Scintillation – Shen Congwen et sa femme Zhang Zhaohe

De l’index toucher et reposer l’étoile dans la paume,  ou de l’œil, édifier et défiler le chemin de douceur ou tendre la soie d’un voyage ému, à travers les montagnes, rire et descendre les déserts et parler au temps. Le ciel dans le regard, j’aime le bloc dans la pensée de ceux que j’ai rencontré les énergies se sont remis à circuler, dans la maison du torrent vert pâle le cœur s’est infiltré et les rainures l’y ont aidé, c’est qu’ils sont deux, l’un par les cheveux la taille de l’autre, la confiance a souri.

Shen Congwen et sa femme Zhang Zhaohe
Shen Congwen et sa femme Zhang Zhaohe

L’itinéraire d’un couple illuminé a rappelé l’étoile, sans eux, elle aurait détourné le flot,  La vie, deux plans fracturés et l’éloignement, Si aimer ne facilite pas l’afflux de la lumière, unis, qui cependant est substantielle, réverbère sur les contours, apaise l’entente, on lit dans le regard qu’il a fallut polir puisqu’il s’agit de musique et d’un sourire  L’histoire sous haute tension succède. On commence par respirer et évacuer les poussières déposées sur l’eau et la peau, le reliquat des jours qui transpire, les déchets du temps et la pelure de l’envie dévidée, Elle brille et scintille. Sous tension du sourire et de la réunion, le baiser est silencieux.

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calligraphie stellaire

stèle de la danse à Xian
Stèle

stèle

ou calligraphie stellaire

dans le ciel le bras qui martèle la pierre

 

à l’ombre du kaki le pinceau à poil ras rogne la feuille pour en délimiter le signe

comme des échancrures d’étoiles pris là ou se suspend l’inversion

est-ce la vie

est-ce la mort

Fabienne Verdier, pélerinage au mont des intentions pures

le pinceau à poil long prospecte le monde des signes à la recherche du lichen, de la sève de bouleau et de l’essence de nuage

rythme des caractères qui signale l’immuable mue de la voix

tout simplement l’homme entre deux poils de boeuf s’immisce entre montagne et fleuve s’y nichant une hutte temporaire

d’où

voir

tendre un piège au savoir

et se perdre sur les bords vides du rouleau rejoignant la pluie

 

la calligraphie que forme les bords instables des grottes du néant se retrouve aspiré comme une pastèque coupée en quatre

que des dizaines de dents mâchent joyeusement à y perdre la raison

Soulage, estampe

 

la raison est resté dans les rouleaux des bibliothèque et au bulles du ruisseau n’a plus court

 

ce que le ciel voit reflété dans le court du rouleau écrit en caractère clair et délié en pattes de mouches aéré et libéré par le vent  est sculpté dans la stèle qui n’est que le masque au bord des routes de la forge du caractère

 

Soulage, estampe

 

 

la calligraphie en dure faite de roc taillé dans la masse, ou burinée dans la feuille d’acier quand Soulage s’y met, et que l’acide grave

caractère

il est difficile de capter l’air dans la bouche,

car si on l’aspire il se perd en oxygène et rejoint comme une écriture énergétique, microscopique,  les tissus

si on ne respire pas et qu’on veuille garder l’air, il se peut bien que l’on expire, mais c’est sa vie et non plus l’air qui cette fois  au sens fort du terme relâchera

les tissus cette fois ci balayé par l’air qui n’en a cure feront un hamburger aux fourmis

si on expire l’air alors la grande poche atmosphérique s’augmentera de la contenance de tes poumons qui de toute façon ne sont pas autonomes et qu’un mince tissus sépare

entre l’air et moi une fine couche et une même agonie

de là à dire que nous ne somme qu’une poche, qui gonfle et dégonfle au rythme de la passe du temps

où ai je bien pu piquer cette photo, bon elle fera bien l’affaire

d’où il s’ensuit qu’il est vain de tenter de faire un avec l’air qui ne pense qu’à s’échapper et selon un schéma aléatoire

si on pouvait penser que je suis comme le caractère solide tracé de main de maitre jouant avec les vides qui un instant supporte l’ensemble et l’autre subtilisant l’espace au sein même du plein et les mouvements du temps s’ils sont les entrelacs et les allers et venus de l’air et du vide

il faut s’en contenter,  que de l’air ou de nous dans ce grand saisissement je t’étreins et tu m’étreins je me laisse envahir et tu me portes,

est il sage d’en conclure que l’air est plus insaisissable que la prétendu fixité du caractère qui n’est que mouvance et tente un instant de dire quelque chose dans l’infini de la métamorphose

en allant de l’éclosion de l’œil et de son pépiement

prière d’insérer

de ruades

à grimpade

à dérobade

 

 

thanks to kumi Sato

l’un et l’autre ne mènent

que l’un à l’autre d’un même tenant

et l’air de ne pas y tenir quand c’est l’ensemble qui

aux pieds des bols tandis que tirent sur le joint histoire d’y voir plus clair

les bonzes cernés d’une forêt circonflexe assoupis ou la méditation chacun Om

 

tintamarre

se rapprochent et s’éloignent

ou est-ce le sommeil qui est venu ?

 

la fraicheur du soir est ici un vœu pieux sur lequel il vaut mieux ne pas trop compter

 

les singes pliés dans les branches ne rient pas

ils philosophent et devisent des caractères gravés

s’entretienne de l’immobilité des pierres  qu’ils ne conçoivent pas

 

 

à l’ombre des mousses

 

mais si boire à la source nous vient du ciel

boire dévale la fraicheur de l’aplomb

 

l’arythmie facile est démentie par le chapeau

la montagne n’est pas à grimper

mais la vapeur qui bruisse sous le couvercle

 

ruades dans les creux

l’ombre étouffe

le choc des certitudes

 

le vertige en taches

crissement du végétal

y parvient le  vide

 

sans qu’il y ait de débord

 

roucoulent et saouls

les lignes éparses

sérénité ombrée

des plis du moineau

Shitao

Asmarandana degung

Ainsi Montagne et Eau sont perçues non plus comme des éléments partiels, opposés et figés : ils incarnent la loi dynamique du Réel.

A travers la pratique picturale, l’homme cherche son unité, en prenant en charge le Réel ; car l’homme ne peut s’accomplir qu’en accomplissant les vertus du Ciel et de la Terre dont il est doué. L’idéal vers lequel tend la peinture chinoise est une forme de totalité : totalité de l’homme et totalité de l’univers, solidaires et ne faisant qu’un.

… Aller au bout de la nature des êtres et des choses, c’est se Joindre en Troisième à l’action créatrice et transformante du Ciel et de la Terre.

© François Cheng , vide et plein, Seuil