prière d’insérer

de ruades

à grimpade

à dérobade

 

 

thanks to kumi Sato

l’un et l’autre ne mènent

que l’un à l’autre d’un même tenant

et l’air de ne pas y tenir quand c’est l’ensemble qui

aux pieds des bols tandis que tirent sur le joint histoire d’y voir plus clair

les bonzes cernés d’une forêt circonflexe assoupis ou la méditation chacun Om

 

tintamarre

se rapprochent et s’éloignent

ou est-ce le sommeil qui est venu ?

 

la fraicheur du soir est ici un vœu pieux sur lequel il vaut mieux ne pas trop compter

 

les singes pliés dans les branches ne rient pas

ils philosophent et devisent des caractères gravés

s’entretienne de l’immobilité des pierres  qu’ils ne conçoivent pas

 

 

les mots de l’eau

dans la suite le craquement de l’écume

ou est ce la roche qui craque

ou moi

ou l’eau

 

mouvance

le choc le long de la nageoire

la pesée noire qui étouffe la pensée

le front s’ouvre

laisse s’immerger la résistance

et cesse

 

accroche l’eau

 

 

l’esprit est au présent l’esclave de l’instant

 

 

la pensée a genou l’anime

le blanc

verrou du corps

empêché de nager

l’immobilité s’impose accrochée aux deux seins

 

enlise

absorbé

noue

 

 

le corps abstrait rend grâce

l’eau serine

comme les barres d’une cage

délimitent

les piqûres de l’essaim

 

 

vouant

enroulant

retenant

dans le châle

les émancipations des terres

le moi

les mots de l’eau

 

 

Pernambouc

en avant dans l’avant

la bouche

en

dedans des boucles

d’or

lumineuse orchidée

ou accordéon fatal

mes jambes à mon cou et les cheveux comme embarcation

je flotte

bois vif  la fibre repose

gratte sur la planche qui surplombe l’eau

© photo Fiona foley

lambi de l’onde l’eau goutte et le filet engorge

en rond le son spirale éparpille le sens comme les gouttelette dans  la mer

en bleu femme le flanc de l’indigo

ta caresse peinte sur la fleur

la tige nourrie des sargasses

à l’endroit de l’envers resitue bien la spirale

exténuée de paraître un jeu sans fond

là où le bleu est si profond que tu ne vois pas sa queue

se reposer au fond de la grotte

rauque les écailles sont des  grains d’or perles à mes oreilles

tu te parfumes pour m’entrainer dans les abîmes de la confiance

quand vers le soir ma foi laisse échapper les vagues

rauque

j’embrasse à plein vent ton écume et je m’allonge pour m’en être saisi

les embrasements de ton rouleau m’illuminent

je jette à ta face les cauris de ma peau comme les mors de lumière

quand tendrement  je m’entoure de ta violence

que je me jette dans les flots bleus de ton champs

agenouillé sur la roche

l’océan m’emporte et engouffre le corps dans les viscères de la mer

rauque

je me laisse couler

pour m’en revenir ruisselant d’or

patauger dans la mare ou recueille le troupeau

brin superficiel aspirant l’étouffement

© photo Fiona foley

credit photo Fiona Foley sur Artguide.com Australia

Les inspirations se rejoignent, et se fertilisent, l’artiste aborigène Fiona Foley dont les photos me conduisent entre deux fils d’océan à la grotte de Yemanja,  divinité du Brésil noir et dont les courants de manière incertaine ramène les effluves du cap-Vert, archipel de feu, fille de l’Afrique, juste voyage en retour que les courants marins ne cessent de prendre et qu’il suffit de chevaucher, le Roi d’Afrique ne l’a t’il pas fait ?