invitant à la marche

allant du plus suave à ton excavation par les chemins offerts au vide

survoler

 

 

les ombres parallèles du contrefort sans omettre l’adoucissement

 

grave un calame pour seul vaisseau

les voiles tendues de la pierre et les cheminements des sables gravir les graviers les pas allant

 

des enlacements de l’un à l’un

ruisseau menant à la pente dressée  les étendues invitant à la marche

 

le ravinement incline

une ligne relie le propre et le couchant le glissement le tendre de l’éboulement

 

la douceur de ces tranchants

les brisées de l’épanchement

la terre n’étant que le passage

 

des premiers mots nait

Jute sur les genoux et tous les jours entre deux broussailles les nuages permettent de voir un peu plus clair épaississant la lumière qui sinon aveugle réduisant tout le visible à l’espace, l’aveuglement qui n’est plus clarté, l’essentiel cache et rien ne demeure à moins de s’y fondre

De l’obscurité arrivé au pied d’un désert se profile la ville qui comme les pierres n’est qu’une dormance la matière où les hommes se protègent, les femmes vêtues de noir y entrent comme portant des récoltes et il n’y a pas d’arbres juste l’ambivalence d’un sentier faisant penser à un sexe de femme ouvert sur une coulée d’eau dont la jeunesse apaise permet à la vie de respirer comme je te parle à l’aube ce matin sans heurt et que l’air est beau quand l’eau et la source jaillissent d’un sentier où meurt le chant

Voile pudiquement retourné comme je dis mon Amour un fil relier entre les pierres j’ai bien vu les jambes enrouler la soif comme la rosée gouttent les perles un jus de la toison et à l’orée franchissant sans pont voir écouler les saveurs et la musique faire le compte en égrenant les possibilités offertes aux étoiles et comme un parchemin aller de par le monde chemins de montagne atteignant à la mer aux cotes des nuages, par la lunette de l’astronome engloutir miel et citron cuisson douce au feu d’argile tajine ta fleur suspendue aux traces de ton parfum

Comparable à la douceur la nuit à la pliure du soir mon oeil comparable au sextant se fie aux étoiles seul point dans l’obscurité le cahots des heures le fil de laine ma vie comme allongée au chemin mon regard animé quand je te vois mon esprit sur les cailloux pousse la rives vers le ciel le blanc ceinture d’argent la poussière où la couleur joyeusement ceint

inspiré d’une peinture de Raffi Kaiser et de ma vie

à pied

S’il fut me voila revenu à ma bonne vieille habitude d’écrire un peu de jute sur les genoux et tous les jours entre deux nuages baille un peu de l’obscurité me dictant quelques mots, mots du hasard, témoins de la nécessité de la saison, mots de la pensée aussi vigilante qu’une nef, elle aussi journalière se construit des blocs et des abondances, à la dictée il faut la contradiction et disant non de la tête refuser et la raison et l’enchainement de mes sens poursuivre : c’est comme cela que cela s’écrit, et non le mot échappé laisser la proposition se dérouler sans qu’il ne soit récit ni qu’il se laisse opposer en succession d’une phrase ou chaque terme nuit a la fermeté de l’intention, comme arrivé au pied d’un désert où se profile la ville d’un sommeil de frisson fermée sur ses rempart et refusant de s’ouvrir à la gelée de la nuit, dénouer la conviction à la façon d’un sentier où meurt le chant une ambivalence chancelle quand tracer les traits des failles de l’esprit, peut il tout concevoir et est on sur de rien maitriser à la merci d’un souffle contradictoire l’édifice fut un mensonge ou une apparence de voile pudiquement retourné à la vérité qui n’est jamais sure, comme tu le dis mon Amour la vie se charge de nous démentir et pourquoi résister l’opposition des anges n’est que de paille mais au moins basse-taille fut ce le doute et un fil relier ce qu’entre les pierres j’ai bien vu les jambes archer de la toison et sans pont écrouler les saveurs de la chair dans ce défilé de ses nuits mon esprit effrité s’applique à ne pas la perdre de vue au chant l’effilement mais l’ombre des grands cèdre s’est abattue mais inquiète non plus des vides qui furent et par là où s’infiltre un vent jaloux des fous panier sèche la rose sables dorent l’absolution de deux corps qui comme le dit y ont consenti l’abscons des retours le cercle unis au fils droits boucles les issues du fil qui se tend flèche dans un sens plus forte que le choix d’une couleur, le trajet, elle me parlerait de transport, de poésie et moi de cahots je reviendrai au fil de laine qui traverse ma couverture et comparable à la douceur organique de la nuit quand elle tombe et rassuré non de la lueur mais de l’amplitude de mon mon réveil parvient à être un mot les stases à la pliure du soir quand rien ne fuit de plus superficiel qu’il ne semble certain et que l’inquiétude s’évapore dans la certitude rien n’a plus d’importance et la dissolution s’effectue

l’aise m’étend à l’anse de la nuit pour que je boive comme à bombance du soleil comme un drap nu s’offre au mousses tombées des nids et  duvets  que l’aube dans sa candeur dire qu’oser s’il fut dans cette insolence sied

de ma vie et d’un dessin de Raffi Kaiser, esquisse et attente