Chanvre et lin

Indéfiniment

 

Féminine
amplement

 
à la date de l’avent

 

la masse
jonche

 

odeurs d’irruption

 

féeries
biscornues

 

 

si dans la mare le poisson

 

 

la taille
d’une bicoque

 

elliptique
narcotique

 

l’ambivalent
placenta

 

nonchalant
morcelé

 

musculature
chaloupée

 

d’une épée
trempée

 

derain
Derain
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Portrait de l’endormie

C

est une naufrage entre les briques
les jumelles permettent de sangler les vides
le rouge à lèvre est peut être dans les creux

X

Je baille
l’eau
maintient le naufragé

D

Semble refermer le sable cap au piment
il fait nuit dans le gris
deux baguettes abouchent la crevette

G

Une feinte entre les dents l’aspic s’applique à dépasser la langue
deux cordes de luth dans le palais

F

Ce n’est pas un oreiller
ce n’est pas la chevelure
ce n’est pas une bougie
moteur à quatre temps

A

l’ovale
est troué
le triangle
pointu

Y

Le teint opaque
le lait mat
là où s’accidentent les nageoires

B

Ne bouge l’oreille
pare les cheveuxle noir serre le fil des cils
paupières cinglées des ongles

U

Seins
d’occident
l’aile

S

Entre dans les parpaings lézard recroquevillégranulé de béton
ciment peau
trainée lumineuse de tignasse

T

L’ouverture lente des lèvres
ce blanc corps sue glisse sur la fente
tourelles du château

M

Pourtant rien dans les murs ne rend de son
la vase de son
et tu bailles ou m’avales

L

Rivalise dans le rêve

akira Sato- woman
© akira Sato- woman

les jambes

serena Williams, mode coté pile

car si les jambes ont du charme, c’est surtout à les contempler

celles des nymphes lorsqu’elles sont guerrières et armée de haches celles du bataillon des amazones du Royaume d’Ifé ou les courbures du Fleuve Amazone qui des plis et replis la musculature galbée les tensions dans les coudes profondeurs et chutes celles des reins mais aussi de cascades ne se résolvent pas en rives mais s’épanouissent dans le corps qui de la femme fait le plein de la force

tourbillon ramenant le corps en son centre déclenchement de la puissance engouffre le réel en son sein large embouchure nourrissant l’ovoïde enserrant l’univers et comme en coït nourrir aux dimensions du monde la perpétuelle métamorphose

Déesse, mère de tous les dieux et louve, sirène au plus profond des eaux faisant jaillir la naissance assimilée à la richesse, la luxuriance et à foison

étoile à toison

Pierre Verger, Symbiose

des galbes femelles les mâles la force cascade et déferlement trop soudain surgissent en cataclysme  père dévorant ses enfant, force se livrant en vain  si l’arrondi et la châleur ne venait couver et s’enhardir du sable

faire advenir les multiples de l’un

le corps étant un et le multiple se donnant à l’infini faisant croître sans s’essouffler des myriades et l’extension

Séréna Williams, mode, coté face

fier nous nous fions à notre jambe d’appui ou allongement du corps

apte à dépasser le temps, à le chevaucher

fusent , les jambes

brèves ou longues, la linguistique du corps s’anime et donne sens au mental ainsi qu’au lingual s’épanouissant en croix les membres qu’un feu ne veut pas éteindre se nichant des pointes du pied remontant galbé vers la floraison qu’une musculature fine ou luisante la puissance même du corps un fruit perpétuellement en éclosion

le rouge est la couleur se coulant dans le bleu

l’aube de l’ô se prononce « ou »

L’aube de l’ô se prononce « ou »

comme un acquiescement un baiser au bleu, on ne saurait à moins se parer mais ce n’est pas tant le bleu que l’on le voit que cet océan mouvant, vivant des ses mouvances,

l’errance est un vivier

du noir au gris se nourrit le bleu mais drapé de blanc demeure au bleu

bouchée

lumière des convives ils mangent le ciel et brassent les nuages les courants d’air

una cerbeza et la mousse est l’écume

le ventre héberge les vents les entrailles de la mer où les transports invisibles inscrivent les îles dans le parcours le recours à la cote et entre le désert et la forêt la dérive des cours de l’océan y mènent comme des points d’acupunctures aimantés de l’un aux autres

l’océan a la volonté propre de l’eau

qui pourrait mener de l’eau au sable, s’y sculpter comme un destin d’une embrassade, étreinte et baiser humide de l’eau au sable l’histoire de tant de marins  qui s’y sont fiés vouant leur prière à la mer, ce grand cheval d’en dessous et

vogue

cris des naïades plasma des nouveaux-nés
balancement des songes vers le soir
mouvement dorsaux des rameurs
allongée de l’autre coté des courants
l’océan a l’odeur femelle de la  belle
et rêve dans le haut le coeur à la proue

le filet est jeté l’homme au centre chante les clameurs que le choeur comme les vagues appelle

sont
mémoire
reflets de la mangeoire ou pourrit l’hermétisme
où court

gémissement la musique des sphère agit sur les cétacés

la puissance de la remontée est telle que dans ma voix s’extasie la jupe qui tourne

la prise remonte daurade et raies
le homard en salade et le poulpe
aux olives
à la grecque sans qu’à Madagascar
fuient les icebergs

et les pirogues d’antan continuent de s’échouer à jamais dans ce présent que ramène la barre

photo inconnu

partir en voyage le souvenir dans la mémoire le nom des mollusques et les mâchoires des prédateurs y font la morale aux cachalots et survolent les mouettes

Chu ta l’avait vu lui au bord du torrent
l’océan est le là musical dans la bouilloire
l’ici torride de l’atavisme
la zoologie marine ici se laisse aller
apéritif comme pris de mescaline
cactus des mers et motifs des sargasses

bain de la pieuvre

sargasses

sur terre ce sont gouttes,
pluie, fleuves et rivières
embarquement sur les flaques
filet cuits à la vapeur
rives où le rythme de la vague
et dans le coquillage
la musique de la déesse
le bruit du ressac
l’air emprunte les conques
et sous l’eau sifflent les baleines

ne donne pas l’idée de ce que Océan veut dire

création de Oumou Sy

L’immensité de O stagne en mouvance s’étend
est de partout
et file entre les doigts
dédaigne entre les doigts de pieds le grain de sable
et ravitaille dans les coques
transborde les plaisir des corps
et sans le pénétrer sauf à le détruire

asphyxie,

on appelle cela la noyade

l’eau

les eaux
comme un continent
la traversée infuse
la transe envoûte
ramène à l’origine le temps d’un transport
le trait attache lèche les pieds de la déesse
aboie s’il le pouvait
se ceint en chevelure de sa traîne
les yeux écarquillés
de points en points créent un sens d’une géographie
absorbe résorbe

imitant les délires des plaques et la tectonique un vent pousse par les fonds et bafouille les rires des rives en rives jusqu’à s’abandonner aux tropismes de la vague qui enroule la liane du corps alors pousse des palmes et un feuillage de corail

pousse l’eau rejette la gravité flotte la plante des pieds ce n’est que dire de se laisser couler dans les rouleaux qui émiettent

l’océan soupire après les îles,  pour elles un drap
charmante auberge où qui s’y baigne s’y fait manger
ou mange
dans l’assiette des milliers de formes biologiques
en expansions
pourchassées par les cargos et les baleiniers, les filets des pécheurs
poissons, algues, molécules, plancton, roche, sable adhèrent à l’ensemble
sont presque de < l’eau
L’homme sur le raffiot dans sa rêverie est happé dans le bleu
y descend scaphandre
et sur le pont prends des notes dans son calepin ou son ordinateur
la science a fait des progrès mais l’opaque se métamorphose
garde son secret et motus bouche cousue seul la vague épelées les voyelles

s

Erykah Badu

l’Océan est cette immense soupe je plonge ma cuillère, ôte ma chemise et en fait une voile et je me jette à l’eau comme un échange des salives

un langoureux enlacement des eaux

granitaire

L S 2003

mamelles lactaires la sève entaille l’accueil
charismatique la calligraphie de l’instable
perce les trouées en coulées bleues de noir

femme pluie déhanchée dans le rouge

ronde granitique à l’assaut des douces lisses
horizontalité contradictoire tu ouvres dans la largeur
bouche delta les faîtes du nœud ondulatoire

émancipation nivellée dans le pas
alezan propitiatoire
tu avances au tranchant précipité