marinheiro


photo inconnu

et si l’on devait dire le bouleversement quand à la mer marche l’étendue de l’eau la poitrine inspire les flots, aspire à s’embrumer, brume d’eau aux surfaces des écailles

pour le marin c’est comme claquer la porte d’en bas de la rue qui monte et suivre les pavés jusqu’au bureau de tabac, et s’en revenir au port où l’attend le bateau, mais je ne suis pas marin ou pas assez ou trop poète, et attentif aux mots

laisse l’air fouetter les odeurs et les épices, je me sens de tous les mondes, j’ai intact l’étonnement de pouvoir demain jeter l’ancre au Cap vert et de là frétiller  d’île en île et à la conversation, quémander un pain et un grog et heureux écouter les vieux raconter le malheur de vivre ici, me sentir submerger par le corps et coq sacrifié chanter  l’âme des femmes mûr d’une torsade et ivre en rire

envisager l’avenir chantant des promesses non tenues, promettre encore et rendre aux flots le du du sang et n’en garder que la chanson, je la fredonne sur les chemins infidèle au milliers de visages et la joie en tête, sourire sous ma chemise et la flute entre mes jambes, d’un pas léger accepter d’être miséreux tant que les mots ont un air de fête

je revois l’écume, la poussières et les îles qui disparaissent de la surface

oubliées

semblables à des points ou est ce moi qui ai soufflé sur l’océan dispersant des bribes et repensant l’humanité, sans soucis de précédant l’oeil pétillant confondre danse et volcan et  commissures des lèvres et le corsage ouvert me fier aux hanches, poles de l’univers

pour ce que j’en vois

photo inconnu (droits réservés)

m’attacher au noeud du sari et pieds traîner la poussière, l’envoler vers les grains et s’envoler les mouettes, comme dans les rochers qui absorbent l’Océan, comme le sable qui s’ingénie d’une drôle d’arithmétique et comme la terre qui surgit du feu se couvre de maïs au beau milieu de l’eau, comme la rivière s’écoule entre les sables et émeraude chevauche les rochers comme crinière crépitante vers la bouche de l’ouverture

béat, s’y échappant et libre des courants

fil des échanges entre les terres le marin se laisse glisser et la voile lui sert de prise au-vent et s’en être marin, marinheiro je reçois les atomes des embruns

tanné sous les couleurs et la lumière de la nuit, j’invente pour me parler  une langue étrange, au vent celle des autres rives et des bancs de sardines, mérous et dans ma soute la poésie d’un matin

aquarelle, Lamber Sav 2005

carla ferro , poète(esse) du Cap Vert

maison de la poesie de Namur

Sur les bords des volcans où j’ai fait mon jardin
Ce matin l’Afrique en rognures
Mes rêves en plasmas coagulés
Je maudis
les hommes de glace
des temples cupides
Et je meurs de soif
sur les bords des volcans
En feu,
Mes os
S’effacent et meurent
Poussières de sable
d’un passé moite
Verdoyant
En boue
Écrasées par des grues
Je vous hais.
Vous.

Et vos frères!

Et je pleure
Mes enfants affamés
Mes toits colorés
Dessinés en henné
Sur les mains calleuses
Dans la cale moisie
D’un navire
Espoir criblé de balles
Souillé
De départs et de sang
arrosent
Des cimetières en prières
étendues
En une poignée de main.
Et je rêve
Du vent
Qui sème
L’Amour.
Sur les bords des volcans
Où j’ai fait mon jardin.