le songe de la lumière

La baie est ouverte sur la lumière, elle irradie,

Ce sont toutes les lumières au delà la forêt qui comme un prisme étend le visible dans une ardeur qui est à la foi et à l’éblouissement, l’idéal que chaque voilier en partance emmène s’il tient à revenir. De la fenêtre sans ombre l’idéal se fond dans la mer, les élancements de la pensée distingue des fonds sanglants avant que ne se durcisse la terre.   L’œil est pris dans les vagues et se dilue dans l’étreinte.

la quête de la lumière est brûlante.

Idéalement l’ombre dessine à trait distinctif, versant l’eau la figure d’une femme dans le feu se confond avec le filet de lu vase, la poésie, est ce un lin noir qu’elle destine au vent et à la chaleur ; carafe exquise les yeux sont de braise se doivent d’être dans le flot sombre, elle apaise l’air qu’elle attise le paradoxe lui font songer à la nuit quand elle est de jour.

Quand  je suis parti ceinturé par la voix et cherchant l’écho allant au centre de l’arc de pierre, un chien y passa sans s’arrêter mais bouscula le rire secoua la chaleur et posant La question, il n’était pas philosophe il ne faisait que passer, à ce frisson des dieux répondit les jets des pierres.

J’ouvris la fenêtre

L’éveil de la lumière prolonge tout ce que rappelle la pensée, la sérénité consacrée créant l’indubitable et  les formes aimées qui ont fini par devenir la voix comme la ligne le bouillonnement de la mer, le vol d’une pensée par delà la puissance des mains.

L’insondable et l’indéchiffrable aussi violents que le vent qui déroute.

Je fais quelques pas.

Incrédule je vois le sombre tomber, on nomme cette échappée la nuit, les paupières sont comme fermées sauf ce plissement où l’œil inscrit les étoiles, où même traçant un chemin celui du lait issu des mamelles et que je suis depuis l’enfance la nuit quand mes pas enfin remettent à la solitude et que le monde à son tour rassure, apparente fixité du temps l’espace donne la position quand en fait il engouffre.

La nuit je cherche le jour ou le songe que j’en ai.

Ton échappement, le signe de ton absence.

Est-ce que je ne parviens pas à te saisir, est ce l’angoisse de ne pas saisir, mon impossibilité à retenir lorsque tombe la nuit dans le rêve j’habite un monde obscur et le matin, je m’éveille et me mets à te chercher craignant fort de voir tomber le jour et surgir la nuit, le corps s’enfuit en même temps que s’éloigne le geste du jour, mes doigts secouent un sac de rêve pour en faire tomber des lambeaux, de  ton corps ta présence et le toucher et la brulure de tes yeux me raniment si ne s’éteignent ; ma main, mon œil qui aime agrippe la couleur, suscite la lumière comme une étincelle comme la buée que je voudrais enlacer de mes mains vives, tenir comme amour et entamer le pas, dans une pleine lumière d’un même pas riant sans que s’interrompe le rêve ni que s’efface l’embrassade.

Claire Je te vois hors de ces lignes , le corps à pleine bouffées s’emparer du réel.

d’un grand rire le chien se met à japper.

le monde dans l’oeil

Michael Riley, Alma Riley 1998

en ouvrant à midi « sight unseen » de Michael Riley je suis frappépar la puissance qui se dégage, mystérieuse,  forte, la conviction sans doute l’attachement à ce qui vient et habite l’intérieur , de tous temps et y a fait son nid de façon si serrée que l’image qui semble n’être que portrait et construction mentale, est bien plus que cela

par la présence de ses apparitions , photos qui pourraient être peintures, personnes et pans de vie éclairés par la présence, les fonds qui sont ceux des ciels et des mers, du tumultes ou du flou des apparitions, la projection de ces être, le cadre qui les dépassent et les englobent

l’art du photographe, sensibilité,

derrière chaque prise une parfaite connaissance de ce qu’il photographie, qui laissé à ce que nous reconnaissons pour tel, par l’infime retenu de ceux qui n’ont plus d’existence conservent l’essentiel dans leurs yeux

et l’oppose

cela ne tient à rien

et est tout

est-ce cela ?

que le monde par la petite fenêtre de l’œil s’ouvre à la dimension lourde du réel dans ce qu’il a de plus impalpable et pourtant immédiatement sensible, la présence

l’image est tellement chargée des vies et de la pensée qui transpire qu’elle est comme une porte qui s’ouvre

Michael Riley Telphia 1990

chargée comme un grand livre, une carte du monde ou le décodage du génome les signes sur la routes ou  les symboles de l’ancêtre transformé dans les formes anodines du monde d’aujourd’hui,  les rides de la chaine jetée au large

ce qui est vu rassemble toutes les formes tensions qui sous-tendent  l’homme et le monde, la sensibilité, mot simple pour dire toute la vie intérieure, la psyché qui va toucher au sens

intime

Michael Riley, Delores 1990

où tout est dit inaudible de l’expérience de l’homme, de la connaissance et de sa respiration

tout des généalogies, des territoires, des deuils et des naissances et ce dans une simple image qui semble de tous les jour mais magnifiée de signification

quotidien transcrit

les termes du monde

qu’est-ce qui est dit

l’homme et la photo

Michael Riley, mwaterflyblown

répond comme la vie dans l’oeil et les muscles qui bruissent la tension des univers, c’est parce que la tension de l’homme au monde à l’homme est forte, parce que quand l’homme voit il y voit un monde fort des résonances qui se répercutent en lui jusqu’à la nature même des choses, se perd dans le temps, court et arpente les rides qui sont l’affection et la souffrance

la conscience et le rebond dans le geste

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