carla ferro , poète(esse) du Cap Vert

maison de la poesie de Namur

Sur les bords des volcans où j’ai fait mon jardin
Ce matin l’Afrique en rognures
Mes rêves en plasmas coagulés
Je maudis
les hommes de glace
des temples cupides
Et je meurs de soif
sur les bords des volcans
En feu,
Mes os
S’effacent et meurent
Poussières de sable
d’un passé moite
Verdoyant
En boue
Écrasées par des grues
Je vous hais.
Vous.

Et vos frères!

Et je pleure
Mes enfants affamés
Mes toits colorés
Dessinés en henné
Sur les mains calleuses
Dans la cale moisie
D’un navire
Espoir criblé de balles
Souillé
De départs et de sang
arrosent
Des cimetières en prières
étendues
En une poignée de main.
Et je rêve
Du vent
Qui sème
L’Amour.
Sur les bords des volcans
Où j’ai fait mon jardin.

rêves à voir

REVES A VOIR, l’autre site de Carla Ferro

Regarder l’instant
Sur son dos
Ce qu’il ne peut pas me dire
De face
Un sourire qui s’en va
Je ne sais où
Et puis qui revient
En mille lames de rasoirs affûtés
Et quelques os broyés
Rien que l’instant
Dans son cadran
Au creux de l’œil.

© carla Ferro, http://reves-a-voir.blogspot.com

De superbes photos surement prises lors de voyages sur le continent et au bord de l’eau , moi j’adore …

Jah Mae Kân

parfois de belles surprises traversent la nuit, celle d’hier soir se nomme

Jah Mae Kân

,  elle est dédiée à carla Ferro la poétesse  du Cap-Vert , j’avais parlé de son blog et aimé sa poésie , l’occasion d’en reparler et surtout de poindre en écho cet autre poème de ce poète cameroonais :

A ce jour, a publié deux ouvrages : Héroïde Funèbre à Semira Adamu (Tétras Lyre, 2003) et Afro Blue Diaspora, poème-rituel pour voix diverses et interventions musicales (Editon, 2005). Le premier est un hommage à la regrettée Semira Adamu, morte étouffée par des gendarmes il y a dix ans; le deuxième, lui, est une manière d’oratorio (l’appellation reste impropre) par lequel il plaide pour la réhabilitation de la transhumance des Hommes et l’errance du sens de l’identité. Percussionniste, il a coutume de dire et chanter ses poèmes en public, accompagné d’autres musiciens et d’une danseuse.
Par ailleurs, il est conteur et animateur culturel. A ce titre, anime des ateliers de poésie orale et donne des conférences sur les littératures d’Afrique noire.

il dit

celui-là qui se cherche

entre la terre
et l’autre terre

celui-là ne se perd

il accomplira le chant

Jah Mae Kân

entre la terre
et l’autre terre

c’est le voyage qui fait le milieu

entre la terre
et l’autre terre

c’est le nomade qui sait le milieu

parler
qu’il dit

et il s’érige de promesse

chanter
qu’il dit

et il s’élance de conquête

il dit que danser
il dit que danser

c’est le milieu
où se confondent
les trajectoires
de la dérive

il dit que danser
il dit que danser

puis il s’élève

entre la terre
et l’autre terre

© Jah Mae Kân