Il y a plus
le son de la furie les grelots de l’absence dans le brouillard
il y a
la macération des regards mort nés que j’ ai lancé
quand
ours blanc sur l’iceberg et toute la documentation
in extenso
la dérive des continent le trou d’ozone et la fonte des glaces
un brisant
et le vapeur concassé par manque de combustible
et que se tait
ma désapprobation muette prise dans la banquise fondue
la jetée
d’un visage naît l’animosité de la tendresse animale
et
qu’enfin mes deux jambes brisent la surface du lac triste

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ciel reflète

nous avons besoin de nous représenter le monde dans ce qu’il a pour nous de possible

un endroit ou habiter

un lieu plutôt qu’un espace

un temps

et non pas uniquement des mondes qui se proposent à nous, extérieurs et ennemis

Michael Riley, cloud

je regarde le ciel , le ciel me reflète et je suis capable de m’y penser, peut être le ciel en moi mais surtout en regardant le ciel je vois comment j’existe et la possibilité d’une vie s’ouvre comme un horizon

ou de quelque façon que ce soit

on pourrait dire la même chose de l’autre que je croise, que je vois, j’entrevois l possible quand je te vois, non l’être humain mais soi et la relation , non la terre mais soi et la relation , dans ce qu’elle entretient

il s »agit de penser factuellement puisque l’on me reproche de penser par les vides et que dans les vides on ne voient rien , assertion et pensée fausse, la pensée ni le poème ne se limitent à l’expression d’un réel qui soit visible et s’il l’est qu’y voit on ? dans le poème le reflet mène à un biais

Michael Riley, sacrifice

dans la photographie que j’aime, l’on poursuit le poème, voir à se toucher, à toucher, poème à dire les mots qui disent les voies de la relation, comme je touche comment je mange

comment est il possible de vivre,

ce grand écart hors de la violence, faite , passe par la violence, le biais, l’allusif , permet de renvoyer comme en boomerang l’image qui est bien autre chose, et est laissé libre

Michael RILEY Kristina, 1986

pour qu’advienne ,

c’est de l’espace et du temps d’advenir, cette écart entre d’eux, dont il est question et que le geste impulse même de façon immobile

rien ne m’oppose

la phrase parmi les vapeurs à la cuisine me revient avec les nouilles sorties de l’eau bouillante

my life stands as hell in a shell i can hear it breathe between your teeth

 

mon dernier soupir se fera à la lune,

courant je resterai quand même mourant, froissé, jeté le seau dans la salive à terre pour quelques orages, morgue, croyant, je ne respire plus, vos yeux en moi la pluie lave ce qui m »alourdit

 

mais je vois,  je suis l’océan le ciel et le nuage

dans mes artères mon eau est fumée est cristal, dans l’eau trouble je me lave les pieds dans la crasse je veux les îles, dans votre rire, votre regard votre oeil qui tombe

 

mais la droiture la faiblesse et le rêve un poème frissonnent de la dureté

rien ne m’oppose

 

 

je devrais être à terre quand je suis libéré rejoindre les déserts, la feuille que je ramasse, loin de la ferraille

partir, je ne rêve que de partir que mon corps lourd soit aile, ou fumée ou cristal

 

loin

loin

si loin de l’entrave

 

Michael Riley, cloud -flyblown

toute ma vie une bouteille à la mer, un galion y est gravé, vieille eau, depuis ce geste premier ou je fus jeté à la baille, braille et froide ou en pleurs, la mère seule et les tempêtes et les rejets, et les mépris et les erreurs,

l’amarre est défaite

planche de bois dans le courant je gonfle de l’eau