le monde dans l’oeil

Michael Riley, Alma Riley 1998

en ouvrant à midi « sight unseen » de Michael Riley je suis frappépar la puissance qui se dégage, mystérieuse,  forte, la conviction sans doute l’attachement à ce qui vient et habite l’intérieur , de tous temps et y a fait son nid de façon si serrée que l’image qui semble n’être que portrait et construction mentale, est bien plus que cela

par la présence de ses apparitions , photos qui pourraient être peintures, personnes et pans de vie éclairés par la présence, les fonds qui sont ceux des ciels et des mers, du tumultes ou du flou des apparitions, la projection de ces être, le cadre qui les dépassent et les englobent

l’art du photographe, sensibilité,

derrière chaque prise une parfaite connaissance de ce qu’il photographie, qui laissé à ce que nous reconnaissons pour tel, par l’infime retenu de ceux qui n’ont plus d’existence conservent l’essentiel dans leurs yeux

et l’oppose

cela ne tient à rien

et est tout

est-ce cela ?

que le monde par la petite fenêtre de l’œil s’ouvre à la dimension lourde du réel dans ce qu’il a de plus impalpable et pourtant immédiatement sensible, la présence

l’image est tellement chargée des vies et de la pensée qui transpire qu’elle est comme une porte qui s’ouvre

Michael Riley Telphia 1990

chargée comme un grand livre, une carte du monde ou le décodage du génome les signes sur la routes ou  les symboles de l’ancêtre transformé dans les formes anodines du monde d’aujourd’hui,  les rides de la chaine jetée au large

ce qui est vu rassemble toutes les formes tensions qui sous-tendent  l’homme et le monde, la sensibilité, mot simple pour dire toute la vie intérieure, la psyché qui va toucher au sens

intime

Michael Riley, Delores 1990

où tout est dit inaudible de l’expérience de l’homme, de la connaissance et de sa respiration

tout des généalogies, des territoires, des deuils et des naissances et ce dans une simple image qui semble de tous les jour mais magnifiée de signification

quotidien transcrit

les termes du monde

qu’est-ce qui est dit

l’homme et la photo

Michael Riley, mwaterflyblown

répond comme la vie dans l’oeil et les muscles qui bruissent la tension des univers, c’est parce que la tension de l’homme au monde à l’homme est forte, parce que quand l’homme voit il y voit un monde fort des résonances qui se répercutent en lui jusqu’à la nature même des choses, se perd dans le temps, court et arpente les rides qui sont l’affection et la souffrance

la conscience et le rebond dans le geste

un clic

ciel reflète

nous avons besoin de nous représenter le monde dans ce qu’il a pour nous de possible

un endroit ou habiter

un lieu plutôt qu’un espace

un temps

et non pas uniquement des mondes qui se proposent à nous, extérieurs et ennemis

Michael Riley, cloud

je regarde le ciel , le ciel me reflète et je suis capable de m’y penser, peut être le ciel en moi mais surtout en regardant le ciel je vois comment j’existe et la possibilité d’une vie s’ouvre comme un horizon

ou de quelque façon que ce soit

on pourrait dire la même chose de l’autre que je croise, que je vois, j’entrevois l possible quand je te vois, non l’être humain mais soi et la relation , non la terre mais soi et la relation , dans ce qu’elle entretient

il s »agit de penser factuellement puisque l’on me reproche de penser par les vides et que dans les vides on ne voient rien , assertion et pensée fausse, la pensée ni le poème ne se limitent à l’expression d’un réel qui soit visible et s’il l’est qu’y voit on ? dans le poème le reflet mène à un biais

Michael Riley, sacrifice

dans la photographie que j’aime, l’on poursuit le poème, voir à se toucher, à toucher, poème à dire les mots qui disent les voies de la relation, comme je touche comment je mange

comment est il possible de vivre,

ce grand écart hors de la violence, faite , passe par la violence, le biais, l’allusif , permet de renvoyer comme en boomerang l’image qui est bien autre chose, et est laissé libre

Michael RILEY Kristina, 1986

pour qu’advienne ,

c’est de l’espace et du temps d’advenir, cette écart entre d’eux, dont il est question et que le geste impulse même de façon immobile

fairly see

Michael Riley

Untitled (water), from the series Sacrifice / Michael Riley (Australia 06 Jan 1960–2004)

Language group
Wiradjuri / Kamilaroi, Southern Riverine region / Northern Riverine region

 

Michael riley, cloud serie

Michael Riley’s career started in 1982, when he enrolled in a photography workshop at the Tin Sheds Gallery, University of Sydney, and later became the photographic technician at the Sydney College of the Arts. Riley’s family and friends are his constant inspiration, and his work is characterised by a strong sense of intimacy that inherently challenges the negative portrayal of ‘otherness’ in historical ethnographic portraiture.

In 1986, Riley was included in the first exhibition of Indigenous photography at the Aboriginal Artists Gallery, Sydney, exhibiting five portraits of black women, one of which – ‘Maria’, 1985 – seemingly appropriates historical depictions of Truganninni, the woman martyred as the last of the Aboriginal people in Tasmania. In 1986, Riley and nine other Sydney based artists established Boomalli Aboriginal Artists Cooperative. He worked concurrently at Film Australia, where he wrote and directed his first film ‘Boomalli: Five Artists’, 1988, followed by the highly acclaimed ‘Dreamings’, 1988, a documentary made for the exhibition of Aboriginal art at the Asia Society Galleries, New York.

Riley continued to celebrate Aboriginal women in ‘Portraits by a Window’, 1990 and the 1991 series ‘A Common Place Portraits of Moree Murris’. From 1993 Riley’s work focused on self-abuse as a symptom of colonisation, represented in ‘Sacrifice’, 1993, a series of images of icons, such as Aboriginal hands displaying stigmata. He was commissioned by the Museum of Sydney in 1996 to create Eora, a permanent video display dedicated to the people of Sydney. In this work, he presented a subversive juxtaposition of traditional and contemporary Aboriginal culture.

Riley surveyed the environmental destruction of his country as a metaphor for the encroachment on Aboriginal culture in his film ‘Empire’, 1997, and the photographic series ‘Fly Blown’, 1998. These works juxtaposed images of Christianity and roadkill with the parched Australian environment, and were shown as a satellite exhibition of the 1999 Venice Biennale. Riley returned to community portraits in 1999, with the series ‘Yarns from Talbragar’, depicting members of his father’s Wiradjuri community in Dubbo and echoing his 1991 Moree series, centred on his mother’s Gamilaroi family first digital series, ‘Cloud’, 2000 was included in Photograhica Australis at ARCO in Spain, the Fourth Asia-Pacific Triennial of Contemporary Art at the Queensland Art Gallery, Brisbane, and the 2003 Festival of Sydney. Isolated against an emblematic blue Australian sky, a cow, a bible and a boomerang each symbolise pastoralism, religion a Aboriginality – questioning who belongs within Australia.

Jonathan Jones in ‘Tradition today: Indigenous art in Australia’, Art Gallery of New South Wales, Sydney, 2004

© Art Gallery of New South Wales