car go

La rencontre d’un cargo chargé de brume les couleurs claires des caisses closes sans plus d’éclat que les jours quand il n’y a pas de tempête

surchargé des mauvaises nouvelles du monde

 

les gens contrairement à avant ne saluent plus sur son passage le haut voilier les cris de joie ni les fleurs sur le passage du messager qui passe au large sur les chemins d’eau poursuivi par les mouettes le navire se refuse réponse de tôle d’acier rejette à la mer  les naufragés

 

sur la rive plus de rire mais baissent la tête de peur que la carcasse s’échoue sur les cotes

 

 

les cargos décrochent les îles

 

Marin - The Sea, Maine - 1921
Marin – The Sea, Maine – 1921

 

la sonde sans qu’il y ait d’îles

Les mots comme une sonde ne s’éprennent pas des algues ni du plancton, les jambe plongées dans les fonds éclaboussent de vaguelettes , c’est qu’ils ramènent à la surface des cloques d’eau, poissons scintillants qui n’en sont pas, dont les oiseaux ne veulent pas, lumière qui brille que l’on prend pour l’immensité quand la douceur de l’humide se frotte aux jambes.

Pourtant si l’on collait l’oreille aux battements de l’eau comme on le fait avec une conque, on entendrait la respiration et le chant des baleines, on verrait la pieuvre se fondre doucement au sable, la sonde sans qu’il y ait d’îles ai-je dit, il remonte de ce calme comme une rumeur, les pieds ballants l’eau comme une pulsation, un peu au hasard sans même penser ramener sur la barque autre chose que ce qui agite le corps de ce tremblement, accordé au bleu quand il fait beau ou au gris ou à la pluie, vaste, comme à l’âme d’un homme qui vagabonde, sonde du bout des pieds attouchant ce qui peut bien être et qui me bouleverse, les pensée comme du vert trempé dans le bleu, qui flotte, touchant le soleil des cheveux et embrasant l’air chargé de feu, feu de l’eau qui ne peut éteindre mais qu’elle étend.

c’est à ce profond que l’impulsion cède quand l’onde sans qu’il n’y ait d’hameçon ni de piège, les yeux ne voient pas l’eau mais s’accordent à la rumeur qui même assis la fait ressembler à une baleine, trait enchainé à l’harmonie et se sentant si lourde de cette alliance qui l’amplifie, lui fait sentir le sens si profond, légèreté nouée de la tendresse, cette ligne si délicate qu’il saisit entre ses paupière, souffle ce mot à quoi se résume ce simple trait qui dérobe au jour ce qui le lie et fait trembler ce qu’il comprend.

Le mot enfin lui dit tout.

peinture Lamber Sav

au livre les images

aquarelle, Lamber Sav

 

 

survenir aux Iles

aux hanches les épices

sont ce îles éparses

soulevées par le vent

ou archipels

 

 

aquarelle Lamber sav

 

 

Les îles sont les chevaux des tempêtes et dans l’obturation des hauts fonds laisse une marge à la manoeuvre surajoute la superposition des teintes signale les fonds aux eaux plus récentes de la surface qui se renouvellent, sont brassées par les bancs et soulevées par les vents laisse au clair un trajet quand dans les brumes apparaissent les points des froids des courants

 

 

aquarelle Lamber sav

 

 

tracés géologiques

 

l’aura des allées des tortues et l’antique continent dispersé

 

corail l’Océan ou gulf stream

 

ligne de flottaison quand monte des profondeurs le chant

et que sur le pont

la viole de gambe chante une mélopée signare sans que s’explique le rouge quand au bleu le surgissement des traces autant courants qu’îles les suscite

 

 

 

 

Navires quand s’ouvrent les bords de la distance

 

ne sont pas poésie

 

mais géographie

 

 

aquarelle Lamber sav

 

du visible et la tension des cordages le temps est à l’observation si  la masse des nuages parfois laisse place à l’éclaircissement,  l’oeil rivé aux étoiles quand s’approche aux îles les vents courbent les plats pour laisser entraver les hauts-fonds s’éclaircir au sable et brûler au soleil

 

des peaux s’ils s’en trouve des femmes couronnées de fleurs et aux hanches les épices et la chevelure où volent les papillons l’offrande dans l’oeil à l’âme jetée par dessus bord parmi les palmes aussitôt retrouvées

est-ce ce qu’il faudrait rapporter quand il faudra remplir les cales et que raconter en retour de ce chant des lointains

 

 

 

 

est ce papillarium

cosses des éclots

dérive dans le sillage

le clair soleil dans les reflets des algues

le signe

et suivre les oiseaux

qui rendent trouble l’eau

 

 

ainsi le mentionne le vieux livre des navires

 

 

à écouter tant qu’on peut ce que j’écoutais en ce moment, ce concert à l’Abbaye de Fontfroide donne par Jordi Savall et Hyperion XXI, dédié à la musique élisabéthaine et en particulier avec William Byrd, un de mes préférés, John Dowland

l’aube de l’ô se prononce « ou »

L’aube de l’ô se prononce « ou »

comme un acquiescement un baiser au bleu, on ne saurait à moins se parer mais ce n’est pas tant le bleu que l’on le voit que cet océan mouvant, vivant des ses mouvances,

l’errance est un vivier

du noir au gris se nourrit le bleu mais drapé de blanc demeure au bleu

bouchée

lumière des convives ils mangent le ciel et brassent les nuages les courants d’air

una cerbeza et la mousse est l’écume

le ventre héberge les vents les entrailles de la mer où les transports invisibles inscrivent les îles dans le parcours le recours à la cote et entre le désert et la forêt la dérive des cours de l’océan y mènent comme des points d’acupunctures aimantés de l’un aux autres

l’océan a la volonté propre de l’eau

qui pourrait mener de l’eau au sable, s’y sculpter comme un destin d’une embrassade, étreinte et baiser humide de l’eau au sable l’histoire de tant de marins  qui s’y sont fiés vouant leur prière à la mer, ce grand cheval d’en dessous et

vogue

cris des naïades plasma des nouveaux-nés
balancement des songes vers le soir
mouvement dorsaux des rameurs
allongée de l’autre coté des courants
l’océan a l’odeur femelle de la  belle
et rêve dans le haut le coeur à la proue

le filet est jeté l’homme au centre chante les clameurs que le choeur comme les vagues appelle

sont
mémoire
reflets de la mangeoire ou pourrit l’hermétisme
où court

gémissement la musique des sphère agit sur les cétacés

la puissance de la remontée est telle que dans ma voix s’extasie la jupe qui tourne

la prise remonte daurade et raies
le homard en salade et le poulpe
aux olives
à la grecque sans qu’à Madagascar
fuient les icebergs

et les pirogues d’antan continuent de s’échouer à jamais dans ce présent que ramène la barre

photo inconnu

partir en voyage le souvenir dans la mémoire le nom des mollusques et les mâchoires des prédateurs y font la morale aux cachalots et survolent les mouettes

Chu ta l’avait vu lui au bord du torrent
l’océan est le là musical dans la bouilloire
l’ici torride de l’atavisme
la zoologie marine ici se laisse aller
apéritif comme pris de mescaline
cactus des mers et motifs des sargasses

bain de la pieuvre

sargasses

sur terre ce sont gouttes,
pluie, fleuves et rivières
embarquement sur les flaques
filet cuits à la vapeur
rives où le rythme de la vague
et dans le coquillage
la musique de la déesse
le bruit du ressac
l’air emprunte les conques
et sous l’eau sifflent les baleines

ne donne pas l’idée de ce que Océan veut dire

création de Oumou Sy

L’immensité de O stagne en mouvance s’étend
est de partout
et file entre les doigts
dédaigne entre les doigts de pieds le grain de sable
et ravitaille dans les coques
transborde les plaisir des corps
et sans le pénétrer sauf à le détruire

asphyxie,

on appelle cela la noyade

l’eau

les eaux
comme un continent
la traversée infuse
la transe envoûte
ramène à l’origine le temps d’un transport
le trait attache lèche les pieds de la déesse
aboie s’il le pouvait
se ceint en chevelure de sa traîne
les yeux écarquillés
de points en points créent un sens d’une géographie
absorbe résorbe

imitant les délires des plaques et la tectonique un vent pousse par les fonds et bafouille les rires des rives en rives jusqu’à s’abandonner aux tropismes de la vague qui enroule la liane du corps alors pousse des palmes et un feuillage de corail

pousse l’eau rejette la gravité flotte la plante des pieds ce n’est que dire de se laisser couler dans les rouleaux qui émiettent

l’océan soupire après les îles,  pour elles un drap
charmante auberge où qui s’y baigne s’y fait manger
ou mange
dans l’assiette des milliers de formes biologiques
en expansions
pourchassées par les cargos et les baleiniers, les filets des pécheurs
poissons, algues, molécules, plancton, roche, sable adhèrent à l’ensemble
sont presque de < l’eau
L’homme sur le raffiot dans sa rêverie est happé dans le bleu
y descend scaphandre
et sur le pont prends des notes dans son calepin ou son ordinateur
la science a fait des progrès mais l’opaque se métamorphose
garde son secret et motus bouche cousue seul la vague épelées les voyelles

s

Erykah Badu

l’Océan est cette immense soupe je plonge ma cuillère, ôte ma chemise et en fait une voile et je me jette à l’eau comme un échange des salives

un langoureux enlacement des eaux