Madiba

La marée sud-Africaine ratisse les plages de la modernité. l’heure n’est plus aux bidonvilles ni aux meurtres de race, où l’est elle ? L’est elle car la vie devient, c’est de là qu’elle provient et inlassablement y va, comme la marée.

Une vie entre des barres, j’ai lu les carnets, mentalement fait feu de tout bois, en haut de l’arbre (la Vie) ces millions d’oiseaux affolés (la liberté) l’arbre enraciné aux feuillages vivants les oiseaux (plus rien n’est fixe) et les nuages volant (la conscience d’être et l’éclair est inaltérable) la masse statique de cette terre est soumise à ces pérégrination ambivalentes, tout est mis en mouvement et l’énergie dans cette terre immuable recouvre ce qui semble ne plus bouger. L’immuable est soudain basculé, se désagrège et renforce ce qui ne peut plus s’arrêter.

Entre ces deux horizons, des innombrables trajets d’aller-retours, projets, embuscade, cache d’armes, escales, embrassade, accolade, l’herbe chante, et zébrages, triangulations et stries qui accumulées empilent les expériences.  A ce point d’un continent, regretter et pleurer parce que toute cette expérience qui pointait dans ce corps et l’âme, lumière accumulée qui flambe dans un feu que ne font que recueillir des flammes, l’incandescence déjà froide dans les paumes de quelques fidèles, dans les larmes des regards tournés vers le soleil qui descend comme pour oublier. Quelques lueurs de sang pur restent dans nos visages, quelques paroles et le poli du saphir lance du regard.

7576_361323187318266_836726256_n

« Quand un vieillard meure, c’est une bibliothèque qui brûle » traduisait Hampate Bâ pour ceux qui ne voient que la plume tracer des signes

Moi je vois les vies dans une qui s’accumulent, s’affinent pour s’emparer de la réalité et tordre, je vois cette vie qui devient ce que le monde devient et je me dis et cette vie que devient elle une fois morte et le monde que devient il et je me mets à pleurer

Quand un homme meure il faut beaucoup pleurer pour garder un peu de lui, le temps et l’arbre s’écroule et tout est il à recommencer ou bien est-ce une chaine de semence, je récolte la graine et je la plante en moi, espérant qu’elle pousse, c’est pour ça que je pleure.

Sur le point qu’il représente dans l’histoire sud africaine, est-ce un signe  ou faut il voir comme une jetée d’où le semi continent se jette comme au feu. L’océan est l’inconscient, la marée est celle des flots humains, ces corps qui restent, ces consciences soulevées fragment par fragment on croit voir un corps qui dépérit, on croit voir la violence et la stridence se fait sentir, Madiba est le pole d’amarrage, la conscience grandit autours de lui l’orage gronde, failles électrique de cet univers qui sombre et la conscience affleurante de tout temps en un squelette est un nerf profondément fiché , eau d’un ancien puits,

et de ce puits dans la continuité les larme se mêlent en sourire, force de continuer, une fois rassasié d’émotion, une fois la concordance faite et la main dans la main et le regard dans le regard , clair et s’obstinant .

Utopia

en hommage à Édouard Glissant, Agnès b.

 Utopia en lien cette touchante vidéo, loin des conférences figées mais teintée d’amitié, l’homme Glissant nous parle, enfants que nous sommes et croyant être les maîtres

Edouard Glissant chez Agnès b., news du tout-monde

La pensée du tremblement, c’est une pensée où on peut perdre du temps à chercher, … qui nous permet d’être en contact avec le monde et les peuples …

Utopia , quand les mots nous manquent, où est-ce le monde ? qui nous manque ce qui nous manque , nous , manque , Utupie ! on ne peut que l’imaginer et ce que cela produirait, comment le monde nous serait plus proche et serait le tout-monde

C’est peut être aussi et nous n’en avons pas le droit , que nous manquons au monde ; et nous avons le devoir d’imaginer comment y parvenir, liberté ?

Au delà des systèmes il faut trouver par soi-même, car les civilisation occidentales ne nous y mènent pas ou nous font retourner à une pensée unique,  pensée de système, alors qu’il la faudrait multiple, relationnelle  plutôt que pensée un instinct, une intuition du monde que la pensée de système ne nous procure pas

L’humanité, la reconnaitre,  nous sauve de la domination, nous aide par l’imagination à rejoindre l’autre en se  trouvant soi-même tel peut être que jamais l’identité close ne nous l’avait permis.

Kamau Brathwaite

Peut être aujourd’hui le poète qui sait conjuguer le mieux liberté et intériorité

une politique libertaire des mots convoie  le sens et donne au vent l’envie en lune d’avant les voiles de sons,

l’écriture exulte

l’intelligence pétille et s’imagine une lumière juxtaposée étoile galactée de sens

ce qui me gène ou me fatigue chez Franketienne quoique je comprenne, je demande au souffle de l’air les dards de l’oxi_gène

cependant intraduisible garde la provocation du nuisible fuit sans nuire à la nuit

luire

Never seen
a man
travel more
seen more lands
than this poor
path-
less harbourless
spade.

Titien, la nymphe et le Berger

john-bergerLe désir, Son désir exigeait je crois, de Titien sinon qu’il dépèce les apparences, au moins qu’il pénètre et se fonde dans la peau des choses. Or parce qu’ humain et parce que peintre, il a buté contre l’impossibilité d’accomplir un tel acte : la nature profonde, l’animal en l’homme, les poils du monde sont inatteignables, et surtout : irrépétables, irreproductibles. (…)

Les femmes que l’on retrouve dans tant de ses tableaux – ou plutot la femme, cette femme, toujours la même simple et intouchable –  rappelle inlassablement son aveu d’impuissance et sa défaite artistique – à lui, le maître. Est-ce l’inquiétude dont tu parlais dans ta lettre que ces femmes incarnent ? Lorsqu’elles sont nues,  la couleur de leur chair est de celle dans lesquelles on se noie.  Jamais corps peints n’ont tant demandés à être touchés, empoignés – comme Marie Madeleine- s’empoigne à travers sa chevelure. Et pourtant comme tous les corps peints du monde, ceux du Titien ne permettent pas qu’on les palpe, qu’on s’y plonge…

Et puis peut être peu à peu, Titien a compris que dans l’impuissance de sa peinture se cachait la possibilité d’un miracle. Grace aux poils de son pinceau – et à défaut de rendre la texture du pelage du monde –il pouvait subvertir la nature. Incapable de la reproduire, il pouvait toujours la transfigurer. Au lieu de servir les apparences, de lécher leur botte, il pouvait agir sur elle exercer sur elles son privilège. Faire surgir des bras inexistants. Plier des membres contre leur logique. Brouiller les objets jusqu’a les rendre méconnaissables. Faire trembler les contours, jusqu’à ce qu’ils représentent la matière sans contours. Gommer la différence entre les corps vivants et les cadavres. ….

La vérité c’est que la peinture du Titien est elle même intouchable, inviolable, elle appelle puis interdit. Nous cloue le bec. Peut être est ce la vengeance du peintre contre l’insupportable résistance des choses à se laisser posséder

© John Berger et Katia Berger Andreadakis (Titien, la nymphe et le berger, Fage)

Frans Krajcberg : manifeste du Rio Negro

« Meus trabalhos são meu manifesto. O fogo é a morte, o abismo. Ele me acompanha desde sempre. A destruição tem formas. Eu procuro imagens para meu grito de revolta. »

Frans Krajcberg

troncfeu1


© Frans Krajcberg

(à lire sur le site : http://www.krajcberg.vertical.fr

MANIFESTE DU RIO NEGRO

 

DU NATURALISME INTEGRAL

L’Amazone constitue aujourd’hui sur notre planète l’ultime réservoir refuge de la nature intégrale.

Quel type d’art, quel système de langage peut susciter une telle ambiance exceptionnelle à tous points de vue, exorbitante par rapport au sens commun ? Un naturalisme de type essentialiste et fondamental, qui s’oppose au réalisme et à la continuité de la tradition réaliste, de l’esprit réaliste au delà de la succession de ses styles et de ses formes. L’esprit du réalisme dans toute l’histoire de l’art n’est pas l’esprit du pur constat, le témoignage de la disponibilité affective. L’esprit du réalisme est la métaphore, le réalisme est la métaphore du pouvoir, pouvoir religieux, pouvoir d’argent à l’époque de la Renaissance, pouvoir politique par la suite, réalisme bourgeois, réalisme socialiste, pouvoir de la société de consommation avec le pop-art.

Le naturalisme n’est pas métaphorique. Il ne traduit aucune volonté de puissance mais bien un autre état de la sensibilité, une ouverture majeure de la conscience. La tendance à l’objectivité du constat traduit une discipline de la perception, une pleine disponibilité au message direct et spontané des données immédiates de la conscience. Du journalisme, mais transféré dans le domaine de la sensibilité pure, l’information sensible sur la nature. Pratiquer cette disponibilité par rapport au donné naturel, c’est admettre la modestie de la perception humaine et ses propres limites, par rapport à un tout qui est une fin en soi. Cette discipline dans la conscience de ses propres limites est la qualité première du bon reporter : c’est ainsi qu’il peut transmettre ce qu’il voit en dénaturant le moins possible les faits.

Le naturalisme ainsi conçu implique non seulement la plus grande discipline de la perception, mais aussi la plus grande ouverture humaine. En fin de compte la nature est, et elle nous dépasse dans la perception de sa propre durée. Mais dans l’espace-temps de la vie d’un homme la nature est la mesure de sa conscience et de sa sensibilité.

Le naturalisme intégral est allergique à toute sorte de pouvoir ou de métaphore du pouvoir. Le seul pouvoir qu’il reconnaît n’est pas celui, purificateur et cathartique de l’imagination au service de la sensibilité.

Ce naturalisme est d’ordre individuel, l’option naturaliste opposée à l’option réaliste est le fruit d’un choix qui engage la totalité de la conscience individuelle. Cette option n’est pas seulement critique, elle ne se limite pas à exprimer la crainte de l’homme devant le danger que fait courir à la nature l’excès de civilisation industrielle à la conscience planétaire. Nous vivons à une époque de double bilan. A la fin du siècle s’ajoute la fin du millénaire, avec tous les transferts de tabous et de paranoïa collective que cette récurrence temporelle implique, à commencer par le transfert de la peur de l’an 1000 sur la peur de l’an 2000, l’atome à la place de la peste.

Nous vivons ainsi une époque de bilan. Bilan de notre passé ouvert sur notre futur. Notre premier Millénaire doit annoncer le Second. Notre civilisation judéo-chrétienne doit préparer sa Seconde Renaissance. Le retour à l’idéalisme en plein XXe siècle super-matérialiste, le regain d’intérêt pour l’histoire des religions et la tradition de l’occultisme, la recherche de plus en plus pressante de nouvelles iconographies symbolistes, tous ces symptômes sont la conséquence d’un processus de dématérialisation de l’objet initié en 1966 et qui est le phénomène majeur de l’histoire de l’art contemporain en Occident.

Après des siècles de  » tyrannie de l’objet  » et sa culminance dans l’apothéose de l’aventure de l’objet comme langage synthétique de la société de consommation, l’art doute de sa justification matérielle. Il se dématérialise. Il se conceptualise. Les démarches conceptuelles de l’art contemporain n’ont de sens que si elles sont examinées à travers cette optique autocritique. L’art s’est lui même mis en position critique. Il s’interroge sur son immanence, sa nécessité, sa fonction.

Le naturalisme intégral est une réponse. Et justement par sa vertu d’intégrisme, c’est-à-dire de généralisation et d’extrémisme de la structure de la perception, soit de planétarisation de la conscience, il se présente aujourd’hui comme une option ouverte, un fil directeur dans le chaos de l’art actuel. Autocritique, dématérialisation, tentation idéaliste, parcours souterrains symbolistes et occultistes : cette apparente confusion s’ordonnera peut-être un jour à partir de la notion de naturalisme, expression de la conscience planétaire.

Cette restructuration perceptive correspond à une véritable mutation et la dématérialisation de l’objet d’art, son interprétation idéaliste, le retour au sens caché des choses et à leur symbologie, constituent un ensemble de phénomènes qui s’inscrivent comme un préambule opérationnel à notre Seconde Renaissance, l’étape nécessaire à la mutation anthropologique finale.

Nous vivons aujourd’hui deux sens de la nature. Celui ancestral du donné planétaire. Celui moderne de l’acquis industriel urbain. On peut opter pour l’un ou pour l’autre, nier l’un au profit de l’autre, l’important C’est que ces deux sens de la nature soient vécus et assumés dans l’intégrité de leur structure ontologique, dans la perspective d’une universalisation de la conscience perceptive. Le Moi embrassant le Monde et ne faisant qu’un avec lui, dans l’accord et l’harmonie de l’émotion assumée comme l’ultime réalité du langage humain.

Le naturalisme comme discipline de la pensée et de la conscience perceptive est un programme ambitieux et exigeant, qui dépasse de loin les perspectives écologiques actuellement balbutiantes. Il s’agit de lutter beaucoup plus contre la pollution subjective que contre la pollution objective, la pollution des sens et du cerveau, beaucoup plus que celle de l’air ou de l’eau.

Un contexte aussi exceptionnel que l’Amazone suscite l’idée d’un retour à la nature originelle. La nature originelle doit être exaltée comme une hygiène de la perception et un oxygène mental : un naturalisme intégral, gigantesque catalyseur et accélérateur de nos facultés de sentir, de penser et d’agir.

Pierre Restany, Haut Rio Negro, jeudi 3 août 1978
En présence de Sepp Baendereck et de Frans Krajcberg

que barbaridad , Mikel Laboa s’est envolé, etceterra …

reçu de syntorama

hommage à Mikel laboa

Découvrez Mikel Laboa!

ce texte qui fait allusion à la chanson chanté par  Mikel Laboa (album xoriek),orduan de Bernardo Atxaga, j’y vois ma disparue, et les mystères de la vie qui se renouvelle dans un hymen avec les êtres…

en français :

En ce temps là  je me promenais le long des berges d’un  fleuve
aux couleurs d’or tous les deux ou trois  soirs ,
et je  pensais  que tu étais peut être morte,
que peut être tu naîtrais plus tard,
l’été même de ma mort,
comme un arbre alimenté de jus
de nuage orange
Je cherchais partout ta robe bleue et rouge

Un peu plus tard , une nuit,
nous avons parlé du prix des ordures,
des bienfaits des longs voyages ;
et ce  même automne
tu es devenue la femme aux noms multiples,
tu étais Calliope, et Pollux  et Isis and Pandore,
et tes cheveux étaient tout simplement, devines
devinette,
ceux de Bérénice (élémentaire Mr Watson)

Il y eut un jour, peut être un lundi, un mardi,
où je t’ai écris que dans mon sexe
il y avait (qui l’eut cru!) Bagdad ,

Dans mon cerveau poussait les bois du Canada ;
mais le bois le plus touffu c’était toi

A présent je suis ton amant pataud, je t’aime etc.
comme devant les portes de l’hiver, etc. etc.

 

(trad. de André Gabastou, poèmes et hybrides, ed. la presqu’île)


(ou que la terre te ferait naitre l’été même de ma mort comme le gui de pommier nourri de jus d’orange je cherchais sur tous les trottoirs ta robe rouge et bleue)

plus tard nous discutâmes sur la valeur des déchets des poubelles, à propos des avantages des longs voyages ;
et cet automne là tu devins la femme aux multiples nom, +Cassiope et Pollux ou Isis et Pandore, et ta chevelure n’était autre que celle de Bérénice (élémentaire mon cher Watson)

un lundi ou un mardi soir, alors que je pensais à toi je t’écrivis que dans mon sexe se trouve (quelle horreur) Bagdad, que dans mon cerveau croissent les forêts du Canada ;
mais la forêt la plus luxuriante c’est encore toi

Maintenant je suis ton amant maladroit,
je t’aime, ecetera, aux portes de l’hivers, etcetera, etcetera ….

© Bernardo Atxaga et Mikel Laboa

QUÉ BARBARIDAD, BAGDAD!
1 de Diciembre de 2008 QUÉ BARBARIDAD, BAGDAD!Se va volando Mikel Laboa, entre pájaros y sueños, colores y palabras sin diccionario. Palabras del arte más vivo, más contemporáneo y adelantado a su tiempo que haya conocido jamás la cultura vasca.
Tenía sin embargo Mikel un alma adulta de niño que no partirá.
Así seguiremos recordando tantos cuentos, tantas anécdotas que él ha ido guardando y contando, con su particularísimo sentido del humor. Como cuando en Barcelona, en uno de sus primeros conciertos, le dijeron: En seguida llega el catering. Y él esperaba a Catherine Deneuve!Muchos años antes del arte multidisciplinar deL que tanto nos gusta alardear, fue fundador de grupos tan comprometidos, innovadores, e influyentes como Ez Dok Amairu, creaba con total naturalidad junto a poetas, compositores, escultores, pintores y escritores. Siempre rodeado de toda clase de gentes tan sensibles a la búsqueda poética. Elemental, Mister Watson. Búsqueda que se metaforiza en pequeñas palabras, sonidos, cuentos, colores, detalles, niños. 

Debería dar que pensar que esa envidiable sencillez, humildad y sentido del humor que le caracterizaba haya calado tan hondo. Qué barbaridad, Bagdad!

Nosotros, desde Syntorama, queremos darle las gracias. Por el arte, por la sencillez, por la alegría, por las palabras, por las canciones. Etcétera, etcétera

 

QU� BARBARIDAD, BAGDAD!
(2008.eko Abenduak 1)
QU� BARBARIDAD, BAGDAD!Hegan doa Mikel Laboa, txori, amets, kolore eta hiztegirik gabeko hitzen artean. Euskal Kulturak eman duen ahotsik pertsonalena, izan daitekeen bihotzik sentikorrena, bere garaiari beti aurrea hartzen jakin izan zuen kantaria.Bazuen ordea Mikelek haur sen moduko bat heldua, gu guzion baitan habi egin eta bertan geratu dena. 

Horrela oroituko ditugu bere ipuin eta kontuak, bere bizitza jorian bildu eta umore bereziarekin azaltzen zekizkien pasadizo haiek. Bartzelonan, bere estreineko kontzertuetako batean �kateri�a berehala zetorrela� esan zioteneko hura bezela, Mikelek kontatzen zigun: Ni hor gelditu nintzen, Ze Katerin etorriko, Catherine Deneuve izan zedin desiatzen.
Euskal Kantagintzaren eta artearen berritzaile izan zen, oraindik berritzaile izate horren eta diziplinartean ibiltzearen kontura aldarrikapen arraunditsurik egiten etzenean. �Ez dok hamairu� taldeko sortzaile, naturaltasun handiz poeta, konpositore, eskultore, margolari eta idazleen artean eman zitzaion sormenari. Beti poesiaren bilatze amaiezin horrekin sensibilitatea zuen jendez inguraturik. Elemental Mister Watson. Eta poesia hori hitz txiki, soinu, ipuin, kolore, xehetasun, edo umeen munduetan aurkitzen zuen metafora bilakatuz.

Zer pentsatua ematen du Mikelen apaltasun, xalotasun eta umoreak nolako arrastoa utzi duen gurean. Qu� barbaridad, Bagdad!

Guk, Syntoramatik, eskerrak eman nahi dizkiogu. Bere arteagatik, apaltasunagatik, alaitasunagatik, hitzengatik, abestiengatik etcetera etcetera.

Portuetxe kalea 53-A, 1 solairua 104-bulegoa 20.018 Donostia-San Sebastián Gipuzkoa-Spain
Tel: + 34 943 31 48 00 Fax: +34 943 21 57 88
Email: amaia@syntorama.com

gorée ile baobab (T.Boni)


je reprend ce vieux texte , et le retravaille …

hommage à Mustapha Dimé

aux rives des choses de longues tringles filandreuses entortillées de grille, des perches ajourées de fers pointés cloutés, marchent et se mêlent aux vivants ceux-là occupés à transvaser l’eau dans les bassines en toc, la grande invasion plastique et nylon en nuée blanche chipe et recouvre les jambes, ils marchent le long des rues poudre ocrée de cette île embarcadère d’où le sanglot ne revient des meurtrières de l’exil que déposés par le vent le hasard le ressac riverain, voisinage triste la pauvreté est s’acclimate, les sacs renvoient les fumées à la fureur solaire.

La mer apporte autre chose, des bouts de bois blanchis , tortueux et tordus , les membres des par dessus bord qui reviennent en fantôme , des piles entortillées qui dératent des cargos de rouille bleue sale, des fers tordus ou tôles rongées rouge-morsures qui éventrent, des gouvernails décolorés ,des écailles de bois peint , des creux des gonds des visses, des galets et des filets dans les dérives de mazout et d’huile à flot , des et des et des , et la grève qui agrippe au ressac sans trime ni saison
la roche retient par les entailles des bouts de laine, des tissus de trous, des fils tissés, des goudrons, des coques de noix, des toiles et des cordettes et se mêle le rouge du vert au jaune l’or à chair entrecoupée, dépouille de lien et entrave, cuir qui brave l’air des pendouilles breloques de coques striées les calebasses nouées à hauteur des reins
entrailles de barbelés rayés de rouille piqués de cheveux rêches au creux aride du rond en surplomb les corps de branche abandonnés par la plage rongés d’eau et boursoufflés d’écorce laissés la peau blanche calcinée par le feu
le temps l’égarement battu contre les pierres trainent au rivage.
un beau tronc équarri à coup de hache deux bras de jambe torse rythmé de coups à corps sanglé et un clou de rouille fiché en plein cou
sanglote cette proue le rouge écoulé aux deux percées saignent les cordages le long du bois de rail
entortillé des bouts de cordes les longues cornes commentent une mémoire tchiware tendu en arc de cercle d’antilope

D’avant ,d’avant que le regard ne perce la barrière indigo face au bleu et dos à l’ocre d’où les vagues à l’envers versent les restes que l’ile en phare permet .

Le dos à la terre la mère, le corps noué sous une toile attachée aux pierres d’une bâtisse grise, vestige et maintenant refuge l’homme et le fort regarde la barrière d’eau , la voile bleu , la toile qui bouge au vent ou halo de lumière en flot, les yeux voient au loin , quoi , le dos au rivage mère les yeux arpente ce désert des vies qui pourtant rejette ces disloqués, ces voisinages d’aventures , ces embruns d’ailleurs,
le ressac ramène , il arrive , la rive avare, jeu de dupe où l’homme trouve ce que l’autre perd
c’est la force du vent, le transbordage des vagues, jette ce qui dérive du loin des autres rives mères, couramment transportés et rejeté par la houle caprice et reine donne aux rocs , aux sables et aux buissons d’épines qui gardent.

note : Une exposition lui  est consacré à Apt à la fonation Blachère jusqu’au 12 octobre , merci JEANNE ;

EXPO DIME A LA FONDATION BLACHERE

© fondation Blachère

les salles closes ne lui conviennent pas ; c’est pourquoi j ‘ai mis la photo du fort de gorée , son atelier face à l’Atlantique , l’ouverture avec tout ce que cela suppose , une vue de tous les possible , concentré dans cette ile , qui est ce concentré de possible à l’horizon, au large des possibilités , un peu comme le corps humain , c’est si beau , merci encore
lam

© photos ext. « Mustapha Dimé » , hotel de ville de Paris