lisse sans quoi la raideur

sous le pin

comme un nœud sous le pin

assis sous le pin

 

j’en vois l’écorce blessée

et la nécessaire lucidité

de l’égale fluidité aride

 

le toit

dépassant

une eau émeraude troublée

amène

une égalité d’humeur

 

est le pendant au bain crasse de la journée

les rides

d’un seul tenant

dépassent

les aspérités

 

la pierre est lisse

 

je ne lance pas dans le lac

le poids

je garde l’apaisement

douce

la peau dans la paume

 

parvenu à l’accord

quiétude acquiescent

 

lisse sans quoi la raideur laisse le lac indifférent

 

hirosi nagare
hirosi nagare

 

beauté

On ne sait pas bien pourquoi l’homme se voit avec ses viscères , comme si une chevrolet se voyait comme un moteur ou dévoilait les dessous de ces enjoliveurs, non , pour poursuivre la référence une chevrolet se voit dans le couchant qui tombe sur Ayer Rock – une pluie de magnificence – comme un feu d’artifice (ces lumières dont parlait Chaplin) les feux de la rampe – Broadway – le chemin large voila comment l’homme ne peut pas manquer de se voir – ouvert – une route s’ouvrant largement –

Surgi des douleurs la beauté s’abat – la beauté et la force rejoignent le monde perçu comme une gerbe dans le cœur, le jabot, c’est une poule qui est un paon, le paon embrasse toute la lumière qu’il capture dans les fibres de ses plumes, couleurs, luisances, veines et motifs comme des aimants circonviennent et enroulant par la géométrie sacrée non pas SOI mais le monde, beau et clair dont il s’empare, par un gloussement de ruse, l’attirer surgissant à lui et par là devenir beauté, serrée serrée on est toujours serré étant un corps même envolant là  où oiseau, voix de beauté fragment de lumière dans la voix et s’y astreignant pour atteindre et le soleil et les étoiles, l’animal le velours et la terre, la laissant respirer.

L’homme voyant la beauté ouvre les bras et s’étend il coud l’étincellement peau à peau, lumineux il s’empare du monde dans l’effort s’y épuisant s’y régénère, c’est séduire le désir en le devenant, ce n’est pas un équilibre mais une aspiration, le monde par les naseaux se dresse jusqu’à se toucher du monde, vagues de joie d’appel, silencieux face à l’astre danse l’immensité tissage du cuivre et l’air forêts et l’eau de la rivière puissante mais se voyant immense, respect tendu – englobant – ténu comme un bâton et finissant comme le bec par où l’on parle – la parole se rejoignant dans la beauté des mots – sons des bouts de fils émergeant du fil, lignes répétitives comme chaque matin se lève grain de maïs et pollen et s’y enveloppant simple comme l’herbe, puissance de la couleur guérissante flamme quand l’astre entame sa rotation et émerge, dévoilant tout – râle infime similitude –  par la parole surgi sur la fascination que l’homme grossier bafoue mais tout quand dans la respiration l’air et le feu agissent – ne détruisent pas car qui a vu l’astre dévorer le monde, vu de trop près, reste à distance, mince mais s’emparant rayonnant de la lumière – au plus beau de soi

C’est pourquoi l’homme se pare de toute la beauté, étant beauté. se parant et dansant s’y épuisant.

Gaïwan

 

l’arôme des feuilles à l’eau, clarté verte  et reflet du thé dans l’instant plus bref qu’un mot suggère l’éternité

que sont ils devenus les champs de thé ?   les ouragans ont tout détruit amenant au coeur même de l’esprit nippon la destruction

les radiations ont elles osé souiller les feuilles de thé ?  comment vivre si tant de beauté s’est effacé ?

pluie noire sur l’invisible paralysant la régénérescence