à la Lune

Je me suis servi de la nuit comme d’un levier

tenter de me hisser moi même vers l’irradiance de la Lune toute l’aide qui perçait des étoiles et les hourras des légumes

gisant de fièvre à même mes doigts un ver s’en retourne luire

 

filets d’or épingle

à travers le feuillage

pomme splendide

gîte au plein Astre

 

et me penchant au balcon sans aucune peur du vide

 

une coulée me permit de voir le reflet des marées

ouverture de sable brodée des coraux

pansement tes lèvres quand elles se mettent  à trembler

 

Soif

pour une pluie divine  la peau dans les embruns cesse sans aucune arrière pensée passant et repassant jusqu’à serrer au plus fin le motif

pour finir le voyage

chahuté

la fatigue

car les cahots comme si  ballot sur le dos d’un chameau sauts de ses lourdes pattes élastiques

mais la corne est aux pieds foulée dans les herbes

 

 

ou une caravelle que je voyais voler dans le ciel étaient-ce les nuages ces fils où je glissais à m’en faire mal je me retourne dans mon sommeil cherchant l’issue au pourpre

 

cela semblait sans fin et qu’importe le sens inverse à la pesanteur

me hissant à revers et pesant nonchalamment vers un bleu trouée d’or vert

 

allongé le nez aspiré sans odeur

une nuance de bleu

j’avais rencontré au désert la nuit quand l’âme est rechapée l’immensité clairvoyante filles vivantes les fleur d’un matin pointent dans la rosée c’est retrouver le minéral dont l’étoffe est faite pointe de la nuit

des jours et des jours et de la résistance et la chaleur

brouille de bleu si bien qu’on ne pense plus qu’à ça

 

et aux grains la-haut qui filent

Photo 506

 

 

 

 

Béance la nuit 2

le matin apporte les nouvelles à la tamise de la nuit

les mots de l’aube se sont mis à pleuvoir au plus fort du rêve

à ce moment précis où tu as placé ton visage contre moi

où tu as inscrit ta rosée tes sourcils dans ma respiration

Brigitte Komorn , carrés

ton souffle dans mon souffle

le coffret du sommeil se soulève tes rêves me sautent au cou

ton désir a inscrit les miens

 

délicatement tu as peins la couleur avec tes lèvres

un semis sur les fils

le monde s’est envolé un grand cri dans mes lèvres

s’élève ma maitresse à genoux je te prie

 

la bougie soufflée dans la pénombre

mon sourire accolé au tiens nous nous sourions

nos bras des colliers de fleurs que nous ne cessons de nous offrir

nous égrenons les silences

les parons chacun à son tour de l’émerveillement

 

quelques herbes séchées trouvées sur ta langues

des bribes de je t’aime dans le rouge de tes lèvres

et follet le feu joue sous tes paupières

je me fonds en toi comme dans une eau, une seconde peau

 

 

nos mains dans l’onde l’offrande aux dieux remonte le courant

 

herbes des tresses

un tissage

et tu murmures

ta voix m’envoute

 

ma douceur à ta caresse ma tendresse la douceur de ton nez

le pétale qui recouvre tes yeux m’intime le calme

 

les olives noircies de soleil la fournaise des feuilles argente

 

je pagaye à la nuit noire

à la nuit dans mes veines

la pleine lune est un halo

coupe en deux l’océan

la lumière est un sentier

mes veines

un fil

recoud les blessures

 

les herbes simples

que je ramasse et serre pour te les offrir

 

ma vie n’est plus un fagot que je brule mais précieux un bouquet que j’ai peur de perdre

une à une les tiges les fleurs les feuilles comme une danseuse le bras dans la lumière

 

mon cœur s’est ouvert et nous sommes restés comme un

nous confondant

l’amour rythmant

 

la voile blanche tes seins un papillon  rouge s’y est posé

 

une nuée des feuilles a recouvert le lait sur la rivière

 

l’horizon secret s’est rapproché dans sa migration

 

les oiseaux nous ont emmenés

le cygne s’est mis à pleurer

le naufrage s’est couvert de palmier

 

Juillette-Zo__ 2OO5- Brigitte kOMORN

 

Le tourbillon s’est apaisé nous sommes restés biface liés d’un même lien médian; dans nos doigts les nervures et l’abondance d’un fil, nous a enroulé comme nous dévalions la colline ; d’une même pente nous serrant l’un contre l’autre et riant aux éclats s’en est un tournis ; au hasard vent tes couleurs ce n’est que légèreté l’air est retombé traversées des déplorations de la musique se déposent béance sur nos peaux ; de Bohème la gaité  doucement comme un chat s’étire

j’ai hurlé dans la nuit