grip

Quand ou si les mots

ne font plus sens

[laissent une trace proche de l’évaporation]

qu’ils n’ont plus que la densité de la vapeur

dans le wok la cuisson de la crevette

la saveur enchante le temps de la cuisson

mais du mot que reste il ?

s’il n’y a que la trace de la fulgurance

et plus l’étoile

que l’on ne peut que soupirer

le cœur seul brille

mais l’on sait qu’il fut éteint depuis des milliers d’années

le temps n’est plus même cette enveloppe comme une peau

ni même ce mouvement qui faisait courir le crabe

ce n’est pas même un engloutissement

juste une lueur

saisi un instant dedans la capacité à voir

comme pour échapper au prédateur

la nuée dans la main déjà morte faisant sauter  au wok les crevettes

 

Crevette sautée au Wok
Crevette sautée au Wok

Cap Horn – interrogations

assis auprès de moi même

peut être même au bord et m’apprêtant à écrire pour tromper l’ennui,

est-ce me tromper

ou se tromper

car abordant l’abstraction

fait d’attraction et amorçant un retrait

ne pas tomber étant au bord

et rester en deçà

peut être du temps

du pas enjambant ce qui me sépare du réel

étant compris comme

extérieur

mais se joignant à l’intérieur

ces distinctions n’ayant aucun sens

ou en ont elles ?

quelles sont les limites entre la fiction et le délire ,

quand atteint on à ce moment où jouer n’est plus jouer et où la fiction semble créer du réel ?

question qui se montrent

se permettent d’interroger l’homme qui attablé

semble se situer dans un entre-deux

où écrire dérive

est à dire qu’il faut resserrer le fil

qu’écrire c’est être en équilibre

dans ce croisement de la pensée et du désir, du rêve et de l’irréel

savoir se situer

ceci pour annoncer un changement de cap

Frida Kahlo et son reflet dans l’eau

car face au magma ramené par l’imaginaire, l’esprit est le lien entre les choses qui tendent à engloutir,  la posture de l’homme qui de tout temps a eu la sagesse de déterminer un cap, la bonne distance, garante de son action, de sa pensée et de sa décision

cette distance là doit être maintenue contre les assauts à la fois de l’omniprésence de la réalité ou de ce que l’on reconnait comme telle,  et de l’imaginaire, objet du désir ou soubassements du réel, sur lequel le monde habité est construit tout comme le langage qui cependant ne devraient pas être une construction abstraite, trompeuse

d’où la nécessiter de téter au réel

le poète reconnait l’imaginaire comme proche de lui mais devant être maintenu à juste distance, de la fusion avec la matière et l’esprit brut, le feu, combustible qui n’est que bénéfique qu’ inclus dans le réel, médiation sociale, les religions et les rites procèdent ainsi et permettent à l’homme de retrouver l’argile dont il est fait et l’étincelle, essentielle mais transcrites en termes lisibles par tous.

s’y soustraire est attiser le feu.

reconnaissance, donc, mais aussi sauvegarde, non par peur mais par précaution, reconnaissance à la fois de la nature de l’homme et de de l’intention de ne pas s’y perdre.

Le coeur gros, l’homme abandonne ces rivages avant d’être happé.

est ce de battre en retraite ou lutter pour sa place, le vide comme le plein est nécessaire à la survie, et de ce vide, installer le creusement ou installer le plein, le trait dans la maîtrise,  le coeur et l’oeil appellent le monde mais sages et déterminés s’en tenant éloigné,

comme de la confusion.

toute la difficulté dans la fiction est de maintenir le bon écart, entre le soi se sachant tel et les incursion d’un irréel, reflet ou double du réel, interrogation de la représentation et irruption,

ce n’est pas de représenter, ni d’identifier, ni d’invoquer, c’est sans doute de maintenir par le langage une bonne distance, garante de la réflexion, se maintenir dans le chaos en tenant fermement un fil, fil d’Ariane dans le labyrinthe, ne donnant pas caution au délire mais ouvrant les possibilités, soi toujours tendu sachant que le sacré est à portée de main mais avant tout en soi

non visible mais agissant.

du moins je crois.

Inspiration : vase communiquants avec Mathilde Rossetti

les vases communicant le premier vendredi du mois d’avril

MATHILDE ROSSETTIs’installe aux vents de l’inspire pendant que je serais chez SOUPIRAIL

http://mathro7isoupirail.blogspot.com

Bienvenue Mathilde !

Inspiration

l’emprisonner dans ces mots pour qu’elle vole en éclats ?  

Fantasme métamorphose d’exil intérieur, passante du vague à l’âme suspendue de cet univers hybride dans tant de résonances internes, de fureurs contenues attisée par la seule communication du dehors au dedans ,

 

L’étouffer dans un cri subjectif à la main ?

 

Pour qu’enfin elle s’évade, lestée, libre vision, myriades regards qui s’étalent  si loin qu’on ne peut  retenir se frayant  une entaille  bousculant les rêves, franchissant une  haie de souvenirs enfouis dans ce pêle-mêle monter à l’abordage d’explosions de pensées où elle se reposait en une intime rumination ?

 

La laisser jaillir en dense de cette  malle de voyages libérer les fermoirs et tenter d’habiller ses pensées broussailles pour se réfugier dans une utopie rassurante sur la toile vierge ou la page blanche ?

 

La surprendre c’était peu être l’identifier par touches brèves, mots de soies, uniques ou successives, exactes ou tremblantes, neutres ou colorées brasiers  de nuits brûlures des jours

 

Lui esquisser un lieu, un trajet sensible, effacer toute référence à l’attraction terrestre, voler l’instant d’un mouvement de terre en totale harmonie avec le jour qui naît., vaincre la pesanteur des choses dont  l’ombre veillerait ne pas effleurer.

 

La laisser exploser compulsive irisations multiples, fusain charbon de ce vase éclos, rouge sanguine gagnant les tripes, envahir l’esprit émouvant projecteur, gonfler l’orgueil marqué par le bonheur soudaine audace d’une fusion au son d’un réveil équilibre des sens.

 

D’abord fermer les yeux et les ouvrir ailleurs.

 

 

Les autres participants aux Vases communicantes d’avril:
Kouki Rossi et Luc Lamy
Pendant le week-end et Ruelles
Jean Prod’hom et Juliette Zara
Marianne Jaeglé et Anthony Poiraudeau
Cécile Portier et Loran Bart
Christophe Sanchez et Murièle Laborde Modély
Christine Jeanney et Kathie Durand
Sarah Cillaire et Anne Colongues
France Burguelle Rey et Eric Dubois
Fleur de bitume et chez Jeanne
Mathilde Rossetti et Lambert Savigneux
Antonio A. Casilli et David Pontille
RV.Jeanney et Jean-Yves Fick
Brigitte Giraud et Dominique Hasselmann
Guillaume Vissac et Juliette Mezenc
Michel Brosseau et Arnaud Maïsetti
Florence Noël et Brigitte Célérier
François Bon et Laurent Margantin
Michèle Dujardin et Olivier Guéry