la sonde sans qu’il y ait d’îles

Les mots comme une sonde ne s’éprennent pas des algues ni du plancton, les jambe plongées dans les fonds éclaboussent de vaguelettes , c’est qu’ils ramènent à la surface des cloques d’eau, poissons scintillants qui n’en sont pas, dont les oiseaux ne veulent pas, lumière qui brille que l’on prend pour l’immensité quand la douceur de l’humide se frotte aux jambes.

Pourtant si l’on collait l’oreille aux battements de l’eau comme on le fait avec une conque, on entendrait la respiration et le chant des baleines, on verrait la pieuvre se fondre doucement au sable, la sonde sans qu’il y ait d’îles ai-je dit, il remonte de ce calme comme une rumeur, les pieds ballants l’eau comme une pulsation, un peu au hasard sans même penser ramener sur la barque autre chose que ce qui agite le corps de ce tremblement, accordé au bleu quand il fait beau ou au gris ou à la pluie, vaste, comme à l’âme d’un homme qui vagabonde, sonde du bout des pieds attouchant ce qui peut bien être et qui me bouleverse, les pensée comme du vert trempé dans le bleu, qui flotte, touchant le soleil des cheveux et embrasant l’air chargé de feu, feu de l’eau qui ne peut éteindre mais qu’elle étend.

c’est à ce profond que l’impulsion cède quand l’onde sans qu’il n’y ait d’hameçon ni de piège, les yeux ne voient pas l’eau mais s’accordent à la rumeur qui même assis la fait ressembler à une baleine, trait enchainé à l’harmonie et se sentant si lourde de cette alliance qui l’amplifie, lui fait sentir le sens si profond, légèreté nouée de la tendresse, cette ligne si délicate qu’il saisit entre ses paupière, souffle ce mot à quoi se résume ce simple trait qui dérobe au jour ce qui le lie et fait trembler ce qu’il comprend.

Le mot enfin lui dit tout.

peinture Lamber Sav

au livre les images

aquarelle, Lamber Sav

 

 

survenir aux Iles

aux hanches les épices

sont ce îles éparses

soulevées par le vent

ou archipels

 

 

aquarelle Lamber sav

 

 

Les îles sont les chevaux des tempêtes et dans l’obturation des hauts fonds laisse une marge à la manoeuvre surajoute la superposition des teintes signale les fonds aux eaux plus récentes de la surface qui se renouvellent, sont brassées par les bancs et soulevées par les vents laisse au clair un trajet quand dans les brumes apparaissent les points des froids des courants

 

 

aquarelle Lamber sav

 

 

tracés géologiques

 

l’aura des allées des tortues et l’antique continent dispersé

 

corail l’Océan ou gulf stream

 

ligne de flottaison quand monte des profondeurs le chant

et que sur le pont

la viole de gambe chante une mélopée signare sans que s’explique le rouge quand au bleu le surgissement des traces autant courants qu’îles les suscite

 

 

 

 

Navires quand s’ouvrent les bords de la distance

 

ne sont pas poésie

 

mais géographie

 

 

aquarelle Lamber sav

 

du visible et la tension des cordages le temps est à l’observation si  la masse des nuages parfois laisse place à l’éclaircissement,  l’oeil rivé aux étoiles quand s’approche aux îles les vents courbent les plats pour laisser entraver les hauts-fonds s’éclaircir au sable et brûler au soleil

 

des peaux s’ils s’en trouve des femmes couronnées de fleurs et aux hanches les épices et la chevelure où volent les papillons l’offrande dans l’oeil à l’âme jetée par dessus bord parmi les palmes aussitôt retrouvées

est-ce ce qu’il faudrait rapporter quand il faudra remplir les cales et que raconter en retour de ce chant des lointains

 

 

 

 

est ce papillarium

cosses des éclots

dérive dans le sillage

le clair soleil dans les reflets des algues

le signe

et suivre les oiseaux

qui rendent trouble l’eau

 

 

ainsi le mentionne le vieux livre des navires

 

 

à écouter tant qu’on peut ce que j’écoutais en ce moment, ce concert à l’Abbaye de Fontfroide donne par Jordi Savall et Hyperion XXI, dédié à la musique élisabéthaine et en particulier avec William Byrd, un de mes préférés, John Dowland

mar en long

un grand merci à SiL pour son texte qui accompagne cette aquarelle

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Aqueuse éveilleuse.

En ces domaines racines
Eveil aux imaginaires

Se dénouent
Les vallées salines
Hors-champs, hors-temps

C’est l’Elan se levant
Quand Océane
T’imprègne

De ces arabesques
Engageantes lignes

Les enivrements profonds
Imprimés s’impriment

Inexorablement.
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Water Lily

Je viens à tes émois

Suffit la valeur du black-out

Oui je sais bien moi

La cadence des goutes

Eau nous incruste

Pour toutes ces fois

Ou soif ou joie.

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SiL sur son blog : http://flavors.me/souffledame

marinheiro


photo inconnu

et si l’on devait dire le bouleversement quand à la mer marche l’étendue de l’eau la poitrine inspire les flots, aspire à s’embrumer, brume d’eau aux surfaces des écailles

pour le marin c’est comme claquer la porte d’en bas de la rue qui monte et suivre les pavés jusqu’au bureau de tabac, et s’en revenir au port où l’attend le bateau, mais je ne suis pas marin ou pas assez ou trop poète, et attentif aux mots

laisse l’air fouetter les odeurs et les épices, je me sens de tous les mondes, j’ai intact l’étonnement de pouvoir demain jeter l’ancre au Cap vert et de là frétiller  d’île en île et à la conversation, quémander un pain et un grog et heureux écouter les vieux raconter le malheur de vivre ici, me sentir submerger par le corps et coq sacrifié chanter  l’âme des femmes mûr d’une torsade et ivre en rire

envisager l’avenir chantant des promesses non tenues, promettre encore et rendre aux flots le du du sang et n’en garder que la chanson, je la fredonne sur les chemins infidèle au milliers de visages et la joie en tête, sourire sous ma chemise et la flute entre mes jambes, d’un pas léger accepter d’être miséreux tant que les mots ont un air de fête

je revois l’écume, la poussières et les îles qui disparaissent de la surface

oubliées

semblables à des points ou est ce moi qui ai soufflé sur l’océan dispersant des bribes et repensant l’humanité, sans soucis de précédant l’oeil pétillant confondre danse et volcan et  commissures des lèvres et le corsage ouvert me fier aux hanches, poles de l’univers

pour ce que j’en vois

photo inconnu (droits réservés)

m’attacher au noeud du sari et pieds traîner la poussière, l’envoler vers les grains et s’envoler les mouettes, comme dans les rochers qui absorbent l’Océan, comme le sable qui s’ingénie d’une drôle d’arithmétique et comme la terre qui surgit du feu se couvre de maïs au beau milieu de l’eau, comme la rivière s’écoule entre les sables et émeraude chevauche les rochers comme crinière crépitante vers la bouche de l’ouverture

béat, s’y échappant et libre des courants

fil des échanges entre les terres le marin se laisse glisser et la voile lui sert de prise au-vent et s’en être marin, marinheiro je reçois les atomes des embruns

tanné sous les couleurs et la lumière de la nuit, j’invente pour me parler  une langue étrange, au vent celle des autres rives et des bancs de sardines, mérous et dans ma soute la poésie d’un matin

aquarelle, Lamber Sav 2005

as ilhas dos Açores

et pour ne rien dire,

les déchirements l’océan vers ces îles ouvrent le jour

de la voix

le vent se mêle au noir et au silence

bleu la chaleur cogne en dessous

sans fond,

comme une muraille

la croix sur la voile crie l’extinction de la douleur

d’Afrique

les grands recouvrements de l’or et du sang

suivre les baleines, se coucher et mourir avec elles

as ilhas dos Açores

ilhas pigments Lamber sav 2010

la voix me prive de la mienne et je me couche à ses pieds pour dormir rêver au son des cordages quand le vent et les embruns présagent de l’île les flores de la mer et la déesse  porte le songe vers les fonds les roches d’un astre strié voilé de rouge

et filles tranchantes comme la lave du volcan, de toujours fières et noires, immobiles sur la jetée du temps semblables à l’écume ont le corps enveloppé de blanc

 

musique : Madredeus, « ao longe o mar »