épier

Sans fin faire le tour de l’arbre pour arriver au point

Où l’eau contourne aidant la pierre aidée du courant

Tourne et retourne et jette et passe à coté ou au loin

 

Assis s’il le faut il faut prendre la mesure des arbres et de l’eau

Le roulant le tonnant dans la bouche l’emphatique et l’oubli

 

Zoran Music
Zoran Music

 

intègre dans la trace

le poème se dit Lumière

rien n’est moins sûr

une marche

déporte aux bords

ou s’évanouit

 

même en l’absence

le souvenir

immergé dans la tristesse

N’être sans être

musique se perd dans le point

tenu pour incertain

note hissée

sans hauteur ni rehaut

 

mais douce

 

en suspend

le temps voit la cerise

une hésitation

dans la ronde chaude

mais rompue

intègre dans la trace

 

Cavalli, Music
Cavalli, Music

a penny for your thoughts

Zoran Music, paysage dalmate-1965

face à ces couleurs qui épongent les vies sur la vie, je veille,  et irradient le papier vierge, absorbent le carbone 14  et je me demande ce qui transparait là,

ce n’est pas mon habitude mais pourtant je regarde la peinture par en dessous et je cligne

me demandant qu’elle vie à fait se rejoindre ces points et la douceur du liant comme une peau

a penny for your thoughts ! mais c’est une tout autre histoire

sans doute

 

que me racontent ces traces que l’homme, il doit y avoir une

Zoran Music, alfabeto alpino

femme la dessous, ou un train, peut être un bateau , un pinceau des naseaux ou n’est ce qu’une marche à

l’horizon de soi, à n’en pas savoir ou n’en plus pouvoir,

 

mais je garde en haut du front l’intrigue et dans cette douceur alpine je suis sûr d’apercevoir les brunes d’une Venise ou de Trieste, sans doute Venise qui se voile et se de voile qui est un jupon, et une peau bleue sous les fards de la montagne je suis prêt à en jurer, le visage de la femme je l’ai vu dans un tableau aux Offizzi, good clue, cette caresse du ciel sur ses seins, cela en vaut une autre et surement que ça c’est passé ainsi et peut être dans un train ou dans cette appartement ocre, toutes les robes de l’Adriatique se frotte à mon regard alpin, au delà de la fatigue et vers le bout de ce que l’œil a peint

 

la je les ai perdu de vue quand

tout tend à s’ordonner, le regard que les autres t’assènent,  t’intime une distance comme si tu leur faisais peur, ils disent qu’il faut de la distance et de l’épure, et ils tiennent à l’histoire plus que moi je (ne) m’en soucie, que quelqu’un te regarde ou regarde ton dessin, lise tes mots et l’ordre contenancé comme on dit décontenancer se met en place comme un murmure doux qui ne dérangera pas le sommeil mais surtout n’atteindra pas à la réalité, c’est pourtant de réalité qu’il parlent, ces évidences de la raison sont un pré texte et semble maintenir le réel qui vient à nous, spectateurs et déjà spectre, du monde quand c’est le texte que l’on attend comme un lever de rideau, applaudir ne le fera pas venir, il faut plutôt huer, j’ose le dire

c’est d’ailleurs d’oser qu’il s’agit (et non de proposition de coordination)

 

 

Zoran Music, paysage

assagi par contrainte muette, faire comme si je ne parlais pas alors que je parle et je broie de l’air, conscient du silence lavasse enfermé dans les meubles, de la distance que suppose le yeux à yeux ; j’ai aussi conscience que toucher nécessite de devancer et d’anticiper,  de fendre le tissus du quant à soi quand on s’y attend le moins, l’estocade, quand pleure la sonate opus 116 et le rire quand il faut se pencher et en file indienne faire avancer les mots sous le préau et puisque rien ne peut arriver ni n’existe je lâche l’envie que j’ai de rendre flou les contours et de faire des tâches

exprès

pas par effet de style mais parce que je suis sûr qu’il y a des tâches aux vies,

qu’elles en ont besoin même , ce n’est qu’une affaire de tâche et on ne pourra jamais tirer les rideaux qui sont retombés des cintres ou de la falaise, et la femme que l’on attend à travers la peinture s’est recouchée, dans un clair-obscur d’ennui qui en dit long

 

Vasil Qesari, la femme que l’on attend

ce n’est pas mon habitude, je côtoie les peintures sans qu’il y ait besoin d’explication, je vois mal la main et le visage du peintre, qui photographié dans son atelier ou concentré, a l’air idiot, pas à son affaire, déplacé,

il ne se voit qu’en peinture

il aime se prendre au piège

s’il se peint alors c’est autre chose, il rejoint la peinture et devient large, aussi large que le paysage, il s’y entend à s’y fondre, on ne le voit plus, son être rejoint le coup de sang au plus profond de nous et sans qu’il y paraisse, à l’insu,

 

Mural of Jane Bown’s portrait of Samuel Beckett on a wall in Notting Hill

pourtant, une peinture te regarde toujours, mais c’est le monde qui te regarde, ou l’œil, on ne sait pas bien ce qui te regarde quand tu regardes une peinture

je sais que mes contemporains submergés dans un réel sans fondement et anonyme, à la limite de l’inexistence et de l’omniprésence, sont anxieux qu’on oublie pas qu’ils furent là, car ils n’y sont plus, chiures de mouches

l’omniprésence de l’inexistant forcément angoisse

Beckett ouvrirait la porte de la limite et Malone te sourirait sans dents, il est plus réel que nous , il se tapie dans les ombres de terre brûlée, dirait tous les visages contiennent toutes les histoires, il n’y a pas de distinction, c’est les mots et la tourbe qui plongent dans les yeux, il ne peut pas s’agir de vie, il ne peut s’agir que d’une lueur, seule trace que laisse dans les mots, s’ils survivent, le décollage des rétines qui te mène à l’histoire,

 

la tourbe des mots

on ne saurait qu’y lire

alors on les lit pas, on lit pas

on se laisse lire

 

on laisse les mots devenir le monde et perdre l’histoire, comique d’un coup, le fil est devenu pelote et on se pelote, mauvais jeu de mot mais il en fallait un, qui dise bien que devient toute les histoires sans qu’il n’y en ait une qui tiennent debout, ça on le sait, ou le savait et pourquoi prétendre , attendre, de Perreira à Godot, une qui puisse se signaler

on a reconnu la voix qui parle de et par toute les voix et donc n’est plus une seule voix mais la prête à d’autres ou se sont d’autres qui la prennent et se sont eux qui importent

c’est l »énergie du sens et le lien, en anglais Bond,

pas James mais Edward, mais qu’importe

trois dialogue n’apportent pas à la peinture

les histoires mais dans l’histoire en creux

points casse des lignes

bel canto

 

l’impossibilité de tracer d’un trait ferme

 

zoran-music, 1964

des points casse des lignes rompues ne donnent pas la mesure de l’ensemble

l’harmonie désaccordée à l’oeil

sans qu’il y ait qui pèse ou délimite

les point sont allusifs

à l’espace et au moi qui le sous-tend

l’ombrage de l’oeil pourrait embrasser

 

qui l’évite

 

projection des possibilité, points lignes et ombres

couleurs confondues

 

esquissent

interrogent plus qu’elle ne parviennent à formuler une réponse qui se tienne

de toute façon fausse

Zoran Music, colline dalmate

les hommes dans l’homme

Zoran, dans les marges de l’Europe, le voyage hors des camps ,

quand le retrait de l’humanité tue

que l’on ne retient que cela

 

près des cotes de l' »Adriatique rattrapé par la meute le meurtre le social constitué en histoire

zoran Music (…)

meute l’enferme le réduit à au ppcm humain,

autant dire peu ,

un chiffre, un flux, peu de chair sur les os et l’essentiel pour survivre

autant dire rien mais c’est déjà beaucoup

on voudrait que l’histoire et l’homme se réduise à ça

un tas d’os de chair sans vie

qu’elle est le contraire de vie            celle qu’on ôte

violemment à la façon des sans- homme et  une négation

comme dit on le contraire d’un homme * si c’est un homme,

barbelé dans l’oeil

 

Zoran Music

 

même en meute

Mais peut on réduire l’homme

ce peu de chair sur les os,  à ça

 

on voudrait que ce le soit, on voudrait que les oripeaux sur la peau résume la peau à l’histoire,

du troupeau

comment peut on vivre après l’histoire ?

 

on voudrait ne se rappeler que de ça, et comme en psychanalyse ramener la vie aux trace de la meute

 

Zoran Music, paysage dalmate

 

Mais l’homme est homme

 

la Dalmatie et l’Istrie assurent que le monde refleurit

quelle différence ce dessin d’un paysage dalmate ou l’oeil retient  plus que la masse l’amoncellement

 

les végétaux qui composent ce bouquet sur lequel marcher ,

antidote

échappée

 

preuve sans doute que l’homme peut échapper à l’anéantissement

 

zoran music , jardins eau forte et aquatinte sur rives

 

On imagine que l’homme recompose le chemin, dans ce peu

pour échapper à la force de la négation ‘

et voir

 

renoncer à ne voir que la mort dans la vie,

le soleil ?

et l’esprit au repos

 

est ce mettre un pas devant l’autre

 

et sur le papier

peindre les traces,

qui ne sont sans doute que le peu qu’il peut peindre,

 

regarder le monde dans les yeux

et voir

 

zoran music__jardins 9 (eau-forte et aquatinte sur rives)

 

ces points dénombrent le monde sans qu' »il y ait de membres,

ce calcul laisse la place au hasard je pense que c’est du laissé vide ce qu’il n’a pas voulu remplir

pour laisser une chance à la vie

 

et aux mouches

papillons de l’ombre

 

et voir

Zoran Music, été en Istrie (1959/60)

le voir étant là la liberté de de nouveau s’immiscer dans l’espace et dire

dans l’espace intercaler sa voix pour prouver la vie

l’antidote

est de voir quand de nouveau on peut

car l’homme est avant tout peintre

il faudra bien que l’on le voit comme tel

s’inscrivant ddans le mouvement

une tristesse ou mélancolie

l’histoire

Zoran Music, motif dalmate

l’histoire qu’est ce à l’aune du monde,

qu’est ce même si comme le dit Walter Benjamin « L’humanité est devenue assez étrangère à elle-même pour réussir à vivre sa propre destruction comme une jouissance esthétique de premier ordre. »

il demeure que l’homme s’échappant et meurtri du poids de l’histoire et non du monde et qui semble congénital et comme Hélène à Troie pas si loin de loin

et on affirme que l’on ne peut s’éloigner de ces traces que furent ces grands brûlis des cités des chemins commerciaux et des sentiers des guerres

des camps et des bûchers

les lieux sont les mêmes

Zoran Music , paysage

comme celui qui a clamer la prédominance de la vie

et l’échec de l’histoire

 

ou donc nous mènent les traits du monde,

les points

 

sur la surface

enfin

et la vie de l’homme

laissé en opaix

et libre

évadé

au singulier,

et sans ce pluriel incontrôlable

 

l’homme peintre s’en va

ou tente

de prendre les chemins de reconnaissance du monde

 

dans cet homme qui fut le peintre j’ai vu ce désir de revenir à cela même qui a permis de demeurer l’homme

 

sans un mot de trop

 

Zoran Music–motif vegetal hommage a caspar

 

sans que l’homme de l’histoire ne consente