Vase communicant avec Aunryz Tamel

L’idée des vases communicants m’est chère : ouvrir son blog à d’autres écritures et élargir le cercle à ceux qui écrivent sur la toile, particulièrement à ceux qui en donnent l’envie.

C’est Aunryz Tamel, dont javais apprécié l’écriture qui nous offre ce très beau texte sur le thème dont nous avions convenu de « Ce que nous fait le vent »

Et qui m’accueille gentiment sur son espace « les décourcis de Lélio Lacaille »

 

Vent éteint

Une femme, un lourd panier de pommes au bout de chaque bras
autant de soucis que de fruits derrière les paupières

Un homme que ses ancêtres
vigilants spectres qui ne le lâchent pas d’un pas
tiennent droit comme l’épée qui blesse sa hanche
lui interdisant tout commerce de l’œil et des lèvres

La foule, en une vague dense, menaçante, joyeuse
qui s’en va, place du marché
manger des pommes ou les voler

Un âne dont l’obéissance fait durer l’existence
et qui lâche sans malice
– mais rien de certain –
un vent odorant où la ville se dissout
pour un temps

Deux enfants qui poursuivent
chacun le souffle de vent que donne le corps de l’autre.

y
Porte muette-p(Beaume les Dames)

De tous ces passages
que le temps et la pierre ont murés
j’entends le vent triste
J’entends le murmure éteint
la supplique figée en son ombre
le souffle tu d’une bouche scellée

 

(c) écrit par Aunryz Tamel pour ces vases communicants de septembre

Pour la liste des autres vases co de ce mois (et des autres mois) ils sont ICI

  vase-communiquant1

 

 

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Lan Lan Hue : L’écume des mots

Cela faisait longtemps que je voulais faire un échange de texte avec Lan Lan Hue dont j’aime le blog  rencontres improbables. D’elle, j’avais aimé un texte sur la francophonie et la saveur particulière que le français , la langue, peut prendre alors. Son texte , l’écume des mots illustre cette fascination à merveille.

Voila le moment est venu et je suis heureux de l’accueillir ici

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(c) photo Lan Lan Hue

J’ai regardé l’écume s’en aller, disparaître dans le vent, dans les vagues et puis les goémons. J’ai pensé aux mots, écume flottante eux aussi, dans leur valse ritournelle. Ne dit-on pas des mots qu’ils s’envolent et ne sont que vent, vent, vent… Je les avais cueillis jusqu’à présent comme une bourrasque venue du large, fraîcheur retombée sur le monde comme par inadvertance.

Des mots se sont levés, ils ont construit d’éphémères existences. Des histoires, des anecdotes, des théâtres de marionnettes ont mêlé leurs fils. Ils ont raconté les impasses, les espérances et les déceptions. Symptômes acides, vieux restes inassouvis, dans le courant des mots, ils ont tissé leurs phrases. C’était un cours limpide, discipliné, organisé. Mais dessous, grondant dans le monde sous-marin, est arrivée une onde forte, tourmentée d’algues et de coquillages. Telle une encre noire, elle est venue racler le sable, l’éclaboussant de vide et le trouant de figures inconnues.

Goutte à goutte, s’en est allée l’écume. Et puis avec elle, les mots, doucement égrenés, un à un sur la crête des vagues.

C’est la vie en ses histoires minuscules qui se réveille en levant le regard vers l’horizon.

Nacres soleil, erre du vent, vogue le temps.

mer_lanlan
(c) photo Lan lan Hue

Rencontre avec Angèle Casanova

Vase communicant. Cela devient un rendez-vous récurrent le premier vendredi du mois, de publier ici une contribution d’un bloggueur amie, une dans le cas présent. Je vous propose, ce mois, de lire un texte d’Angèle Casanova et de découvrir son site « gadins et bouts de ficelles » où vous me retrouverez avec un texte sur le peintre japonais Inoue Yu Ichi. Le japon semble être notre point de rencontre.

 

celui-là je l’aime celui-là j’adore pas il pointe du doigt chaque rectangle énonce son verdict et passe au suivant

Lucario faites la vague

quelques détails techniques me sont fournis je les écoute consciencieusement

Dardargnan poison paralysant

lui il a plein d’évolutions j’aime bien quand il est bébé mais après non

Pikachu vive-attaque

les pages défilent usées craquantes elles portent les stigmates de la passion partagée le catalogue lui a été donné un cadeau inouï signe d’une nouvelle fraternité

Pironille fournaise

il le conserve tout près de sa tête sur sa table de chevet et le compulse des heures cartes en main étudiant qui attaque à 120 qui est super fort et qui il aura la prochaine fois le jour du cahier

Rattatac choisir une carte dresseur ou une carte supporter

et puis il me raconte le drame du moment la maîtresse a attrapé Nina elle a déchiré sa carte c’était sa meilleure en plus

 

 

auto-vase_communicant/b

tentative absurde d’auto vase communicant entre deux blogs de la même personne <moi-même> comment faire sans risquer l’enfermement et l’asile ; bref je vous propose à ceux qui suivront, un parcours erratique , libre à vrai dire, entre différentes parties d’un même texte (ancien mais jamais bloguié) réparti entre les deux blogs, à lire comme bon semble – je m’étais dit que les liens pouvaient mener de parties à partie mais la technique me fait défaut – donc que la lecture se répartisse comme elle l’entend – c’est encore la meilleure façon d’auto-e vase_communiquer entre « le regard d’Orion » et « les vents de l’inspire« 


la Jocondeempêtré, noyé dans une perplexité sans fin ,

bref dans une impasse ,


il rencontre des groupes apatrides, des espèces disparues et des formules du génome non-explicites

se mêlent à :


les chants perplexes des forêt et les mentalisations des sables s’opposent aux barrages

aux pluies acides des bois-sans-soif

vodka dans le bocal et l’échelle qui mène à lEther


il rencontre des érudits se perd dans les soutes des cargos des détours,

des hommes de loi brisent la chaine du froid


comme des pics à glace ,

qui rient

qui se moquent                              un désespoir incongru,                                   qui du haut de leur boite à sardines lui vendent tous les livres                          qu’ils ont écris ou pas écris,              UTOPIA            c’est un cercle  où milles et cents visages tendent l’arc en X



AURORE boréale                        calotte glaciaire et trou d’OZONE                        boit au bol la voie lactée                anciennement tropique du Capricorne la chèvre est pixelisée et tourne le globe en ARC de cercle                          flèche feu de tout bois les empennages YA  de bambou  shinodake (篠竹?).          ethylisent


une tempête de mots  informe                     jase ,


émet  des hypothèses ,

rêve du TEMPS du Rêve

pointillise les lignes de partage

CACHE

espère ,

le signe directionnel ne prend un sens que s’il est valide, biologiquement

une SYMBIOSE


qui

exclue


ponctue



cette  mystification …



il tend l’oreille …



avoir fait tout ce chemin pour en arriver là, ces déserts , ces gouffres, ces détours empierrées, ce sable des sourires mouvants, ces orchidées écrasées,


rebelle ?,

il pose des

questions ,


on lui répond avec le vent


comme une crêpe , on le retourne ; on l’enfourne dans un chapeau à double fond, et il se gratte le menton , dubitatif

car quand même , il voit bien qu’on se fout de lui, (quand même)




Baissant les yeux il vit que l ‘autre se frottait les mains et se grattait le nez, un œil ailleurs, j’vous dirais pas où , volant entre les fils électriques qui zébraient la ville, caressant les blue jeans moulés des filles et les porte- feuilles gonflés des mercedes surgonflées ,

il se dit bon  je vois bien qu’on est en plein cauchemar et moi pendant ce temps je me fais du mouron, j’en perd mes cheveux qui zébrent la ville  caressant les blue jeans moulés des filles et les porte- feuilles prostrés des cadillacs survoltées


je prend pas le soleil et je me roule pas dans les pâquerettes,

s’en fout la vie ,

Le soleil étincelant, les girls s’habillent de leur vêtements d’ange de soie, agitent leurs popotins multicoulours, les dauphins glissent dans l’eau de l’absolu, la vie proprette cochenille continue ses ravages et le cocon cocoone, le papillon papillonne, les bourgeons bourgeonnent …


© photo Vasil Qesari

Peace ! let live  and get satisfaction (while U can ! ) whales on the beach , breathe wide while surfer bend waves , Jah !


Tisseurs de joie…

Pour le vase communicant de Décembre 2010 j’accueille Silence. Ce mois ci l’étincelle de l’échange a été je crois de se laisser inspirer par le blog de l’autre et de là écrire…

« Flânerie quotidienne » http://flaneriequotidienne.wordpress.com/

le blog de SILENCE accueillera mon texte « Sur les pas éclairés d’une chèvre khirgize », une flânerie avec la conteuse Cécile Nô

tandis que je l’accueille sur les vents de l’inspire (c’est ICI) avec un superbe texte


Tisseurs de joie…

La joie

Le gris

« Il fait gris

Mais le gris est une couleur »

La joie commence là

Regarder ailleurs… autrement…

« Le lièvre mord à l’aube »

Le livre court à l’aube – La vie courante – alternative – L’ohm qui file

Que deviendrons-nous s’il y a des routes partout ?

Que deviendrons-nous s’il y a des villes partout ?

Pris au piège dans un écheveau de fils emmêlés

Pris au piège dans un arc-en-ciel de préjugés

Monter sur une chaise…

Le gris

La joie

Pas celle béante du ravi

Les mystères ne sont pas des merveilles

La vie filante comme une étoile

Les mystères sont des absences de pensée

Que l’homme –essentiellement – imaginaire

Comble par d’autres mystères

Au risque de perdre la joie

Démontons l’arc-en-ciel

Il est curieux, l’homme

Hein ! Il est curieux, l’homme.

Et bavard

Bavard

Rêve de tisser des brins d’herbe

Silence

Pour le vase communicant avec Lambert à qui j’ai pris deux fils, ailleurs, pour tisser ma toile. Amitiés.

© Peinture de Marie Morel , tisseuse de joie (Détail du tableau La forêt, 1999)

Liste des vases communiquants

Daniel Bourrion http://www.face-terres.fr/ et Urbain trop urbain http://www.urbain-trop-urbain.fr/

François Bon http://www.tierslivre.net/ et Michel Volkovitch http://www.volkovitch.com/

Christine Jeanney http://tentatives.eklablog.fr/ce-qu-ils-disent-c138976 et Kouki Rossi http://koukistories.blogspot.com/

Anthony Poiraudeau http://futilesetgraves.blogspot.com/ et Clara Lamireau http://runningnewb.wordpress.com/

Samuel Dixneuf-Mocozet http://samdixneuf.wordpress.com/ et Jérémie Szpirzglas http://www.inacheve.net/

Pierre Ménard http://www.liminaire.fr/ et Christophe Grossi http://kwakizbak.over-blog.com/

Michel Brosseau http://www.àchatperché.net/ et Jean Prod’hom http://www.lesmarges.net/

Lambert Savigneux https://aloredelam.com/ et Silence http://flaneriequotidienne.wordpress.com/

Olivier Guéry http://soubresauts.net/drupal/ et Joachim Séné http://joachimsene.fr/txt/

Maryse Hache http://semenoir.typepad.fr/ et Cécile Portier http://petiteracine.over-blog.com/

Anita Navarrete Berbel http://sauvageana.blogspot.com/ et Landry Jutier http://landryjutier.wordpress.com/

Anne Savelli http://www.fenetresopenspace.blogspot.com/ et Piero Cohen-Hadria http://www.pendantleweekend.net/

Feuilly http://feuilly.hautetfort.com/ et Bertrand Redonnet http://lexildesmots.hautetfort.com/

Arnaud Maïsetti http://www.arnaudmaisetti.net/spip et KMS http://kmskma.free.fr/

Starsky http://www.starsky.fr/ et Random Songs http://randomsongs.org/

Laure Morali http://lauremorali.blogspot.com/ et Michèle Dujardin http://abadon.fr/

Florence Trocmé http://poezibao.typepad.com/ et Laurent Margantin http://www.oeuvresouvertes.net/

Isabelle Buterlin http://yzabel2046.blogspot.com/ et Jean Yves Fick http://jeanyvesfick.wordpress.com/

Barbara Albeck http://barbara-albeck.over-blog.com/ et Jean http://souriredureste.blogspot.com/

Kathie Durand http://www.minetteaferraille.net/ et Nolwenn Euzen http://nolwenn.euzen.over-blog.com/

Juliette Mezenc http://www.motmaquis.net/ et Loran Bart http://noteseparses.wordpress.com/

Shot by both sides http://www.shotbybothsides.org/ et Playlist Society http://www.playlistsociety.fr/

Gilles Bertin http://www.lignesdevie.com/ et Brigitte Célérier http://brigetoun.blogspot.com/

V C sauvages (ne pas tirer la chasse – don’t flush out once used)

vase communicant sauvage

car commenter c’est déjà commu_niquer  désormais les commentaires qui me plairont seront conviés sous les feux de l’actualité  réjouissons nous de  l’interactivité !!!!en espérant que cela donnera envie aux autres de commenter !

aujourd’hui TSANEEM (fidèle commentatrice ) dont on peut apprécier les oeuvres sur un tas de blogs cachés dont souffledame

>>
Dans un bassin de rien du tout
qui leur tend son miroir,
L’astre du jour, la nuée sombre
ensemble se promènent.
Demandons-lui :  » Comment fais-tu pour être aussi limpide ?
C’est simplement que de ma source
me viennent des eaux vives « .
<<

© Pouvoir de la lecture, du  moine Zhu Xi, tiré de « Jeux de montagnes et d’eaux » (encre marine 2007).

cité par Tsaneem

Où est passé le titre-bouchon ?

VASE COMMUNICANTS novembre 2010

ISABELLE BUTTERLIN D’ AEDIFICAVIT

Bien sûr son blog Aedificavit @ http://yzabel2046.blogspot.com/ de son coté accueillera mon texte

j’en rêvais depuis plus d’un an, celui là je l’avais annoncé dès le 15 aout 2009 mais n’avais pas pu répondre présent; un échange de texte avec Isabelle Butterlin dont j’aime l’esprit et la finesse d’analyse, le style à la fois limpide et d’une précision inouïe, bref, ce vase communicant est particulier pour moi et parce que nous voulions de la légèreté nous avons décidé que notre thème serait :  Où est passé le tire-bouchon ?

Où est est passé le tire bouchon ?


Non ! Non et non ! où est passé ce fichu tire-bouchon ! Il a disparu. Non, ce n’est pas une invitation, les invités ne vont pas arriver, la table n’est pas mise, il n’y a pas de cristal, ni d’argenterie, ce n’est pas la question. Je ne peux pas tout esthétiser tout le temps, assez des dandys et des esthètes, des invitations, des rictus, des mondanités, et de la vaisselle juste après ! Non : je cherche le tire-bouchon, c’est tout simple. D’accord, je n’avais qu’à ranger, et je n’ai pas rangé, parce que j’ai fait autre chose et que le temps glisse entre mes mains comme du sable autrefois.

Autrefois, c’était le sable que je laissais filer entre mes mains, il les caressait, et les vagues se répétaient, je gardais les yeux mi-clos, je m’amusais du sable, le temps ne m’était rien. Je me réveille sur les rives du monde adulte, il y a bien longtemps que le temps file, et je n’ai rien rangé, je n’ai pas eu un moment de calme, le jour me dépose sur les rives du soir, et je ne trouve plus le tire-bouchon.

Mais ce n’est quand même pas le moment de ne pas trouver ce fichu tire-bouchon. Un truc du genre une visse sans fin (pour une fois qu’il y a un peu d’infini dans ce monde), et il a fallu qu’il disparaisse dans le tiroir. C’est juste que c’est samedi soir, le téléphone a sonné, j’ai répondu, j’ai raccroché, et soudain, il faudrait un peu de la légèreté d’un Châblis. Non, parce que le Champagne résoudrait certes le problème du tire-bouchon, mais je… non… revenons à l’hypothèse Châblis, c’est plus raisonnable. Si je ne retrouve pas le tire-bouchon, je peux toujours remettre la main sur le couteau suisse, qui doit être dans la valise, elle-même au fond du placard. Il y a ça, sur un couteau suisse, un tire-bouchon ?

C’est alors que les difficultés commencèrent. En principe, avec un couteau suisse, une bouteille de Châblis et un verre à pied, j’aurais dû pouvoir recréer un petit espace de calme et d’ordre au milieu du monde. Je n’ai pas d’ambition, un microcosme suffira. Tout sombre, j’en conviens, je sais, nous courons tous à notre perte, l’air que nous respirions est pollué, les innocents meurent, les menaces se multiplient s’accroissent se démultiplient, mais là, je tiens l’équation parfaite pour une soirée tranquille. J’ai révisé mes ambitions à la baisse.

Et c’est pourtant là que les difficultés commencèrent. Viser le centre exact du bouchon ne fut pas une mince affaire. J’avais réussi un coup digne d’un grand sommelier en découpant le … enfin… ça doit avoir un nom, le papier métallique qui entoure le bouchon, même si je ne maîtrise pas totalement le vocabulaire, c’était très bien découpé, sans bavure. Disons la collerette, voilà, j’ai découpé la collerette. Mais le point fixe au milieu du bouchon ne se laisse pas viser aisément. C’est un léger décalage, certes, mais qui augure mal de la suite des opérations. Je tourne. Je tourne encore, un peu inquiète, le tournillon part de travers, je sens que le bouchon va se déchirer, je ne vais pas me faire du thé… mais je sens que tout est en train de déraper. Ne pas renoncer.

Peut-être pas. Maintenant l’opération que je maîtrise le moins, tous les indicateurs passent au rouge : ressortir le tout (bouchon fissuré, et tire-bouchon) du goulot. Pour les miettes, heureusement, j’ai la passoire qui est pleine de thé, mais là, mes gestes sont d’une précision chirurgicale. Revenons au goulot. Je ne comprends pas pourquoi on appelle ça un tire-bouchon ! Avec une brochette, les opérations seraient aussi simples. L’hypothèse sabre me tente aussi, je déjoue d’une connexion neuronale les changements de consonne, sabrer, sabler, mais ça me ramène au Champagne, mais j’ai beau être un samouraï, il se trouve que pour le moment je n’ai pas mon sabre (je sais, c’est une faute, mon honneur en prend un coup).

Mes rêves de sommelier sont loin. Reste à tirer comme une brute sur cet assemblage méréologique parfaitement immobile, et d’un entêtement abyssal, composé d’un bouchon effrité et d’un tire-bouchon qui a usurpé son titre, coincés dans une bouteille. Le seul objet en mouvement de tout cet assemblage est la bouteille qui glisse, je n’arrive pas à la retenir, nous sommes au bord de la catastrophe, le basculement est inévitable, et la destruction de ce cosmos commence avant même qu’il ait été contemplé dans la perfection de son accomplissement par un seul être. La perfection qui n’existe pour personne est-elle une perfection. C’est une perfection plus grande d’exister que de ne pas exister, et ce précepte cartésien me traverse l’esprit, heureusement.

Il reste encore une chance… Je lance un S.O.S. sur Twitter… dans les minutes qui suivent, quelqu’un entend ma voix … et me conseille de taper sourdement la bouteille contre un mur, à condition de l’avoir préalablement glissée dans une chaussure… le désastre est proche, mes forces me fuient, mon courage vacille. C’est bien un conseil masculin, ça : je porte des ballerines, des escarpins, ou des bottes. Pas question de massacrer mes ballerines. Je risque de me faire mal avec le talon de mon escarpin. Reste les bottes… la bouteille va disparaître dedans. Faisabilité : néant. Accablement.

Reste à sonner chez le voisin, celui qui a garé ma voiture la fois où j’avais écorniflé le poteau dans le parking, et lui confier le tout, sans voir sa mine déconfite devant le désastre. Mon indépendance et mon autonomie sont sauves ; c’est seulement que les tire-bouchon des couteaux suisses ne valent rien. Ou alors que les goulots des bouteilles de Châblis vont de travers. Mais moi j’aime bien ce qui va de travers.

Isabelle Butterlin

LISTE DES PARTICIPANTS AUX VASES COMMUNICANTS DE NOVEMBRE

Anne Savelli http://fenetresopenspace.blogspot.com/ et Christophe Grossi http://kwakizbak.over-blog.com/

Pierre Ménard http://www.liminaire.fr/ et Daniel Bourrion http://www.face-terres.fr/

Lambert Savigneux https://aloredelam.com/ et Isabelle Butterlin http://yzabel2046.blogspot.com/

Cécile Portier http://petiteracine.over-blog.com/ et Joachim Séné http://joachimsene.fr/txt/

Marianne Jaeglé http://mariannejaegle.over-blog.fr/ et Olivier Beaunay http://oliverbe.blogspirit.com/

François Bon http://www.tierslivre.net/ et Bertrand Redonnet http://lexildesmots.hautetfort.com/

Landry Jutier http://landryjutier.wordpress.com/ et Jérémie Szpirglas http://inacheve.net/

Anita Navarrete-Berbel http://sauvageana.blogspot.com/ et Lauran Bart http://noteseparses.wordpress.com/

Juliette Mezenc http://juliette.mezenc.over-blog.com/ et Christophe Sanchez http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/

Murièle Laborde Modély http://l-oeil-bande.blogspot.com/ et Sam Dixneuf-Mocozet http://samdixneuf.wordpress.com/

Urbain, trop urbain http://www.urbain-trop-urbain.fr/ et Scritopolis http://www.scriptopolis.fr/

Arnaud Maïsetti http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique1 et Laurent Margantin http://www.oeuvresouvertes.net/

Piero Cohen-Hadria http://www.pendantleweekend.net/ et Brigitte Célérier http://brigetoun.blogspot.com/

tentative de ruminations ratiocinantes d’une primaire

VASE COMMUNIQUANT d’octobre 2010 :

elle chez moi et moi chez elle (http://brigetoun.blogspot.com/)

Bienvenue à Brigitte Célérier (http://brigetoun.blogspot.com/

qui ce mois-ci m’offre la joie d’un beau « vase communiquant » sur le thème de la liberté, thème qui aujourd’hui s’impose dans ces temps douteux nous en avons convenus, mais qu’est ce que ce mot que nous avons sur la langue et que nous lançons par hasard?

bienvenue à toi Brigitte :

tentative de ruminations ratiocinantes d’une primaire

 

 

Mots, pauvres mots, nés, forgés pour un sens, pour dire. Mots, pauvres mots, sens perdu, détourné, modifié, en douceur, avec le temps. Mots, traitres mots, trop souples mots, adaptables, voix diverses.

 

Oh dîtes, Messire, qu’est ce que la liberté ?

 

Ça claque.

Un oiseau grimpant dans la lumière, un enfant qui abrite ses yeux et le regarde, et une petite brise fait chanter le bois derrière lui, et la lumière ruisselle, sous l’oiseau qui disparaît, sous l’enfant, sur la vallée. – Une petite fille, sa plus jolie robe et noeuds papillonnants sur tresses, main dans la main de son père, rejoint la foule qui chante en dansant «Indépendance, chacha…» comme l’ont fait les congolais, et la suite n’importe pas encore, la nouvelle dépendance qui n’effacera pas l’ivresse de ce jour. – Un corps debout sur une dune dans une nuit immense, qui s’y perd, s’y vide, y dépose sa douleur, et la retrouve transmuée en force.

 

Ça vainc.

Marcher dans les pierres d’une ville, avec, à travers, contre une foule, et allonger son pas joyeusement de tout l’espace que l’on peut obtenir, être en soi. Dégringoler l’escalier gras, s’enfoncer. Les portes du wagon de métro, glissent, claquent en se fermant, sur la foule tassée, des pensées jouent, hésitent, se déroulent, s’envolent et un coude me meurtrit le dos. – Salle de classe, tables alignées, des mots, ennui, voisine agaçante, les yeux partent en voyage furtif sur la montagne, ou le jardin, ou un bâtiment transfiguré, le coin de ciel, avec une branche d’arbre, dans la bande vitrée en haut du mur.

 

C’est délice.

Devant la machine à café, un moment, entre les cloisons vitrées des bureaux, petit sourire poli, corps droit, partie nul ne sait où, la laisse est détendue et la sentir rend aigu cet instant. – Un lecteur penché sur un texte où il se perd, dans le secret d’une chambre, dans une bulle au milieu des tables d’une bibliothèque, et l’horloge s’est arrêtée. – Un marin seul au creux d’une coque,  la mer s’est faite amie bienveillante, le temps s’est effacé, le vent est établi, le soleil descend très lentement.

 

C’est contrainte désirée.

Un moine marchant à pas comptés dans la paix d’un cloitre, traversant les arcades de lumière dessinées sur l’ombre des dalles, et en géométrie parfaite, le clocher de l’église se découpe sur le ciel.

 

Mais atroce, l’absence de liberté imposée – cellule surpeuplée ou non, colonne sous garde de  négriers en marche vers la mer ou le désert, une cale, un marché, des camps, une petite bonne – dures : contraintes qui nient, huit-clos familial, horaires, travail soumis – paralysantes : réserve, ne se fait pas, à crier, mais respecter liberté des visages autour.

 

Oh, Monsieur, elle m’a dit, yeux perdus, grand sourire : «avancer dans un bain de liberté». Mais qu’est ce que la liberté ?

 

La liberté d’y renoncer par amour. La liberté et la solitude de la vieillesse, au delà du corps prison. La liberté qui est la vie. La liberté qui est regard sur la vie. La liberté de finir.

La liberté de te dire que je ne sais pas, que tu m’ennuies.

Liste des participants aux « vase communiquant » d’octobre deuxmilledix :

François Bon http://www.tierslivre.net/ et Daniel Bourrion http://www.face-terres.fr/

Michel Brosseau http://www.àchatperché.net/ et Joachim Séné http://www.joachimsene.fr/txt/

Christophe Grossi http://kwakizbak.over-blog.com/ et Christophe Sanchez http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/

Christine Jeanney http://tentatives.eklablog.fr/ et Piero Cohen-Hadria http://www.pendantleweekend.net/

Cécile Portier http://petiteracine.over-blog.com/ et Anne Savelli http://fenetresopenspace.blogspot.com/

Juliette Mezenc http://juliette.mezenc.over-blog.com/ et Louis Imbert http://samecigarettes.wordpress.com/

Michèle Dujardin http://abadon.fr/ et Jean-Yves Fick http://jeanyvesfick.wordpress.com/

Guillaume Vissac http://www.omega-blue.net/ et Pierre Ménard http://www.liminaire.fr/

Marianne Jaeglé http://mariannejaegle.overblog.fr/ et Jean Prod’hom http://www.lesmarges.net/

David Pontille de Scriptopolis http://www.scriptopolis.fr/ et Running Newbie http://runningnewb.wordpress.com/

Anita Navarrete-Berbel http://sauvageana.blogspot.com/ et Gilda http://gilda.typepad.com/traces_et_trajets/

Matthieu Duperrex d’Urbain trop urbain http://www.urbain-trop-urbain.fr/ et Loran Bart http://leslignesdumonde.wordpress.com/

Geneviève Dufour http://lemondecrit.blogspot.com/ et Arnaud Maisetti http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique1

Jérémie Szpirglas http://www.inacheve.net/ et Jacques Bon http://cafcom.free.fr/

Maryse Hache http://semenoir.typedpad.fr/ et Candice Nguyen http://www.theoneshotmi.com/

Nolwenn Euzen http://nolwenn.euzen.over-blog.com/ et Olivier Beaunay http://oliverbe.blogspirit.com/

Lambert Savigneux https://aloredelam.com/ et Brigitte Célérier http://brigetoun.blogspot.com/

Inspiration : vase communiquants avec Mathilde Rossetti

les vases communicant le premier vendredi du mois d’avril

MATHILDE ROSSETTIs’installe aux vents de l’inspire pendant que je serais chez SOUPIRAIL

http://mathro7isoupirail.blogspot.com

Bienvenue Mathilde !

Inspiration

l’emprisonner dans ces mots pour qu’elle vole en éclats ?  

Fantasme métamorphose d’exil intérieur, passante du vague à l’âme suspendue de cet univers hybride dans tant de résonances internes, de fureurs contenues attisée par la seule communication du dehors au dedans ,

 

L’étouffer dans un cri subjectif à la main ?

 

Pour qu’enfin elle s’évade, lestée, libre vision, myriades regards qui s’étalent  si loin qu’on ne peut  retenir se frayant  une entaille  bousculant les rêves, franchissant une  haie de souvenirs enfouis dans ce pêle-mêle monter à l’abordage d’explosions de pensées où elle se reposait en une intime rumination ?

 

La laisser jaillir en dense de cette  malle de voyages libérer les fermoirs et tenter d’habiller ses pensées broussailles pour se réfugier dans une utopie rassurante sur la toile vierge ou la page blanche ?

 

La surprendre c’était peu être l’identifier par touches brèves, mots de soies, uniques ou successives, exactes ou tremblantes, neutres ou colorées brasiers  de nuits brûlures des jours

 

Lui esquisser un lieu, un trajet sensible, effacer toute référence à l’attraction terrestre, voler l’instant d’un mouvement de terre en totale harmonie avec le jour qui naît., vaincre la pesanteur des choses dont  l’ombre veillerait ne pas effleurer.

 

La laisser exploser compulsive irisations multiples, fusain charbon de ce vase éclos, rouge sanguine gagnant les tripes, envahir l’esprit émouvant projecteur, gonfler l’orgueil marqué par le bonheur soudaine audace d’une fusion au son d’un réveil équilibre des sens.

 

D’abord fermer les yeux et les ouvrir ailleurs.

 

 

Les autres participants aux Vases communicantes d’avril:
Kouki Rossi et Luc Lamy
Pendant le week-end et Ruelles
Jean Prod’hom et Juliette Zara
Marianne Jaeglé et Anthony Poiraudeau
Cécile Portier et Loran Bart
Christophe Sanchez et Murièle Laborde Modély
Christine Jeanney et Kathie Durand
Sarah Cillaire et Anne Colongues
France Burguelle Rey et Eric Dubois
Fleur de bitume et chez Jeanne
Mathilde Rossetti et Lambert Savigneux
Antonio A. Casilli et David Pontille
RV.Jeanney et Jean-Yves Fick
Brigitte Giraud et Dominique Hasselmann
Guillaume Vissac et Juliette Mezenc
Michel Brosseau et Arnaud Maïsetti
Florence Noël et Brigitte Célérier
François Bon et Laurent Margantin
Michèle Dujardin et Olivier Guéry

Florence Noël

mais ne perdons pas de vue nos vases communicants entre Florence Noël, moi et Haïti

© Florence Noël

retrouvez Florence sur ses sites :
Les dits de la Clepsydre
l’âme de fond ainsi que L’âme de fond nouvelle vague
sans oublier La rôtisserie des poètes,  l’atelier ‘écriture

et dernièrement une revue qui s’annonce belle : Diptyque