Sociologie du rêve

Écrire c’est toujours ramener des profondeurs du « moi » tous les trésors cachés, toutes les fleurs nocturnes du subconscient, et c’est aussi, par conséquent, éveiller tous les démons et les dieux cachés »

 

…. dans le secret de l’âme un halo de cette Afrique, une trace de la douceur de ces senzalas, qui en pénétrant le brésilien, a perdu toute son âpreté douloureuse pour devenir seulement une musique de rêve »

Roger Bastide 1944 et 1973 cité dans « images du Nordeste mystique en noir et blanc – Babel

retour de flamme

Oui un retour d’une flamme … la colère est un sentiment que je comprends parfaitement mais que j’essaye de maitriser et qui m’interroge, ce sentiment doit je crois être utilisé à son bénéfice et non à sa destruction par plus fort que soi ou en effet l’injustice et le mépris (voir par exemple le numéro de la pensée de midi sur le mépris . Ici j’essaye de reconnaitre ce sentiment en faisant appel de façon plus ou moins déguisée, c’est à dire que je me l’approprie,  à l’expérience aborigène en Australie , .

Fiona Foley est une artiste aborigène contemporaine et cette peinture est  l’illustration idéale ; « l’image »situe le propos dans un contexte soudainement politico-métaphysique », tout simplement de souffrance.

Voila qui éclaire le sens que j’y mets,  même si je n’aime pas trop l’expliciter et que j’ essaye de garder une portée universelle (au sens où elle est offerte) à la réalité de mon expérience qui se rattache à un plus grand ensemble, social, politique et philosophique, esthétique et humain ; c’est le rôle de la poésie et de la pensée poétique , qui peut être pourra ainsi échapper au « non ce n’est pas moi », gardant un caractère opaque qui lui permet de résister, d’exister et de se développer comme ce prolongement en est la preuve, (suivant en cela la pensée première qui m’a inspiré: celle de Gandhi).

Le flux sur lequel nous vivons permet à la pensée de vivre et si nous nous en saisissons, d’infléchir la façon dont nous pouvons percevoir, peut être, loin d’un consensus social appauvrissant,
les réseaux sociaux en sont la preuve : d’un statut sur facebook  (Qu’est-ce qui vous fait croire que le mépris n’atteint pas la colère ? ) suivi de commentaires pertinents mais qui ne prenaient pas en compte une expérience vitale et sociale et privilégiaient la sagesse et l’acceptation candidienne (quelque part) mais finalement aboutissant au retrait (c’est comme cela que je le comprends l’ayant pratiqué) ou au renoncement (chose que je ne parviens pas à faire, je mets « l’habiter au centre de ma pensée et ne parviens pas à roder mais désire ouvrir ) et  le lendemain voyait mon envie développer les quelques mots en exergue et laisser dériver ou enfler dans un post  (https://aloredelam.com/2012/06/09/le-jus-presse/) qui aujourd’hui rallume le dialogue ; preuve que la flamme n’était pas éteinte et le sentiment vivant toujours à l’œuvre ; aujourd’hui le commentaire de M C T vient montrer qu’il y a une base sociale et révoltante : vivre avec 600€ et peut être même personnelle,  à la colère ou à l’injustice, à l’inadéquation de l’existence sociale nommée « mépris » à la réponse non tolérée (par les pouvoirs imbus) .

Je m’apprêtais à écrire un autre texte, encouragé par la vidéo d‘Angélique Ionatos sur Médiapart qui dans ses propos rejoint les statuts que j’avais publié quelques jours plus tôt sur la nécessité du rêve et de l’utopie et l’amplifiant, lui donnant un socle social et politique  : la situation en Grèce mais aussi celle que nous vivons et dont le mouvement des indignés témoignent, un texte de Dimitris Dimitriadis poète grec contemporain s’en faisant l’écho et donnant un poids immense à la notion d’être là dans ce temps de maintenant, prélude à un monde nécessairement nouveau ; une dimension philosophique, artistique et poétique : la conscience et l’intuition d’Odysseus Elytis toujours bien présente est la preuve que la poésie que l’on croit sage et enfermée dans les livres est un retour de flamme que le moindre souffle humain ranime ; car là est le cœur de l’art  et le fondement de l’engagement : l’humain et la relation (un autre de mes poètes, central, peut répondre : Edouard Glissant a basé son œuvre sur cette pensée et cette révolte qu’il nomme « tout monde »); idée que ce texte développe car sommes nous en train de faire si ce n’est un tour du monde de la révolte, du mécontentement et de la volonté de l’utopie née de l’insatisfaction et du mépris qui peut aller jusqu’à la négation, comme les esclavages en témoignent ;

http://www.dailymotion.com/embed/video/xrggsi
Et les rêves prendront leur revanche… par Mediapart

Il est fascinant de voir comment la pensée sur internet peut enfler et s’augmenter de l’apport de l’autre ; donner un souffle plus fort à la réaction, à l’action aussi infime soit elle, qui du fait de son énonciation, existe et fait fleur autour d’elle, empêchant l’adverse de s’établir, du moins on l’espère ;

Là, le commentaire que je comptais écrire devient « post » à part entière, me donnant l’occasion d’expliciter et de développer un propos et déjà j’envisage des thèmes futur, en gestation ou à délivrer, m’enflant de force et poussant  ma pensée plus loin, la faisant sortir du ghetto de l’opacité ou elle était confinée car en effet elle refuse de se soumettre et de se concensualiser ni de se radicaliser à outrance.

Ainsi  l’échange et la relation favorisent l’écriture et le contenu qui se diffuse a finalement la densité de  la pensée, oblige à plus de fermeté dans la tenue et l’élocution, au sens on l’on « dit » fait vivre une attitude au monde, trottoir qui déborde les maisons. l’écriture atteint son but en s’enrichissant de l’autre et s’amplifiant, donne envie de continuer la navigation de cabotage (Jorge Amado) l’exemple, ç’aurait pu être celui de José Saramago,  n’est pas innocent.

Comme le disait Barbara Glowczewski dans ses ouvrages sur les sociétés et la « politique » aborigène , nous pouvons mieux comprendre les logiques culturelles des sociétés aborigènes maintenant que nos sociétés ont intégré les logiques de réseau dans leur fonctionnement , bref notre pratique et l’existence d’internet permet un éclairage sur les pensées aborigènes que les penseurs de jadis ne saisissaient pas, l’ethnologie toute entière et la réalité des peuples autochtones est d’ailleurs à repenser, ou peut être faut il simplement se passer de les regarder (s’en saisir par la pensée) mais simplement les laisser parler et nous laisser happer ; la boucle se boucle ainsi ou plus exactement est renvoyée comme un boomerang à son point de départ, préparant à entamer une boucle de plus car ce sac de nœud qu’est l’univers quoique bouclé n’est jamais conclu.

Cela avec internet est possible et la réponse dont se nourrit le blog qui est conscient de devoir revendiquer sa position de libre-pensée en tant qu’action, vent-brouillon qui n’est jamais conclu mais toujours en mouvement même quand il semble au repos ; la pensée – écriture n’est pas uniquement mots mais est parole active ne cessant jamais.

le jus pressé

Qu’est ce qui vous fait croire que le mépris n’atteint pas la colère ? Tyerabarrbowaryaou

© peinture de Fiona Foley Sawfish & WahWonglge

La réponse à la colère n’est pas facilement donnée, pourquoi la colère ? quand dans la rue le monde semble hérissé de ses piquants si bien que la relation est souvent découragée ou transformée en rapport de force, quand s’impose une violence sure de son bon droit décrété de toute humanité, ce à quoi on oppose le gout de vivre, reste de vitalité laissée en flaque ou surnageant dans le désert comme un nuage d’eau ; et l’on se sent laissé là, quand la pression des décideurs rend l’air irrespirable ; et que tout autour la sècheresse et le semblant de joie est ce la peur qui se cache, ils signifient que l’on s’adapte et que l’on se conforme, on fini par s’y faire , pensent ils. et qu’il résume dans ce mot

Toute une succession de rangs d’appartenance semble irradier d’un centre, famille, amour, amis, quartier, langue … les cercles vont en s’évanouissant alors qu’ils s’éloignent et se mêlent jusqu’à devenir illisibles ou invisibles, le centre semble, lui, protégé et n’est pas exposé ; on sait bien qu’il est là et qu’il pulse le nombre incalculable de ses remparts, d’ailleurs c’est peut être que l’on a décidé de ne pas l’apercevoir car ses razzias sont des incursions bien visibles, on ne voit qu’elles, émanation du pouvoir et de l’échafaudage de la permanence.

Il semble que l’on soit pris dans le cercle, dans un des cercles, à l’intersection des spirales qui aspirent et établissent un lien dans le schéma, l’homme est écartelé dans ces espaces et semble se ranger à un embranchement des tracés, l’homme pourtant s’y sent mal à l’aise et les griffures tracées sont instables elles ne recoupent pas les autres cercles héréditaires, effacés et rompus, recouverts et opaques, deux mondes se superposent comme un bâtiment s’écrase sur la terre dont les matériaux nient l’essence.

L’œil hagard et le corps questionnent, c’est le point de départ de ce qui enfle comme la colère, l’intersection là où le cercle dévore et anéantie l’ancestral, ressentiment le sang  et la cendre dont l’homme a été recouvert , de tout temps, qui fut le concentrique de ses vies et qui le reliant au vivant, dont il se réclamait croissaient en même temps que sa mort et que se renaissance ; pulpe et connaissance.

Les cercles de violence ont tout recouvert, et l’homme qui ne sait plus rien, qui ne ressent pas la joie à l’extérieur même si elle sourde à l’intérieur et qu’il garde pour lui, qu’il ouvre en sourire parfois, qu’il transforme en acte désespéré de tendresse parfois, qu’il éjacule quand il s’en rencontre, l’homme ne voit pas l’acceptation,  intégrer lui parait lointain, la colère d’être coupé de son estime le prédestine, n’établit pas un pont avec l’immédiat du ressenti et la spontanéité, il semble que l’homme ne sache plus, lui de haut degré les mots ont du mal à se former et le tracé de sa main s’il se souvient reste hésitant, à se mettre en branle et à déterminer la ligne, surtout la relation étincelle maintenant le mouvement et l’accord et qui est vitale  semble se perdre dans le sourire vide de la chute.

Cela pourrait être vain et s’apparente au désarroi, simple sentiment de déconnection, son centre à lui a perdu les liens rattachés aux cercles et au lignes qui le dessinaient, il en revient aux gestes simples et aux saveurs, il s’en remet au rêve maintenant qu’il sait que les filins servent à attacher ce qui séparé ou laissé à soi , tombe ; arrose tous les jours de l’eau conservée sous quelque forme, sous flamme vacillante en forme de galet ou poudre capturé au vent, on prendrait de rien bouture qui se suffit d’un élément de vie, alors que tout s’assèche, on aimerait croire et se fondre dans la simplicité, accepter que finalement on nait de solitude et d’un pli au vivant, accroché à rien qui ne soit fixe,imperceptiblement livré au vent.

Mais quand accusent aucune des traces ne débouchent si l’arbrisseau même mort à des envies de fleuraison et sent la mer appeler l’air.

indigo rock

le roc qui se noyait dans l’oc »an

l’océan qui tentait de raisonner  le roc

en colère

sa bouée

la puissance sans fond

et son apparence de calme

sa placidité

parvint à entailler

la susceptibilité

il se résigna à être

qu’un roc

dur et  immobile

laisse aller àlui

la pluie

les vagues même quand la tempête lève

le vent et les gouttelettes si fines

les algues

les seiches et les murènes

les calamars géants et les baleines qui échouent

les moustiques

et les ricochet de galets lancés

coques de navire et bois lavés

pêcheur et amoureux

bétonnière quand la wehrmacht construit une base d’UBOOT

crabes et oursins lui marchent dessus

un égout débouche pas loin et il se serre le nez

mais la brume lui apporte des nouvelles des épices

et les fleurs jetées à l’eau de l’autre coté lui parviennent en songe

l’esprit parfois s’égare

ou faut il croire la fable et des pétales lui sont ils une douceur

venue de loin la robe blanche a abrité des poissons

et caresse son immobilisme de gros dur

fichée dans le socle

une ferraille peigne le vent et ratisse l’air

comme un cachalot le plancton

et l’océan sans broncher reste lui aussi à la même place

sans béer

assené à l’île

Les rames continentales sont restées à flotter dans l’indéfini j’ai mis le cap vers l’espérance et )à la nuit j’ai lancé la pirogue

les étoiles scintillations des restes du jour j’ai chéri les histoires me repérant aux trous noirs et m’agrippant aux filins du voile bleu nuit

je me suis jeté en pâture ligne m’enfonçant dans les fonds ne distinguant plus que les scintillations

l’acupuncture des rêves bois blanc qui flotte

les chants magnétiques quand tètent les sirènes

les histoires en boule galaxies comme massage

respirant par la tranchée les vols au vent

nageoire parallèle de tous les noms aqueux

les gouttelettes de brume mes amantes

me brûlent le firmament au bain marie galant

de tous les horizons la houle irréfléchie insuffle aux draps le sommeil la coque coco hisse le voile de pagne le bois troue la profondeur élève l’association céleste à la proue des voix berceaux

quand au matin j’ai crié terre jeté  doucement en eau de lit le lin sur le rivage les larmes comme des vagues me lèchent la fatigue langue de corail et le ressac libèrent l’immense au roc

l’ile du lendemain

ouvre-boite, lignes et surfaces

Le ciel rouge au dessus  suintait de toute part, une chaleur étouffante et les couleurs de plus en plus tiraient vers le violet, il devenait de plus en plus difficile d’avancer le long de cette route droite et sans fin. Il avait bien entendu des histoires de chemin qui allaient de points en points, de façon erratique, un peu comme l’œuvre d’un peintre fou ou le galop d’un cheval halluciné – à y bien réfléchir cette droite l’exaspérait, elle coupait la surface d’une ligne absurde et existentiellement inutile, une cicatrice – la chaleur devenait intense – il voyait les lignes rire et pleurer disserter à tort et à travers dans des élans de créativité soudains et puis se résorber ; elles se taisaient, les silences créaient des trous – il se vit encerclé – le langage tournait en boucle, un tournis qui lui semblait circulaire, vaguement à la façon d’un tournevis même si certains arguent que le tournevis n’est pas circulaire mais allez savoir- ceci de manière si hâtive que bientôt il ne distingua plus rien – au dessus de lui les lignes du ciel se faisaient de en plus menaçantes, ils se dit que ce devait être les tensions électromagnétiques mais il trouvait bizarre tout de même qu’elle se mettent à parler – il sut qu’elles étaient de nature bavarde et que leur chanson se perdait dans la nuit des temps ; la nuit cela n’avait pas de sens, la nuit n’était qu’un changement de points et de lignes- alors qu’elle aurait du être surface – il était fatigué – la nuit c’était quand les lignes se mettaient à courir et que tout s’enfuyait hors des surfaces, là au contraire toutes les lignes tendaient à se résoudre en une seule, elles se rapprochaient dangereusement de lui et il se mit a courir mais les lignes clowns faisaient le pitre devant lui et il su que l’effort était en vain. Ce n’était pas comme ça et peut être d’ailleurs ferait il mieux de s’assoir, de stopper le mouvement. Car ses lignes commençaient à jargonner dans la langue ancienne et à vouloir se joindre aux autres dissensions, ce n’était pas drôle et il ne comprenait plus –

Il se rappelait les entrelacements des amitiés et ce qui lui avait semblé être des crocs, les lignes et les points plans des frenyuderichas  étaient de deux ordres, il se rappelait les vieux et leur bizarre chanson, mais lequel des deux pullthecorkoutofthebottle  ou tryyourheadasacanopeneurcartoutvit, le vieux avait rit et s’était moqué « ouvre-boite ou « tire-bouchon » avait il marmonné, le tire-bouchon était circulaire, il était fait d’une seule et même pensée qui se retournait sur elle même et racolait les lignes folles autour d’elle et permettait de marcher sur un chemin où les broussailles poussière qui bloquaient la vue et les autres lignes le laissaient tranquille, ça faisait un boucan du tonnerre, le vieux avait rit oui le tonnerre frenyuderichas voulait dire cheval aussi bien que tire bouchon ce qui signifiait en fait tonnerre ; seulement le retrouver était dangereux car il pouvait mordre et les lignes en se dilatant faisaient un bruit insupportable comme un pet d’ancêtre, tout dépendait de ce que l’ancêtre avait mangé mais on pouvait parier que ça puait car dieu sait ce que bouffaient les ancêtres ? et puis on pouvait se retrouver enfermé dans l’absence de ligne si jamais on prononçait mal tire-bouchon, il y avait tant de consonnes, enfin ce qui semblait des consonnes car c’était en fait des vrilles de mot, des aléas de tracé qui se répercutaient, il fallait être du clan du tire-bouchon et apprendre très jeune à prononcer tous les noms de la lignée du tire-bouchon qui étaient  aussi nombreux que les étoiles et que les touffes d’herbe sur la prairie et cela sans en manquer une. ce n’était pas sûr ;

Il était du clan de l’ouvre-boite.

L’ouvre-boite ressemblait à une sphère transparente et était étendu tout du long de la surface, les pieds joints ; il devait certainement y avoir une raison  à cela , et pourquoi les pieds joints, cela avait il ou avait t’il eu une importance, un sens profond ? je ne parvenais pas à me rappeler, ma raison me disait que les pieds, joints ou non devaient avoir partie liée au problème, cela devait être car sinon pourquoi en aurai-je fait état, spontanément , sans y être invité ?  et d’ailleurs pourquoi étais je passé de la troisième personne du singulier à la première personne du singulier, cela était un indice et tendrait à montrer que j’étais sur la bonne voie, du moins avais je retrouvé le « je » , that’s a start, content, je me mis à gratter le sol férocement – l’horizontalité m’y incitait cela était clairement établi et je voulais rétablir la position, cela je le savais, ce que j’ignorais c’était pourquoi – toujours cette question qui me taraudait, pourquoi ! pourquoi devait il toujours y avoir un pourquoi , pourquoi invariablement des compléments circonstanciels entrainaient des relatives ce qui compliquait toujours tout, je déteste les relatives, je sais que nous vivons dans un univers déterminé par la surface ou les lignes ne jouent aucun rôle et c’est pourquoi le tire-bouchon pour le clan de l’ouvre-boite n’était d’aucune utilité, et que par conséquent des suites ininterrompues de conjonctions et de coordinations et autres subtilités nous encombraient l’existence, je vous le dis tout net si cela ne tenait qu’à moi je les ferais toutes sauter !! mais pour cela il fallait retrouver l’ouvre-boite et les lignes devenues complètement furieuses de n’être pas prises au sérieux par un tenant de la surface étaient de plus en plus rouge et tourbillonnaient en tout sens- un bon ouvre-boite ferait taire tout ce brouhaha mais ou était il ce sacré ouvre-boite ?  rien que d’y penser ! – puis un silence se fit dans mon raisonnement, un creux dans le temps si vous préférez , j’avais achoppé à quelque chose ; c’était ce verbe ‘ »sauter » qui m’avait si fortement ému, pourtant le lien entre ouvre boite et sauter m’échappait, cela me faisait plutôt penser au tire-bouchon tonnerre, ce pouvait il que les deux aient partie liée, qu’il fussent du même supra-clan, que les deux mots se rejoignent à un moment et que les surfaces soient en fait des lignes et réciproquement et que j’en sois, en ce point précis de mon trajet, arrivé à l’endroit où les lignes étaient en fait des surfaces, question de regard me direz vous, peut être qu’un bon tire bouchon …? Mais il restait toujours ce problème de la prononciation et si je me trompais tout risquait de me sauter à la figure, et ça bien sûr ce serait la fin des haricots. Le clan des haricots n’intervenaient qu’à la fin et n’était pas lié au clan du tire-bouchon ni à celui de l’ouvre-boite, ou alors de façon très lointaine et emberlificoté, en fin de lignée, ce qui expliquait qu’il n’intervienne qu’à l’extrémité et n’était d’aucune utilité. Il valait mieux laisser tomber ; non il fallait retrouver l’ouvre-boite sacré et ça … ce n’était pas une mince affaire car il avait été volé, du moins le disait on, un silence ironique- ou semblant tel ponctuait toujours les phrases où ouvre et boite se faisaient entendre – la prononciation ne posait aucun problème car les rêves en avaient la forme et moi-même en étais venu à me voir comme un ouvre boite _ je me mis à penser qu’il me suffirait de m’introduire dans les lignes pour que celles-ci se rétablissent enfin en surface car oui, il me semblait clair que chacun des membres du clan de l’ouvre-boite en était arrivé à être son propre ouvre-boite et en s’étirant suffisamment à être universellement ouvre-boite, il pourrait donc à force de conjonction et d’insubordination forcer les lignes à redevenir surface – lumineux, mon raisonnement boréal commençait déjà, je le voyais, à se faire se résorber les lignes qui penaudes rentraient à la niche d’elle-même – les niches sont des boules de lignes prévues à cet effet dans les renflements de la surface totale ; je m’étirai et m’étirai en sphère de transparence permanente et je m’ aperçu bien vite que je devais  avoir retrouvé l’ouvre boite en m’ouvrant au rêve, il s’avérait bien que nous étions tous des ouvre-boite en puissance et qu’il suffisait de s’étirer suffisamment pour que la surface redevienne paisible et débarrassée des lignes.

Trace du rêve

e                     muet
s’efface                  l’ourlet

articulation inusitée                  ces sons en disent long
qui entend                                       le vent
qui entend                                       l’inaudible sous les branches des voyages
ploie                                              la masse se fait sentir

sont-ce consonnes                      cette alliance             ce lien

nécessaire pesanteur                             arrime

les masses dans le mot                          écrase                               rythme l’air

sinusoïdale                      longe  sans fin la bave de  la chenille                  empilement                    cataracte des anneaux

l’homme immergé saisit des bribes et articule                se remémore

forme dans la bouche l’aspect fulgurant du monde       ce qu’il en sait

mouche               termite                     abeille          points de repère et traces              voyance                 le  journal du Rêve est la mémoire de l’infini                             que le geste termine                                   reprend                                 atermoiement du vivre

goutte sur le sable                                      temps                         que la bouche expulse                                  que cueille la main

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