Persan

Il faudrait, sans raconter puisque raconter éloigne

 

 

dire que j’étais sur la place

 

 

Zoom persan

où il y aurait un marché

allaitant

des gens pleins de bruit

causant

couleurs alléchantes

de fait léchaient lapaient sanglotaient

le chaland tripotait des choses pour rien, chose ne veut pas dire grand chose,

sur la photo il y aurait un collage tout mouvement et variété indifférents dans la besace

des provenances des directions des dynamiques des échanges des transactions des évolutions

marchandises dans le sac vrac de sac là on dit s’en mettre dans la poche et tête dans le cabas

je sirotais en songeant

aux draps

aux olives

au savon

à la récolte

 

j’étais sur la place et je flânais dans un livre

qui ne parlait pas du marché

pas de celui là

étant à mille lieues

j’étais seul étoilé au marché

je me prenais pour l’anis

et de fait les vieux étaient à l’anisette

parlant peu buvant sec

 

Opium

moi dans le livre tournais les pages le dos aux visages le corps aux corps et vaguement aux bruits souriant aux sourires possibles des quatre coin du monde : Arménie, Togo et même peut être de Sibérie

 

si ça se trouve on tombe

cassé comme l’eau sur les embarcadères du port

 

Tout cela n’a pas de sens et sans sens entame le sens que l’on a de son orientation.

Poignance des choses

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souffles de foudre

les humeurs des os

je retourne l’envie

 

j’y trouve

là où vais

je retourne

 

Y accéder est sans parler

la mélancolie côtoie et il suffit

le bras allonge pour relancer

tout est à proximité mais que choisir

peut être le contact s’impose

un élancement approche une ouverture

dense sans le vouloir

seulement en marchant

cherchant à se taire et se taisant

Lamber Sav
Lamber Sav, encre

*imaginant et portant à l’eau

sans souffle

comme lorsque je parle

ou que l’encre s’élance

ou se ferme dans la foudre

et qu’emprunt des feuilles aspirées d’encre

l’odeur de la poignance est comme aller à l’eau

 

 

 

 

 

** la poignance des mots comme disait Levi-Strauss – Chris Marker (Sans soleil)

saisir

Je suis allé grimper  la nuit sur le chemin qui monte quel merveille je me suis retrouvé dans cette émotion que j’avais enfant quand je partais la nuit dans la forêt l’esprit et  la porte du rêve les sens et éveillé dans la fraicheur le corps se hâte

retrouvé dans la voie lactée et toutes ces lumières les étoiles les pensées des dieux les lueurs bavardage de géant dont nous ne voyons que les perles

 

 

des temps est-ce le début ?

 

Permanence, la lumière par les points et mon corps qui se lave s’asperge les efforts lorsque tout s’est retiré laissant briller l’éclat

 

et le chemin qui accompagne l’ouverture d’un possible

le noir redevient lumière

l’espace heureux

 

vibrer de l’air le trait qui le traverse

 

 

Car le matin est proche et je tend ma main pour que tu la prennes et que naisse un sourire pareil au ciel ce soir

 

Un brin de tristesse comme si je m’étais cueilli

la vie fébrile va se poser et nos regards se croiser fondre peut être et se couler