espace

est ce une feuille qui regarde sa branche
un papillon qui nargue sa chenille
ou l’inverse ,

ou est ce l’espace entre eux deux

seulement l’espace ,
qu’il faudrait considérer


ce pourrait être aussi
ce qui dans l’un et l’autre renvoie
de  l’un à l’autre
ou dans cet un
ce qui est en avant de l’autre

l’un en dedans ou le prévoit

gris

il fait gris

mais le gris est une couleur – c’est comme ne pas la voir
se dérouiller les jambes dans le presque blanc

les gris émane le gris – le blanc restaure mais se fait rare

ferrailles et la pourriture poussent les terres

un gris oxydable  chimiquement  occidant

le gris tue alors

il cesse d’être une couleur ou alors  la tristesse- pus

désespérance  7

disparaitre où  ne pouvoir apparaitre  presque là comme en absence -rance
l’occident  porte en plein front l’extinction et s’en satisfait – insiste

des pas dans  le dégout –  déchetter ou recouvre la décomposition
le gris  qui ne voit pas- tombe – le pas permet de sortir

la boue

l’attente un rébus noir à l’intérieur de nous  – on s’en satisfait

mais le gris est plus que ça –  s’approche – nous conduit au blanc sans qu’on le voit se rapprocher – indifféremment

là gris calme – incite à la méditation – quai pollué ou non incite à la rêverie – gris voisine la mélodie- il laisse monter et défoncer l’odeur –

le gris est une couleur – il faut l’ouïr

traversant

bleu                    toute d’une élancée bleue
les silences en parlent mieux que les nuances
un seul mot d’une seule masse         pesante

se suffit à tout du long un trait aspire l’espace
à soi
comme une absence de la couleur

ligne pour prolonger l’épure
un temps identique les relie et la brise

simule la simultanéité
c’est cote à cote l’un dans l’autre parviennent à l’écho
en un de rien diffère

le bleu tombe dans le bleu       reste demeure sombre et tombe
rien qui interfère qui est la frontière         entre

une projection l’un opaque du coup détone par la trajectoire
qui rompt et délimite un néant dans son milieu
sans                                serait presque vert ou noir

la déchirure toutes sortes de veines
déminent et délimitent à travers

dans les déclinaisons et cette négation qui permet

granitaire

L S 2003

mamelles lactaires la sève entaille l’accueil
charismatique la calligraphie de l’instable
perce les trouées en coulées bleues de noir

femme pluie déhanchée dans le rouge

ronde granitique à l’assaut des douces lisses
horizontalité contradictoire tu ouvres dans la largeur
bouche delta les faîtes du nœud ondulatoire

émancipation nivellée dans le pas
alezan propitiatoire
tu avances au tranchant précipité

panse outre fond


crissement à l’égal du blanc les mots accrochent le silence
porte de l’inaudible

que

ce serpent qui bouscule en douceur par en dessous


murmures
ces chantages de la vibration
ces relations au son
passage de l’un à l’autre

massacre

où les frétillements des queues
tranchent de haut en bas

des couleurs
à l’insu
en cisaillement
vagues  par un ciseau buté
c’est là
lorsque
les lignes outre passent
entre

brêche tète-bêche
dans la craquelure
ou l’outrage

ces ravines qui percent le temps

le corps une salive

des crêtes des mots puisque le silence absorbe
l’anse
anche os de la ou

c’est à l’aspérité
dehors quand le débord et le rebord pensent dans les remords

la vaillance de l’air  la couleur claire un intermède

intercède la cessation du réel


le vent la mer ‘écaille
le temps qui fond donne à mugir

émarge  l’erraillement
des marges

Ahurissement du temps

On imagine les traces des pas, les éclatements que le soleil et la pluie ont  cloqués sur la peau des érosions, friable la densité s’est éclatée et des bouts de terre se sont décollés, de la roche que le vent aura fait s’envoler, perdure les stries, la trace du temps.

c’est une nuance abstraite , elle survole cette élégance, l’ellipse est la vie et égraine , la graine n’est ce pas, cette même chose érodée une fois que le vent s’en est chargé, il aurait des ailes que la poussière bleue saupoudre de rose, celle de l’aube alors que rien n’est clair, celle qui vibre au seuil du vivant indistinctement, imperceptiblement, sans attentions, celle-ci qui fait briller les recoins de peau, serait-ce  cette terre compacte, robe presque roche , presque os , ce mouvement qui prélude à la fragilité, je recueille les pigments broyés me racontent l’histoire d’un peau de pierre, d’une fleur évanouie et les herbes, fragile brindille, lavés dans un grand jus les couleurs que l’œil célèbre retrouvent une nouvelle essence.

img_5950

Il semble que ce soit une planète, un chemin à travers l’aride et cet état premier avant que la pluie ne vienne avec son lustre provoquer l’éboulement dans l’ordre qui permet le mouvement, elle égrainera le temps, boules noires qui s’entrechoquent remontant la cascade mathématique d’une succession incertaine formant l’un d’un collier mystique, la voix bourdonne cet inlassable en mue, est ce musique ou muse,  je retourne à ce chemin dans les sables, je ne l’ai jamais quitté, seule ma pensée s’est amusée à l’éparpillement mais au fond le pas mesuré ou pressé est toujours à se remémorer  les éboulis, paysages ou ors les jaune sont soumis aux rouges, les bruns et les gris minéraux assistent les accrochages des mousses, les failles les rupture du gel frissonnent dans la chaleur obsédante d’un jour, tandis que la lumière jaillit se soumet en cercle.

au début cette croute de terre usée l’œil en voit le chemin, le passage est chanté à travers les détours et retours, aggrigente, ce mot me vient de loin, veut il dire quelque chose, surement les bouches ont tenté d’en forcer le son pour en aboutir au sens,  il s’articule en mouvement de peau et s’échappe dans les vides, par les rides le temps va trop vite, plus tard on se contentera de la trace qui voudra dire, lieu et liens entre les mondes habités et la feuille cornée reporte la trace de l’antilope, anticipation tchiware, deux cornes la conte belle à quatre longues tiges sabotées qui courent , laissent des empreintes bipales dans l’herbe écrasée, l’œil s’en est sans doute emparé , le corps en a sans doute frémit, je vois ça dans le sable ou la poussière de l’ocre fut chemin, le durcissement minéral est vision d’espace poudreux, une vie ne se résume pas ainsi, à ce moment d’avant , à ce lointain retour en arrière comme une boule de quartz, ce rugueux de lave agglutiné, cette couleur pourpre fut celle de la vie des hommes, obstination des femmes sur la strate rocailleuse, terre qui file en étoile entre mes doigts méditatifs, mon esprit imagine et recrée cette frange d’humanité, filin rompu que la poudre m’octroie.

img_6033je regarde plus près , cette tête, est ce celle de Lucy, autant dire l’os de la femme, terre du mythe,  presque un caillou qui me relie à la roche, une main qui taille les lignes d’une vie cosmique sur les parois d’abri, compacte la pierre taillée trace l’appel sourd du vivant, ligne et émergence de la surface colorée sur la roche, la main étale ce mystère qu’est en soi l’envahissement de l’œil, je peint le reste d’une vie , je tiens la preuve de ces chairs et je retiens la poudre, j’émerveille les étincelles de la lumière, la craquelure et le grain et la couleur foulée, du bruit se détachent l’énergie motrice, la preuve d’un sol que les pieds ont voulus, foulés dans l’ahurissement du temps.

crocs mots eaux males

cet enlacement subtil ce n’ est que l’échange des salives

les chromosomes innocents de l’embrassade du vivant

la transparence, cette grammaire vive des anagrammes

le corps à l'abord

je t’ai vu derrière la paroi, des verticales amoncelées de travail en attente
tu ne m’as pas vu

du coin de l’œil, car l’angle était fermé
tout comme une esquisse absente, je me suis demandé est ce bien toi  , non
tu étais là ,

attendant , sans doute d’être prête ou est ce le moment qui était en avance; langoureuse et absence, pourtant

tu n’y étais pas,

moi
j’ai joué le  jeu , dans le sens ou j’ai fais comme ci tout était normal , j’ai eu l’air de faire ce pour quoi j’étais venu
l’esprit ailleurs ,

ou au contraire dans ce geste que je me devais d’accomplir dans le courant de la journée ,

et la brise inactive,

là rien n’anicroche ni n’attarde, nul besoin car le  mouvement au début calme d’une vague repue, qui semble telle sans vitesse encore de toutes les possibilités en mouvement;

j’ai pensé à la brillance du jour ou l’action commande,  platitude du matin quand pas un souffle n’exige que la lave de l’être remonte combattre les promptitudes du jour, là ou le mouvement est si aléatoire si prompt que tous les pores sont facettes de réverbérance, comme pour capter la vibrance d’un soleil qui anime la profondeur et la vague du tranchant, profondeur des ressources, la où tout le corps est couleur et s’apprête, se pare des flamèches d’une vie remonté de l’engourdissement, issue de l’endormissement, lèche nocturne ou tout parait semblable mais qui si l’on s’y aventure et observe calin de manière à laisser le sommeil transparent, l’endroit des couleurs bientôt seront vibrantes car d’une verticale à remonter , accroches les faces et les gestes innombrables en matité vive contrer les rebords du jour

vide ,

la trépidance insinuera l’arrêt qui ne peut s’intimer, la veille est synonyme d’enroulement , le jour réclame cet abord frontal et pour ça les facettes se transmettent à l’éclat , de la langueur la profondeur, la mouvance déferlante de tous les éveils;

tu étais dans cet entre-deux , ou repliée le ressort prend de la hauteur et lance opérant le mouvement impatient,

lâchés dans ce tremblement la bouche mains œil et la robe appliquée bouleversent , pieds la cuisse ébranlée jusqu’au sexe suent dans le frottement à l’assaut irrémédiable, luisant au jour.

poussières en forme d'avenir

s’approfondit la tristesse  la douleur d’exister

trancher ce nœud et jouir-vivre

au delà des mots , au delà de l’art , foudre de la consolation

fulgurance de la vie sans écart-vivre est poussières en forme d’avenir

caractère mouvant , fluctuant , aléatoire ,

tourne brasse se retourne se découvre prépondérante

même aveugle l’enflammé flambe toujours

clairvoyance du flamboyant il voit l’évidence reléguée

fixité  si verte qu’elle faisait briller l’astre-arbre de splendeur

l’azur

avant humus de révéler les corps nus os des arbres

l’apparat du temps pare et dépare joint et disjoint et se retire

coït quotidien le monde et les choses réaffirment la prépondérance

à vouloir fixer dans un éclat on réduit l’immense à l’infime
d’un moment ascendant on infirme le descendant

et se faisant s’égare à soi même

copulation inextinguible qui exige le mouvement

le réel parle plus fort

il parle comme la spirale des lignes qui enroulent le vécu en tronc

innommables la ramification en pluies d’étincelles atomes vertigineux

le réel trace
sillonne la non-vie
forme le non-advenu au hasard de sa décision

l’illusoire de ce qui aurait pu mais ne se fige pas et ne se figeant pas trouve son enracinement-embranchement

ailleurs au gré des vents à la plongée des racines les cailloux à la jointure des sources les effondrements tordent les herbes qui étouffent les hommes qui arrachent les aliments qui tuent les jardinier qui transplantent les guerres qui rasent les femmes qui cuisent au bouillon les bouches qui crient boucles
les oiseaux happent les graines de la charrue qui laboure et retourne en mottes déchirées le sol paisible assoiffé d’un destin incongru

le champignonage incessant d’un réel dévorant

Pliure d’une image furtive mais déjà lasse

chaotique balbutiement d’un  temps

rage les mots s’imposent dans la versatilité

l’originalité d’un trait unique entrecoupé des mille cassures de millions de rejets de pousses en feuilles les fruits qui jutent les graines qui volent portées vers un vent qui les happe en destin qui ouvre inconnu aux pattes de l’insecte qui la pousse à sa fécondation ultime la vie graine haillon d’écorce

libérée la vive genèse éclate à l’invisible nos yeux captateurs

C’est ce devait être et en effet c’est l’élancé végétal le têtard l’embryon le sourire allumé au sexe

yeux de la vie fébrile se cache ici ce matin la corolle d’un espace fabuleux

éclipses toutes les spirales nécessairement sont rivales du soleil

éblouissement l’œil enclin aux étoiles brille même à pleurer l’arme de la nuit