coche, décoche le rite

Mates
sur les Hanches
Mains
nouées autour du cou

en apnée
les bras tendus vers le ciel
la beauté
souffle-fille d’un mot à l’univers
souffle fou par l’anse amnésique
réminiscent
tressée de paille la chevelure
le souffle
l’unique
le plus
capte la jouissance
comme la puissance

Genèse
coche
décoche
le rite

 

Vodunsi1

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L’ombre des grands arbres (2)

Dans la coque une décoction rouge

L’altitude nonchalante d’une meurtrière

Tombereau des pirogues renversées

De la coulée de l’écho l’or sombre

Sur les épaules un tissage répétant tous les motifs

Fait peur aux enfants qui s’enfuient

Recouvert d’une bouillie de mare le bois macéré

Machette la tenaille épilatoire

Le sang gicle sur le tronc

Épingle sur la lumière

L’eau déshabille la vie

Sur les crochets du fer

les ventailles et l’eau

Faut il demander pourquoi l’étau broie

Cerf débusque où les sentes mènent

Par les chemins à dos d’âne la route louvoie

Quand tout est détruit la mort invite

L’inséparable de l’âme à la vie

Au creux de l’orbite une salive où perdre

Sur le visage le nœud de l’aspic comme un bras

Poison si enchante la carpe en une mélodie simple

Poisson dans le fleuve le ventre à l’air

Poisson quand crève

N’est autre vie qu’une vie disloquée

Une faim

Que l’arbre aux fourmis

A force d’application

On peut finir par s’animer seul

Le sol sous la chevelure tremble

Sous la coiffe de l’air libre

La queue d’un serpent

Braille les anneaux clinquants du venin ce qu’elle porte

A ses oreilles

Longe le fleuve songe la moiteur

Dans la gorge l’ inconvenance déploie et monte

Descendant ascendant à l’aplomb d’une vase

Dans cet allant du fleuve

Une barque chargée des cadavres

En guise de représailles le reflet d’un œil

Inlassablement noué

L’eau rousse écarte le filet

Comme les écailles d’un saurien la gueule du visible happe et tue

déshydrate ce qui a été langue

Certifie que cela aurait été

Soleil ne peut que pourrir sans se refléter

Échec d’une quête que la foison gagne

le chant s’éteint dans un beuglant entre les jambes écartées

ce vif sur la voie

Quatre branches abritent les saints

Deux palmes les recouvrent

Si une porte entrouverte entre

sur le chemin les pleurs sur la ville il pleut des coulées

La boue mort-née renonce à sécher

Prise dans la gueule des draps l’incertitude l’Amour est la monnaie d’échange

Comme un vautour plane

L’odeur

Dans les rets des plantes les serres d’une antidote

Les anticorps des vies saines qui doivent le demeurer

Les chambres s’esquivent des chants des départs

S’emplissent de motets

Réponse

Une corde attachée où les pas ont tenté de piétiner le cercle à rebours

Les filles dans le dortoir des promises le vacarme va les chevaucher

Vers ce jardin ou lignes et forêts plongent dans une architecture tonale

L’océan ce jardinier arrose des arbres qui fuient

Embruns de la pluie le jet et l’eau stagnent dans la fontaine

Y habitent et la science ancienne des plantes et la langue

Passe la peau vieille qui assise brille sur l’or

Dans l’outre verse à l’eau vive l’air que les tambours portent

la robe blanche l’éternelle bonne volonté de l’eau

le sens d’un battement et le sons des cloches

Sur le chemin passe.

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Flores para Yemanjá

Flores para Yemanjá

 

j’aime énormément nager et l’eau ,

finalement c’est une immersion dans le monde qui prend en compte une expérience beaucoup plus fine que celle prise en compte par la rationalité

 

émise et comprise, passée au fil de l’eau même perfide comme le sont les profondeurs d’où jaillissent du ventre d’eau de Yemanja naissent les dieux et s’il semble usurper des formes douces contient  le fluide de tout ce qui est humain

 

 

ces reflets sont la douceur mais immenses sont le ventre

 

quand en appeler aux figures qui contiennent la teneur de l’expérience

 

aux éléments qui abstraits sont les portes par où s’engouffrent les faces insoumises de la réalité comprise non comme les formes mais comme l’axe du réel

 

s’identifient et s’alignent des pans entiers du monde

comme des figures poussant dans le présent

 

Perfilada, Fonseca

se laisse aller à ce qui se pousse à l’intérieur se concentre en ce point de l’eau tout des devenirs et des dérives

pouls de tous les temps

visage grimaçant

grinçant de ce qui s’échappe

vagues informes soumises au pouls

à l’irruption cutanées

à l’émotion fleur de la passion à corps de tempête

caprice matriciel et pluie d’or

sous la finesse des corps blancs une puissance sans limite

 

Deus

pressés par le hachoir de la vie les grandes tendances de l’esprit humain échappent à la logique, sont des figures, par lesquelles la logique s’exclue, moteur eux même d’une systémique bien comprise, ayant son centre dans l’impulsion et le caractère apparenté au monde mais du domaine des dieux

 

au centre vital et non dans les marges, récits ou fiction, mais dans les mythes qui énergisent et sont les événement récurrents

mis quasiment en son centre

Flores à odoia

c’est l’histoire

une thèse récente sur le candomblé et les Orishas commence au moment où l’étudiant rencontre Pierre Verger qui l’introduisant aux aux pères et mères de saints lui passe le relais

évidemment le grand Roger Bastide qui dit-on a peu être inventé le candomblé, en le nommant et le décrivant, lui donnant une réalité sociologique

tangible quand tout était fluide et se métamorphosant, insaisissable comme le beau

ce n’est pas regarder à postériori mais droit dans les yeux et tenir la main la taille dessiner les lèvres et la courbe du corps quand dans le chant  ou le moment ou cela se passe il faut s’en approcher sans s’en départir, car s’en approcher qu’elle importance, mais si l’on veut à lors oublier les pas de loup et l’envie de capturer

 

on entre dans le grand réel à deux pas de toi qui parle et invente ton histoire ou redit celle qui semble avoir été celle de toujours mais qui est la tienne

c’est rentrer dans le cercle et énoncer dans l’intervalle

 

 

il ne s’agit pas de dessin

ni de ligne

ni de chant

ni de raconter

ni de phrases intelligente ni même intelligible et même si on prend grand soin de dérober au regard vulgaire du jour

vulgaire et menaçant, exposé sans conscience

il y faut l’avec de cette science qui préfigure et passe

 

qui était surgissement au fil de l’humain et du croisement des civilisations bourgeonnant là où pour vivre l’homme

 

exprimait,

 

recherchant dans les mythes et rites d’avant l’arrachement la force et l’énergie, la magie de pouvoir survivre, s’ancrer et lançant sa condition profonde d’être humain sans reconnaissance

 

 

comment faire face à ce que je suis devenu et me retrouver lorsque je regarde ceux qui m’entourent

comment m’y retrouver dans ce pays qui n’a plus rien de mon pays

Patricia Larco

et être une greffe n’est pas si facile ni possible à moins d’y mettre ce qu’il y faut

pouvoir lancer sa vie à partir d’une base moins marécageuse

disparaitre, reparaitre, lancer , dit il,

oui il s’agit peut être bien de cela, dans le mouvement, il s’agit de vivre tout simplement vivre et c’est pour cela que si l’on arrête ce qui est en mouvement

quelque chose propulsé dans le mouvement étonné se contemple

 

 

il y faut plus

il faut participer

mais le protéger

le garder comme une force vive

vive

comme tous les éléments et les états de l’homme et du monde, pris dans les intersections et les adoubements

 

il semble que l’on ne se rende pas compte qu’ à notre façon nous faisons la même chose quand nous respirons ou qu’est ce?

 

l’histoire pris dans le réel d’un concret aux maillages du rêve,

 

que l’on voit

sent

sang  jailli de loin

d’en bas

regardant loin

à te dépasser dans le regard

pris dans la douceur et la violence d’être

qui brule car la vie brule

la vie est

dans ce resserrement

prise

 

 

tourner recréer le mouvement, et Jousse encore retrouver le tissage, maillage, tramage, texture de ce qui à la surface et plongeant profondément

mais on ne le voit pas

on traduit en particule

 

cet entremêlement tissé des sympathies complexité qui se résout dans un geste quand tout rentre en résonance

fulgurance sans prise et  flambée

 

comme

geste, mandication ou corpuscation, élémentation, les _tions sont exclus par le regard noir qu’elles nous lance

 

mais que ne voyons nous pas de la force brutale

des mots s’enroulant autours de la sève

des arbres se mêlant aux vents

aux potions les plus répulsives,

l’adhésion,

 

tous les _sives et les _sions sont exclus

 

à leur tour parlons donc de potion et tenons nous en là,

car ce que l’homme fait de qui peut être sa vie, les instantanés irraisonnés et ceux de toujours flottent à la surface recréant une immense mythologie que l’on se raconte et qui permet de flotter à la surface du Temps, sourire qui démaille et fend la pression, desserrant l’étau

 

c’est pourquoi tourner,

c’est pourquoi la main

c’est pourquoi le chiffre

c’est pourquoi le blanc

et tout cela se mêlant

en appelant à la mer au feu

 

à ce que je serais tenté d’appeler esprit

plutôt mouvement de culbute quand la louche plonge au fond de la marmite et y ramène un gros œil de poisson ou un os de poulet, avec toute la saveur des fluides et qui me sert à relier mieux qu’un cube bouillon

 

le langage s’y mêle

bruit du monde et soupir des dieux

les couleurs et les lignes

actualisant

redisant le récit alors rituel

la vie de l’homme se jetant dans sa vie comme dans une eau traversant le feu

 

Fonseca, Fé meninas

maintes jointes

Yemanja , Bahia

 

 

l

en files comme aux vagues

les bras scandent

rappel des mers

Océan le bras de Jemanja

 

 

ll

 

bleu

une échappée des corps

l’ombre

les voiles sur les hanches

 

 

lll

 

blanche

au loin la verticale

 

blanc

la ligne horizontale

 

 

llll

 

 

le rouge autant que le blanc

rappelle la rose

congres

sur les fesses la ligne de l’eau

retenues

hanches comme les bateaux

bleues

toute à la fertilité

 

 

lllll

 

 

jeune fille ou femme

 

ou rose sabrée de blanc

 

nacre

 

sabre

 

ou faisant face

 

chant

 

le chemin de l’eau

 

 

llllll

 

 

du slip aux hautes hanches l’archet du blanc au nombre de cinq trace une cordée qu’il n’est pas bon de dépasser ni de tirer

 

corps bleus

 

laissant la force s’exercer par les mains alliées aux corps nus s’exerce la dominance brune accordée aux dentelles hymne de Jemanja

 

peau la brune

 

c’est offrir la splendeur lascive à la brutalité comme un filet ramène le corps à l’eau ouvragé pour un retour de l’esprit

 

 

lllllll

 

 

toute à l’eau

étroites galbes de la jeune fille les bas fonds sans écume

grandes voiles le sang des mères les largeurs des coques

et l’attente

 

 

lllllllll

 

 

le rouge

est au sang

le blanc

vient me saisir

tout à l’eau

 

 

llllllllllll

 

 

l’eau pour un transport dans les sangs

 

la peau rivée quand fixent les courant

 

 

llllllllllllll

 

 

ou

 

photo de Marcio fr

 

 

du blanc

de la main à la voix

 

alba

de la main à l’oreille

 

conque

roule et prégnant

 

ongle

la fumée accède à l’or

 

muette

la pointe en main jointe

les mots de l’eau

dans la suite le craquement de l’écume

ou est ce la roche qui craque

ou moi

ou l’eau

 

mouvance

le choc le long de la nageoire

la pesée noire qui étouffe la pensée

le front s’ouvre

laisse s’immerger la résistance

et cesse

 

accroche l’eau

 

 

l’esprit est au présent l’esclave de l’instant

 

 

la pensée a genou l’anime

le blanc

verrou du corps

empêché de nager

l’immobilité s’impose accrochée aux deux seins

 

enlise

absorbé

noue

 

 

le corps abstrait rend grâce

l’eau serine

comme les barres d’une cage

délimitent

les piqûres de l’essaim

 

 

vouant

enroulant

retenant

dans le châle

les émancipations des terres

le moi

les mots de l’eau

 

 

Visage

dessin, visage ~1983

Contre tous les déversoirs de haine Moi me reconnaissant dans ce visage et le corps lourd, après tous les virages en épingles et les boulots dans ces banlieues ou vivre s’essouffle, dormant la nuit dans les meublés, le poids sur les épaule baluchon et casquette de travailleur je récuse la crasse la saleté et la déprime, mes pas sans que rien ne parvienne à m’arrêter, ni un quelconque confort ni une idée pour laquelle mourir, souffrir et se sacrifier, dupé par les puissants et convaincu que la vie n’est que les vertiges du néant et vestige du jour, par les villes traversées, les campagnes désertées et les chemins goudronnés, que reste t’il à l’homme ? je me lève séant et convaincu   de la beauté nostalgique de l’existant me mets à marcher, souriant en sortant de la ville et soufflant

photo : Mariene de Castro, Tabaroinha

éclaboussé de vie et ayant tout vécu je ne retrouve plus ce jardin, il est peut être à la lisière dans le creux des bois et la mer l’abrite t’elle ?  les voiliers blancs que je confonds avec l’écume, l’étendu bleue et les écailles de mer j’y entend un appel Ulysse entendit les même et Boutès plongea, réunis sur la grève nous nous rassemblons tous poissons et écumes, algues coiffant les rochers moi j’y ai vu l’autre bout, la terre à traverser ou cet ailleurs que je confondais avec ce voilage arrimant à la femme se tenant auprès du palmier, arbre du bonjour au soleil et que la mer lèche, navire ou voile du vent, femme, brume ou déesse, est ce la mer ?

dessin : vers la voile ~ 1987

l’essentiel me disait de croire et le mouvement du vent et la joie de la source me conviait à la réjouissance sur cette langue de l’eau et dans toutes les mers, même les plus froides, des roches ou des lagunes, dévalant à pics ou s’étendant à mes pieds le chemin à travers les arbres y mène, de cette forêt où les plants et les herbes sont plain-chant, herboriste et fleuriste, il  y manque la fleur, là au dela de la route qui, si on y va mène vers les villes et je le jure, même au coeur de celles-ci, sur un balcon ou coincé entre deux tuiles, surplombant le vide et prête à tomber, la fleur surgissant des entrailles rappelle le chant magique qui comme un filet de sable mais qui est d’or, comme de la suie et de la poussière celle des hydrocarbures et du charbon mais qui est or

quand le soleil à travers les yeux surplombe le vertige et glisse en mots de douceur, tobbogan de l’âme, martelant l’âme que l’on conserve contre les mauvais coups et que l’on éparpille partout où il y a la beauté fut elle laide et de béton ,

mais dans le sourire de mon crayon et dans mon obstination à contourner la rime et promener mes jambes vieillissantes, à tremper mon corps dans  l’eau de vie quitte à y voir la déesse s’il le faut et même y aller à rebours à dos de l’incroyable pourvus qu’il y ait cette offrande et que déverse la musique sur la peau et l’or de l’oeil plonge dans la vie que je reçois, là où je suis où que je sois et plongeant comme ivre au fond.

fleur des eaux

sous le signe du collier

comme des gouttes perlant à l’eau

la divinité

porteuse d’eau

l’or laisse aller le filet dans le creux des paumes

la fleur ouverte sous la paupière

respire comme un ronflement

l’éveil tendre de la matière au monde

quand aspire l’esprit

riche

la vapeur

voile de la porte au soleil

dévoile

la peau bruine

lustre d’eau quand flottent les reflets

couleur illuminée

creusée de lumière

regard coiffé dans les peaux de soie

offrande dressée de l’or aux marges des offrandes

vive voix

déposée dans les feuillages

enroulée des plis à l’infini

la couronne

s’offre à la terre ile par le souffle des mers

la possibilité émise par le tranchant de l’épée

l’humidité

du bout des lèvres et célébrée par la danse

la peau interroge

à la nuit

noire

la peau sombre

l’oeil

tâche sur la peau

à la criée des flots

aux fils du vert tresses dans l’eau

dans le chant la trouée bleue par

les pieds nus

marquent le sentier à la lisière

marque le temps

ouvert

l’oeil occulte

de main en main

interroge les histoires

d’une main à l’autre

sable

la  traversée devine les versants

l’eau- (flots

et puis si au bord de l’eau et si les flots,
les femmes tendent leur beauté comme un reflet
potentiel leur ventre qu’elles veulent arrondi

à l’eau

que leur chevelure ondes aux algues qui peuplent l’océan
aux flots même qui chevauchent comme la chevelure
le dessous de la magie sur lequel submerge l’amour

immense
si le corps si dense enveloppe la chair
et vibre la vie libre
si l’air enfle les robes
invisible
tournoie dans le sens inverse à la corvée
regard tournée vers l’eau de l’intérieur
richesse des gestes de tous les jours
et le don du corps à la fécondité

embrasser les flots qui déterminent
la jouissance et la puissance
relatent
le rite des corps à corps
histoire histoire
et les lèvres offertes

© Ivã Coelho

et le blanc rappelle l’écume à la mort
livré au vent qui se démène à la vie
la métamorphose de la gestation
l’océan est femme
au couchant l’argent
libère la poussée

tournoi des flots
on y voit l’immensité
réverbérée dans les yeux
immense de la présence

noire
au grand bleu de l’eau
ou se croisent toutes les couleurs
l’âme et les étreintes

© Ivã Coelho

et tout l’or dans le blanc
dans le fracas sur les roches et le cliquetis des bracelets
l’éclat solaire des perles et les colliers ramènent la spoliation à la terre
en appelle au soleil

énumération des vagues
surplis sans fin de l’arc en ciel des colliers
aux couleur de l’amour
ambre et rythme de tambour
comme les coups de l’enfantement

la gestation
qui enfle
humidité alliée à la folie solaire

un chant invocatoire
cette pulsation
s’énumère en beauté

dans le noir et le blanc
la peau

une résidence

une offrande ramenée des floraisons

offerte aux labour des vagues
au calme plat de la surface
à la chevelure
surgissante
cheval marin caressant l’air
pulsant comme la chair

l’esprit y est
qui ramène
aux fonds des gouffre
la prière
la ferveur
la femme essentielle
incantation
génitrice de la boucle en retour

© Ivã Coelho

© crédit photos Ivã Coelho