le sens dans la marche

Je les imagine arpenter  les chemins, les rocs sans complaisance. En silence car le bruit est de fureur. Récolter la poussière, le front ridé et les esprits concentrés car ils sont éveillés. La sensation qui environne est l’existence. L’esprit lourd sent qu’il est emprunt dans la matière et qu’il serait vain de tenter une échappée. Plutôt la conscience que chaque pas sera pesé avec l’esprit du monde, un chant vient spontanément aux lèvre et irrupte de la gorge, tantôt par jeu tantôt pour s’étoffer de la force motrice,  lever la jambe prend tout son sens quand la course participe à la fragmentation des montagnes et du dévalement des ruisseaux. L’apport des pluies et les prises dans la glace. Les étoiles la-haut doivent y être pour quelque chose et un rameau sur le courant.  Ceci est comme boire, un vent qui balaye la poussière ramène les bris sur la plaine là où ou les pousses peuvent lever. Les roches sont le souffle de la terre car elles en ont la volonté et conservent le feu, le mouvement vers l’intérieur est comme une explosion, l’homme les entends et sait qu’il appartient à la nuit.

quand on pense aux morts

Ramassé

comme un serpent dans un panier

le nœud

se confond avec les fruits

et les herbes posées un tapis

assis est comme debout

même si la nuit dehors

Comme dans la rue

l’étendue

et même dans la boue

ne la percevant pas

les arbres de la forêt

et les sourcils froncés

suffisent à la marche

deux mots bien taillés

même le brin le plus fin

quand il est coupé

Le nasal au plus près

de l’odeur et de l’ocre

on se rend compte

qu’au dessus de la tête

Il n’y a pas d’oiseaux

Ni outardes

Ni éperviers

allègre ou amère

l’année se suffit à elle même

et tu te redresses

de tes points de suture

la plaie

cousue d’un fil

le front puissant des rides

saisit au vol

libre de ce qui échappe

les feuilles dont ne fait rien

si elles ne sont pas la branche

le fruit que l’on mange

les nuages voyagent le ciel

plus qu’ils ne le découpent

un souffle c’est le vent

au dessus fonce de la force

et se tapie au fond du panier

à force réussit à élimer le corps

dont il ne reste plus que l’essentiel

à la survie

l’exercice

ce qui est déjà bien

quand on pense aux morts

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