doigt sur le déclencheur

Je suis retourné sur la colline

pour dérouiller mes mollets

une par une les bribes de peur

crient et glissent sur le gravier

les pelures d’incertitude se nouent

dans ma silhouette les tourterelles

je fais taire les sirènes les cordées d’ascenceur

mes émois d’attaque ma cage thoracique

jubilent je marche d’un pas sans précédent

mon oeil mes mains se sont accrochées

au feuillage érables trembles noyers pins perchés

la pente les troncs penchés ahuris et bavards poussent

dans mon dos

les maisons impeccables de ceux qui vivent ici

les beaux parcs, les haies taillées les voitures immobiles

les grilles fermées les cadenas les alarmes et les chiens

m’ont fait signe de passer mais vite

carrés plats traits barrés toit d’enceinte et bords en rond

humeur ovale déclivité maximale*

sur ma bonne mine

j’imagine

ne m’ont pas mordu

là haut tout là-haut pas d’hélicoptères pas de mirador ni de décharges

une pie glousse dans la baume du pin des insectes par milliers des abeilles  des papillons

des ailes le corps aérien rose de l’horizon

rien de cette féérie n’a hurlé quand je suis passé

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Mounture

Tout le problème est, trouver un espace plan où pouvoir marcher. le temps du langage ne doit pas s’encombrer serre la narration à raconter quand il y a tant à rencontrer , cela suppose l’emploi d’un présent à porter dans sa besace pas de gibecière car on ne prend rien, pas de nasse, une poche à tendre au premier venu et s’assoir, chique, ou ne pas s’assoir éviter de dire dit tout le problème à raconter est de laisser venir .

de dire sans vouloir dire permet de voir c’est pourquoi les mots s’échappent et rejoignent les arguments de la recette, on parle d’ingrédient et l’essor de l’instant échappe à la recette, pas de perte, la régénérescence dans le ciel les nuées des oiseaux

la brume de l’eau sous le mont, montent les poissons muets

c’est pourquoi il vaut mieux voir en vagues

qui même régulières sont autant d’assauts et culbutent prenant par surprise

laissent sèche  la roche

les pieds dans l’eau gardent l’esprit au frais

dans les yeux le pourtour de la couleur inscrit sans décrire avant de repartir.

Mount Stuart
Mount Stuart

saturé le papier l’est

ce que j’aime dans cette endroit c’est la possibilité d’avoir la tête couverte par la brume et l’orage

du haut de la promenade trempée de noir et les gris des tessitures enveloppent l’herbe où l’encre investit

creuse en fines lamelles rejoignant les fibres les plis et les accrocs des trombes de pluie finissent en rigoles taillant dans le dessin

c’est l’aléatoire des précipitations qui me séduit

ce n’est pas bien différent d’un ciel surchargé d’humidité ou vacant la forme des nuages est une tache sur la lumière

rien d’autre, et qu’est-ce la pluie ? une occurrence de la sensibilité, une saturation de pression sur l’œil

la main prend les relais et froisse en hâte

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il faut lire des poils ou crins de chevaux tracent sur le végétal ou la peau rugueuse du coton pressé un chemin issu de l’eau et de la suie

par ces moyen l’âme oppressée se libère et rejoint l’anéantissement ophtalmique

 

apesant

Et si le vent

si le vent

levait

et hurlait

j’irai

dans les tonnerres

les allées de mers

 

la lisse rentrée de l’eau

l’objection des pierres

qui contrecarre l ‘air

 

par quoi s’enflamme

le râle

la friction silex

le torrent

des hautes rives

 

et survit

les emportements des sphères

l’éclatement du feu

 

d’une trajectoire claire

désapprendre

et le méandre

et le passage à gué

si l’on se jette à l’eau

 

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promenade 2

s’il fallait revenir au moment d’après de la pluie

me portant en promenade le long d’elle qui charrie

sur les bords de l’eau le matin vers la plaine

l’eau me touche par tâches l’heure blanche sur vie

racontant sur la berge des barrières de troncs

on pense aux castors tu sais la furie des orages

pas d’ombre qui n’a pas le temps de s’arrêter

mais une fraicheur apaisée de fleur échouée

au bois des digues le silence une matière d’arbre

sans penchant quand elle heurte les roches

de blanc dans le mouvement l’eau déroule

je marche épais l’eau fluide d’un brun sourd

libellé lourde la chaloupe  en sens contraire

godasses mouillées

La pluie et l’eau arrosent les mots la vallée déposée dans les chaussettes s’infiltre dans les jeans, les pas efforce le chemin – tous les temps des plantes et de la bruine gouttent dans le sol des racines et on met les fers au chemin – il est mouillé et vu que ça glisse et qu’il grimpe et trempe le cuir des chaussures

ce sont les tiges des poussées vertes on transporte la glaise des versées précédentes et l’esprit dense le pas patauge recouvre une assiette de terre, le pas généralement est peu affirmatif le printemps à couvert le chemin d’herbacées violentes et de garder avant de livrer au vent

la foulée n’est pas à taire jette tout autours cet enserrement ne laisse pas de place au silence – il suffit de filer sans pause et sans observer prendre une respiration se contenter de ce visuel mouillé  on croit patauger dans le torrent on se fraye un chemin on écrase pour avancer ; qu’il y eut cette montée boisée entre les pierres quand l’eau ruisselle rien ne dit ce qui descend imprègne les mots  gonflent ;  la tête regarde vers les hauteurs ce qu’elle voit contredit la vue s’efforce vers les lointains  tente des échappées mais le plat cogne la visée contre l’air.

Libérés hors de l’entrave les lacets et l’ouverture permettent qu’elles voient le ciel et surtout la rougeur de la colline ressemble à une mésa au printemps, le rouge n’a pas besoin de feu la pluie l’étale et la fuit.

La fleur résulte de cet état que des milliers d’être courbent l’arc en ciel plus rien n’a d’ordre pour que la touffeur ploie.

Colline, pastel de Lamber Sav
Colline, pastel de Lamber Sav

 

Promenade

Monté dans le lacet en haut de la colline

là les nuages formaient couche sur couche une composition d’orage

l’ensemble menait du gris au plomb le plus fidèlement tendu au presque noir

dans le noir se reflétait aussi bien le bleu sombre qu’un multiple minéral du vert qu’affichait la forêt

le ciel filtrait autant de tons que la pluie n’en émettait

le mouillé délavait plutôt qu’il n’abreuvait mais la végétation semblait d’un avis contraire

de même le processus en lui même donnait raison à l’eau

qui dévalait

se voyait dans la nécessité colorée

d’être fraicheur et masse

que la teinte décline à partir de la lumière

 

Moi m’acharnant à ne pas sentir le grincement des muscles

je persistai dans l’effort

prenant conscience de ce grain pesant sur le fil sinuant entre les points d’appui

des roches dégringolées débordant le chemin

la perception se faisait de bas en haut

stries des couleurs par voie des lumières

trainées verticales obliquant obstinément

troncs défrayant la luminosité

s’opposant la masse coupait comme une travée horizontale

songe au mieux sous la poussée

le regard traversé ne semble pas souffrir

 

Le monde s’entrecroisait et sous la dynamique des pointes

ne concevant pas l’entaille ni le mal être dans ma charge

gravir suppose si cela est douloureux de passer outre

l’appréhension de devenir la masse que l’on trace

ou croit percer à monter la montagne

à suivre le fil pour prendre l’air

 

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Une simple question d’oxygénation sans que rien ne semble justifier ce déplacement

une simple impression de complétude ou de manque à la base aspire au sommet qui ne s’atteint jamais

le cédant à la masse du nuage dont il ne diffère somme toute pas le renforçant

il ne peut être question de fonte ni d’assèchement

ni vague ni pôle le chemin passe à travers la sueur et les nuées

de s’immerger ni d’être submergé le chemin se prête de bon gré

de là observer quitte à s’arrêter les mousses, les graviers, les herbes et les museaux pointus

ou plus haut le vol entre les brumes qui semble fait de plumes

quand tombe le soir et qu’on n’y voit goutte

goutte à goutte oreille du jour

le bruit une soupe n’est pas filtré par le sombre

 

On songe alors à la mort sans renaissance

à une sorte de repos au bord du ravin qui décline

solidement induit par la pesanteur

il ne vient pas à l’esprit que l’on pourrait tomber

jusqu’à ce que quelque quelqu’un se croise

et la rencontre et la salutation interrompent les pensées

cheval fou lâché dans le jour.

 

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brune à l’accord

et me promenant j’allonge le pas par ce lacet je croise les fils désordonnés des piquants comme autant de questions points les fruits rouges de l’année comme les réponses laissées à l’appréciation, le suspend des teintes brunes allaient de l’ocre au plus profond retourné la charrue cet élan qui casse le végétal les prés réclamaient la précision et l’étendue en masse s’épaississait en un éclaircissement de la lumière porté à la surface

le pas réclamait le silence mais les bruits de derrière la forêt signifiait que la vie se perpétuait pendant que l’hiver comme une voix se mourrait une vache préparant sa revanche

l’homme marchait se voulait comme un accord neuf  mouvant dans cette harmonie des tons, le pourquoi du tremblement, ces pensées dans sa langue il se demandait quelles langues il atteignait, dans un temps où la terre apportait à la terre et faisait sembler absent ce qui ne s’était qu’abandonné, endormi comme une brune ample et légère étole comme la jaune robe du ciel froid

le pré et les haies traits et les brusques écarts de plaine ou était ce que la montagne s’était écroulé à ces endroits où il marchait ne sachant plus d’où venait son pas et ce que sa main dessinait attentive aux arrachements des plis sur le papier.

[tentative d’écrire une expérience celle de la promenade comme phénomène esthétique (de la vue à la sensation à la photographie et au graphisme ou dessin – musique : snowflakes,  Kate Bush]