la nuque , l'oubli

j’aime les lèvres noir framboise
le reste a coulé comme une eau
noire aussi
le reste avait la chaleur du soir
le fruit avait les cheveux courts
le reflet pale et violent de la mer
le sang rosé
la nuque, l’oubli
deux pièces et le doigt qui panse
ont pressé la main dans la mienne

jour, bouche du voir

LS

Qui es tu, toi qui m’écoute dire ?  à un moment ou un autre je te poserais la question en rebours, en retour,

peut être mes mots ne sont que le reflet de l’embryon de la question

le rythme dans le silence, dans le taire, l’espace de ce que j’entends ne peut qu’à son tour interroger

qui est tu ? toi qui me regarde m’écoutant, toi qui prend place face à moi

à quoi se résout cette attention, ta présence au sein de ma parole prétend fixer l’axe dans ton entour

au mur de tes yeux, lettres, phrases, lignes, sens que tu impliques

mais ta présence bouleversante dans l’espace ne peut qu’à son tour formuler la vraie raison et ta quête t’amène à me scruter

ramène contre ton attente l’aveu de l’existence à la page de mes yeux,

lettre, mots de ma parole tu entendrais ramener la nudité angoissée voir est vain

je te laisse en prendre la mesure, oublier la question autant que la réponse

aveugle, c’est le temps et la marée de sable que le vent enfouit en amoncellement bref de silence,

tu, relatif,

y laisses la trace,
tue,
le mot résorbe la vrille de mon chant, démembrement du toi à moi

énigme de l’entre-deux dont tu tentes de t’emparer, l’air n’a pas plus de consistance que ton être-là écoutant la divagation de la question

aussi sur que tu es là, Je ne se laisse pas poser, ta présence est question que seule ta présence absoudrait

tu en est le maître ou est-ce une feinte dans l’énoncé à l’espace de nous-deux, il te faudra le reconnaître.