coche, décoche le rite

Mates
sur les Hanches
Mains
nouées autour du cou

en apnée
les bras tendus vers le ciel
la beauté
souffle-fille d’un mot à l’univers
souffle fou par l’anse amnésique
réminiscent
tressée de paille la chevelure
le souffle
l’unique
le plus
capte la jouissance
comme la puissance

Genèse
coche
décoche
le rite

 

Vodunsi1

Publicités

un monocle sur la moustache en équilibre instable

Tempêtes sans paliers nous laissent remonter à la surface

provoquant dans une artère une brisure

un renflement soudain de l’air

un infarctus nous laisse … libre

déchainant les vents de l’envie

le cœur lui surgit et rit

voit enfin la mort

revenir de loin

refleurir

 

la voile vers le palmier Elle plantureuse

émerge la nudité de l’eau

Telle qu’en sa promesse

 

dans l’un               génère le multiple

sans qu’il soit question de couleur

de racine

d’inextricable

tout est à redire dans une phrase neuve

pour le moins reprendre du début en articulant

le savoir se fend une éclaircie à coup de hache

dans le bois se fend une veine

prenant soin d’apporter la caresse au mot Art

et lier dans un tressage l’incertain qui colle à la peau

interrompant l’évidence

quand les jours se couvrent de goudron

et pleurent

dans les cales les vies pendant la traversée ont reflué

 

 

trois fers et une ficelle confirment un serment

une soudure

d’où la renaissance d’Oxun

trois gouttes de vie sur le bois transpirant

veines ensanglantées

les reflets bleutés effacent la transaction

trois gouttes de sang retournent à la mer

reflètent sombre le martèlement du fer

l’angélus persiste dans l’inaudible

bois pourri de l’humus

deux envers

le sexe de femme

de l’écho la joie et nait la renaissance

captée en creux

tient en joue le silence

sans que le jeu

qui termine

l’errance

 

 

les mots portés à bout de langue

l’ondulation linguale

le relâchement des lèvres

l’incandescence

dans son soufflet

retrace des deux doigts

l’itinéraire

à travers la forêt

que conjugue le sourire aveugle

le sillon d’un nerf qui reprend vie

nécessiteux ramenant dans les paumes les vies

sang qui arrache

le cri par-dessus bord

et rêvant la ligne

d’orage par-dessus le rivage

 

l’encre de la sèche est inabsorbable

elle transpire dans les fonds

inondant

 

ce spectre d’absorption de l’énergie vitale

d’où émanent les choros

Trois mat interchaloupé

Portant fièrement sur le front

 

 

Et sans fin réitérant les mots

guetteur

le fil revu sur les filaments

repassant

les pales par a coups dans l’eau

 

dans les jardins gagnés

à la clairière

défrichant les arbres

la tige

 

 

 

l’essentiel

sans lumière

qu’appelle

 

de graviers

à verre poli

des miroirs dans la lave

quand

le visage s’efface

 

consumé

 

mais avant tout fruit sec et cosse

 

156001_344216449017672_786974792_n

 

la fleur n’est hélas pas tigre

La fleur de toutes ses dents qui

jaunes

éclatantes

mêlée de rouge dans ses blancheurs

étincelle

quand dans le vert elle baille

 

C’est au pied de l’arbre

c’est le gamin dans le jeu d’insolence

c’est le jeu qui frisait la danse

il le fut,

l’a écrasé

sans bruit sans fureur.

 

dans ses lèvres l’embrasement et le pollen s’y dépose

 

la fleur

n’est plus

à peine cueillie

plutôt piétinée

on ne peut parler de destin

elle n’avait rien à opposer que sa fixité

 

295104_272331939539457_113569801_n

 

emporté par un bruit d’enthousiasme

un bêlement de métal

 

ronds les même mots reviennent déguisés de noir

 

dans l’ombre

mélangé à l’odeur

l’humus

entêté du champignon

le végétal semble une méditation

toute simple

mais écartant les broussailles

 

du soir

 

seul le silence grince

le clin d’œil complice

le chasseur de truffe

 

60148_313594085404792_538353189_n

 

et la chèvre qui va au sacrifice

étincelante

car le poil est lustré

ou est ce le couteau qui brille

dans le sens du sang

la joie l’a retourné

comme on le dit du lait dans le seau

quand il n’est plus dans le pis

 

mais sèche

L’ombre des grands arbres (2)

Dans la coque une décoction rouge

L’altitude nonchalante d’une meurtrière

Tombereau des pirogues renversées

De la coulée de l’écho l’or sombre

Sur les épaules un tissage répétant tous les motifs

Fait peur aux enfants qui s’enfuient

Recouvert d’une bouillie de mare le bois macéré

Machette la tenaille épilatoire

Le sang gicle sur le tronc

Épingle sur la lumière

L’eau déshabille la vie

Sur les crochets du fer

les ventailles et l’eau

Faut il demander pourquoi l’étau broie

Cerf débusque où les sentes mènent

Par les chemins à dos d’âne la route louvoie

Quand tout est détruit la mort invite

L’inséparable de l’âme à la vie

Au creux de l’orbite une salive où perdre

Sur le visage le nœud de l’aspic comme un bras

Poison si enchante la carpe en une mélodie simple

Poisson dans le fleuve le ventre à l’air

Poisson quand crève

N’est autre vie qu’une vie disloquée

Une faim

Que l’arbre aux fourmis

A force d’application

On peut finir par s’animer seul

Le sol sous la chevelure tremble

Sous la coiffe de l’air libre

La queue d’un serpent

Braille les anneaux clinquants du venin ce qu’elle porte

A ses oreilles

Longe le fleuve songe la moiteur

Dans la gorge l’ inconvenance déploie et monte

Descendant ascendant à l’aplomb d’une vase

Dans cet allant du fleuve

Une barque chargée des cadavres

En guise de représailles le reflet d’un œil

Inlassablement noué

L’eau rousse écarte le filet

Comme les écailles d’un saurien la gueule du visible happe et tue

déshydrate ce qui a été langue

Certifie que cela aurait été

Soleil ne peut que pourrir sans se refléter

Échec d’une quête que la foison gagne

le chant s’éteint dans un beuglant entre les jambes écartées

ce vif sur la voie

Quatre branches abritent les saints

Deux palmes les recouvrent

Si une porte entrouverte entre

sur le chemin les pleurs sur la ville il pleut des coulées

La boue mort-née renonce à sécher

Prise dans la gueule des draps l’incertitude l’Amour est la monnaie d’échange

Comme un vautour plane

L’odeur

Dans les rets des plantes les serres d’une antidote

Les anticorps des vies saines qui doivent le demeurer

Les chambres s’esquivent des chants des départs

S’emplissent de motets

Réponse

Une corde attachée où les pas ont tenté de piétiner le cercle à rebours

Les filles dans le dortoir des promises le vacarme va les chevaucher

Vers ce jardin ou lignes et forêts plongent dans une architecture tonale

L’océan ce jardinier arrose des arbres qui fuient

Embruns de la pluie le jet et l’eau stagnent dans la fontaine

Y habitent et la science ancienne des plantes et la langue

Passe la peau vieille qui assise brille sur l’or

Dans l’outre verse à l’eau vive l’air que les tambours portent

la robe blanche l’éternelle bonne volonté de l’eau

le sens d’un battement et le sons des cloches

Sur le chemin passe.

379158776_27d67f8480

Flores para Yemanjá

Flores para Yemanjá

 

j’aime énormément nager et l’eau ,

finalement c’est une immersion dans le monde qui prend en compte une expérience beaucoup plus fine que celle prise en compte par la rationalité

 

émise et comprise, passée au fil de l’eau même perfide comme le sont les profondeurs d’où jaillissent du ventre d’eau de Yemanja naissent les dieux et s’il semble usurper des formes douces contient  le fluide de tout ce qui est humain

 

 

ces reflets sont la douceur mais immenses sont le ventre

 

quand en appeler aux figures qui contiennent la teneur de l’expérience

 

aux éléments qui abstraits sont les portes par où s’engouffrent les faces insoumises de la réalité comprise non comme les formes mais comme l’axe du réel

 

s’identifient et s’alignent des pans entiers du monde

comme des figures poussant dans le présent

 

Perfilada, Fonseca

se laisse aller à ce qui se pousse à l’intérieur se concentre en ce point de l’eau tout des devenirs et des dérives

pouls de tous les temps

visage grimaçant

grinçant de ce qui s’échappe

vagues informes soumises au pouls

à l’irruption cutanées

à l’émotion fleur de la passion à corps de tempête

caprice matriciel et pluie d’or

sous la finesse des corps blancs une puissance sans limite

 

Deus

pressés par le hachoir de la vie les grandes tendances de l’esprit humain échappent à la logique, sont des figures, par lesquelles la logique s’exclue, moteur eux même d’une systémique bien comprise, ayant son centre dans l’impulsion et le caractère apparenté au monde mais du domaine des dieux

 

au centre vital et non dans les marges, récits ou fiction, mais dans les mythes qui énergisent et sont les événement récurrents

mis quasiment en son centre

Flores à odoia

c’est l’histoire

une thèse récente sur le candomblé et les Orishas commence au moment où l’étudiant rencontre Pierre Verger qui l’introduisant aux aux pères et mères de saints lui passe le relais

évidemment le grand Roger Bastide qui dit-on a peu être inventé le candomblé, en le nommant et le décrivant, lui donnant une réalité sociologique

tangible quand tout était fluide et se métamorphosant, insaisissable comme le beau

ce n’est pas regarder à postériori mais droit dans les yeux et tenir la main la taille dessiner les lèvres et la courbe du corps quand dans le chant  ou le moment ou cela se passe il faut s’en approcher sans s’en départir, car s’en approcher qu’elle importance, mais si l’on veut à lors oublier les pas de loup et l’envie de capturer

 

on entre dans le grand réel à deux pas de toi qui parle et invente ton histoire ou redit celle qui semble avoir été celle de toujours mais qui est la tienne

c’est rentrer dans le cercle et énoncer dans l’intervalle

 

 

il ne s’agit pas de dessin

ni de ligne

ni de chant

ni de raconter

ni de phrases intelligente ni même intelligible et même si on prend grand soin de dérober au regard vulgaire du jour

vulgaire et menaçant, exposé sans conscience

il y faut l’avec de cette science qui préfigure et passe

 

qui était surgissement au fil de l’humain et du croisement des civilisations bourgeonnant là où pour vivre l’homme

 

exprimait,

 

recherchant dans les mythes et rites d’avant l’arrachement la force et l’énergie, la magie de pouvoir survivre, s’ancrer et lançant sa condition profonde d’être humain sans reconnaissance

 

 

comment faire face à ce que je suis devenu et me retrouver lorsque je regarde ceux qui m’entourent

comment m’y retrouver dans ce pays qui n’a plus rien de mon pays

Patricia Larco

et être une greffe n’est pas si facile ni possible à moins d’y mettre ce qu’il y faut

pouvoir lancer sa vie à partir d’une base moins marécageuse

disparaitre, reparaitre, lancer , dit il,

oui il s’agit peut être bien de cela, dans le mouvement, il s’agit de vivre tout simplement vivre et c’est pour cela que si l’on arrête ce qui est en mouvement

quelque chose propulsé dans le mouvement étonné se contemple

 

 

il y faut plus

il faut participer

mais le protéger

le garder comme une force vive

vive

comme tous les éléments et les états de l’homme et du monde, pris dans les intersections et les adoubements

 

il semble que l’on ne se rende pas compte qu’ à notre façon nous faisons la même chose quand nous respirons ou qu’est ce?

 

l’histoire pris dans le réel d’un concret aux maillages du rêve,

 

que l’on voit

sent

sang  jailli de loin

d’en bas

regardant loin

à te dépasser dans le regard

pris dans la douceur et la violence d’être

qui brule car la vie brule

la vie est

dans ce resserrement

prise

 

 

tourner recréer le mouvement, et Jousse encore retrouver le tissage, maillage, tramage, texture de ce qui à la surface et plongeant profondément

mais on ne le voit pas

on traduit en particule

 

cet entremêlement tissé des sympathies complexité qui se résout dans un geste quand tout rentre en résonance

fulgurance sans prise et  flambée

 

comme

geste, mandication ou corpuscation, élémentation, les _tions sont exclus par le regard noir qu’elles nous lance

 

mais que ne voyons nous pas de la force brutale

des mots s’enroulant autours de la sève

des arbres se mêlant aux vents

aux potions les plus répulsives,

l’adhésion,

 

tous les _sives et les _sions sont exclus

 

à leur tour parlons donc de potion et tenons nous en là,

car ce que l’homme fait de qui peut être sa vie, les instantanés irraisonnés et ceux de toujours flottent à la surface recréant une immense mythologie que l’on se raconte et qui permet de flotter à la surface du Temps, sourire qui démaille et fend la pression, desserrant l’étau

 

c’est pourquoi tourner,

c’est pourquoi la main

c’est pourquoi le chiffre

c’est pourquoi le blanc

et tout cela se mêlant

en appelant à la mer au feu

 

à ce que je serais tenté d’appeler esprit

plutôt mouvement de culbute quand la louche plonge au fond de la marmite et y ramène un gros œil de poisson ou un os de poulet, avec toute la saveur des fluides et qui me sert à relier mieux qu’un cube bouillon

 

le langage s’y mêle

bruit du monde et soupir des dieux

les couleurs et les lignes

actualisant

redisant le récit alors rituel

la vie de l’homme se jetant dans sa vie comme dans une eau traversant le feu

 

Fonseca, Fé meninas

maintes jointes

Yemanja , Bahia

 

 

l

en files comme aux vagues

les bras scandent

rappel des mers

Océan le bras de Jemanja

 

 

ll

 

bleu

une échappée des corps

l’ombre

les voiles sur les hanches

 

 

lll

 

blanche

au loin la verticale

 

blanc

la ligne horizontale

 

 

llll

 

 

le rouge autant que le blanc

rappelle la rose

congres

sur les fesses la ligne de l’eau

retenues

hanches comme les bateaux

bleues

toute à la fertilité

 

 

lllll

 

 

jeune fille ou femme

 

ou rose sabrée de blanc

 

nacre

 

sabre

 

ou faisant face

 

chant

 

le chemin de l’eau

 

 

llllll

 

 

du slip aux hautes hanches l’archet du blanc au nombre de cinq trace une cordée qu’il n’est pas bon de dépasser ni de tirer

 

corps bleus

 

laissant la force s’exercer par les mains alliées aux corps nus s’exerce la dominance brune accordée aux dentelles hymne de Jemanja

 

peau la brune

 

c’est offrir la splendeur lascive à la brutalité comme un filet ramène le corps à l’eau ouvragé pour un retour de l’esprit

 

 

lllllll

 

 

toute à l’eau

étroites galbes de la jeune fille les bas fonds sans écume

grandes voiles le sang des mères les largeurs des coques

et l’attente

 

 

lllllllll

 

 

le rouge

est au sang

le blanc

vient me saisir

tout à l’eau

 

 

llllllllllll

 

 

l’eau pour un transport dans les sangs

 

la peau rivée quand fixent les courant

 

 

llllllllllllll

 

 

ou

 

photo de Marcio fr

 

 

du blanc

de la main à la voix

 

alba

de la main à l’oreille

 

conque

roule et prégnant

 

ongle

la fumée accède à l’or

 

muette

la pointe en main jointe

Catendè

une des choses qui m »émeuve le plus, j’ai peins une toile la dessus ,

Meu catendê … de lá de China
Luante, meu catendê

Meu catendê … de lá de China
Luante, meu catendê

Varre a voz o vendaval
Perdido no céu de espanto
Meu barco fere a distância
No disparo da inconstância
Me encontrei sem me esperar
Quanto mais o tempo avança
Mais me perco neste mar
E no rumo do segredo
Caminhei todo o caminho

Ei lá
Maré brava maré mansa
Ei lá
Vou na trilha da esperança
Ei lá
Vou no passo da alvorada
Ei lá
Mar amor enamorada

De segredo e de procura
Fiz do medo o meu amigo
E de força sempre pura
O meu canto se encontrou
E no fim da jornada
Vi meu canto crescer
Há tanto escuro na estrada
Esperando o sol nascer
Vou cantar pela vida
O meu canto de amor
Há tanta dor escondida
Tanto canto sem cantor

Ei lá
Maré brava maré mansa
Ei lá
Vou na trilha da esperança
Ei lá
Vou no passo da alvorada
Ei lá

vinicius de Moraes

Samba en vert, acrylique sur toile (150/200) Lamber Sav 1994

le ouistiti là

hommage à Ouistiti, enchantement de vie

oui planté profondément en nous la vie se moque de toutes ces tempêtes et sans palliers remonte à la surface provoquant un infactus et nous laissant … libre , déchainant les vents de l’envie, contre tout ce que l’oeil et l’intelligence ont pu observer, le coeur lui, rit et surgit comme Pan , tout peut enfin refleurir de la mort, c’est cela la grande leçon,
je crois bien que perçant les brumes des nords des bières de la tristesse,  Vinicius de Moraes et Maria bethania et compère s’y sont mis à plusieurs,  un soir de candomblé faisant battre le tambour pour raconter les milles vies contenues dans un regard, merveilleuses, les vies et les corps luisants de la simplicité.
Pour moi ce motif répété et qui vient de loin, d’une voile cinglant vers le palmier où se tient la femme, émergeant de la nudité de l’eau, elle, promesse dans l’échevelé multicolore comme un chant dans une toile, femme reine et guerrière, douce panthère et les hurlements de la peau tendue à rompre quand les mains et vient la mer et que s’éveille la ville, que l’on voit enfin les habitants, peuple de chair mais des rêves et de misères, la ville des humbles et la parole que la musique réveille,  une blague, ou un espoir que toute la crasse cache une âme, beauté revenue avec les cales et que cachent les parois des trams, les pitbulls et les immeubles, les yeux qui se baissent et les samedis de beuveries.

voisin est ce que je me trompe ? ou crois tu qu’il faut s’enfermer dans nos murs, tourner la clefs, mais pour quel résultat ? la mort nous trouvera, puant et oublieux, égaré dans la musique, le corps incapable de samba.

à fuir! 7

cruda belleza

coin coin si l’on veut , ô pato, canard et le sourire en coin, coin, coin, coin en anglais ou cogne et c’est l’obstination que je trouve en poésie, celle qui fronde et c’est d’obstination de chanter plus fort que les turbines, les engrenages fateux de la destinée occidentale.

Vinicius a vu les vies et Jorge Amado avec lui ; ils défilent en dansant remontant la vieille ville, des éclats de favellas dans les mains et s’en servant de poignard ( A favela é, um problema social, seu Jorge)  ) brandissant la fierté plus forte que le mépris retrouvée au creux du sourire qui a tout bravé et sait qu’il ne craint plus qu’une chose c’est de ne pas vivre et se laisser envahir par la mélancolie, mélancolie, belle de fado et morna ou poisse qui me colle à l’âme, espérer en guérir ? aime et trace, sois vivant me dit ce regard, regard d’elle mais que je retiens même loin, et je traque cet instinct de vie et quand je l’aperçois,  je l’admire, je m’y laisse aller conscient qu’il est encore difficile de s’y plonger entièrement.
Et depuis retentissent les tambours et la voix qui répéte inlassablement vis vis vis , bat et dresse la table , parle, pare , et ne tient aucun compte de ce qui se dit, ton chant est en toi et tu entraînes la danse même si tu ne les vois pas, sois en sûr, ta voix, du seul fait d’exister rappelle tous les instincts de vie et redonne de la force au jour, seul auprès des flots de ma pensée, rêve comme scintillent les vagues, un seul sourire contient les mouvements de la danse de tout ce qu’il faut savoir, à répéter tant que l’on a un éclair de lucidité, puiser à toutes les sources de mon Cap-Vert qui agit comme une source,  au Brésil de Bahia, du forro et tous les Orixas yoruba, ou bel air, danse des dieux de Cuba, polyphonie pygmées et la nécessité d’inventer le présent là  où il est, je suis attentif à toutes ces sources, des plus modernes aux plus anciennes résonne cette faculté de ne pas lâcher la force, renaître même dans la violence et la rébellion.

Minha maï la fleur, encre de Lamber Sav

Moi j’ai eu besoin de me joindre à ce train et écrire, peindre, dessiner et me revient quand j’ai trop souffert de l’incarcération de la vie quotidienne, abrutissante, de cet éclat d’obstination esclavagiste dans l’oeil hiérarchique,

alors je prends la clé des champs , je regrette de ne pas croiser un santo da casa  , je chante mae Minininha minha maï minha maï même si cela semble bête ou un peu court, j’appele le son des batuque et je ris avec eux, et je ris de moi et forcené je cours dans les chevauchements de la couleur et je ne veux plus arrêter conscient des milles vies qui se vivent et sont la seule richesse et je force mes yeux à voir et je chasse le sérieux, qui me hante mais est zombi

bleu , battement dans l’oeil de bleu, c’est comme cela que c’est imposé d’un clin de cil (”Je te reconnais entre cent, entre deux, Je te reconnais entre mille à ton clin de cil prémonitoire. « (Rabemananjara)  l’évidence de ce qu’il me fallait retenir et même si je n’y arrive pas, je me remémore à chaque fois ce charme, cet envoutement de celle qui fut Ouistiti et qui me légua ce rire, ce sourire et cet élan qui ouvre le chemin qui ne finira pas.

je vis en ile , en marin qui parle une langue étrangère et je déplore les boites de plastique sur la surface de l’eau, ma langue est un bateau, navigation de cabotage qui cède au courant.

cela n’explique rien, sauf que les iles sont les points lumineux où le soir viennent bavarder les baleines.

Merci Vinicius, et toi mon Ouistiti, ton intuition ma ouvert le coeur

fleur des eaux

sous le signe du collier

comme des gouttes perlant à l’eau

la divinité

porteuse d’eau

l’or laisse aller le filet dans le creux des paumes

la fleur ouverte sous la paupière

respire comme un ronflement

l’éveil tendre de la matière au monde

quand aspire l’esprit

riche

la vapeur

voile de la porte au soleil

dévoile

la peau bruine

lustre d’eau quand flottent les reflets

couleur illuminée

creusée de lumière

regard coiffé dans les peaux de soie

offrande dressée de l’or aux marges des offrandes

vive voix

déposée dans les feuillages

enroulée des plis à l’infini

la couronne

s’offre à la terre ile par le souffle des mers

la possibilité émise par le tranchant de l’épée

l’humidité

du bout des lèvres et célébrée par la danse

la peau interroge

à la nuit

noire

la peau sombre

l’oeil

tâche sur la peau

à la criée des flots

aux fils du vert tresses dans l’eau

dans le chant la trouée bleue par

les pieds nus

marquent le sentier à la lisière

marque le temps

ouvert

l’oeil occulte

de main en main

interroge les histoires

d’une main à l’autre

sable

la  traversée devine les versants