Shitao

Asmarandana degung

Ainsi Montagne et Eau sont perçues non plus comme des éléments partiels, opposés et figés : ils incarnent la loi dynamique du Réel.

A travers la pratique picturale, l’homme cherche son unité, en prenant en charge le Réel ; car l’homme ne peut s’accomplir qu’en accomplissant les vertus du Ciel et de la Terre dont il est doué. L’idéal vers lequel tend la peinture chinoise est une forme de totalité : totalité de l’homme et totalité de l’univers, solidaires et ne faisant qu’un.

… Aller au bout de la nature des êtres et des choses, c’est se Joindre en Troisième à l’action créatrice et transformante du Ciel et de la Terre.

© François Cheng , vide et plein, Seuil

mots-monde tombe

Mais qu’est-ce qu’être à l »écoute

dépiéger ? ce qui se faufile en dessous

en dessous

coques de mots qui ne seraient que cela, réceptacles de nos émotions, de nos phantasmes sans responsabilité aucune, sans réponse ni épaisseur,

malléables, mallettes vides, machettes baissée

et le monde innocent

et l’émotion se dépose dans le vent

le lichen lèche la pierre à l’érosion

friable,

et non je ne crois pas du tout que les mots ne soient que des mots, les mots sont des mondes et ce sont des filets d’eau

fleuve

poisse

tombe

ils ne sont aussi que des mots

voulant dire que l’on peut s’en échapper ou en réchapper

D »ici là : l’immobilité qui met le monde en mouvement

L’immobilité de la pivoine | isabelle pariente-butterlin

Si je me suis assise devant mon ordinateur, c’est simplement que la douleur était trop vive. Elle venait de me transpercer de part en part, elle ne laissait rien intact, je sentais dans tous les méandres de mon être qu’elle avait pris les commandes de ma respiration, de ma vision, de mes gestes devenus minuscules, épuisés. Plus aucun de mes gestes n’avait la moindre ampleur.

 

Marilis Orionaa

(ça-i)

marilis orionaa ,la vahiné des Pyrénées

chante la langue gascogne avec force et tripes

« Ceux qui ont été une part incommensurable de nous avant notre mise au monde, ceux qui nous ont légué leur sang, leurs songes, leurs yeux, une expression, la récurrence d’un rêve, un regard, un élan, un désir,- ceux par qui et en qui nous existions avant de naître- ceux qui existent en nous après leur mort, ceux qui nous insufflent une pensée, une peur, un amour, pourquoi le fleuve souterrain de leur sang, n’aurait il pas aussi entrainé, dans la trame de nos nerfs une image, le reflet d’un éclat de jour, la plainte obsédante d’une voix . »

Michel Suffran, parlant de Francis Jammes, poète béarnais, de mère provençale, de père né à pointe à pitre, de lignée voyageuse et enracinée, ayant vécu à Orthez à quelques kms de là où je suis né et ai passé les premières années de ma vie, Baigts de Béarn

LA BELLE BEARNAISE mARILIS

ORION AA

traduire ou conduire ou reluire enfin ouïr…

Car en effet je crois que la langue de l’un doit se faire engrosser par la langue de l’autre et ne pas en rester aux préliminaires,
je refuse l’idée d’une langue littéraire figée, qui se satisferait d’être littéraire ,
il n’y a pas de littéraire il n’y a que  la langue et la jouissance.

Intéressant paradoxe du traducteur,ramener la langue de l’autre vers la sienne, mais la sienne quelle est t’elle?l’étranger que l’on invite à la maison ramène avec lui dans ses vêtement ses flagrances ses puanteurs ses accents ses façon de penser , tout un monde , le traduire en français ne change rien , le ramener telle une équation à un  produit de ce que nous connaissons change tout, c’est une erreur, même si on ne le comprend pas laisser l’étranger parler, il apporte ses richesses, d’autres contrées, il nous regarde de ses yeux différents – que voit il de ses yeux cerné d’étrange – il voit l’étrange – le dialogue peut commencer, il va nous apprendre beaucoup sur nous même et c’est pourquoi il faut taire notre langue quand on l’écoute, renoncer à faire croire que l’ailleurs c’est ici, gageure impossible , – mais c’est l’appel du large ! c’est la promesse de l’océan et du désert, du bidon ville et de la salsa ; il fzaut donc se taire et taire ; Segalen ne disait pas autre chose quand  i l écrit que le simple fait de la présence de l’étranger transforme l’ici, être dans l’ailleurs transforme ; l’énorme paradoxe.

Au fond j’aime plus la possibilité d’une langue étrangère, ou étrange, que le français ; la France ne m’évoque rien de merveilleux, juste un habituel de passage, un ailleurs qui serait ici et qui m’ennuierait ; la langue littéraire constituée, prétentieuse et figée, les quatre bords du pré carré de la pensée et de l’expression française, sous sa forme la plus convenue, les convenances (est-ce l’héritage des salons, est la possibilité d’un rationalisme qui évacue l’inquiétude) m’ennuie, cette langue bien pensante a été de tout temps bousculé ; c’est ce qui la fait vivre, bouger bouger rien n’est acquis!

Du français j’aime quand elle pulse par en dessous, quand le ciel tombe sur la tête et quand les vents ramènent l’inconnu !

De plus la langue aujourd’hui est ouverte à des possibilités infinies et n’est plus close sur elle même, le monde et tous les ailleurs poussent par nos bords, la frontière de verre n’a plus les rideaux tirés ; les limites et le sens de la supériorité a poussé à l’intérieur même des mots et des phrases, plus que ça, de l’esprit et d’une idée de finitude polie (polir) ou nulle brutitude tu quoque mi fili n’était permise, bref une langue paternaliste, royale et universelle dans son advenir, centre du monde pile poil sur les restes du marécage.

Moi, j’aime qu’on la torde ou la mette en doute car elle n’existe pas; Manciet se plaisait à dire que le français n’est qu’un dialecte du latin (et d’ailleurs la royauté et le centralisme universel de l’hexagone est bien Romain dans l’esprit.

Aujourd’hui on a le sentiment que la littérature s’est quitté sans doute pour mieux se retrouver, pour l’instant elle erre et s’arrête pour tenir de beaux discours  et  s’adresse le plus souvent à elle même ; pontifiant volontiers ; Mais la France elle même n’existe pas ; je ris de me rappeler ces hommes du milieux du vingtième siècle qui, l’ORTF nous le transmet, s’exprimaient dans un parler qui se semblait  singer et s’étendre à tous, quelle déception d’entendre un brillant esprit qu’on croyait exceptionnel déclamer dans un français d’usage mimétique : la langue existerait bien elle serait mimétique et nous ramènera au post-primate.

Moi qui croyais que la langue était invention ! que l’esprit se frayait des chemins à coup de machette et non de bouton de manchette; certains esprits et corps le font, en général ceux que j’aime, Cami, Rabelais (taisez vous! vous qui tentez de le récupérer, R est irrécupérable parce qu’il court libertaire devant et vous fait des pieds de nez et tire la langue), ils sont tous devant et s’amusent franchement, Mais la censure règne et le bourreau n’est pas loin, rions sous cape et feignons la bosse, n’est pas Σ qui veut – en attendant les libertaires sont conviés parfois à souper et se doivent de se tenir correctement sous peine qu’on leur coupe les mains et les doigts de pieds, ET il est important de souper ! Primordial !!!! j’ai beau verser dans la poésie mes chèvres disons le crûment croquent la marguerite et rabattent leurs oreille sur mes vers, il me faudrait donc soit souper ou m’enfermer dans ma cabane et me mettre à vitupérer de plus en plus fort à mesure que l’on ne m »écoute pas, parler pâtois jusqu’à en devenir pâteux (la pâte de la langue creuse creuse fais des tas empile des consonnes et envoie à la volée des voyelles! le pâtois pateux voila mon credo, pas le patois d’ici non le patois de partout rassemblé en un grand tas, un compost evolutif si vous préférez, c’est écologique c’est un nous en décomposition, un nous tiré jusqu’aux extrémités du nous sur lequel pousse le Je : en effet il  y a plein de crottes et de trous de taupes, de vers de terre et de palais cellulaires dans le jardin tiré au cordeau : non il convient de s’interroger, penser en toute liberté, laisser déborder, déplier le hamac et s’allonger dans nos rêveries et divagation philosophiques – oui je suis Sternien c’était donc inévitable et stern veut dire étoile ce qui aggrave le cas, le rend plus aigu selon le cas , l’empire sauf que je déplore les empires, la richesse commune ! Commonwealth my foot ! la richesse commune c’est le compost non-écologique parce que libre d’enfanter les plus belles déviances.

La langue même si elle existe d’une certaine façon, n’existe pas en soi, admettons que l »‘on puisse tracer un vague cercle autours de ce que l’on entend communément par français, cercle vague et impersonnel, la littérature c’est un peu forgé sur cette idée courtisane, cette idée du château, la littérature est un attrait  idéaliste, derrière elle l’écrivain s’efface à moitié, et harangue  dans un style supérieur qui me rappelle le singe mais ne nous égarons pas;

la langue celle que je parle c’est une langue qui s’étend sur des ramifications de langues possibles, enfouies et à venir. Que j’entends dans les intonations expressionnistes des mots que je comprends mal mais qui empathent le sens, que je parviens à donner à ceque je mesure mal, le mots devient abîme et montagne, mystère qui me plonge dans une méditation sur un sens vertigineux. La langue espagnole de Guillen a été pour moi cette musique ou ce tableau de lumière, qui me donne envie d’écrire parce que l’humain en moi c’est aussi ça, loin du pré carré, pourtant si proche car dans la voix de cette femme, sans apprêt j’y vois l’humanité pieds nus et courant

moi même quand j’écris de la sorte je me fixe des limites et évacue mes désirs de turpitude littéraire, mais vous l’avez remarquez vous que je ne remarque pas, ou pas encore, que j’ai le pied voyageur et que j’ai du mal à tenir en place dans le pré carré qui quoique un peu voltairien, quand même m’ennuie ;

les langues qui m’ont attiré faisaient appel (elles braillaient) à toutes les possibilités de l’univers, pèle mêle dans le domaine de l’écrit …. des tas de livres, de, disons VW, WF, St, WCW, EEC, TW, MT, JJ, R, M, BM, SLT, enfin un tas de monde écrivant auxquels il faut rajouter un tas d’anonymes ainsi que les langues dans leur libre exercice non appliquées à la littérature,

Quoi de plus jouissif que des enregistrements ou des transcriptions de langue inconnue que l’on ne comprend pas et qui nous chante un tas d’ânerie (j’aime les ânes) ou nous parle d’une sagesse inconcevable pour notre pré carré, c’est le cas des codex aztèques irrecevables en français pas plus qu’en español, magnificence  des langues aborigènes et inuits, de l’islandais et du caucasien, l’accent surtout est essentiel, c’est la source jaillissante

En fait je ne crois pas qu’il faille continuer à écrire – pas de la même façon qu’auparavant et nous  n’avons aucune réelle idée de ce que parler veut dire, réellement parler, s’adresser aux étoiles, au cri jaillissant de la jouissance et à la morsure du loup, à l’ombre immense de la sagesse de l’ours, nous ne savons plus nous adresser au réel (choses que nous faisons – mal) nous le décrivons car nous l’avons parqué dans l’enclos du pré carré et nous croyons que cela suffit, or une serpillière est un épopée en puissance et le bêchage est une action métaphysique pure, si l’on y réfléchi, taper sur un ordinateur est un cosmos ramené à une volubilité des doigts, excroissances de l’univers – le décrire est impossible – même pas essayer – ou alors plonger en rigolant dans un gros rire fin et inébranlable car le conte nous ramène à la profondeur infime quotidienne de ce que nous pouvons être, écrire n’est rien, ce n’est qu’essayer d’atteindre, de comprendre un peu, d’emporter avec soi.

Le sens imparfait, dès lors que les frontières ont implosées ne se laisse plus parquer, délimiter, il s’échappe démembré mais plus vif encore, ainsi les sons font des leurs et portent des sens qu’ils empruntent à d’autres, d’autres langues, réminiscences, le long de la ligne oblique de la faille, voyages entrevus, rêves et associations les plus diverses, des étincelles jaillissent de l’entrefilet, des lignes de fuites déchirent des épanchements couleurs et rayures tâchées s’emparent du bloc et le nient car elles sourient d’une irrévérence – on ne peut plus contenir – il ne fallait pas tenter de circonscrire et d’absorber car alors plus rien ne tient et comme dans le conte la vie sort de l’ogresse et s’en va batifoler – libre ou tentant de l’être – chemin fou, confronté à la vérité.

comme dit Boris Vian : jusqu’à la prochaine fois

(à suivre, car cela n’a pas de fin surtout lorsque l’on est un adepte de la digression, c’est à dire du chemin inexploré de traverse)

Passage (Reprise)

la vision d’une terre qui enserre me rappelle à ma réalité d’exil, je peints cette rive comme un voilier caresse mélancolique les herbes et les mottes du rivage, l’appartenance pris entre la vague et le vent, saudade ambigu entre empreinte et poussée des sèves, tellurique, le temps prononce la sentence et matière, promet des floraisons ;
les mots eux ouvrent l’espace en vent debout à la déchirure qu’impulse le désir, l’œil dans la toile et l’absolu entrouvre, pétillant le pressentiment à vivre, hors de tout propos les mots comme une liberté dans les blancs deviennent la langue inconnue, ivre comme la brise, elle pousse et vibre au corps ; le sens et la trace sous-tendent le piège et pourraient ramener en arrière
ce sont dans les vides et le sens accordé à l’horizon , le chant improvise une mélodie et résonnent du chaos, pas de l’homme qui marche et déchire le tissage du monde comme un passage, pris entre ces deux ancres, l’une amarrée et l’autre fine comme une soie solaire, pris entre le devoir de fidélité, sûr de son tracé opaque et l’aimant d’une voile ivre à l’assaut de l’ile, la mélancolie et la joie maligne donne à l’œil l’envie d’embrasser l’absolu des joies à venir.


Transi

la trans-amazonienne des coup de pelles   et des   répressions virales   le rideau est tiré sur le rêve projeté sur       le rêve de la forêt des fleurs et des hommes jaguar         des pierres précieuses sur les visages    et les hauteurs des gouffres végétaux          animaux et l’esprit qui rit si fort     le tout est ramené dans des coffre-forts     dans des boîtes numériques ramenée à l’équation ou à une suite de chiffre binaire ternaire ou que sais-je alors que ça souffle et que la richesse dans le silence et la couleur       guérit       on s’interroge  la richesse des suites de sons voyelles voix et sonne              paysage entrevu articulé               glissé               rythmé                      murmuré comme une corolle             ces deux O      ou les dentales ou la vue qu’on en a              rouge de l’hibiscus                     de cette fleur dont le nom ne nous est même pas imaginable  d’une poésie suprême parce que l’accord ou le respect ou simplement regarder amène       mais      cela suppose /de ne pas se poser la question du contraire / de ne pas laisser la fenêtre ouverte et rêver d’un souffle d’air / de ne pas s’y engouffrer et laisser le ciel aérer les méninges /de ne pas avoir l’envie de griffer les ronces/ de ne pas s’aventurer seul/ ou alors                     et c’est ce que je fais simplement regarder et vagabonde                             l’infinitif ne me plait pas                 actif c’est ramener au je     sans qu’il y ait     je       c’est pourquoi je l’enlève pour ne pas le dire et donc de là dire autre chose simplement en l’omettant                                                j’ouvre une trace                         sans bruit                    je chantonne car c’est le plus sûr moyen de circonflexe ce miracle qu’est une fleur  ouverte       le chant l’atteint par l’intérieur et suivant le cas elle guérit    ou rend malade                          la faim et la vue d’une des visions       le chanter aussi         c’est renverser la tangente     encore que je vous parle en une autre langue           et que pour renverser il faut inventer       je crois   qu’un mot comme tangente dans ce contexte ne signifie rien               je m’exprime en mots qui sont fait pour autre chose      exprimer imprimer                       souffler            j’aspire à un autre vocabulaire ou alors j’évite celui là                 je choisi des mots et je les arrange pour qu’ils soient respectueux                        dans ce mot    un autre tueux                  peut être l’inconscient des valeurs à l’œuvre                   utiliser un mot qui veut dire ce que j’aspire mais en mêle un autre qui le contredit           comment faire        l’éviter        en rester à respect       et contourner         la branche morte se saisi du jaillit       comme    une saillie               retenir la langue entre ces deux mains comme un peu d’eau pure    sacrée         l’attitude et ce que j’en vois dit tout ce que je veux en dire          la langue finira par plier ou s’adapter                         nodder ,,              j’en garde l’image    mais dans nod il y a no       contre toute attente car le contraire est à l’œuvre                          le choix des mots est rude quand on veut s’en remettre à l’accord       il suppose de soi même être en quête et de marcher au même rythme d’être à l’écoute et renvoyer l’exacte mesure que le corps impulse et reçoit               ensemble              d’un même tenant  c’est pourquoi je défriche et monologue pendant que je pense à ce qui se joue                         lentement ou vite                 ces mots        ramènent au corps     je m’y soumet                    en mouvement         chasse la position assise   repliée d’un coup de rein  car je                (ce qu’il en semble ce raccourci pour dire être et ce qu’il s’ensuit)                  besoin d’air pour accomplir entrevoir exprimer            dans l’extérieur de cet enfermement que l’immobilité suppose         au contraire le pas libère                         le pas      cet écart dans le ruissellement           la succession du temps                        ce mouvement que geste restitue                 mais en avant          alors que toute les positions sont permises elles ramènent toute à une volée        le repliement                    ne conviendrait pas car il s’apparente à la mort        l’immobilité                       plutôt                          la souffrance ou la jouissance                 tenue         on change de dimension et alors les mots se transforment              la syntaxe       s’étire ou se rétracte selon que le sens à l’œuvre l’exige      le génie de la langue transpire    expire       sans contrepartie     le  souffle n’est soumi à rien d’autre que la pression du thorax et des étoiles           l’aventure gestuelle cosmique réactivée dans le mot                   la voyelle                                  atteint                                  parallèle à la vitesse de la lumière sans que cela en soit                 tente la                simultanéité                            paradoxale                              transmutation   qu’inventerait comme mot pour expliquer qu’un mot se dise étoile                                         tenter l’étincelance en bouche             en poids du corps et rythme souffle                            lance            l’intense tion poétique y parvient

écart

de ne pas trouver un écho                au contraire bifurquer par simple plaisir

la découverte                    l’envie de ne pas s’encombrer ou de ne pas l’être       encombré / et respecter ce pressentiment de la liberté naissante               percevoir les écarts        s’y blottir et tordre les mots pour ne pas les rendre à l’ennemi /y-a t’il un ennemi             soi peut être                      ou le monde                         ce  qu’ils en ont fait que je vois répercuté dans les yeux de presque chacun            la rareté est si chère qu’elle en est rare

alors l’embuscade aux abords              traquer le moindre souffle qui semble vivre                  vivifiant                libre                    en accord saisir juste le froissement ou le son qu’il fait

déployer l’espace qui s’étale prêt à mes yeux       le deviner

et surtout même si et tant pis si le son pas de bon sens à la basse-cour ni la haute contre et ni à aucune cour basse ou courte

leur yeux réconfortent à la flamme commune           il semble            mettre en commun                   se congratulent à l’abri du vide des vents                    du sens

leur pensée est un assemblage                       elle suit une rigole creusée dans le bon entendement à plusieurs mains                      toutes les mains y contribuent                               plus édifice QUE traverse                l’apport y est important     on rajoute en cumulant une succession d’accord qui fini par sembler irrépressible               mais      cela suppose /de ne pas se poser la question du contraire / de ne pas laisser la fenêtre ouverte et rêver d’un souffle d’air / de ne pas s’y engouffrer et laisser le ciel aérer les méninges /de ne pas avoir l’envie de griffer les ronces/ de ne pas s’aventurer seul/ ou alors                     et c’est ce que je fais simplement regarder et vagabonde          ils s’y sentent bien                moi non                      je rode à leur entour                    je m’énerve de ne pas m’y trouver à l’aise

je repart et j’arpente        les bois et les déserts         les franges parfois

mais je continue à regarder par là ce que je ne trouve pas            obstiné              fasciné par l’écoute mais il s’agit juste  de resserrer  l’écorce au fil du tronc

déçu                                  s’enfoncer au plus profond des forêts    plus profonds                plus loin                  sans personne            ou le coucou                     vague rappel de la présence plus loin devant                 il faudrait pouvoir                     ou au moins tirer une diagonale et garder le contact            tenter

cette question où la reconnaissance      au sens propre             trône              m’intrigue                        la parole  partage ce rapport de voix à voix

s’en libérer est sans doute illusoire                 s’en rapprocher impossible                            la colère s’entremêle au désir                       c’est ce que j’écris

Kamau Brathwaite

Peut être aujourd’hui le poète qui sait conjuguer le mieux liberté et intériorité

une politique libertaire des mots convoie  le sens et donne au vent l’envie en lune d’avant les voiles de sons,

l’écriture exulte

l’intelligence pétille et s’imagine une lumière juxtaposée étoile galactée de sens

ce qui me gène ou me fatigue chez Franketienne quoique je comprenne, je demande au souffle de l’air les dards de l’oxi_gène

cependant intraduisible garde la provocation du nuisible fuit sans nuire à la nuit

luire

Never seen
a man
travel more
seen more lands
than this poor
path-
less harbourless
spade.