Fruction

un coin dans cette enclave, coincé entre deux pans, en forme de motif l’instant ramenant à l’enfance cachée derrière l’armoire, dérobé, atavisme ? en embuscade l’œil perçoit le vide et  inquiet pointe des sens à l’écoute, l’indécision est le faîte d’une falaise.

La marche semble m’entrainer dans le sens des flots qui charrient l’eau de l’orage transformée en furie la promesse lorsqu’elle se sera apaisée d’une fertilité sans précédent ; les pluies de l’hiver ont donné ce vert au printemps débord de la vitalité et canalisé dans le lit le fleuve tend à rejoindre la masse de l’eau indifférencié suivant la gravité laisse par sa friction la moisson au limon et la terre s’imprègne du fruit. On dit qu’elle fructifie.

Navajo rug , detail
Navajo rug , detail

le jus pressé

Qu’est ce qui vous fait croire que le mépris n’atteint pas la colère ? Tyerabarrbowaryaou

© peinture de Fiona Foley Sawfish & WahWonglge

La réponse à la colère n’est pas facilement donnée, pourquoi la colère ? quand dans la rue le monde semble hérissé de ses piquants si bien que la relation est souvent découragée ou transformée en rapport de force, quand s’impose une violence sure de son bon droit décrété de toute humanité, ce à quoi on oppose le gout de vivre, reste de vitalité laissée en flaque ou surnageant dans le désert comme un nuage d’eau ; et l’on se sent laissé là, quand la pression des décideurs rend l’air irrespirable ; et que tout autour la sècheresse et le semblant de joie est ce la peur qui se cache, ils signifient que l’on s’adapte et que l’on se conforme, on fini par s’y faire , pensent ils. et qu’il résume dans ce mot

Toute une succession de rangs d’appartenance semble irradier d’un centre, famille, amour, amis, quartier, langue … les cercles vont en s’évanouissant alors qu’ils s’éloignent et se mêlent jusqu’à devenir illisibles ou invisibles, le centre semble, lui, protégé et n’est pas exposé ; on sait bien qu’il est là et qu’il pulse le nombre incalculable de ses remparts, d’ailleurs c’est peut être que l’on a décidé de ne pas l’apercevoir car ses razzias sont des incursions bien visibles, on ne voit qu’elles, émanation du pouvoir et de l’échafaudage de la permanence.

Il semble que l’on soit pris dans le cercle, dans un des cercles, à l’intersection des spirales qui aspirent et établissent un lien dans le schéma, l’homme est écartelé dans ces espaces et semble se ranger à un embranchement des tracés, l’homme pourtant s’y sent mal à l’aise et les griffures tracées sont instables elles ne recoupent pas les autres cercles héréditaires, effacés et rompus, recouverts et opaques, deux mondes se superposent comme un bâtiment s’écrase sur la terre dont les matériaux nient l’essence.

L’œil hagard et le corps questionnent, c’est le point de départ de ce qui enfle comme la colère, l’intersection là où le cercle dévore et anéantie l’ancestral, ressentiment le sang  et la cendre dont l’homme a été recouvert , de tout temps, qui fut le concentrique de ses vies et qui le reliant au vivant, dont il se réclamait croissaient en même temps que sa mort et que se renaissance ; pulpe et connaissance.

Les cercles de violence ont tout recouvert, et l’homme qui ne sait plus rien, qui ne ressent pas la joie à l’extérieur même si elle sourde à l’intérieur et qu’il garde pour lui, qu’il ouvre en sourire parfois, qu’il transforme en acte désespéré de tendresse parfois, qu’il éjacule quand il s’en rencontre, l’homme ne voit pas l’acceptation,  intégrer lui parait lointain, la colère d’être coupé de son estime le prédestine, n’établit pas un pont avec l’immédiat du ressenti et la spontanéité, il semble que l’homme ne sache plus, lui de haut degré les mots ont du mal à se former et le tracé de sa main s’il se souvient reste hésitant, à se mettre en branle et à déterminer la ligne, surtout la relation étincelle maintenant le mouvement et l’accord et qui est vitale  semble se perdre dans le sourire vide de la chute.

Cela pourrait être vain et s’apparente au désarroi, simple sentiment de déconnection, son centre à lui a perdu les liens rattachés aux cercles et au lignes qui le dessinaient, il en revient aux gestes simples et aux saveurs, il s’en remet au rêve maintenant qu’il sait que les filins servent à attacher ce qui séparé ou laissé à soi , tombe ; arrose tous les jours de l’eau conservée sous quelque forme, sous flamme vacillante en forme de galet ou poudre capturé au vent, on prendrait de rien bouture qui se suffit d’un élément de vie, alors que tout s’assèche, on aimerait croire et se fondre dans la simplicité, accepter que finalement on nait de solitude et d’un pli au vivant, accroché à rien qui ne soit fixe,imperceptiblement livré au vent.

Mais quand accusent aucune des traces ne débouchent si l’arbrisseau même mort à des envies de fleuraison et sent la mer appeler l’air.

La grande balafre

Même si

La grande balafre

 accroché à la carcasse du monde vieux
c’est la solitude coupée de la vitalité

vies sur l’autre rive les cent défaites de toutes les défaites
plus nettes que l’étincelle  la mémoire portée en rive
les strates chapelet les graines rouges au toucher comme pour les couver de la paume le songe de la folie fable de la source
ici git la dérive de l’im-pensé pulpe rouge le sang du rêve est in-attendu.

à partir dans le non – dire le oui
le rire émietté
  les vagues insensées absentées du réel l’esprit serait un jardin contradictoire
fleur épineuse les crocs de l’énergie un trou noir un phare,

l’humain veille
duvet le sol sur le monde
baobab fou

comme le fou les Paroles entre les écorces et la terre en frémit elle les entend ressasser  les remous dans l’intensité

le temps sait  être obscurité et profondeur
Chemin qui s’ouvre dans l’invisible alors qu’il n’y a pas de chemin

promontoire une absence se survit parole

secret partagé propagé de main en main clin à l’œil à l’acte à l’être
tracer les points et l’ambitus  de l’ambigu qui situe
le puits dans la terre sèche  rien à que ce qui se cache  que d’éveillé;

comme une chair la terre et les fruits  pâteuse la voix noire eau de la révolte s’accorde au vieil homme et ramène au sable la douleur  la mort et le recul de l’enfant

pays rompu
éternelle résistance
l’homme a le corps dans le peuple et se souvient
sagesse incarnée dans le temps
un chant contourne les implications et se soumet à la nécessité

sourire qui pourrait être paysan et qui l’est quand il appartient à la terre.

Passage (Reprise)

la vision d’une terre qui enserre me rappelle à ma réalité d’exil, je peints cette rive comme un voilier caresse mélancolique les herbes et les mottes du rivage, l’appartenance pris entre la vague et le vent, saudade ambigu entre empreinte et poussée des sèves, tellurique, le temps prononce la sentence et matière, promet des floraisons ;
les mots eux ouvrent l’espace en vent debout à la déchirure qu’impulse le désir, l’œil dans la toile et l’absolu entrouvre, pétillant le pressentiment à vivre, hors de tout propos les mots comme une liberté dans les blancs deviennent la langue inconnue, ivre comme la brise, elle pousse et vibre au corps ; le sens et la trace sous-tendent le piège et pourraient ramener en arrière
ce sont dans les vides et le sens accordé à l’horizon , le chant improvise une mélodie et résonnent du chaos, pas de l’homme qui marche et déchire le tissage du monde comme un passage, pris entre ces deux ancres, l’une amarrée et l’autre fine comme une soie solaire, pris entre le devoir de fidélité, sûr de son tracé opaque et l’aimant d’une voile ivre à l’assaut de l’ile, la mélancolie et la joie maligne donne à l’œil l’envie d’embrasser l’absolu des joies à venir.


Patte au lointain

oui mais moi j’ai toujours pensé que la plus belle eau remontait des profondeurs

les plus lointaines

j’ai rêvé de continents

j’ai tendu l’oreille pour saisir des bruits de langues et derrière toute la face un monde en mouvement éclaire le mien, lumière étrange qui ne cherche pas à éclairer, mais irrigue

j’ai vu les taillis et les arbres, les collines au loin ou toutes proches et je les ai peins comme elles me parlaient, j’étais traducteur de l’incongru, je traçais des signes et la couleur était musique, moi je voulais être voix
j’ai pensé l’essentiel dans ces rythmes et les fulgurances piochées dans le murmure du froid au matin quand la glace ; la chaleur je mettais du rouge
primitif, en moi la part voulais la place,  je n’ai jamais aimé le sophistiqué et surtout pas l’artifice

je voulais parler et il me fallait écouter – l’espace autour de la voix est nécessaire

il me fallait lutter pour laisser le vent revenir des cheminées

j’ai aimé la terre, celle que l’on peut écraser entre les doigts et la poussière qui file ou se nuage et l’eau de la mer et l’immensité de la vague qui s’abat sur  l’humidité – c’était à Saint-Jean de la lumière et l’océan et le ciel se fâchaient je m’époumonais- c’était dans les bois ou c’était dans les livres et j’écoutais dans les visages burinés et jurais de ne jamais écrire comme dans un livre mais l’écouter lire
seulement ; il n’y a rien d’autre – surtout pas une voix qui écoute sa pensée et que l’on entend lire – le livre est un témoin pour que ne s’éteigne pas – il n’est rien d’important -muet  l’homme qui fait cet effort s’écoute et tait les étoile – je ne voulais pas faire ça – je veux les écouter et frémir

je jette le livre

la musique ne s’arrête pas lancinante- elle est de tous les temps

mais les abos d’Australie et les rengaines caucasiennes – flute de bois de rose d’Irlande ou chants des potlatch – la figure des grand-pères qui à dos de train ou à long de rivière récoltaient inventaient les récits- tout ça n’est rien – je croisais dans les Highlands les tombes des Camerons et la ville berbère étincelait , on en finirait pas et cela n’a pas de fin

C’était chercher le rien dans quelque chose qui remonte, en saisir la peau, susurrer, en retenir l’aliment, assis ou courant dans les bois parce que peut être je ne pouvais pas parler et qu’il fallait écouter laisser le vent entrainer la foudre sans s’en saisir,  laisser voler,  s’inventer le murmure obscur qui doux dansait cette fille-forte-croupe et cheveux des rimes du vent – ondulent – Patrichiea – S’il fallait être moderne et écouter ma vie alors les nuages et l’histoire le feraient pour moi – le présent se portait en avant d’avant moi et ceux qui criaient le plus fort devant pourrissaient autours d’eux –

moi mes yeux bramaient

que je sois vieux blues ou incantation – seule, Pat me ferait remonter – je porterai papillon ou oiseau mon manteau de cérémonie – ce serait ma casquette et mon cuir saluerait le monde