temps que la pluie ose

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David Bomberg

Largement comme porteur d’eau au désert sur le visage est un périple bleu fait d’ombre qui revient à l’ambre
Couleur de sable et plutôt lumière c’est un vitrail et non une mappemonde
Il y a les hauts faits sur la barre du front et les crevasses qui entassent le vécu couches du passé et le repassé qui commence à craqueler
Les touches de la touffe qui ont été amoureuses et le vent froid du désert blanc
Dans les fissures dans les abris des petits tas l’ocre des entailles dessinent le visage
tout comme posés pour un temps
Temps que le vent les disperse et tant que la pluie ose.

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H2O

De là,  regarder les fils électriques parce qu’ils paraissent dans le ciel

toute vue qui s’offre à l’oeil est découpée par ces fils, tout le bleu que l’on pourrait trouver est soumis à ces angles,  lignes de scie, les nuages  traversent, les avions traversent, ils laissent de la vapeur d’eau. l’un et l’autre, ces deux buées dans le ciel sont de la vitesse et de la lenteur.  Voir les gouttes de la transformation, une allusion à la métamorphose, ainsi la permanence du rêve des peintres côtoie les trajectoires blanches  là-haut, il n’est que de l’eau

voir sans bleu ni gris ni noir

Sur la planche allongé et les yeux accrochés à travers les branches s’accrochent les aiguilles et mes pensée ne sont plus arrêtées, elles pourraient être blessées mais je n’aspire qu’à l’immensité et mon œil rencontre le jet, le trait qui va à Tokyo,  de l’endroit où je suis l’avion qui perce n’a qu’une destination.

Ce calme qui comme une eau trempe  la feuille, vide est l’espace, je trempe de ma tranquillité le pinceau est l’arbre et mentalement je trace le signe, vite comme une conjuration de la fatigue.

Il n’offrent pas de décharge il transporte, est ce la raison pour laquelle il est si lent ?

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rouages

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Dès les accoudements à angle droit des rayonnements brisés des règles boulonnées comme un bricolage, une phrase

s’accommoder d’un peu de vide, la fluidité de l’élancée

permet la vitesse et le crissement sur la page, là où l’encre s’enfonce et dérape , l’eau en fleuve inonde et délave les terres du mot

c’est accepter que le mot soit sur la page et que la lettre ne soit qu’une feuille hurlant à la Lune

 

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saturé le papier l’est

ce que j’aime dans cette endroit c’est la possibilité d’avoir la tête couverte par la brume et l’orage

du haut de la promenade trempée de noir et les gris des tessitures enveloppent l’herbe où l’encre investit

creuse en fines lamelles rejoignant les fibres les plis et les accrocs des trombes de pluie finissent en rigoles taillant dans le dessin

c’est l’aléatoire des précipitations qui me séduit

ce n’est pas bien différent d’un ciel surchargé d’humidité ou vacant la forme des nuages est une tache sur la lumière

rien d’autre, et qu’est-ce la pluie ? une occurrence de la sensibilité, une saturation de pression sur l’œil

la main prend les relais et froisse en hâte

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il faut lire des poils ou crins de chevaux tracent sur le végétal ou la peau rugueuse du coton pressé un chemin issu de l’eau et de la suie

par ces moyen l’âme oppressée se libère et rejoint l’anéantissement ophtalmique

 

invitant à la marche

allant du plus suave à ton excavation par les chemins offerts au vide

survoler

 

 

les ombres parallèles du contrefort sans omettre l’adoucissement

 

grave un calame pour seul vaisseau

les voiles tendues de la pierre et les cheminements des sables gravir les graviers les pas allant

 

des enlacements de l’un à l’un

ruisseau menant à la pente dressée  les étendues invitant à la marche

 

le ravinement incline

une ligne relie le propre et le couchant le glissement le tendre de l’éboulement

 

la douceur de ces tranchants

les brisées de l’épanchement

la terre n’étant que le passage

 

des premiers mots nait

Jute sur les genoux et tous les jours entre deux broussailles les nuages permettent de voir un peu plus clair épaississant la lumière qui sinon aveugle réduisant tout le visible à l’espace, l’aveuglement qui n’est plus clarté, l’essentiel cache et rien ne demeure à moins de s’y fondre

De l’obscurité arrivé au pied d’un désert se profile la ville qui comme les pierres n’est qu’une dormance la matière où les hommes se protègent, les femmes vêtues de noir y entrent comme portant des récoltes et il n’y a pas d’arbres juste l’ambivalence d’un sentier faisant penser à un sexe de femme ouvert sur une coulée d’eau dont la jeunesse apaise permet à la vie de respirer comme je te parle à l’aube ce matin sans heurt et que l’air est beau quand l’eau et la source jaillissent d’un sentier où meurt le chant

Voile pudiquement retourné comme je dis mon Amour un fil relier entre les pierres j’ai bien vu les jambes enrouler la soif comme la rosée gouttent les perles un jus de la toison et à l’orée franchissant sans pont voir écouler les saveurs et la musique faire le compte en égrenant les possibilités offertes aux étoiles et comme un parchemin aller de par le monde chemins de montagne atteignant à la mer aux cotes des nuages, par la lunette de l’astronome engloutir miel et citron cuisson douce au feu d’argile tajine ta fleur suspendue aux traces de ton parfum

Comparable à la douceur la nuit à la pliure du soir mon oeil comparable au sextant se fie aux étoiles seul point dans l’obscurité le cahots des heures le fil de laine ma vie comme allongée au chemin mon regard animé quand je te vois mon esprit sur les cailloux pousse la rives vers le ciel le blanc ceinture d’argent la poussière où la couleur joyeusement ceint

inspiré d’une peinture de Raffi Kaiser et de ma vie