l’aube de l’ô se prononce « ou »

L’aube de l’ô se prononce « ou »

comme un acquiescement un baiser au bleu, on ne saurait à moins se parer mais ce n’est pas tant le bleu que l’on le voit que cet océan mouvant, vivant des ses mouvances,

l’errance est un vivier

du noir au gris se nourrit le bleu mais drapé de blanc demeure au bleu

bouchée

lumière des convives ils mangent le ciel et brassent les nuages les courants d’air

una cerbeza et la mousse est l’écume

le ventre héberge les vents les entrailles de la mer où les transports invisibles inscrivent les îles dans le parcours le recours à la cote et entre le désert et la forêt la dérive des cours de l’océan y mènent comme des points d’acupunctures aimantés de l’un aux autres

l’océan a la volonté propre de l’eau

qui pourrait mener de l’eau au sable, s’y sculpter comme un destin d’une embrassade, étreinte et baiser humide de l’eau au sable l’histoire de tant de marins  qui s’y sont fiés vouant leur prière à la mer, ce grand cheval d’en dessous et

vogue

cris des naïades plasma des nouveaux-nés
balancement des songes vers le soir
mouvement dorsaux des rameurs
allongée de l’autre coté des courants
l’océan a l’odeur femelle de la  belle
et rêve dans le haut le coeur à la proue

le filet est jeté l’homme au centre chante les clameurs que le choeur comme les vagues appelle

sont
mémoire
reflets de la mangeoire ou pourrit l’hermétisme
où court

gémissement la musique des sphère agit sur les cétacés

la puissance de la remontée est telle que dans ma voix s’extasie la jupe qui tourne

la prise remonte daurade et raies
le homard en salade et le poulpe
aux olives
à la grecque sans qu’à Madagascar
fuient les icebergs

et les pirogues d’antan continuent de s’échouer à jamais dans ce présent que ramène la barre

photo inconnu

partir en voyage le souvenir dans la mémoire le nom des mollusques et les mâchoires des prédateurs y font la morale aux cachalots et survolent les mouettes

Chu ta l’avait vu lui au bord du torrent
l’océan est le là musical dans la bouilloire
l’ici torride de l’atavisme
la zoologie marine ici se laisse aller
apéritif comme pris de mescaline
cactus des mers et motifs des sargasses

bain de la pieuvre

sargasses

sur terre ce sont gouttes,
pluie, fleuves et rivières
embarquement sur les flaques
filet cuits à la vapeur
rives où le rythme de la vague
et dans le coquillage
la musique de la déesse
le bruit du ressac
l’air emprunte les conques
et sous l’eau sifflent les baleines

ne donne pas l’idée de ce que Océan veut dire

création de Oumou Sy

L’immensité de O stagne en mouvance s’étend
est de partout
et file entre les doigts
dédaigne entre les doigts de pieds le grain de sable
et ravitaille dans les coques
transborde les plaisir des corps
et sans le pénétrer sauf à le détruire

asphyxie,

on appelle cela la noyade

l’eau

les eaux
comme un continent
la traversée infuse
la transe envoûte
ramène à l’origine le temps d’un transport
le trait attache lèche les pieds de la déesse
aboie s’il le pouvait
se ceint en chevelure de sa traîne
les yeux écarquillés
de points en points créent un sens d’une géographie
absorbe résorbe

imitant les délires des plaques et la tectonique un vent pousse par les fonds et bafouille les rires des rives en rives jusqu’à s’abandonner aux tropismes de la vague qui enroule la liane du corps alors pousse des palmes et un feuillage de corail

pousse l’eau rejette la gravité flotte la plante des pieds ce n’est que dire de se laisser couler dans les rouleaux qui émiettent

l’océan soupire après les îles,  pour elles un drap
charmante auberge où qui s’y baigne s’y fait manger
ou mange
dans l’assiette des milliers de formes biologiques
en expansions
pourchassées par les cargos et les baleiniers, les filets des pécheurs
poissons, algues, molécules, plancton, roche, sable adhèrent à l’ensemble
sont presque de < l’eau
L’homme sur le raffiot dans sa rêverie est happé dans le bleu
y descend scaphandre
et sur le pont prends des notes dans son calepin ou son ordinateur
la science a fait des progrès mais l’opaque se métamorphose
garde son secret et motus bouche cousue seul la vague épelées les voyelles

s

Erykah Badu

l’Océan est cette immense soupe je plonge ma cuillère, ôte ma chemise et en fait une voile et je me jette à l’eau comme un échange des salives

un langoureux enlacement des eaux

Pernambouc

en avant dans l’avant

la bouche

en

dedans des boucles

d’or

lumineuse orchidée

ou accordéon fatal

mes jambes à mon cou et les cheveux comme embarcation

je flotte

bois vif  la fibre repose

gratte sur la planche qui surplombe l’eau

© photo Fiona foley

lambi de l’onde l’eau goutte et le filet engorge

en rond le son spirale éparpille le sens comme les gouttelette dans  la mer

en bleu femme le flanc de l’indigo

ta caresse peinte sur la fleur

la tige nourrie des sargasses

à l’endroit de l’envers resitue bien la spirale

exténuée de paraître un jeu sans fond

là où le bleu est si profond que tu ne vois pas sa queue

se reposer au fond de la grotte

rauque les écailles sont des  grains d’or perles à mes oreilles

tu te parfumes pour m’entrainer dans les abîmes de la confiance

quand vers le soir ma foi laisse échapper les vagues

rauque

j’embrasse à plein vent ton écume et je m’allonge pour m’en être saisi

les embrasements de ton rouleau m’illuminent

je jette à ta face les cauris de ma peau comme les mors de lumière

quand tendrement  je m’entoure de ta violence

que je me jette dans les flots bleus de ton champs

agenouillé sur la roche

l’océan m’emporte et engouffre le corps dans les viscères de la mer

rauque

je me laisse couler

pour m’en revenir ruisselant d’or

patauger dans la mare ou recueille le troupeau

brin superficiel aspirant l’étouffement

© photo Fiona foley

credit photo Fiona Foley sur Artguide.com Australia

Les inspirations se rejoignent, et se fertilisent, l’artiste aborigène Fiona Foley dont les photos me conduisent entre deux fils d’océan à la grotte de Yemanja,  divinité du Brésil noir et dont les courants de manière incertaine ramène les effluves du cap-Vert, archipel de feu, fille de l’Afrique, juste voyage en retour que les courants marins ne cessent de prendre et qu’il suffit de chevaucher, le Roi d’Afrique ne l’a t’il pas fait ?