult courbette et assujettissement, j’allume la mèche, un bon saut haut et grivois est ce qu’il me faut, dans le vide et que je tombe de haut, sans fond, le temps d’inventer, de se frictionner au suspend de la mort. Il te suffit donc de sauter, ligotés dans la calvitie du squelette des petits renards furieux incitent au détournement et à la bravade, la panse replète et au passage, quelque soient les chemins que prennent les tourments, le saut, toujours le saut, une forme de marche. En sautant, le clapotis et une barque amènent l’image aux reflets des interstices par où il est possible de s’échapper et parce que le liant est aussi épais que le sang des canaux, sous la poussée qui se crée, qui pousse le vide vers l’indéfini, un espoir est un désespoir, le renard ou chien viverrin me dit qu’il faut s’empiffrer quand il n’y a rien, les jambes nient et rient. Tout pousse et concoure.  D’où qu’ils viennent et où que l’on se trouve, quoique l’on fasse, les trous sont les trous et sont si nombreux et les remous se repaissent des ilots qu’il est possible d’inventer. Je suis éveillé mais sans ruse quand je ne vois que du bout des doigts le plongeon, sur le bord de la langue le vertige et l’impulsion d’un double salto quand dans l’air je me mets à bander, et que le tanuki me tape dans le dos.

Tanuki
Tanuki

Muette sur la lettre

Peinture inconnu

Passé de l’autre coté de la barre
poudreuse de rouge
le chemin d’ocre
ou le pole
aussi haut qu’il semble possible
avant de tomber

La pluie et la brume
ça et là des amas de matière
brumes noirs coulées blanches
ces accès du monde où l’écriture transpire
des laves épargnées

Ce sont des iles
l’ordinaire de l’humidité
ça et là
la suie où ça n’a pas séché
des embruns dégagent la calvitie
de l’ombre
muette sur la lettre

rétréci

De toutes parts de telles contraintes que je m’en sens tout rétréci.  Sans que le monde en perde son importance, sa dominance m’oblige. Il n’est nul besoin d’écrire.

Est-ce une parenthèse accolée au monde,  une parfaite concordance, le monde et moi quel consensus et respect des formes ?

Il fut un temps où je lançais des bûches dans le feu , où le réel me venait dans la bouche par gerbe de feu, mastication de l’imaginaire, envie , défi,  maintenant,  l’interrogation porte.

Monde sans être définitif est une pression sur le corps, une torsion de l’esprit qui manque de faire vaciller. Peut être pour rassurer, ce n’est peut être que respirer.

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Débrayer

Même quand je capte au vent, j’ai conscience qu’écrire est au delà de la description.
Même le confort d’être accoudé ou lorsque je me gratte.
Même quand je pose le pronom personnel et que je me situe dans le processus de la phrase établissant un point dans l’espace, je sais que je me trompe.

Où cette constatation me conduit elle ?

Quand je rentre dans une pièce et que je vois, je vois. Et plus important, je suis dans la pièce où je sens cette soumission à la présence me rendre vivant au sens de tous les êtres. Toute la différence ne tient pas dans un livre.

Je ne peux définir ni saisir,
je me saisi ou suis saisi, dans le mouvement, disons, du train qui écrase la calme de la campagne,
transbordement pris dans le processus industriel
relie Hendaye à Hambourg.

les implication sont telles que je ne peux qu’imaginer les hommes, les vies brisées, le fer et toujours moi à la chambranle qui déverse réflexion après réflexion sans même prendre le temps de se confier au carnet de note,  ce n’est que relater. Que sais je du monde, je ne rêve pas et je ne suis pas éveillé, je laisse passer, me traverse sans y porter d’importance, sur l’autre rive, de l’avenue, je me contente d’y réfléchir, souvent je ris.

Je n’ai pas d’autre choix que de trancher. Je tranche et je façonne : ma poésie se situe dans le mouvement que je ne tente pas de concevoir, je suis pris d’apercevoir , la conscience uniquement au moment où j »accompagne, raccompagne du geste les restes de la civilisation qui me digèrent.

Le roman ne visait qu’à permettre la liberté, elle s’est emportée, les vies comme des vecteurs d’une pensée qui cherchait à rassembler pour comprendre, et laisser le passage. Mais le passage est obstrué et le roman est transmué.

Une rame cinglante, les vies n’ont rien de définitif, elles transportent.

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Une image surnage hors de tout son.

Je vois le train entrer à toute allure dans la gare et me déchapeauter.
Le cataclysme a failli m’écraser.
Je ne cherche pas à m’entreposer.
j’ai regardé le train satisfait de mon inquiétude car je situe mon propos entre les bras que je serre et que je desserre alternativement muet et les lèvres desserrées parlent comme mon œil voit.

On penserait que je crois à mon existence et je laisse la respiration opérer, ou peut être je laisse la gare respirer ou le train.
Peut être suis je pris dans l’Histoire et je crie à l’Histoire, le monde et l’histoire sont un flot que je bouillonne, il n’y a pas de feuille où reposer, je prend en marche et regarde le visage qui s’offre et qui s’arrête.

Ce qui va vite sans voir ne cherche à voir si la pensée affleure tant pis si je dors et remonte en dentelés si la beauté qui sédimente dans mon sommeil féconde si ma marche est hirsute de l’avion qui m’échevelle, je suis dans l’Histoire,
Je braie comme un âne maintenant je me laisse traîner et j’ai le sourire du Bouddha, attentif uniquement à ne pas me salir, dérivé comme tombant d’écluse en écluse, sans refus je suis vivant,
j’ai le sourire du Bouddha et la caverne luit et je braie de parler aussi vite m’enlève tout inconfort,
je sais que la pensée fuse.

Ce n’est qu’un point de départ. Ma beauté est en nous.
Que fais je lorsque j’entre dans cette pièce et que ce que je vois dépasse toute description !?

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Scintillation – Shen Congwen et sa femme Zhang Zhaohe

De l’index toucher et reposer l’étoile dans la paume,  ou de l’œil, édifier et défiler le chemin de douceur ou tendre la soie d’un voyage ému, à travers les montagnes, rire et descendre les déserts et parler au temps. Le ciel dans le regard, j’aime le bloc dans la pensée de ceux que j’ai rencontré les énergies se sont remis à circuler, dans la maison du torrent vert pâle le cœur s’est infiltré et les rainures l’y ont aidé, c’est qu’ils sont deux, l’un par les cheveux la taille de l’autre, la confiance a souri.

Shen Congwen et sa femme Zhang Zhaohe
Shen Congwen et sa femme Zhang Zhaohe

L’itinéraire d’un couple illuminé a rappelé l’étoile, sans eux, elle aurait détourné le flot,  La vie, deux plans fracturés et l’éloignement, Si aimer ne facilite pas l’afflux de la lumière, unis, qui cependant est substantielle, réverbère sur les contours, apaise l’entente, on lit dans le regard qu’il a fallut polir puisqu’il s’agit de musique et d’un sourire  L’histoire sous haute tension succède. On commence par respirer et évacuer les poussières déposées sur l’eau et la peau, le reliquat des jours qui transpire, les déchets du temps et la pelure de l’envie dévidée, Elle brille et scintille. Sous tension du sourire et de la réunion, le baiser est silencieux.

Poursuivre : http://www.newschinamag.com/magazine/master-in-the-margins
http://www.behance.net/gallery/Re-design-of-the-modern-Chinese-writer-Shen-Congwen-2/5040991 et http://www.behance.net/gallery/Re-design-of-the-modern-Chinese-writer-Shen-Congwen3/5052655

franc ou rire

Franc

ou comment je retrouve la trace de la langue dans la langue
ou bien quand tout n ‘est pas si simple
du moins pas tant que ne brille pas le bouleau ou la roche, ou l’illustre vocable qui court dans l’eau
sur l’eau comme une truite
ou une écrevisse

un caillou

comment c’est la trace de la brillance dans l’histoire
en levant les yeux
c’est se retrouver seul au milieu de l’été

sa colère

noyé

comme un pêcher sans fruit
et se rêver fructifié comme on dit crucifié
ou sanctifié

car n’être plus seul c’est se remettre à humer la piste

ramasser ou aimer les fleurs en chemin
comme un vol-au-vent
un cerf volant
une griffe sur l’arbre

car sans sa langue
sans son paysage
sans ses dents
sans sa chanson

et sans l’espace autour de soi
non qu’il soit à soi
mais qu’il soit soi

voulant dire que l’on hume

à la marge de sa peau chasser dans le bois

car alors on est pluie dans une foule indistincte
on est plus sans nom
l’on se met à suivre un nom
son nom

l’odeur que l’on en a
le chant illustre que l’on en a
accroché aux os de son nom
et de la langue qui nous sert d’échange

on se parle
comme on dit que parle
ou que traverse
ce qui à la marge
unie

inspiré de la francophonie ou d’un chemin qui réouvre tel que le dit Rita Mestokosho

dessin , Lamber Sav
dessin , Lamber Sav

toits

Un livre est une maison, le toit des mots fait des branchages et entre les mots les sentiers, va vers la mer ou le lac papier de surface ou grain ce qui revient au même et le ciel sur le poil , de l’animal qui hante le lieu à la façon d’un dieu plus grand que le poème ou le lieu , le monde qui sert de couverture est une caresse ou tranche libérant la page qui va suivre dans une forte succession du temps, mais l’abri n’en est pas un et est ouvert au temporaire, il est toujours à temps de griffonner, et il le faut pour renouveler l’impact des mots, des traits qui sinon évanouissent, dans l’automne et l’apport de la neige qui recouvre ou renouvelle le lecteur chasseur cueilleur est migrateur n’a plus qu’à partir rechercher là où les traces l’ont mené et qui s’ensuivent.

Lamber Sav
Lamber Sav

accoster

quand j’écris, est-ce d’envoyer comme une volée de mots à l’univers, à une galaxie disséminée
comme les plantes sur la croute

et lorsque j’écris, est ce me ramener à une phrase implicite à laquelle je me soumets
les animaux le long de l’abreuvoir
un affluent

écrire est-ce le moyen de rejoindre ou est ce un point de départ? un tiret entre deux temps, relire et partir ne comble pas et en chemin ramasser les accords et les signes
est ce reconstituer
amasser

lorsque je sculpte un morceau de bois est  un silence,  est ce une corne ? n’est ce pas sortir du mutisme et l’envie de la pensée pour l’événement de matière semble tomber du rebord solide vers les bords du sensible et le fonds de l’eau
un creux dans le chemin de l’os donne voie au souffle

chanter dans la marche est permettre la rencontre en surplomb de la montagne
pourquoi cueillir des fleurs le long de la route ?
satisfait de la brume

si je dis corne de brume j’établis une correspondance et je dénoue, les sons repus, les mots peuplent mon ossature, je ne dérive pas au hasard
je me reforme

en clair et effilés comme le regard inquiet les mots dont je me sers sont une boussole mes phrases ne se conforment pas elles tentent d’accoster.