et mâcher la machette

quand la pression du monde est si violente, que sur les tempes le monde appuie avec des barres de fer qui écrasent la pensée même

est t »il simplement possible de vivre et qu’est ce vivre ?

se dire c’est dire je suis et faire abstraction de la pesanteur, se délaisser du monde qui enserre

prendre la plume et écrire deux mots semble impossible, étrangler dans les langes d’un linceul, se fait croire pour la vie

UTOPIA

l’imaginaire est compressé, emprisonné dans une lente mort, les yeux eux mêmes ne voient plus autre choses que ce monstre qui  détruit,

l’autre, les autres car écrire cela n’est pas écrire

écrire c’est libérer l’étranglement, c’est desserrer l’étreinte

vaincre la mort et l’étouffement

rétablir l’équilibre et l’énergie,

56 EMILY KAME KNGWARREYE (c1910 – 1996). UNTITLED (ALHALKERE), 1995

asphyxié

rétablir l’équilibre, mentalement de sa place dans l’univers et ouvrir la main et relâcher un tant soi peu tout ce qui croupit dans cette tension de mare où pourrit la vie, délétère sous le couvercle d’une oppression qui empêche de respirer, inspirer et laisser aller le flot de parole garant de la vie

c’est l’imaginaire, cette porte ouverte, cette nappe intérieure d’où s’échappe le lotus

fleuri

pouvoir dire cela et ciller apercevoir un autre soi et se mettre à courir

EMILY KAME KNGWARREYE
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soi à l’ombre quand poussent les cornichons

se mettre en avant soi, parce qu’il y a un doute, une obstruction ou un pli du drap remonte cachant le pied ne laissant que le torse à la Lune

 

 

mais tu n’as pas à charge de résoudre l’énigme de l’univers,

 

 

et le cuisinier fait revenir les légumes quand poussent les cornichons

 

 

 

 

vivre et que vivre

dixit  MaJi Holly (sénégalaise, jeune et déjà talentueuse)

photo Jaabi , Sénégal, c’est pas elle mais ça pourrait
« J’ai une envie obsédante de me barrer avec mon sac chaque matin au réveil.
A pieds ou avec une deux roues, on s’en fou! L’essentiel, c’est d’arriver!
Donc je raconte…
La vérité est que je ne supporte plus personne, même plus mon ombre.
C’est pour vous dire!!!
Sale crétin de prince charmant va chier, frère et père honte à vous, amis matérialistes et superficiels allez au diable, diplômes de merde de mes fesses à la bûche (je vais passer le reste de ma vie à formater la merde que toi éducation nationale, tu t’es acharnée à déverser dans ma tête).
Je n’ai ni rêves ni passions donc je devrais m’en sortir pas mal,
ni attache ni but précis donc je finirai surement par rater ma vie.
Ce qui, ma foi, ne me déplairait pas au fond!
J’emmerde mon « avenir radieux » (quand ils en parlent, ils me font tous rire), merde, je veux juste rater ma vie!

 

 

ouais vrai sujet , mais on est pas obligé de se conformer , on peut vraiment partir et on peut vraiment créer en s’en foutant de bien écrire d’être entendu, d’être lu, qu’on nous aime, que ça intéresse , ouais on s’en fout !  réussir, mais réussir quoi ? c’est comme péter dans un verre d’eau pour ce que ça rapporte, moi ce que je pense c’est qu’il faut au moins réussir à faire un truc qui nous ressemble, en tout cas sur l’instant, parce qu’on change et que c’est à chaque fois à recommencer, mais selon leurs critères, aux autres, les successeux, là je te l’accorde on s’en fout ! et bien ! de réussir ! parce que fuck !

on s’en fout puisque c’est vivre qu’on veut , quitte à rater , ou est ce l’art suprême ? moi je pense que l’on peut tenter de se trouver si l’on se cherche et que l’on s’est perdu ou pas , ! dépend ! quitte à jamais se trouver et si ça se trouve on ne se trouve pas , c’est peut être plus possible si on s’est perdu , pas possible peut être ?! p’têtre qu’on trouve que ce que l’on jette au loin en se défiant de l’attraper avant que ça retombe, comme si on pouvait en avançant trouver ce qui a été laissé loin derrière peut être jeté dans une poubelle ou écrasé par un camion, de toute façon on va pas se retourner et faire le chemin à l’envers , non on serre les dents on crie shit !!! merde et fuck !! 

et dans une colère verte on essaye en marchant de faire des trous dans le chemin suffisament profond pour s’y enterrer , on crie fuck ! et on continue à avancer on rase le poids lourd en tentant de l’envoyer dans le fossé quitte à y passer

enfin c’est ce que je fais , vrai ma soeur , j’appuie sur le champignon et j’ai qu’une idée c’est me foutre dedans accrocher un regard qui m’obligera à lui en flanquer une, même en rêve

photo : Angèle Etoundi Essamba

ou alors je je pose le sac à terre et m’en fout de ton appart, bon j’ai fini par en avoir un, je loue, j’ai pas grand chose dedans mais tout ce qu’il y a c’est choisi, ça a droit de cité, pacte d’amour, et vrai j’ai accumulé un tas de bouquin que j’ai lu ou pas et de trucs  importants comme des bouts de bois déposés par le vent d’est et des cailloux à tête de cheval et des histoire à n’en plus finir, mais la HD, l’ordi et l’ipad je te dirais que j’en ai rien à branler et je me branle oui , toi aussi ok , bon on s’en branle alors ok , bon d’la musique et des sacs qui trainent ok je dis pas même j’en rêve et un de ces quatres ça va me reprendre parce qu’ici y’a rien ou peut être que je suis pas ici que je suis déja ailleurs

ROTIMI FANI KAYODE

Le vrai désespoir s’écrit à l’encre de sang et là on commence à entrevoir le chemin, tous les jours se lever avec l’aube dans ses doigts et les cheveux en bataille, en ordre de guerre et des bouts de ficelles dans les cheveux et les rêves dans les yeux, avec cette lumière qui perce dans les yeux comme si c’était ton kérosène et que t’allais décoller avec tes idées à bord dans ton sac ou autours de tes hanches,n tu les mets ou tu veux et si t’en as pas , et ben , t’en as pas , peut pas faire plus léger, ça décollera mieux, enfin peut être , souhaitons le, porte dans les cheveux comme des airelle, la lumière dans tes yeux ça passe bien dans les texte, quand tu peins y’a rien de mieux et quand t’es amoureuse si tu y arrives c’est encore mieux, une bonne déchéance, laisse pourrir les fruits sur ta tête tu verra que ça finira par puer, moi je le passe dans ce qui pour moi est le plus important, quand je crée,  je vibre et je me fous de tout ou presque, puisque à deux ça semble être dur et quand à réussir sa vie on en a déjà parlé!

emily-kam-ngwarray

c’est pas ce que tu veux dire ma soeur, bon mais c’est pas loin, quand même, un sac, des pieds nus et le moment pour rêver , à l’impossible, à la façon de Pessoa sans espoir de retour pour la raison que je t’ai déja dit parce que le retour y’en a pas, y’a que rrien, y’a qu’à avaler de la littérature qu’on aime, la zik qui nous perfuse et invoquer les dieux et pousser la mêlée, les pinceaux, les textes tous les jours que j’enfile à l’ordi, que je m’envoie à moi-même, y’en a c’est la baise, l’alcool, ce que tu veux , moi non,  parce qu’un beau jour je me suis dit que ça voulait pas être pas beau ma vie alors je l’ai faite belle, en rêve et sans tout ce que tu aimes pas, parce que moi c’est autre chose qui m’attire, c’est nager, les arbres, les plantes sur la terrasse ou la fenêtre, le sourire des gens ou la tronche qu’ils tirent, m’en fous pas au fond, de ça, je résiste et j’accumule les histoires, et je chante les airs du Brésil, et j’aimerai que ça soit réciproque mais ça l’est pas,

alors je me rêve comme tu sors par les rues et comme tu vis ta vie sans make up,

mais tous les jours je fous un coup d’boule à ce confort, je gagne juste de quoi vivre et pour ce que c’est que vivre ça devrait suffire même si c’est pas vrai mais ça devrait, et mon envie au coeur que tous les soir je mets sous la douche, pour que ça pousse

si tu me comprends

je te réponds en poème

je te réponds depuis hier en poème, la poésie car elle reflète le souffle de l’émotion, ma respiration me heurte le sang insuffle l’incompréhensible vague d’un sentiment, le marin se réveille le bateau tangue les vents amis lui jouent un tour, il jure aux planctons de lune, ses vents sont dans son sang, le rêve dans son sommeil ont déchainés les flots , dans sa cabine une langueur plissait un sourire qu’il  croyait aveugle, il se réveille secoué par la tempête, le besoin d’une digue peut être le choix des mots.


PLAGE_SACContinuer l’ accord au delà des brisants, étonnement continu de la rive, crier terre rompt le clos de l’eau, limite une dérive, bris de terre giflent sa face les paumes striées de devoir aborder, le vert lui renvoie en retour tout du rouge d’une échappée.

Cyclones d’au delà de la peau ou calme, une brise, ne caresse à l’âme, le  tranchant d’une lame, la réalité, de la tienne à la mienne,  l’écart est dysharmonique, échu de nulles parts  l’imprononçable surprise de la nudité, mes vents imprévisibles rient, secousses du bord du précipice, s’étonnent du vertige, gorges chaudes des glacières, calme, le leurre dénoue une coiffure sage.

L’étonnement, la dérive de mon ancre, surpris et cahoté, un moment de répit et l’ampleur du ciel zèbre l’azur, la vue désille, l’homme que je suis regarde de façon neuve le monde qui scrute, se demande comment les souffles vibrent sa carapace,
l’emmaillotage, les filets croisés, mes bourses de tortue, le regard cède et apaisé, le monde reprend son cours, enrichi d’une valeur en rappel .

Cette souffrance de s’être vu, aimant, vibrant, exposé aux vents tournants de la vie, éructions de lave, fissures non contenues, ouverture à l’envie, contre toute attente ; c’est mêlé à l’air, coulées d’étonnement dans les nuages qui filent, vie à la vie, vie-vue il la respire, il s’en émeut , il doit y avoir des boucles, des ressacs dans le temps.

je me révèle dans cette glace, instant où le miroir nie l’image nette d’une surface plane, en superposition ton soupir, chape insouciante d’une respiration hâtive, l’entre-deux, s’il choque, témoigne d’un abime, jachère qu’habite le vent. à vivre la poésie.

vent tempête

on n’en sort pas de l’âme, bouée indispensable


littéral et littoral

trempe
comme on plonge un acier dans le fluide qui le rendra tout simplement fort
le mythe dirait invincible, Excalibur sortant des flots
la poésie ce geste de puiser dans le fond propre et le partager sachant que cette lumière
air incoercible
ce souffle comme la vie nous rend plus fort

au delà de l’ombre qui rode
du soleil trop fort qui écrase


un Dieu nous aveugle et nous empêche de voir


en nous cette zone de feu brulante, inaccessible
qui est peut être le désir

mystère de l’humain entre intérieur et extérieur
l’intime et l’extime

ce qui nous accueille
ce qui nous brûle
ce qui nous détruit
ce qui nous attire
nous repousse
nous ombrage
nous aveugle
nous cajole
nous trompe
que nous trompons
nous leurre
nous piège
nous abreuve
nous calcine
nous trempe

nous aide à vivre


dans la sincérité
dans l’émotion
dans le partage
dans le désir

faiblesse ou sensibilité
la force serait le corps
alors
les étincelles épanchent
le corps a fini de hurler


est ce l’âme
la sensibilité
ce trou de lumière
les traces vive
s
couleur

incarnat
d’un cœur fidèle


nous ouvre et nous referme au gré du vent

le vent tempête
la voile devenue vent
entre nos bords s’engouffre
l’eau qui nous coule
nous attire vers le fond abyssal


l’espace d’un instant ou à jamais

aussi incertain que l’air
le rythme des vents
les errances des courants
les colères des étoile
les embranchements

la graine autant que les ellipses
les ans
aléas des vicissitudes
le destin
en cercles concentriques
l’arbre en lui referme
la boucle des temps
le corps
la finitude à l’aube


l’univers se pousse dans la bouche
inexorable
inéluctable

vrille
même la révolte
et le choix
de détourner
vis

la poésie me ramène en ressac

gabier

après une vidéo chez « rêves à emporter =

ou l’on voit le musicien Joshua bell jouer

une partita

dans le métro de W DC  ( mes oreilles, je crois en conviennent …) c’est de la sheer poetry en pure perte encore que …dans un monde supermarché ( N B : qui marche vite)

pour qui n’est pas étiqueté n’a pas d’existence,

mais jB n’arborhait pas son pins ni son nez tiquette c’est pour ça que tel un produit frais en vadrouille les tête à cadi pouvaient pas savoir que la musique était un message des dieux et point une nuisance sonore venant d’un sdf en puissance,

et puis il faut que ça tourne,

ça me rappelle l’anecdote entendue de bob feldman ( the saxophone player),  un jour qu’il s’exerçait de son appart du centre ville, s’entend apostrophé du trottoir, hey saxophone player!

, c’était Mingus qui lui certainement ne bavait pas devant les étiquettes mais savait prendre la musique au bond , l’aurait du être joueur de baseball, mais il l’était en quelque sorte ,
Bob s’enquit

et MINGUS lui dit

hey you S P ( saxophone player) rejoins nous tailler une bavette au chezpaskoi club tonight , mais pour ça faut être Mingus et n’importe quel culot nimbus qui traine et lui aurait dit blabla bla , vient jouer dans le métro ce soir …

et bê, si !  je crois bien que Bob l’aurait suivi et même peut être qu’ils auraient fait un bœuf non étiqueté du tonnerre, mais les passants l’auraient pas cru (plutot cuit le boeuf)

mais bob est à NYC et là nous à DC, peut être quà NY , enfin pas sur , un supermarché reste un supermarché ,

mais c’est ce son qui planait-hantait-là,

ça c’est important !

le fait que les jambes battaient pas

la partita

en mesure  mais plutot le pavé, pas de métronomes underground mais les pas arpenteurs  d’une topographie métropolitaine incertaine

sans commune mesure,  ce qui  est regrettable

sans parler des oreilles qu’étaient bouchées dans le tube

mais le sound était là ét virevoltait dans les skylines du métro

(aérien)

bon , ( ça me fait penser au monde de la littérature et des arts , ou on (la clique des écrivains, éditeur et bien sur lecteurs qui baillent, est on bien sur que c’est ça que l’on a envie de lire , well parfois oui , mais le reste du temps ! ) vous avez vu l’emploi du passif !  ne se remarque que ce qui est labellisé et ne se lit que ce qui est publié avec en devant une photo lèche-vitrine, sinon on lit pas , pas le temps , rien à quoi se raccrocher, le vide quoi !  alors que …

s’arrêter , lire ou regarder la baie …

comme un gabier qui aurait aperçu un jet de baleine entre deux icebergs et n’aurait pas perçu le supertanker qui lui fonçait droit dessus ,

à quoi ça rime !
mais attendre les surprises de la vie c’est ça le gabier , non !

by the way,

2 .(:) ouvrez les guillemets,

je suis en train de lire le livre de Linda lé : « au fond de l’inconnu pour trouver du nouveau » ,

ça m’a attiré parce que je désespérais de cet univers mimétique ou les livres se serrent la mains entre eux , se sont connus dans la baterrie de la chaine d’élevage ou on rassemblait à coup de lasso les mots égarés parfois les lettres qui se faisaient l malle, façon de parler quoique la malle non non diplomatique ou docus , bon on les a mis en rang deux par deux sur la chaine de montage binaire avant de les empaqueter serrés par groupe, par liasse sans liesse devrai-je et je paraphe d’ailleurs, las liasses de feuilles empaqueté et tamponnées en / livre , oups livre pour lire à l’heure du JT ou plus tard pour tenter d’enrayer la fièvre axiolithique, couper les doses somnifères, bref un sens du groupe, une langue qui acquiesce et à l’unisson sur les baleines des supermarchés , encore eux

je les aime pas …

et … je me dit (c’est le gabier qui parle ) : de la vigie,  je vois aussi ce que je sais être et surgir du fond de moi et aussi j’aperçois en chair pèle-mêle ce que le réel pointe, et Je m’accouche

sûr qu’il fait frisquet de la haut sans poupée de son ni les caresses d’une femelle accouplée, ça rend la vue plus difficile mais si nécessaire pour se tenir éveillé ou ne serait-ce, même, pour rester le corps^et l’âme drue, oui bander ça aide à penser juste, penser revigoré, et les vents debout ou en levrette ça aide à ne pas décrépir , et de là :

voir .

sources , joshua Bell , et d’une
Bach et de deux
Mingus et Bob Feldman et de trois ,
le livre de linda Lé et de quatre ( et tout ceux qu’il y a dedans)
Alvaro Mutis et Maquroll el gaviero et de cinq
……………..(remplir car laliste n’est pas exhaustive)

réponse

en réponse à l’article le voyage et l’identité sur Natura vox

Pour moi c’est une évidence depuis longtemps , je ne me sens pas intégré dans la pensée et la langue française , mais pour autant, exilé hors du « maternel »( la langue, la terre, la parenté, la possibilité d’une identité fixe, et la nécesssité d’une sorte d’exil)  je ne suis pas pour autant basque, ce vocable recouvre néanmoins une réalité-humus, une vigueur-nervure, baton où planter le sol , mais ce baton est multiforme, en mutation perpétuel il ne cesse de réinventer la forme qu’il doit à ses racines , à ses branches, ses fruits et ses feuilles, aux oiseaux qu’ilabrite et l’assaille des milliers de langues de Babel, rongeurs et insectes, champignons aux creux et esprits qui habitent la couverture d’écorce, mon arbre est il ce baobab fou de Ken Bugul, qui est il et ne peut il pas être que forêt ronde et murmure chanté d’arbre en arbre, connivence et témoin de la terre , je n’est il pas ce rhizome aérien, spirituel, l’arbre pontue l’espace du monde et rappelle à  la responsabilité commune, la nécessité du dialogue; de l’amour et du respect, l’arbre est jour, cette grande nuit , angoisse de ne pouvoir se satisfaire d’être ce qu’il semblerait que je suis , il est vrai que je ne suis pas celui que je semble être , la france idéale ne peut être que révolte , pied de nez au pouvoir, à l’assignation à résidence , au délit d’identité (quand les murs tombent, ed Galaade),  c’est pourquoi les chênes accueillent les danses du monde, les chants en répons, et ne se suffisent pas , ils sont le lieu de la rencontre et la nécessité de se penser autre, terreau fertile ou feu de la saint jean, recommencement, rive d’eau prélude au départ pour retrouvailles, résistance à l’obtus et négation de l’ordre imposé, sans relâche pour simplement continuer à être , chanter comme une mélancolie l’impossibilité d’accepter, la nécessité de rejoindre et le respect du vivant;

même si des mouvements telluriques humain au fond de moi me secouent , force est de réinventer avec ce qu’on m’a donné, je m’intéresse donc à tous les mouvements qui s’efforce de réintégrer ce que les humains sont dans une langue et une forme contemporaine , le retour au pays natal de Césaire, le tout-monde d’édouard Glissant, mais aussi beaucoup d’autres pensée ; être français a t’il un sens hors d’un projet politique et intellectuel (le royaume et les lumières, la révolution française) mais aujourd’hui , cet héritage est il le mien , non , me reconnais-je dans le harcèlement de la civilisation post-moderne et américano-européenne , non , l’urgence de réinventer le monde et dresser (debout ) une humanité digne de ce nom , oui , par quels moyens , tentons ce que nous pouvons !
c’est un état d’esprit, je pense qui ne peut être que de résistance et de prise de position , le vert est une belle couleur mais surtout non avons besoins de couleurs !

la vie est belle , mon vieux (Nazim Hikmet)

coeur de gesta

lettre matinale à une amie :

c’est vrai, je suis né le même jour que Shakespeare en 1963 , à Pau , d’origine basque espagnole , ce que mon nom ne montre pas , et pour cause,
C’est important car j’ai des affinités avec cette grande région , par exemple mon admiration la plus évidente va à Bernard Manciet , poète gascon d’Uzeste dans les landes,

il me semble être le chaînon manquant entre la France occitane et la porte de l’Afrique ! On sent dans sa langue comme une chair de la terre et les fruits que sont les hommes, gros de toute l’histoire littéraire française et romane il accouche d’une modernité tournée vers le sud, ouverte et libre, sa voix noire de sang gascon se hérisse de ce vingtième siècle que la révolte noire a appellé JAZZ, Bernard Lubat le troublion le fait baigner dans cette eau de révolte réminiscente, elle s’accorde au vieil homme et ramène au rivage la douleur de l’engagement dans l’histoire, la modernité, la mort qui rode et le recul d’un enfant d’un pays rompu aux meurtres de l’histoire, éternelle résistance, l’homme de la culture a le corps dans le peuple et se souvient, sagesse incarnée dans le temps d’un sourire qui pourrait être paysan et qui l’est quand il appartient à la terre.

ma frontière est un vent du sud, frotté aux rigueurs et à l’immensité atlantique, elle s’élève en montagne , elle a le baiser des franges de l’Afrique, elle s’inscrit dans le sang à la rougeur d’une terre incertaine ou règne l’homme, vassal de ce qu’il asservit , terre  rouge qui le ramène au charnel des cycles des saisons et donc à la mort, matinée de vie, fruits et soif le voir est une strate ancienne,  rappel de ces volcans d’où a surgit le jour ,

mes poètes sont espagnols, Guillen, Gamoneda , Valente et tous les catalans, l’ancestralité se lit dans les rides et les plis du geste de la peinture, fille de l’occident elle s’inscrit dans la nuit, rivalise avec la mort et crie la vie en éclats de lumière, primordial dans mon rapport a l’art,

poésie,

le mot est plutot prélude aux sens , issu du vivre et de la question,  c’est en véhicule qu’il recouvre l’indéterminé, l’humain dans ce son s’allie aux autres sens, le jour nait et avec lui la vie comme elle se perçoit, distingue l’humanité en pressentiment.

comme Gauguin,  je dis si tu vois du jaune alors met du jaune ! écrire ce qui est à l’œuvre dans ce grand laboratoire du vivre , du voir, sans la distance de la pensée, sauf dans la mesure ou l’agir est pensée,  loin du cartésianisme, frontière de l’identité française que je n’ai eu de cesse de vouloir franchir jusque vers l’expatriation, je suis le fils étranger qui a du subir son ascendant, cette distance fondamentale, acier martelé par cette annexion dans la culture française;

oh ma langue aux inflexions pré-indo-européenne ! oh frontière de l’Afrique! vents atlantes et chaleur de la sierra ibérique, je suis la mémoire d’une langue aussi vieille que les pentes vertes de la montagne, matière abrupte que détoure la rive atlantique,  à l’horizon de l’immensité océane.

En découle cette fascination pour toutes ces littérature qui à la suite du surréalisme ont permis aux identités de se re-forger , au sein d’une langue d’emprunt, léguée sans lait maternel, nourrice de l’histoire , berceau d’un aller dans un aléa du fleuve, j’entends les voix retrouvées moulées dans la langue française , l’alter-langue, la langue exilée réinventée, invocation et transe de la langue ancienne, oubliée ou rendue impossible par l’oubli ; imminente il s’agit de l’humus de l’émergence de l’homme nouveau, permettre la circulation du sang dans les veines asséchées , il s’agit de se tenir droit et de retrouvé ce sens égaré.

Ces mouvements ce sont ceux de la créolité (cuba y compris, wilfredo Lam par exemple ou Cabrera Infante et bien sùr les antilles, Aimé Césaire et une floppée d’écrivains, de glissant et son tout-monde à Chamoiseau , de Frankétienne à Gisèle Pineau; l’afrique avec des écrivains comme Tanella Boni , Sony Labou Tansi, ken Bugul et bien d’autres,

et aussi l’expérience hispanique en Amérique latine qui n’est pas sans rapport , l’Amérique  blanche avec l’invention d’une modernité, en particulier Williams Carlos Williams ,

Une autre influence déterminante se situe dans le voir et le peindre, le signe , d’où l’écriture découle et la radiation de la couleur et de la  lumière ,  Tal Coat , rafols casamada et une floppée de peintres qui ont cette compréhension physique du monde , la forme vecteur de sens, chillida et hepworth , et la peinture  contenue dans les mots , jorge Guillen, le rapport du peint à l’écriture sur lequel je travaille actuellement ,

on  en finirait pas , mais voila pour l’essentiel , une quête de sens dans les sens et l’élaboration dans langage capable de dire l’essentiel caché aux yeux de tous , la peintre ou l’écriture est dans ce cas la () revendication et renaissance (?)

évidemment la nature et la lumière finissent par être les plus fidèles alliés dans cette reconquête car elle mènent à une sérénité retrouvée , absente du monde des hommes , même si l’être humain et la femme demeurent essentiels, là  est un problème quasi insoluble et peut être faut inventer d’autres voies et se laisser aller à un cousinage universel, le geste de l’homme (et de la femme) est a coeur de ma peinture sous l’habit ou le prétexte de la nature, de la couleur, du trait , de l’espace , (Maldiney)

ma nature est anthropomorphique parce qu’elle est habitée , fondamentalement , l’homme est au centre du geste , dans la voix , il va vers et se reflète en miroir au coeur du vide ,

Biotz begietan disait un poète basque ce qui revient à dire mes mots « l’oeil au coeur  »  , prélude au geste qui installe ce qu’il y a d’humain en nous à l’horizon de la vastitude

la nature reflète l’homme et l’homme ne peut se penser qu’en vocables de nature !

Lam

mots-lyre

© L S

Amina

mot question mot douleur
nom montagne splendeur brune
sereine
océane

j’agite cet appel comme une trachée de lueur
comme un autre mot pour dire aime
comme une voile havre du vent

tresse à traversée ou nœud de plancher à mature

comme synonyme de l’ampleur

la vague immobile dans le surf du temps

Amina

trouée du vert à l’aplomb d’une certitude bleue
ligne de flottaison

rouge vive
fleur
brune d’une renaissance

flanquée de l’absence magnifique trois mots-lyre marquent une survie

© L S