doigt sur le déclencheur

Je suis retourné sur la colline

pour dérouiller mes mollets

une par une les bribes de peur

crient et glissent sur le gravier

les pelures d’incertitude se nouent

dans ma silhouette les tourterelles

je fais taire les sirènes les cordées d’ascenceur

mes émois d’attaque ma cage thoracique

jubilent je marche d’un pas sans précédent

mon oeil mes mains se sont accrochées

au feuillage érables trembles noyers pins perchés

la pente les troncs penchés ahuris et bavards poussent

dans mon dos

les maisons impeccables de ceux qui vivent ici

les beaux parcs, les haies taillées les voitures immobiles

les grilles fermées les cadenas les alarmes et les chiens

m’ont fait signe de passer mais vite

carrés plats traits barrés toit d’enceinte et bords en rond

humeur ovale déclivité maximale*

sur ma bonne mine

j’imagine

ne m’ont pas mordu

là haut tout là-haut pas d’hélicoptères pas de mirador ni de décharges

une pie glousse dans la baume du pin des insectes par milliers des abeilles  des papillons

des ailes le corps aérien rose de l’horizon

rien de cette féérie n’a hurlé quand je suis passé

Publicités

toits

Un livre est une maison, le toit des mots fait des branchages et entre les mots les sentiers, va vers la mer ou le lac papier de surface ou grain ce qui revient au même et le ciel sur le poil , de l’animal qui hante le lieu à la façon d’un dieu plus grand que le poème ou le lieu , le monde qui sert de couverture est une caresse ou tranche libérant la page qui va suivre dans une forte succession du temps, mais l’abri n’en est pas un et est ouvert au temporaire, il est toujours à temps de griffonner, et il le faut pour renouveler l’impact des mots, des traits qui sinon évanouissent, dans l’automne et l’apport de la neige qui recouvre ou renouvelle le lecteur chasseur cueilleur est migrateur n’a plus qu’à partir rechercher là où les traces l’ont mené et qui s’ensuivent.

Lamber Sav
Lamber Sav

parle presque

écrire comme un long chemin

mes pensées se mêlent

au paysage

fermées ou plutôt

en boucle

me font revenir sur moi même

sur les anciens poèmes

alors que je marche

alors que je traverse

alors que je rencontre

alors que je relate

alors que j’avance

que je cueille des brins d’herbe sur la route

que je vois des fleurs

des cerises se pencher des pommiers

écrire fatigue lorqu’il ne permet pas detraverser

mais ramène à l’antérieur

ne mène pas à ce que l’oeil joyeux voit

entrevoit

outrepasse

voyager ouvre

même de quartier à quartier

le long de la ceinture

qui ceinture

mais s’échappe vers le nord

vers cet indéfinissable

ces chemins qui séparent du flot du traffic

ces murs de lumière

cette vitesse aliène

qui enserre

qui encage

est un ruban multicolore dans la coiffe

sous le foulard

agité

l’homme libre qui brille et s’échappe

chemin de traverse comme les dents d’un peigne libère les cheveux

devenus fous

alors sur le chemin

emprisonné

malgré moi

sous mon rêve

calotte imaginaire

et soif de vent

je rejoins le mouvement e

t ouvre une porte là où chante e

t atablé o

u acoudé a

u comptoir d

evant la glace

j’écoute chanter s

ans liaison

 

d’un seul tenant

je souris

je parle presque .

Bosquet brusqué

La route comme une pelote

libère au hasard des herbes alors en chemin sur une butte regarder les vaches s’extasier

l’alouette survenant ?

Sur un cahier je me moque contrefaisant les branches de l’arbre trop parfait puisqu’il existe

seul le vent le détend

Ou peut être la chouette la nuit ou le jour la vache, hilare, s’enquérant de la mousse qu’elle sait douce.

Au delà des bosquets un village

au delà de la route des vergers abritent des pommes dont on  fait le cidre

qui finissent par tomber.

où tout cela peut il finir?

Dans ton rire j’ai perçu un bout de la vérité mais tu l’as ravalé  ignorant jusqu’à mon avidité et ma fatigue

sans même le cracher

un jour j’irai sur la route qui rira et j’aurais appris à jouer du violon.

 

bosquet, encre Lamber Sav
bosquet, encre Lamber Sav

routard

La route comme une pelote se libère au hasard des herbes alors en chemin sur une butte regarder les vaches ou l’alouette railler sur un cahier je me moque contrefaisant les branches de l’arbre trop parfait puisqu’il existe et que seul le vent le détend, divertissant ou peut être la chouette, ou la vache hilare demande des nouvelles de la mousse que le tronc cache mais qu’elle sait douce. Au delà des bosquets des villages et la route et des vergers abritent des pommes dont on  fait le cidre ou qui finissent par tomber où tout cela peut il finir? Dans ton rire j’avais aperçu un bout de la vérité mais tu as ravalé sans même le cracher ignorant jusqu’à mon avidité et ma fatigue, un jour rirai sur la route qui rira et j’aurai appris à jouer du violon et à me taire.