Charbon

La vie incise   ce n’est pas une musique mais un déchainement musculaire       une entaille pour se dégager de la pression          fuir vers l’horizon creuser un trou        à l’écart de la pluie  quelques arbres y poussent    coques de noix qui s’ouvrent vie de l’homme                                   La marque du temps se voit dans l’effroi des successions déchirées d’une course météorologique       simple effet des poussées  craquement du tonnerre l’éclair sous la couleur changeante d’un ciel qui ménage les ténèbres et sillonné des arcs électriques fendant le monde en deux                 dans le visage seule parure dans l’immensité retenue d’un corps sec poussant devant lui la balle imaginaire et rattrapé par les frappes jaillissantes charbon de bois inscrit dans ses saillies.

(c) Marlene Dumas
(c) Marlene Dumas
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le sens dans la marche

Je les imagine arpenter  les chemins, les rocs sans complaisance. En silence car le bruit est de fureur. Récolter la poussière, le front ridé et les esprits concentrés car ils sont éveillés. La sensation qui environne est l’existence. L’esprit lourd sent qu’il est emprunt dans la matière et qu’il serait vain de tenter une échappée. Plutôt la conscience que chaque pas sera pesé avec l’esprit du monde, un chant vient spontanément aux lèvre et irrupte de la gorge, tantôt par jeu tantôt pour s’étoffer de la force motrice,  lever la jambe prend tout son sens quand la course participe à la fragmentation des montagnes et du dévalement des ruisseaux. L’apport des pluies et les prises dans la glace. Les étoiles la-haut doivent y être pour quelque chose et un rameau sur le courant.  Ceci est comme boire, un vent qui balaye la poussière ramène les bris sur la plaine là où ou les pousses peuvent lever. Les roches sont le souffle de la terre car elles en ont la volonté et conservent le feu, le mouvement vers l’intérieur est comme une explosion, l’homme les entends et sait qu’il appartient à la nuit.

toits

Un livre est une maison, le toit des mots fait des branchages et entre les mots les sentiers, va vers la mer ou le lac papier de surface ou grain ce qui revient au même et le ciel sur le poil , de l’animal qui hante le lieu à la façon d’un dieu plus grand que le poème ou le lieu , le monde qui sert de couverture est une caresse ou tranche libérant la page qui va suivre dans une forte succession du temps, mais l’abri n’en est pas un et est ouvert au temporaire, il est toujours à temps de griffonner, et il le faut pour renouveler l’impact des mots, des traits qui sinon évanouissent, dans l’automne et l’apport de la neige qui recouvre ou renouvelle le lecteur chasseur cueilleur est migrateur n’a plus qu’à partir rechercher là où les traces l’ont mené et qui s’ensuivent.

Lamber Sav
Lamber Sav

temple le monde

un mot me fait partir (me surprend)

« contempler »

l’éloignement sans distance cela surprend

mais dans la saisissure qui accepte le recul comme une composante du rapprochement

ni de loin

ni de près

mais dans le saisissement

silencieux

et respectueux

incroyable de saisir soi dans le mouvement

en suspend

à ce qui me dépasse

et que

sans saisir

je contemple

 

suppose l’étonnement non pas coupé mais relié

c’est cette religion du temple que je porte

lorsque je m’arrête

apaisé un tourment ramené en deux yeux

et une âme

 

je l’ai dans la nature

près de la rivière

et dans mon pas

dans la rencontre

et la conscience que c’est là

ce moment tout

ce lieu qui rejoint

rassemble

l’automne

la pluie

la brume

le ciel bas

ou les teintes conspire

à n’être plus qu’une

une encre dorée de noir

illumine

la fin de l’inquiétude

me fait passer les vallées

en un silence

 

les mots importants ne doutent pas ne sont pas des mots d’incertitude

d’écart

aéré entre les colonnes

ou simplement poignants

les mots importants n’en sont pas

car ils ne sont pas tus

comme quand je te vois

et que je contemple

incapable de n’en rien dire.

peinture , inconnu
peinture , inconnu

je regarde

si ce n’est vivre

Je te dis tu n’osant te dire vous

 

J’ai retravaillé un peu mon poème me disant qu’il n’y avait d’autre joie et raison que de t’ aimer, je suis les volets que j’ouvre pour laisser rentrer la beauté, ma vie n’a que ce sens , je sais qu’elle grince mais elle est bleu de ce bleu que tu aimes

Vous aimer et laisser rentrer enfin ce divin air que j’hume, quand tu es près , et vouloir être carré et ligne et courbes et salade dans ta bouche, sauce que tu mijotes

 

Dessiner toujours et encore la douce ligne de votre corps la succulence de votre approche et l’ombre sous ton regard, le seul qui voit la ligne de ta peau de cuivre

 

apaise soudainement les questions et les dards de ces abeilles jetées après moi, ma vie piquée c’est de toi que je m’enrobe, un feuillage ou une constellation me drape

 

La poésie ici n’est que la ligne qui va de vos yeux aux tropiques, ta bouche je l’aime murmure le plus sérieusement du monde mes voyages l piano et tous les départs reviennent chanter avec la mésange de ce matin ,

 

le rire hilare de la pie qui rit de sa blague me fait sourire

 

Vous êtes loin et le tragique ricoche, toujours la fenêtre fermée s’entrouvre, le malheur quitte son air de malédiction et se joint à la conversation, il nous trouve adorable et nous l’invitons à notre table sans qu’il s’en doute il est notre plat et nous le mangeons pensant que cela est mieux ainsi, le bougainvillier et l’hibiscus ouvrent la vitre et lui disent au revoir

 

je façonne la terre de l’enfer elle a cette odeur de poudre sous mes doigts elle devient le limon et songeur la mélancolie le rêve et la stupeur

 

je pense à Baudelaire, tu cites char et nous aimons émus, au profond Marina, la mer lui va bien et la neige et la glace, je pense à la station de plaisance d‘ou nous partons toi pour l’atelier et moi pour la Porte de Vanves, cette rue simple est bordée d’entrepôts, le parc l’été je sentais l’ambre, celle des peintres mais de ceux qui restaient le mois d’aout à Paris , à cette époque je crissais ce violoncelle, les crins de l’archet

 

aujourd’hui Les souvenirs de la nuit et les peurs de l’enfance je les range dans la vieille armoire et j’avale la clef,  j’y mets quelques brins de lavande et un morceau de buis, une branche de cade et un mouchoir parfumé

 

Je pense à la toile que toi et moi nous faisons, au poème que jour à après jour s’empresse de surajouter à nos vie, nos deux corps comme ces oliviers riant de leur rides sa      vent qu’Antan les projette vers l’argent de ses ciels, flattant les rejets verts des jours qui nous poussent

 

Ce n’est que d’aimer

si avaler divulgue

béance de se nourrir     la voracité  je tire la langue rouge ouvrant grand la bouche , non pour rugir mais pour avaler ,

l’envie est forte là moi souffleté par les vents   creux       de boursouffler       me saisir aux mollets et relâcher la panse     la vessie pleine  il y faut des vides pour que s’engouffre       cette terrible soif de vie      non de me saouler   Dionysos mais boire comme une barrique     des litres et des litres et des jours et des jours    lieue que je laisse entre moi et l’arrêt du train en marchant du pas le plus souple et  ma vue saisissante              soudainement regretter de ne pas céder à mon envie et laisser l’immobilisme retomber et l’entrain      froisser dans sa poche la limite étouffer le remord dans l’œuf et en faire une omelette oh le beau jaune qui ne deviendra pas coq ni basse-cour ni dindon ni caneton       oh le beau monde que ce  train qui comme un trait passe   si avaler divulgue rayer la mention qui impose comme une chaine à son cou le bel ordonnancement et faire un trou dans la glace

soi à l’ombre quand poussent les cornichons

se mettre en avant soi, parce qu’il y a un doute, une obstruction ou un pli du drap remonte cachant le pied ne laissant que le torse à la Lune

 

 

mais tu n’as pas à charge de résoudre l’énigme de l’univers,

 

 

et le cuisinier fait revenir les légumes quand poussent les cornichons

 

 

 

 

I DANCE TO MY OWN DRUM AND LIVE BY MY OWN TRUTH… KGR

Ouvrant les vents à des akhènes invisibles (Souffle is Life)

 

 

impossible de savoir d’où souffle le vent mais S i L  dit que c’est de la Vie , qu’il vient

je soupçonne qu’il réside dans les trous et dans les vagues de chaleur pitoyables un pied dans la tombe  ne voyant pas que la mer se retire et la voix de castrat sombre dans les sables mouvants à l’abris dans ton lit ou dans un fauteuil second empire et arrosant tes fleurs sur le balcon,

 

 

K G R (Karen Gibson Roc)

pourtant dans une phrase en apparence toute simple, chanson et le regard simplement tendre, Karen Gibson Roc, la douce la belle celle qui te raconte les histoire les plus fantastiques accoudé à un feu rouge attendant que passe le vol de 14.50 pour London, destination Kingston, les mots simple les phrases simplement défilent leur belle histoire regardant narquois la littérature disant d’une voix douce ce qu’il suffit de dire pour qu’en vie

 

toute de simple beauté

 

 

de simple vie qui vient d’être si libre au vent

 

 

SAnfran, ou safran les textes s’enroulent

 

et d’ailleurs ou d’ici ma voix s’enroule

 

et même s’il faut crier un peu

 

écrivant et écrivant et écrivant sur les palmiers de San Francisco Brooklyn,

 

est ce important

un piano dans la bouche

 

 

et laissant le vent raconter ce que bon dieu il lui plait

 

 

raffiné comme un rayon de soleil qui tombe sur la baie et faisant feu de ton bois

je danse sur mon tempo et je vis avec ma vérité

 

tout simplement

 

Julio (C) disait la même chose à Cuba

quant à savoir comme ça arrive , I DANCE TO MY OWN DRUM AND LIVE BY MY OWN TRUTH…

 

thank you  SiL  http://flavors.me/souffledame

 

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c’est l’histoire

une thèse récente sur le candomblé et les Orishas commence au moment où l’étudiant rencontre Pierre Verger qui l’introduisant aux aux pères et mères de saints lui passe le relais

évidemment le grand Roger Bastide qui dit-on a peu être inventé le candomblé, en le nommant et le décrivant, lui donnant une réalité sociologique

tangible quand tout était fluide et se métamorphosant, insaisissable comme le beau

ce n’est pas regarder à postériori mais droit dans les yeux et tenir la main la taille dessiner les lèvres et la courbe du corps quand dans le chant  ou le moment ou cela se passe il faut s’en approcher sans s’en départir, car s’en approcher qu’elle importance, mais si l’on veut à lors oublier les pas de loup et l’envie de capturer

 

on entre dans le grand réel à deux pas de toi qui parle et invente ton histoire ou redit celle qui semble avoir été celle de toujours mais qui est la tienne

c’est rentrer dans le cercle et énoncer dans l’intervalle

 

 

il ne s’agit pas de dessin

ni de ligne

ni de chant

ni de raconter

ni de phrases intelligente ni même intelligible et même si on prend grand soin de dérober au regard vulgaire du jour

vulgaire et menaçant, exposé sans conscience

il y faut l’avec de cette science qui préfigure et passe

 

qui était surgissement au fil de l’humain et du croisement des civilisations bourgeonnant là où pour vivre l’homme

 

exprimait,

 

recherchant dans les mythes et rites d’avant l’arrachement la force et l’énergie, la magie de pouvoir survivre, s’ancrer et lançant sa condition profonde d’être humain sans reconnaissance

 

 

comment faire face à ce que je suis devenu et me retrouver lorsque je regarde ceux qui m’entourent

comment m’y retrouver dans ce pays qui n’a plus rien de mon pays

Patricia Larco

et être une greffe n’est pas si facile ni possible à moins d’y mettre ce qu’il y faut

pouvoir lancer sa vie à partir d’une base moins marécageuse

disparaitre, reparaitre, lancer , dit il,

oui il s’agit peut être bien de cela, dans le mouvement, il s’agit de vivre tout simplement vivre et c’est pour cela que si l’on arrête ce qui est en mouvement

quelque chose propulsé dans le mouvement étonné se contemple

 

 

il y faut plus

il faut participer

mais le protéger

le garder comme une force vive

vive

comme tous les éléments et les états de l’homme et du monde, pris dans les intersections et les adoubements

 

il semble que l’on ne se rende pas compte qu’ à notre façon nous faisons la même chose quand nous respirons ou qu’est ce?

 

l’histoire pris dans le réel d’un concret aux maillages du rêve,

 

que l’on voit

sent

sang  jailli de loin

d’en bas

regardant loin

à te dépasser dans le regard

pris dans la douceur et la violence d’être

qui brule car la vie brule

la vie est

dans ce resserrement

prise

 

 

tourner recréer le mouvement, et Jousse encore retrouver le tissage, maillage, tramage, texture de ce qui à la surface et plongeant profondément

mais on ne le voit pas

on traduit en particule

 

cet entremêlement tissé des sympathies complexité qui se résout dans un geste quand tout rentre en résonance

fulgurance sans prise et  flambée

 

comme

geste, mandication ou corpuscation, élémentation, les _tions sont exclus par le regard noir qu’elles nous lance

 

mais que ne voyons nous pas de la force brutale

des mots s’enroulant autours de la sève

des arbres se mêlant aux vents

aux potions les plus répulsives,

l’adhésion,

 

tous les _sives et les _sions sont exclus

 

à leur tour parlons donc de potion et tenons nous en là,

car ce que l’homme fait de qui peut être sa vie, les instantanés irraisonnés et ceux de toujours flottent à la surface recréant une immense mythologie que l’on se raconte et qui permet de flotter à la surface du Temps, sourire qui démaille et fend la pression, desserrant l’étau

 

c’est pourquoi tourner,

c’est pourquoi la main

c’est pourquoi le chiffre

c’est pourquoi le blanc

et tout cela se mêlant

en appelant à la mer au feu

 

à ce que je serais tenté d’appeler esprit

plutôt mouvement de culbute quand la louche plonge au fond de la marmite et y ramène un gros œil de poisson ou un os de poulet, avec toute la saveur des fluides et qui me sert à relier mieux qu’un cube bouillon

 

le langage s’y mêle

bruit du monde et soupir des dieux

les couleurs et les lignes

actualisant

redisant le récit alors rituel

la vie de l’homme se jetant dans sa vie comme dans une eau traversant le feu

 

Fonseca, Fé meninas

asthénie

aquarelle Lamber sav

conversation, les deux hommes en traversant la route, dans leur habits serrés le chapeau au bord des yeux ils ne veulent pas voir l’été.

La grande maison du siècle dernier a les murs rose et  héberge une famille déshéritée, / cela est peu courant, pour mériter d’être souligné, // la gosse des îles quoique folle est une sacrée bringue

moi c’est le bananier qui a attiré mon regard, derrière le mur une végétation touffue,  et puis j’ai pensé que le jardin dissimulait bien le secret de la maison lépreuse,

la chaleur de l’été fume comme un cigare sur la chaussée qui s’éteint ou se rallume si le vent souffle, on se sent si loin des ports

partir ou revenir,

les gens que l’on croise ont du faire le voyage et se sont arrêtés ici,

il n’y a plus d’endroit où aller

j’ai pensé que la maison était l’endroit idéal pour vivre les rideaux tirés.

jardim aquarelle de Lamber Sav