si en moi pèse dans la nuit

Mais ce matin en moi les rayons d’automne sont comme au pire de l’été et me contredisent.

J’ai besoin de cette solitude près de toi si près de toi, à te toucher, les veines de tes doigts le long de ton bras, le hale de ton visage le poli si lisse la pudeur de tes seins signant ton corps de ballerine, chutant ton parfum colonise les objets la vie qui flotte l’air se déposant comme les pétales de rosée.

Comment puis je être loin et pourtant ma solitude si près, et nécessaire

afin d’échapper à ton emprise et mieux pouvoir me saisir, de nos rêves, des pensées qui comme deux corps tournent et s’attouchent se rejoignent un combat dans une frénésie se saisissent, face à face, la face contre la face, s’opposant dans un engagement et pourtant se nourrissant des choc frontaux et alliances, alliage des glaives, les dieux visibles dans la rage et voyelle une douceur sur les feuilles, le brillant du matin à la tombée du soir exigent le bouclier et sculptant l’age la stridence des troncs, effort d’un tellurisme naturel passant dans les bois qui ravinent les vies, ces accents du sol, terrailles alimentées des laves, que nous buvons

à la grande source,

au jaillissement de la couleur

et l’accord, à l’accord-danse

l’harmonie, crépuscule matinal de la déflagration solaire, rejaillit dans le prisme

à ton port la méditerranée, de figue la cote lisse abrupte du lin noir qui t’habille, je parle de ton nez, de tes joues et de ta jambe comme fille de la soie, ta chevelure comme la nuit triomphante du jour et le jour comme le tronc, le tiroir volcanique se penchant à tes lèvres, rouge de ta pensée incessante, suspendue à tes mains qui façonnent ou imaginent et rythment le temps, le temps rythmé te donne naissance dans la succession des signes du corps de la torsion, l’apaisement et l’entente décomptant les secondes qui t’éloignent et rapprochent le vif , peut être de la brume ou de la lune

et je suis le témoin de cette éclosion, joie sœur de l’angoisse, urgence cette force qui rompt les amarres et soudainement le gros temps, ce visage un marbre d’ébène, est ce le soir, ou le sud profond des vents, les bords aigus de la pensée qui piétine aux bords de l’attention, ce visage égyptien ou sable des déserts de la sauvagerie, je le vois nègre dans cette grande étendue de l’œil, sous les cils le mince traite de fusain et je le le voudrais tracer à pleine main s’il n’y avais la distance cette présence concentrée des dieux et grave, les lueurs  circonflexes et l’horizon de toutes les mers à l’angle des forêts, l’aplat déconstruit en strates à l’aube de mourir plus affuté par le rabot qui défraie les jointures et dans ce crépuscule d’opale la tragédie sans minotaure d’avant le règne du chêne et que passe le chevreuil, quand l’ombre retient le sanglier et que filent les renards quand surgit la décision ou que l’espace se rompant délivre l’héritage.

Dans le geste quand nous regagnons la traine sur les graviers comme la filature de la hâte rejoignant dans la pente qu’est notre temps gagnant sur la nuit et qu’en moi pesant dégringole l’ancre qui s’en va se fixer dans les fonds, atteignant le noir et que je te regarde. perçant la lumière recouverte.

Si en moi pèse dans la nuit ce qui remue les feuillages, cette splendeur dont la tristesse me pleure et que je m’endors .

le bleu du ciel, Brigitte Komorn

c’est l’histoire

une thèse récente sur le candomblé et les Orishas commence au moment où l’étudiant rencontre Pierre Verger qui l’introduisant aux aux pères et mères de saints lui passe le relais

évidemment le grand Roger Bastide qui dit-on a peu être inventé le candomblé, en le nommant et le décrivant, lui donnant une réalité sociologique

tangible quand tout était fluide et se métamorphosant, insaisissable comme le beau

ce n’est pas regarder à postériori mais droit dans les yeux et tenir la main la taille dessiner les lèvres et la courbe du corps quand dans le chant  ou le moment ou cela se passe il faut s’en approcher sans s’en départir, car s’en approcher qu’elle importance, mais si l’on veut à lors oublier les pas de loup et l’envie de capturer

 

on entre dans le grand réel à deux pas de toi qui parle et invente ton histoire ou redit celle qui semble avoir été celle de toujours mais qui est la tienne

c’est rentrer dans le cercle et énoncer dans l’intervalle

 

 

il ne s’agit pas de dessin

ni de ligne

ni de chant

ni de raconter

ni de phrases intelligente ni même intelligible et même si on prend grand soin de dérober au regard vulgaire du jour

vulgaire et menaçant, exposé sans conscience

il y faut l’avec de cette science qui préfigure et passe

 

qui était surgissement au fil de l’humain et du croisement des civilisations bourgeonnant là où pour vivre l’homme

 

exprimait,

 

recherchant dans les mythes et rites d’avant l’arrachement la force et l’énergie, la magie de pouvoir survivre, s’ancrer et lançant sa condition profonde d’être humain sans reconnaissance

 

 

comment faire face à ce que je suis devenu et me retrouver lorsque je regarde ceux qui m’entourent

comment m’y retrouver dans ce pays qui n’a plus rien de mon pays

Patricia Larco

et être une greffe n’est pas si facile ni possible à moins d’y mettre ce qu’il y faut

pouvoir lancer sa vie à partir d’une base moins marécageuse

disparaitre, reparaitre, lancer , dit il,

oui il s’agit peut être bien de cela, dans le mouvement, il s’agit de vivre tout simplement vivre et c’est pour cela que si l’on arrête ce qui est en mouvement

quelque chose propulsé dans le mouvement étonné se contemple

 

 

il y faut plus

il faut participer

mais le protéger

le garder comme une force vive

vive

comme tous les éléments et les états de l’homme et du monde, pris dans les intersections et les adoubements

 

il semble que l’on ne se rende pas compte qu’ à notre façon nous faisons la même chose quand nous respirons ou qu’est ce?

 

l’histoire pris dans le réel d’un concret aux maillages du rêve,

 

que l’on voit

sent

sang  jailli de loin

d’en bas

regardant loin

à te dépasser dans le regard

pris dans la douceur et la violence d’être

qui brule car la vie brule

la vie est

dans ce resserrement

prise

 

 

tourner recréer le mouvement, et Jousse encore retrouver le tissage, maillage, tramage, texture de ce qui à la surface et plongeant profondément

mais on ne le voit pas

on traduit en particule

 

cet entremêlement tissé des sympathies complexité qui se résout dans un geste quand tout rentre en résonance

fulgurance sans prise et  flambée

 

comme

geste, mandication ou corpuscation, élémentation, les _tions sont exclus par le regard noir qu’elles nous lance

 

mais que ne voyons nous pas de la force brutale

des mots s’enroulant autours de la sève

des arbres se mêlant aux vents

aux potions les plus répulsives,

l’adhésion,

 

tous les _sives et les _sions sont exclus

 

à leur tour parlons donc de potion et tenons nous en là,

car ce que l’homme fait de qui peut être sa vie, les instantanés irraisonnés et ceux de toujours flottent à la surface recréant une immense mythologie que l’on se raconte et qui permet de flotter à la surface du Temps, sourire qui démaille et fend la pression, desserrant l’étau

 

c’est pourquoi tourner,

c’est pourquoi la main

c’est pourquoi le chiffre

c’est pourquoi le blanc

et tout cela se mêlant

en appelant à la mer au feu

 

à ce que je serais tenté d’appeler esprit

plutôt mouvement de culbute quand la louche plonge au fond de la marmite et y ramène un gros œil de poisson ou un os de poulet, avec toute la saveur des fluides et qui me sert à relier mieux qu’un cube bouillon

 

le langage s’y mêle

bruit du monde et soupir des dieux

les couleurs et les lignes

actualisant

redisant le récit alors rituel

la vie de l’homme se jetant dans sa vie comme dans une eau traversant le feu

 

Fonseca, Fé meninas

ouvre-boite, lignes et surfaces

Le ciel rouge au dessus  suintait de toute part, une chaleur étouffante et les couleurs de plus en plus tiraient vers le violet, il devenait de plus en plus difficile d’avancer le long de cette route droite et sans fin. Il avait bien entendu des histoires de chemin qui allaient de points en points, de façon erratique, un peu comme l’œuvre d’un peintre fou ou le galop d’un cheval halluciné – à y bien réfléchir cette droite l’exaspérait, elle coupait la surface d’une ligne absurde et existentiellement inutile, une cicatrice – la chaleur devenait intense – il voyait les lignes rire et pleurer disserter à tort et à travers dans des élans de créativité soudains et puis se résorber ; elles se taisaient, les silences créaient des trous – il se vit encerclé – le langage tournait en boucle, un tournis qui lui semblait circulaire, vaguement à la façon d’un tournevis même si certains arguent que le tournevis n’est pas circulaire mais allez savoir- ceci de manière si hâtive que bientôt il ne distingua plus rien – au dessus de lui les lignes du ciel se faisaient de en plus menaçantes, ils se dit que ce devait être les tensions électromagnétiques mais il trouvait bizarre tout de même qu’elle se mettent à parler – il sut qu’elles étaient de nature bavarde et que leur chanson se perdait dans la nuit des temps ; la nuit cela n’avait pas de sens, la nuit n’était qu’un changement de points et de lignes- alors qu’elle aurait du être surface – il était fatigué – la nuit c’était quand les lignes se mettaient à courir et que tout s’enfuyait hors des surfaces, là au contraire toutes les lignes tendaient à se résoudre en une seule, elles se rapprochaient dangereusement de lui et il se mit a courir mais les lignes clowns faisaient le pitre devant lui et il su que l’effort était en vain. Ce n’était pas comme ça et peut être d’ailleurs ferait il mieux de s’assoir, de stopper le mouvement. Car ses lignes commençaient à jargonner dans la langue ancienne et à vouloir se joindre aux autres dissensions, ce n’était pas drôle et il ne comprenait plus –

Il se rappelait les entrelacements des amitiés et ce qui lui avait semblé être des crocs, les lignes et les points plans des frenyuderichas  étaient de deux ordres, il se rappelait les vieux et leur bizarre chanson, mais lequel des deux pullthecorkoutofthebottle  ou tryyourheadasacanopeneurcartoutvit, le vieux avait rit et s’était moqué « ouvre-boite ou « tire-bouchon » avait il marmonné, le tire-bouchon était circulaire, il était fait d’une seule et même pensée qui se retournait sur elle même et racolait les lignes folles autour d’elle et permettait de marcher sur un chemin où les broussailles poussière qui bloquaient la vue et les autres lignes le laissaient tranquille, ça faisait un boucan du tonnerre, le vieux avait rit oui le tonnerre frenyuderichas voulait dire cheval aussi bien que tire bouchon ce qui signifiait en fait tonnerre ; seulement le retrouver était dangereux car il pouvait mordre et les lignes en se dilatant faisaient un bruit insupportable comme un pet d’ancêtre, tout dépendait de ce que l’ancêtre avait mangé mais on pouvait parier que ça puait car dieu sait ce que bouffaient les ancêtres ? et puis on pouvait se retrouver enfermé dans l’absence de ligne si jamais on prononçait mal tire-bouchon, il y avait tant de consonnes, enfin ce qui semblait des consonnes car c’était en fait des vrilles de mot, des aléas de tracé qui se répercutaient, il fallait être du clan du tire-bouchon et apprendre très jeune à prononcer tous les noms de la lignée du tire-bouchon qui étaient  aussi nombreux que les étoiles et que les touffes d’herbe sur la prairie et cela sans en manquer une. ce n’était pas sûr ;

Il était du clan de l’ouvre-boite.

L’ouvre-boite ressemblait à une sphère transparente et était étendu tout du long de la surface, les pieds joints ; il devait certainement y avoir une raison  à cela , et pourquoi les pieds joints, cela avait il ou avait t’il eu une importance, un sens profond ? je ne parvenais pas à me rappeler, ma raison me disait que les pieds, joints ou non devaient avoir partie liée au problème, cela devait être car sinon pourquoi en aurai-je fait état, spontanément , sans y être invité ?  et d’ailleurs pourquoi étais je passé de la troisième personne du singulier à la première personne du singulier, cela était un indice et tendrait à montrer que j’étais sur la bonne voie, du moins avais je retrouvé le « je » , that’s a start, content, je me mis à gratter le sol férocement – l’horizontalité m’y incitait cela était clairement établi et je voulais rétablir la position, cela je le savais, ce que j’ignorais c’était pourquoi – toujours cette question qui me taraudait, pourquoi ! pourquoi devait il toujours y avoir un pourquoi , pourquoi invariablement des compléments circonstanciels entrainaient des relatives ce qui compliquait toujours tout, je déteste les relatives, je sais que nous vivons dans un univers déterminé par la surface ou les lignes ne jouent aucun rôle et c’est pourquoi le tire-bouchon pour le clan de l’ouvre-boite n’était d’aucune utilité, et que par conséquent des suites ininterrompues de conjonctions et de coordinations et autres subtilités nous encombraient l’existence, je vous le dis tout net si cela ne tenait qu’à moi je les ferais toutes sauter !! mais pour cela il fallait retrouver l’ouvre-boite et les lignes devenues complètement furieuses de n’être pas prises au sérieux par un tenant de la surface étaient de plus en plus rouge et tourbillonnaient en tout sens- un bon ouvre-boite ferait taire tout ce brouhaha mais ou était il ce sacré ouvre-boite ?  rien que d’y penser ! – puis un silence se fit dans mon raisonnement, un creux dans le temps si vous préférez , j’avais achoppé à quelque chose ; c’était ce verbe ‘ »sauter » qui m’avait si fortement ému, pourtant le lien entre ouvre boite et sauter m’échappait, cela me faisait plutôt penser au tire-bouchon tonnerre, ce pouvait il que les deux aient partie liée, qu’il fussent du même supra-clan, que les deux mots se rejoignent à un moment et que les surfaces soient en fait des lignes et réciproquement et que j’en sois, en ce point précis de mon trajet, arrivé à l’endroit où les lignes étaient en fait des surfaces, question de regard me direz vous, peut être qu’un bon tire bouchon …? Mais il restait toujours ce problème de la prononciation et si je me trompais tout risquait de me sauter à la figure, et ça bien sûr ce serait la fin des haricots. Le clan des haricots n’intervenaient qu’à la fin et n’était pas lié au clan du tire-bouchon ni à celui de l’ouvre-boite, ou alors de façon très lointaine et emberlificoté, en fin de lignée, ce qui expliquait qu’il n’intervienne qu’à l’extrémité et n’était d’aucune utilité. Il valait mieux laisser tomber ; non il fallait retrouver l’ouvre-boite sacré et ça … ce n’était pas une mince affaire car il avait été volé, du moins le disait on, un silence ironique- ou semblant tel ponctuait toujours les phrases où ouvre et boite se faisaient entendre – la prononciation ne posait aucun problème car les rêves en avaient la forme et moi-même en étais venu à me voir comme un ouvre boite _ je me mis à penser qu’il me suffirait de m’introduire dans les lignes pour que celles-ci se rétablissent enfin en surface car oui, il me semblait clair que chacun des membres du clan de l’ouvre-boite en était arrivé à être son propre ouvre-boite et en s’étirant suffisamment à être universellement ouvre-boite, il pourrait donc à force de conjonction et d’insubordination forcer les lignes à redevenir surface – lumineux, mon raisonnement boréal commençait déjà, je le voyais, à se faire se résorber les lignes qui penaudes rentraient à la niche d’elle-même – les niches sont des boules de lignes prévues à cet effet dans les renflements de la surface totale ; je m’étirai et m’étirai en sphère de transparence permanente et je m’ aperçu bien vite que je devais  avoir retrouvé l’ouvre boite en m’ouvrant au rêve, il s’avérait bien que nous étions tous des ouvre-boite en puissance et qu’il suffisait de s’étirer suffisamment pour que la surface redevienne paisible et débarrassée des lignes.

Petals , noa Noa, japanese Garden, l’amour de loin, Kaija Saariaho

je longe son chemin avec émotion depuis un moment déjà , elle chante envoutée les oiseaux de Saint John Perse , fait appel à Amin Maalouf pour   » l’amour au loin » , amante de l’amour à l’aimant du chant voilé oriental , éternel retour entre deux rives ,

la sérénité cosmique des jardins japonais étincelle dans les fleurs en reflets des nymphéas …

et tant d’autres voyages nous assène la pureté originelle ( flute et voix) traverse les routes des arts savants entre orient et occident, revenue des plus profonds du temps, des calmes médiévaux la musique nous retrouve dans stridence de  la modernité ( voir l’article en lien), l’air,  l’esprit lévité le corps en suspend , la légéreté s’allie à la puissance métaphysique, langue fluide à la conquête de la sérénité, un pas assuré franchit la distance de soi à soi dans deux mesures du temps.