respiration

des tours et des détours traquer ce tapi dans le lointain
les mots s’en chargent
carte,  relevé topographique, coupe transversale et sonde ;
pièges on louve à travers bois

quand peut être il faudrait laisser aller, se relâcher
y aller tout de go
sans effets
ni intention
sans carte au trésor
ni attention forcenée
et laisser le corps témoigner, l’esprit vide le laisser déblatérer – rien d’apparent

la vie qui s’expulse – qui se reremplit – les mots qui sont à leurs affaires- quoi

on est surpris – tout y est – jamais on ne saura – on écoute -respiration

Ivbre

être à la marge du monde contemporain en son milieu et de tous cotés, il y a tant de livres qui sont des bribes, des condensés de vie et qui dorment et parfois ne poussent pas leur premier cri, alors le passeur serait aussi observateur et son désir permettrait à des livres d’exister, pas uniquement les gros arbres de la forêt ni les mauvaises herbes mais les bosquets et les plantes fragiles des recoins et des clairières ; certains livres sont errants et d’autres poussent en rond, cachés ou protégés ils trouvent d’autres façons d’exister (festivals, circuits parallèles, internet etc,)mais la forêt est traversée de multiples flux, au détours on se trouve nez à nez avec des biches, un ours dort (hibernerait mais peut être repose) sous un amas de livres « morts » ou une congère inutile, leurre qui serait l’habitat de l’ours, des ruisseaux la traverse, des glaneurs-chasseurs, des amoureux la pénètrent interagissent, agissent le fou tout comme le forestier,

la preuve que l’être humain existe, un livre rassemble tous les livres et s’écrit dans le vent, un livre est la rêverie d’un seul sous les combles de l’écrasement, il est survie ;

Je convoque Pessoa, Hrabal, Stétié, Frankétienne, Mallarmé pour qui le livre est instrument spirituel, Cendrars et les tréteaux de Shakespeare je convoque tous les livres perdus brulés ou muets, ceux qui sur du papier aimé furent le rêve d’artistes et d’éditeurs utopistes, livres rares traces d’encre et mots libres, SMS twits et tout ce qui n’est pas livre et écrit les rides d’un homme debout, les mots secrets d’une femme

le monde veut les écraser et lui ne veut pas – lui – s’étend aujourd’hui à l’inconnu – qui n’est pas défriché – l’intelligence est vive et libre, elle arpente sans limite pour conserver ces étincelles ces flux de foudre, le vent qui habite le papier ou les vides

J’ai rencontré des amoureux, qui furetaient dans les rayons et les cartons des vieux libraires ont étés mes amis et confidents, ils me confiaient des traces, somme de la connaissance et eux toujours en recherche, dingues amoureux du hasard, chien fureteur ramassant un livre anonyme défraichi, lui même anonyme lui même inspecteur Colombo Pessoain enveloppé dans un par-dessus de pluie rassemblait les évidences des trésors d’enfance, qui devenaient livres, vérité ou imaginaire ou galaxie pulsionnelle, lui né d’un moment de magie, disons Peter Pan ou Flicka, ce jaillissement était devenu quête éperdue, les livres se pointaient tous au rendez vous, par cartons entiers comme cet envoyé du Cardinal qui achetait les livres au mètre (Naudé si j’ai bonne mémoire), ne lui en voulant pas d’être mis en pile ou hurluberlus dans les rayonnages , ils parlaient entre eux et faisaient corps, un corps dépareillé, d’autres mettaient un malin plaisir à se faire désirer, il fallait les chercher toute une vie durant battre la campagne, le libraire le savait, il avait le flair, il lisait, il savait ce qu’il voulait sauver, les étoiles le lui rappelait quand il sortait, son paquet de tabac contre un livre, beau comme un ticket d’avion, les livres aimés se savaient sauvés attendaient et aimaient de nouveau, car un livre c’est l’amour, préférant un foyer rude à un meuble vitré grillagé et fermé car un livre revit entre les mains et les yeux le chauffent, rappelant qu’il fut cerclé de lettres amoureuses et formé par des mains tout autant, de celles qui tinrent la plume à celles du maître imprimeur de celles de l’illustrateur au programmateur, l’amour menait la danse ou est-ce une piste vers les voix des histoires aux corps de sueurs, des rêves sous la couette aux pensées en volutes chaudes des tuyaux des pipes, résistance d’une maladie, foi en la victoire, carnets et feuillet, livre avant le livre ou couverture de cuir insubordination à l’ordre qui est barrique de poèmes, Omar Khayyam le sait bien, radeau sur le Syrte ou zodiac sur l’Acheron ?

les rêves s’inscrivent aujourd’hui, connaissances d’avant le tri, mais les leurres aussi et le réconfort des bourgeois ;

pourchassé je les traque assoiffée de voyage ma vue veut élargir

Carvahlo les brûle pour allumer le poêle et dire son désarroi que les livres aient mentis, Carvalho sait que c’est le monde qui a menti il sait qu’il a été nourri et trompé ; il n’aspire plus qu’à un bon savarin, il résiste par ce geste car le livre qui fait figure de vérité est mensonge, il sert le pouvoir, le monde tentaculaire et l’état, il faut le brûler, j’y vois cela et le crois aussi. Toi qui sais tu ne sais rien.

Car on pourrait rêver d’un monde sans livre, sans lire et sans construire,  un écart peut bousculer le monde et le livre en château de carte peut basculer, s’écraser comme un chêne, s’écrouler et pourrir. Une forêt aux hurlement de sourds – Sherwood et l’Amazonie, poumon libéré pour un temps  avant la poussée pacificatrice – elle est en creux et vous n’en voyez que les talus – je ne crois qu’à la parole qui bouscule, réinventée à chaque nuit à chaque tour de la roue, la parole est libre quand elle se nourrit de tout,

sauvage au large, l’aventurier arrogant, mort est momifié, un souffle le ranime – des murs en empêchent – les vergers sont plus sûr

Tous les livres se résorbent dans la sueur, tous les livres s’écrivent en un seul, le sien point d’ancrage de son voyage!

barrage sur le fleuve de la connaissance, qui doit contourner, emprunter des détours de bayou, à moins que , à l’intérieur détournent les énergies des guetteurs qui nourrissent à l’insu, rassemblent conservent les paroles insaisissables, les font passer, bousculent et permettent à la vivacité d’aujourd’hui d’exister, pèle-mêle sans passer au crible d’un filtre,  furet –  des trésors de guerre aux musées- n’est ce pas aussi désamorcer ce qui était un condensé de vie dans un acte de résistance ? –  la frange des poubelles urbaines peut en abriter qui folles poussent leur trolleys, poésie vive de ce qui reste de l’activité incessante –

peuples premiers dépossédés de leur symboles existentiels conservés dans des rayonnages, comme des prisons, symboles eux aussi en captivité – la bibliothèque est un fortin bourré de dynamite, pourvu qu’un lecteur ouvre un livre- lise et se mette à rêver, aimer le monde autrement – si seulement – et l’édifice se mettrait à trembler quand les pages se feuillettent et qu’un lecteur s’en empare – la puissance est cachée là aux yeux de tous – dans cet état de captivité où nous sommes –

je rêve souvent d’une cabane – celle de Thoreau – à la lisière du bois – là où la forêt parle, livre les secrets sans retenu – cette cabane pourrait être remplie de livres s’il le faut, ou exempte s’il le faut, les livres sont là où il faut qu’ils soient et le ciel et l’écorce en sont, l’homme s’en pare, il y écrit de ses mains les plus belles histoires et des génération, servent de lien , entre lui et la forêt et lui et lui même, ascendant et descendant au centre de ce qui l’entoure, le livre n’a besoin de rien si l’homme est libre et témoigne le soir, porte à sa vue sa musique, son amour, le puits du nouveau-né

mais l’homme est encagé – il a besoin des livres – pour se repérer, se réparer ou se libérer . si le langage tangue libre – le langage parole se déploie – le livre en détient une partie – l’homme en a l’écho en lui – il pense-bête

car je suis insensible aux gardiens de prison et aux soldats

et si le monde insensible se moque des livres en tant que force vive ce serait peut être de déjouer, insidieusement rappeler que dehors, partout dans les cimes des chemins et les recoins du monde, ici et ailleurs, dans les ici de l’ailleurs et les ailleurs de l’ici existent des chants et des récits, des paroles qui diffèrent de ce tel que nous le connaissons pour le vivre par bribes quotidiennes –

Les livres pourraient être comme les fils d’un grand tapis qui relieraient les endroits de laine, les rêves d’écorce et les pensées végétales, les trous du ciel et les mottes de terre sur lesquels l’humain circule et glane- je dis qu’il faut mettre en doute le monde – la bibliothèque doit être ce lieu – et les enfants y viennent pour cette raison même et son contraire – car la curiosité pousse à connaitre, imaginer aussi bien le dedans que le dehors ; cet endroit ou des forces vives de création se manifestent – il faut pousser des ses bras ces reliures qui cachent les ouragans, l’esprit souffle n’importe où et l’homme sait qu’il doit rassembler ce que lui peut assembler – plus uniquement être de conservation mais d’agitation …

Patte au lointain

oui mais moi j’ai toujours pensé que la plus belle eau remontait des profondeurs

les plus lointaines

j’ai rêvé de continents

j’ai tendu l’oreille pour saisir des bruits de langues et derrière toute la face un monde en mouvement éclaire le mien, lumière étrange qui ne cherche pas à éclairer, mais irrigue

j’ai vu les taillis et les arbres, les collines au loin ou toutes proches et je les ai peins comme elles me parlaient, j’étais traducteur de l’incongru, je traçais des signes et la couleur était musique, moi je voulais être voix
j’ai pensé l’essentiel dans ces rythmes et les fulgurances piochées dans le murmure du froid au matin quand la glace ; la chaleur je mettais du rouge
primitif, en moi la part voulais la place,  je n’ai jamais aimé le sophistiqué et surtout pas l’artifice

je voulais parler et il me fallait écouter – l’espace autour de la voix est nécessaire

il me fallait lutter pour laisser le vent revenir des cheminées

j’ai aimé la terre, celle que l’on peut écraser entre les doigts et la poussière qui file ou se nuage et l’eau de la mer et l’immensité de la vague qui s’abat sur  l’humidité – c’était à Saint-Jean de la lumière et l’océan et le ciel se fâchaient je m’époumonais- c’était dans les bois ou c’était dans les livres et j’écoutais dans les visages burinés et jurais de ne jamais écrire comme dans un livre mais l’écouter lire
seulement ; il n’y a rien d’autre – surtout pas une voix qui écoute sa pensée et que l’on entend lire – le livre est un témoin pour que ne s’éteigne pas – il n’est rien d’important -muet  l’homme qui fait cet effort s’écoute et tait les étoile – je ne voulais pas faire ça – je veux les écouter et frémir

je jette le livre

la musique ne s’arrête pas lancinante- elle est de tous les temps

mais les abos d’Australie et les rengaines caucasiennes – flute de bois de rose d’Irlande ou chants des potlatch – la figure des grand-pères qui à dos de train ou à long de rivière récoltaient inventaient les récits- tout ça n’est rien – je croisais dans les Highlands les tombes des Camerons et la ville berbère étincelait , on en finirait pas et cela n’a pas de fin

C’était chercher le rien dans quelque chose qui remonte, en saisir la peau, susurrer, en retenir l’aliment, assis ou courant dans les bois parce que peut être je ne pouvais pas parler et qu’il fallait écouter laisser le vent entrainer la foudre sans s’en saisir,  laisser voler,  s’inventer le murmure obscur qui doux dansait cette fille-forte-croupe et cheveux des rimes du vent – ondulent – Patrichiea – S’il fallait être moderne et écouter ma vie alors les nuages et l’histoire le feraient pour moi – le présent se portait en avant d’avant moi et ceux qui criaient le plus fort devant pourrissaient autours d’eux –

moi mes yeux bramaient

que je sois vieux blues ou incantation – seule, Pat me ferait remonter – je porterai papillon ou oiseau mon manteau de cérémonie – ce serait ma casquette et mon cuir saluerait le monde

inouï radical

On fonce dans le brouillard dans la vie comme dans l’écriture.
Radical et essentiel.
c’est croire à la possibilité du renouveau
croire à la page vierge de l’inouï radical.
Retracer les chemins dans les mots, et avancer.
Repousser les limites,
constamment,
pour se prouver qu’on est en vie .
© Yzabel _Butterlin

vers s’aillent brandir

Les grands livres et la bonne façon d’écrire, qu’est-ce ? Le français cette vieille langue en fait si récente, de cour, le suzerain, astre commandait au langage, requérait des bouches qui proféraient un style, une parole délimitée qui ornait, une « beauté » qui soit avant tout un acquiescement, alors les  malins et les mutins préféraient la scène et les taillis, les envies des bardes enfermaient dans cet enclos un bétail rageur et saugrenu l’ulcère des courbêtes.

L’écriture écrite, ou se perd dans les bosquets et les clôtures , les chemins qui y mènent, la musique s’enferme aux closets, le vrai vieil air botte la dentelle, l’écriture aujourd’hui suit les traces de ces élégances travesties, poudrerie quicache la soute à canon

Ce singe s’en est emparé il s’en accoutre et fait rire il s’amuse, la moquerie lui est attaché, singe il n’obtempère pas,

le style est la marque du pouvoir

ou alors la volonté méditative s’est frayé un chemin et n’ose encore ambuler qu’à couvert, au grand jour seules les plantes tentent d’échapper au sécateur, les forêts sont des lieux des affranchissement, le danger est tapi et la nature à pleine gorge raille.

tentative de ruminations ratiocinantes d’une primaire

VASE COMMUNIQUANT d’octobre 2010 :

elle chez moi et moi chez elle (http://brigetoun.blogspot.com/)

Bienvenue à Brigitte Célérier (http://brigetoun.blogspot.com/

qui ce mois-ci m’offre la joie d’un beau « vase communiquant » sur le thème de la liberté, thème qui aujourd’hui s’impose dans ces temps douteux nous en avons convenus, mais qu’est ce que ce mot que nous avons sur la langue et que nous lançons par hasard?

bienvenue à toi Brigitte :

tentative de ruminations ratiocinantes d’une primaire

 

 

Mots, pauvres mots, nés, forgés pour un sens, pour dire. Mots, pauvres mots, sens perdu, détourné, modifié, en douceur, avec le temps. Mots, traitres mots, trop souples mots, adaptables, voix diverses.

 

Oh dîtes, Messire, qu’est ce que la liberté ?

 

Ça claque.

Un oiseau grimpant dans la lumière, un enfant qui abrite ses yeux et le regarde, et une petite brise fait chanter le bois derrière lui, et la lumière ruisselle, sous l’oiseau qui disparaît, sous l’enfant, sur la vallée. – Une petite fille, sa plus jolie robe et noeuds papillonnants sur tresses, main dans la main de son père, rejoint la foule qui chante en dansant «Indépendance, chacha…» comme l’ont fait les congolais, et la suite n’importe pas encore, la nouvelle dépendance qui n’effacera pas l’ivresse de ce jour. – Un corps debout sur une dune dans une nuit immense, qui s’y perd, s’y vide, y dépose sa douleur, et la retrouve transmuée en force.

 

Ça vainc.

Marcher dans les pierres d’une ville, avec, à travers, contre une foule, et allonger son pas joyeusement de tout l’espace que l’on peut obtenir, être en soi. Dégringoler l’escalier gras, s’enfoncer. Les portes du wagon de métro, glissent, claquent en se fermant, sur la foule tassée, des pensées jouent, hésitent, se déroulent, s’envolent et un coude me meurtrit le dos. – Salle de classe, tables alignées, des mots, ennui, voisine agaçante, les yeux partent en voyage furtif sur la montagne, ou le jardin, ou un bâtiment transfiguré, le coin de ciel, avec une branche d’arbre, dans la bande vitrée en haut du mur.

 

C’est délice.

Devant la machine à café, un moment, entre les cloisons vitrées des bureaux, petit sourire poli, corps droit, partie nul ne sait où, la laisse est détendue et la sentir rend aigu cet instant. – Un lecteur penché sur un texte où il se perd, dans le secret d’une chambre, dans une bulle au milieu des tables d’une bibliothèque, et l’horloge s’est arrêtée. – Un marin seul au creux d’une coque,  la mer s’est faite amie bienveillante, le temps s’est effacé, le vent est établi, le soleil descend très lentement.

 

C’est contrainte désirée.

Un moine marchant à pas comptés dans la paix d’un cloitre, traversant les arcades de lumière dessinées sur l’ombre des dalles, et en géométrie parfaite, le clocher de l’église se découpe sur le ciel.

 

Mais atroce, l’absence de liberté imposée – cellule surpeuplée ou non, colonne sous garde de  négriers en marche vers la mer ou le désert, une cale, un marché, des camps, une petite bonne – dures : contraintes qui nient, huit-clos familial, horaires, travail soumis – paralysantes : réserve, ne se fait pas, à crier, mais respecter liberté des visages autour.

 

Oh, Monsieur, elle m’a dit, yeux perdus, grand sourire : «avancer dans un bain de liberté». Mais qu’est ce que la liberté ?

 

La liberté d’y renoncer par amour. La liberté et la solitude de la vieillesse, au delà du corps prison. La liberté qui est la vie. La liberté qui est regard sur la vie. La liberté de finir.

La liberté de te dire que je ne sais pas, que tu m’ennuies.

Liste des participants aux « vase communiquant » d’octobre deuxmilledix :

François Bon http://www.tierslivre.net/ et Daniel Bourrion http://www.face-terres.fr/

Michel Brosseau http://www.àchatperché.net/ et Joachim Séné http://www.joachimsene.fr/txt/

Christophe Grossi http://kwakizbak.over-blog.com/ et Christophe Sanchez http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/

Christine Jeanney http://tentatives.eklablog.fr/ et Piero Cohen-Hadria http://www.pendantleweekend.net/

Cécile Portier http://petiteracine.over-blog.com/ et Anne Savelli http://fenetresopenspace.blogspot.com/

Juliette Mezenc http://juliette.mezenc.over-blog.com/ et Louis Imbert http://samecigarettes.wordpress.com/

Michèle Dujardin http://abadon.fr/ et Jean-Yves Fick http://jeanyvesfick.wordpress.com/

Guillaume Vissac http://www.omega-blue.net/ et Pierre Ménard http://www.liminaire.fr/

Marianne Jaeglé http://mariannejaegle.overblog.fr/ et Jean Prod’hom http://www.lesmarges.net/

David Pontille de Scriptopolis http://www.scriptopolis.fr/ et Running Newbie http://runningnewb.wordpress.com/

Anita Navarrete-Berbel http://sauvageana.blogspot.com/ et Gilda http://gilda.typepad.com/traces_et_trajets/

Matthieu Duperrex d’Urbain trop urbain http://www.urbain-trop-urbain.fr/ et Loran Bart http://leslignesdumonde.wordpress.com/

Geneviève Dufour http://lemondecrit.blogspot.com/ et Arnaud Maisetti http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique1

Jérémie Szpirglas http://www.inacheve.net/ et Jacques Bon http://cafcom.free.fr/

Maryse Hache http://semenoir.typedpad.fr/ et Candice Nguyen http://www.theoneshotmi.com/

Nolwenn Euzen http://nolwenn.euzen.over-blog.com/ et Olivier Beaunay http://oliverbe.blogspirit.com/

Lambert Savigneux https://aloredelam.com/ et Brigitte Célérier http://brigetoun.blogspot.com/

Les tremblements du monde

Créer, écrire, témoigner c’est demeurer fidèle à une certaine image de soi et de l’autre, c’est refuser ce qui nous nie

© Les tremblements du monde, écrire avec Patrick Chamoiseau, coll. les merles moqueurs 2009

DEUX_600© L S 2009


…réfléchir sur sa propre histoire. Comprendre le long chemin, souvent à travers des frontières et des murs de plus en plus difficiles à franchir, qui mène un homme, d’Afghanistan, du Liban, de la Pologne, d’Italie, du Cambodge, d’Algérie… ou de Quimper, sur les berges du Rhône ou de la Saône. Comprendre son rapport à son voisin, qui souvent a rencontré les mêmes difficultés, en empruntant parfois un chemin différent .

méta force

empêcher la métaphore, la poésie en dépend-t’elle , est ce un parcours obligé, imager la réalité crue,  l’en-devant d’une existence, la consistance d’un reflet sans lequel l’être se perçoit  bien vide

l’expression est posé,

qu’est ce que le mot,  le vocable poétique, face de la densité, le  vivant qui œuvre dans la parole, reflet de l’être ou passage, une autre hère à inventer.

Faut il renoncer au visuel que l’esprit véhicule,  laisser le corps impulser ce rythme que le souffle projette,  évacuer cette vision sans tomber dans le vide du sens,

car aussi le mot peut servir de balise, le sens serait entre les mots , soit dans les vides , soit dans le vécu caché des yeux qui lisent et imprègne  l’esprit d’un contenu,

l’ascèse alors, soit dans un fil tendu intransigeant, la trajectoire, libérée de l’aléatoire, et la chair et des passions, la vie résolue, l’irrémédiable des circonvolutions dans la tension des flux et des reflux, on tend vers un absolu,

sophia ou poésie,

alors que sera t’il dit de l’être , quels en sont les enjeux? rendre compte du réel, l’être au monde, se mire ou se pose, est-ce poser la question pressentie ou s’évertuer au partage, il faudra évaluer et concentrer ce qui est partageable,ne risque t’on pas de limiter les termes, l’équation se séparerait du monde et courrait à l’erreur à ne pas voir la pesanteur,

et le rire?

derrière la dérision, l’incertitude qui perce et forge le certain, ce pourrait être une fête mais l’être fait son ménage, la voix est une construction dans le désordre ambiant, le choix et l’effilement,

le voile de l’un, l’intonation rompue au souffle de ce qui est proféré,

l’extime face à l’intime, l’expression n’est digne de figurer hors de que si elle ne porte pas de l’in- ,

ce serait un combat , un dialogue entre l’in et l’ex,

de ce combat sortirait vainqueur une ligne dépouillée de ce que l’être soumet au monde comme une réponse de ce qu’il a retenu, en contexte, et le contexte serait le vivant, la continuation de la survie et la perpétuation , la lutte avec l’ange, l’effort de la verticalité dans un univers aplati,

l’image globale de ce qu’il faudrait retenir, une fois les sensations traversées,

non pas affaires sérieuses mais filtre du temps et affinement de l’esprit,

la forme issue de cet enjeu est ce fil tendu à travers tout ce qui traverse,

la langue trompeuse en alliée domptée, est ce le mot? plutot une victoire sur la tourmente, la langue au cœur de l’énonciation

une droite demeure , l’homme qui l’a forgé s’y appuie.

bet 014

PI erre
© LS