épier

Sans fin faire le tour de l’arbre pour arriver au point

Où l’eau contourne aidant la pierre aidée du courant

Tourne et retourne et jette et passe à coté ou au loin

 

Assis s’il le faut il faut prendre la mesure des arbres et de l’eau

Le roulant le tonnant dans la bouche l’emphatique et l’oubli

 

Zoran Music
Zoran Music

 

si en moi pèse dans la nuit

Mais ce matin en moi les rayons d’automne sont comme au pire de l’été et me contredisent.

J’ai besoin de cette solitude près de toi si près de toi, à te toucher, les veines de tes doigts le long de ton bras, le hale de ton visage le poli si lisse la pudeur de tes seins signant ton corps de ballerine, chutant ton parfum colonise les objets la vie qui flotte l’air se déposant comme les pétales de rosée.

Comment puis je être loin et pourtant ma solitude si près, et nécessaire

afin d’échapper à ton emprise et mieux pouvoir me saisir, de nos rêves, des pensées qui comme deux corps tournent et s’attouchent se rejoignent un combat dans une frénésie se saisissent, face à face, la face contre la face, s’opposant dans un engagement et pourtant se nourrissant des choc frontaux et alliances, alliage des glaives, les dieux visibles dans la rage et voyelle une douceur sur les feuilles, le brillant du matin à la tombée du soir exigent le bouclier et sculptant l’age la stridence des troncs, effort d’un tellurisme naturel passant dans les bois qui ravinent les vies, ces accents du sol, terrailles alimentées des laves, que nous buvons

à la grande source,

au jaillissement de la couleur

et l’accord, à l’accord-danse

l’harmonie, crépuscule matinal de la déflagration solaire, rejaillit dans le prisme

à ton port la méditerranée, de figue la cote lisse abrupte du lin noir qui t’habille, je parle de ton nez, de tes joues et de ta jambe comme fille de la soie, ta chevelure comme la nuit triomphante du jour et le jour comme le tronc, le tiroir volcanique se penchant à tes lèvres, rouge de ta pensée incessante, suspendue à tes mains qui façonnent ou imaginent et rythment le temps, le temps rythmé te donne naissance dans la succession des signes du corps de la torsion, l’apaisement et l’entente décomptant les secondes qui t’éloignent et rapprochent le vif , peut être de la brume ou de la lune

et je suis le témoin de cette éclosion, joie sœur de l’angoisse, urgence cette force qui rompt les amarres et soudainement le gros temps, ce visage un marbre d’ébène, est ce le soir, ou le sud profond des vents, les bords aigus de la pensée qui piétine aux bords de l’attention, ce visage égyptien ou sable des déserts de la sauvagerie, je le vois nègre dans cette grande étendue de l’œil, sous les cils le mince traite de fusain et je le le voudrais tracer à pleine main s’il n’y avais la distance cette présence concentrée des dieux et grave, les lueurs  circonflexes et l’horizon de toutes les mers à l’angle des forêts, l’aplat déconstruit en strates à l’aube de mourir plus affuté par le rabot qui défraie les jointures et dans ce crépuscule d’opale la tragédie sans minotaure d’avant le règne du chêne et que passe le chevreuil, quand l’ombre retient le sanglier et que filent les renards quand surgit la décision ou que l’espace se rompant délivre l’héritage.

Dans le geste quand nous regagnons la traine sur les graviers comme la filature de la hâte rejoignant dans la pente qu’est notre temps gagnant sur la nuit et qu’en moi pesant dégringole l’ancre qui s’en va se fixer dans les fonds, atteignant le noir et que je te regarde. perçant la lumière recouverte.

Si en moi pèse dans la nuit ce qui remue les feuillages, cette splendeur dont la tristesse me pleure et que je m’endors .

le bleu du ciel, Brigitte Komorn

l’homme assis

 

quand il faut reprendre

le temps s’apaise

 

un silence éloigne les bruits

 

l’architecture

les lignes surgies d’une flute

 

la musique suspendue

le papier opaque retient l’encre créant un mouvement

 

lui donne asile

l’homme assis dans le coin en proie au vertige

 

la géométrie et l’espace se fie au temps

la promenade de l’âme

 

 

à l’opacité d’atténuer les charges de la mémoire

la pensée circule

 

la fenêtre est si fine que l’on entend gémir le vent

les étoiles

 

la pluie percer des nuages

le monde des hommes est à son comble

 

le signe un aimant

retenant et retranchant où la fatigue ici étanche

 

l’homme assis se laisse aller au monde

 

clair c’est dans le clair

mais quand l’aube a fini de se lécher les babines bien avant que le vent n’aide le soleil à dessécher l’ ogresse

pastel de Lamber Sav 2005

la lumière a rendez vous sur le port elle s’apprête à embarquer vers l’immense tache de bleu qui se lève

dans le visage rose d’une fleur à peine éclose les mystères au jour naissant sont comme un coup de dé en équilibre sur un coin de la surface du monde et de ce que l’on peut en voir question pointée à la face de la déesse qui ont le sait ne permettra pas sans que les offrandes lui soient déposées aux creux des mains si fraîches que l’on pense à un filet d’eau et que fleurit la lumière corolle d’une âme qui supplie

un bouquet de lauriers rose fraîchement coupés et débordant de jeunesse s’en remet à la lumière et veut échapper à l’implacable du jour s’offre à la lumière s’épanouir sans faillir est ce vaincre l’astre ?

sans rides et les traits comme juste éclos doucement émergeant de la lumière et si sùr de la beauté la violence du monde se tait

partance la voile relie les bords de l’eau et sombre dans le noir qui est un bleu plus foncé qu’il semble la cavité en pleine lumière quand il atteint au blanc et que le baiser se forme sur la lèvre, étouffoir des déceptions et recoin de l’espoir avant que les corps ne s’enlacent et irrémédiablement se perdent

partance la voile dans les vents au contact des eaux relie les points de la fraîcheur à ceux de la profondeur sans qu’il soit besoin d’expliquer les larmes d’un visage sous le voile d’une plainte ancestrale la beauté sur deux cordes vacille tiraillée avant que ne vienne les rides

ne s’arrête pas au miracle de l’aube et anticipe les abîmes se perdant dans la contemplation des dieux et rejoignant la lumière de tous les lieux où prennent feu les collines dans les sources de la tendresse avant de s’embraser une extase est une litanie douce qui se suffit à déprendre le début du jour

d’abord olivier dans ses jaunes le blé

le ciel n’est pas du bleu promis

mais blanc dans le noir de l’ombre

flor, aquarelle de Lamber Sav

les jeux éphémères sont une échelle où monte la matière vers la musique le chemin le plus sûr en est la voix se glissant dans les douceurs et rudoyant les  traces des brûlures douleurs tant qu’un jour ne manque pas tant que ne pleure la joie défaite et un grand deuil éveille une tristesse dans les plis du rose de la lumière dans la voix enroulée sur le noir éternel tant de ce que la nuit s’obstine à cacher au jour

quand la voix monte voulant s’extraire pour apostropher les Dieux se plaindre durement se parant de toute l’innocence des départs de l’aurore tant que de devoir encore souffrir dans la poussée des sèves  sachant bien que cette joie dans les montées inextricablement mêlée à l’accablement

qui sauve de la nuit sans le gâchis des terreurs ombrages des soirs quand s’assoupit le jour l’affront du jour se dissipe se sacrifiant  reniant les espoirs du vide à l’heure ou s’effondre les bords de la couleur et que monte les chants de la fête dans les feux de l’obscurité et que survit la lueur

long after time

le temps n’est rien à éclaircir, entre les ombres, claire, diffuse la roche mesure l’obscurité, la masse diraient l’opacité mais les mousses et les fougères s’y glissent, accrochent et rendent à la surface la douceur, le pourrissement donne au sommeil la force génératrice

démocratiquement ou au plus offrant, libéralisme sauvage de la clairière où le bullldozer loin de dozer, lire sommeiller, est à l’affut chasse que le sanglier mégalithique même à terre malgré le lierre repousse de ces dents, 44, symbole de sauvagerie pacifique, les lignes se hérissent impénétrables caressent la lumière établissent un flirt redondant au végétal la pierre conserve la lumière, la nuit s’insinue sans sens

le refuge temporel

on  peut s’y assoir

sentir l’eau couler en cascade et conter les histoires des rides, contes du talent qu’absorbe l’humidité créatrice, mémoire qui rappelle, appelle et remembre

on s’y sent à l’abri et les oiseaux commune de leur plumes, accordées aux feuillages y chantent

la lumière s’évade jaillissement comme de cristal de la roche à l’air et rejoint le lieu, le seul, l’herbe stagne