sente

mais je crois qu’à force elles construisent une barrière de fer

 

à force de chercher à détacher l’air

à force de forcer la terre à lâcher l’air …

à force que l’air s’infiltre dans nos têtes

 

les paroles sous couvert

et les fossés

et l’habitude des bombes

finissent par ouvrir en soi

comme un chemin

 

par se retourner contre soi

 

contre la paix

le poids de l’enfance

d’un silence

et l’attente d’une rosée

 

ce sont  nos yeux qui s’éteignent

le fer et les paroles qui  ferment

 

les cris  entament  le corps
les rêves ne savent plus rêver

et l’esprit

ne parvient qu’à retourner vers les lieux de la  blessure

 

 

alors peut être il ne faut plus chanter

 

il faut baisser les bras

ramener à soi  le sol

et commencer à partir

loin d’une bouche close

 

vers cette ligne verte

qu’une voile te promet

et en chemin tout jeter à l’eau

pour une bouffée

 

l’espérance

 

 

et troquer son chapeau contre une semence de l’arbre

une senteur d’eucalyptus

une errance Rapa Nui

 

un sentier

et tout oublier

s’oublier

au fond du bleu de l’eau

 

rumeurs

mais chausser des palmes pour grimper à l’arbre ?

sur la chaume du monde  un orme

un gecko dans l’aile de l’hirondelle

le kérosène s’allie au feu de brousse

j’entends

les sanglots désolés de la glace
la fonte creuser un trou pour y cacher
l’eau tant qu’il y reste du froid

au printemps les mésanges parlaient de l’ours blanc

Trace du rêve

e                     muet
s’efface                  l’ourlet

articulation inusitée                  ces sons en disent long
qui entend                                       le vent
qui entend                                       l’inaudible sous les branches des voyages
ploie                                              la masse se fait sentir

sont-ce consonnes                      cette alliance             ce lien

nécessaire pesanteur                             arrime

les masses dans le mot                          écrase                               rythme l’air

sinusoïdale                      longe  sans fin la bave de  la chenille                  empilement                    cataracte des anneaux

l’homme immergé saisit des bribes et articule                se remémore

forme dans la bouche l’aspect fulgurant du monde       ce qu’il en sait

mouche               termite                     abeille          points de repère et traces              voyance                 le  journal du Rêve est la mémoire de l’infini                             que le geste termine                                   reprend                                 atermoiement du vivre

goutte sur le sable                                      temps                         que la bouche expulse                                  que cueille la main

Ekwos

est-ce mon habitude                             croupe                                 le cheval ,

par où tu montes               et délivres                     par où tu étends à la trajectoire                de l’enclos / l’encolure

par le cou                     la déchirure / crinière

par là   s’accroche / caresse                              l’immensité et soi

le défilé imbrique            boite/déboite

presqu’au dessus de la canopée des cimes                                    chevauche                                enlacé au crin

c’est comme faire l’amour au monde

en étalant                        comme des               ailes aux naseaux

épi-souffle de l’étalon /jument                                             ekwos le dit bien

le temps de ton souffle n’est pas épique
le grain                                l’herbe  le vent  libre              erre        /     balance                          le gréement de  la plaine                                       entortillada des chemins                                 dévale                /                remonte                     à                       ras      /       lourd                  un lac                           en bas                       des collines                                là haut                               les roches                                      mont                aride                                    l’horizon en dessous                            les veines d’Ekwos ou                    dans le bris du ciel                        à                flanc de nuage                              l’ancêtre

 

 

L’      arbre parsemé                          L’  ours                                              biche                                                 à l’orée                              et moi /  large au temps

and kissing you stroking Horse neck

spreading your wings my love wooden horse            on warm breath

Ekwos nasus blowing    flabbergasting hooves hamering freedom
while
in the oven cooking okra greens side by side with rolled  roasted poultry in carcinogenic pastry
meanwhile
over a turtle  mountain  a canopy breaking ground and grinning                              fading carpet                             hovering over a  forest singing of               awake cavity

spinning toes

cannot make up for the lost hug while kissing you

like winding                     wide wilderness of an unrush mountain stream                            desperately climbing                                   whimsical tree   pilgrim Bear and staggering doe  and me

terre d'exil

même
si on ne la connait pas
qu’il faut frapper à la porte fermée
interroger l’invisible
de derrière la

porte fermée
tu sais c’est pas facile , des fois
des fois je

voudrais la raconter
l’histoire même si je ne la connais pas

essaye
, peut être qu’elle surgira des mots
à l’improviste mais les mots me
semble vide, ils résonnent

à vide dans le silence
comme s’il ne s’appartenaient

plus
comme s’ils sonnaient creux quand je les entends
rire
alors

j’essaye de les additionner
et de là peut être que quelque chose
voudra

dire
tu comprends ?

oui
, je crois ,
je comprends le désarroi
l’histoire hurle dans le silence
et tu
ne peux pas la dire

Faut il se contenter de laisser vivre
ce qui pousse ou
déborde

prendre un certain recul et dire mon rêve
ma pensée mon désir
mon enracinement à l’horizon

ne faut il pas

se bander et propulser l’informe

et oser
le provoquer?

doit il ce désir attendre le moment

embourbé

doit il fatigué de suivre les méandres
qu’a fini par creuser la pensée
le
souffle
le corps

décrépi à force s’imposer

décidé à déchirer ce voile

virginal
qui recouvre protège ce que les yeux
et l’envie voient au loin
trop
loin

absent de soi.

bleu1_800

© L S

agripper, passer au temps présent
verbe d’action
transitif acter

est-ce la poésie cela
destin humain que de se
satisfaire de la souffrance et de la frustration?

mettre le rêve entre des parenthèses de style
capotes
qui protège du frottement de la jouissance

ou faire le pas

et réduire

claquer la porte à la claquemure

se laisser revivifier par le vent froid gifle du réel,

mais qu’est ce, le réel
une surprise un élan
inattendu inusité une piqure de froid
une brûlure

et, assuré

sauter

bond d’un homme déterminé
du coté de l’incarné

homme que je me dois d’être

ce bond en est la condition
au seuil de l’air
accroché par les aspérités
du déchainement de l’entre-deux pas

cela devient obscur dès que l’on divague
on perd le sens de ce que l’on voulait
dire
et il me semble que je me perd
l’esprit me détourne
c’est sans doute la
difficulté de dire
rester en phrase avec le brut des mots
Tristram l’a bien
montré
à suivre les courants de l’esprit
la boucle entortille le vécu
et forme
une immense pelote

vécu rêvé inaccompli
tout ce que l’esprit et l’humain peut agréger
inventer témoigner on s’y perdrait et est-ce le but
il a
écrit le long de ses lignes ces failles

on en prend la mesure

mais est-ce d’avancer en attendant
en poursuivant

et enclencher se rapprocher

accrocher le filin au balcon après que le chant
ait enchanté la nuit et
pulpeuse la belle
ce visage aluné et le corps transi
en attente

img_5947

© L S

la poésie surement y mène
et la corde les muscles bandés approcher du rêve
se saisir de ce halo et …
là s’échappe la poésie pour un temps on pourrait
bien parler de Pan
de ravissement de rapt d’émerveillement
de big bang de
bigbande et d’étincellement sexuel ,

surement les mots trouveront la rive du sens
plus tard une fois l’acte
accompli et les sens au repos
l’homme augmenté reprendra le rêve
serait ce
que la poésie n’est que là
dans le leurre au sens où l’entend le chasseur ?

voulant dire que toujours les mots
accrochent la
métaphore
se servent du réel en miroir
contemplent au sens la contemplation
s’arrêtent

il faudrait que le mouvement se refuse à la distance
ou bien l’enjeu est il
différent?

nécessairement l’homme écrivant
se maintient il à
cette table ou éloigné
dos à l’arbre se plonge-t’il
dans le vivant en partage
en songe en vouloir-vivre?

sujet ne peut il vivre l’objet de son désir ?

l’objet et la peur détournent des mains qui veulent
saisir

déterminé il faut cette rupture mais aussi
l’engagement comme d’un combat car il ne suffit pas de rompre
il faut saisir,
porter l’entrevu
le peut-il
et le corps y suffit il

n’est ce pas justement l’écart
l’impossibilité la
difficulté ou ce réputé pour
qui me force à harnacher de mots
à reclure
pour laisser s’octroyer les lignes et les couleurs

et s’effondrer les murs de chair

est il poésie sans écart hors du rêve
sans recul

s’emplir du réel qui devient
bourrasque orage tumulte

émotion se renforçant en chair

et se démultipliant

prenant une force insoupçonnée
surmultipliée

mais je rêve encore

la poésie serait plus forte si elle se situait
de
plein pied!

ou plus sure
assuré d’une brassée
enlacer la plus que vive et en être
plein

certain

et l’exigence d’aller plus loin
toujours renouvelée!

se rejoindre

malgré cette distance
cet écart où j’avance et cela
recule

ce Cela que je vois hausse tous mes désirs
mais
je n’ose autrement qu’en vent
vent qui souffle de ce que je me crois
permis de mes tréfonds.

la vision d’une terre qui enserre
me rappelle à ma réalité d’exil
je peints cette rive comme un voilier caresse
mélancolique
les herbes et les mottes du rivage
l’appartenance pris entre la vague et le vent
saudade ambigue
entre empreinte et poussée des sèves
tellurique
le temps prononce la sentence
et matière promet des floraisons

les mots eux ouvrent l’espace
en vent debout
à la déchirure qu’impulse le désir
l’oeil dans la toile de l’absolu entrouvre
pétillant le pressentiment au vivre
hors de tout propos
les mots comme une liberté dans les blancs
deviennent la langue inconnue
ivre comme la brise
qui pousse et vibre au corps
car le sens et la trace
sous-tendent le piège
et pourraient ramener en arrière

c’est donc dans les vides
et le sens accordé à l’horizon
le chant improvise une mélodie
certaine et résonnent
du chaos du pas de l’homme
qui marche et déchire
le tissage du monde comme un passage

pris entre ces deux ancres
l’une amarrée et l’autre
fine comme une soie solaire
pris entre le devoir de fidélité
sûr de son tracé
opaque et l’aimant
d’une voile
ivre à l’assaut de l’ile
la mélancolie et la joie maligne
donne à l’oeil l’envie d’embrasser
l’absolu à venir

l'assoiffé nocturne


fixité malgré ces vents tourbillonnants, ces feuilles farandoles tombent mortes à nos pieds, elles étaient si vibrantes aux rainures, si verte de vitalité qu’elles faisaient briller l’arbre de splendeur, elles  n’accrochent plus la sève aux branches, n’enflamment  plus l’azur dard de l’été  elles s’entassent dans un tapis jaune , elles couvrent d’or les forêts avant humus de révéler les corps nus os des arbres , elles sont l’apparat du temps qui pare et dépare, ne vaut que dans le mouvement des états de l’existence,  joint et disjoint et se retire, coït quotidien entre les choses et le monde réaffirmant toujours la prépondérance, terre meuble ou rocailleuse chagrines ou rieuses les vies cabots se meuvent dans le destin fatalité et mélancolie  barrière obstinée de l’irréel l’illusoire de ce qui aurait pu mais ne se fige pas et ne se figeant pas trouve son enracinement-embranchement au gré des vents à la plongée des racines cailloux à la jointure des sources des effondrements des vents qui tordent des herbes qui étouffent des hommes qui arrachent des aliments qui tuent des jardinier qui transplantent des guerres qui rasent des femmes qui  font cuire au bouillon des bouches qui crient boucles des oiseaux qui happent les graines de la charrue qui laboure et retourne en mottes déchirées le sol paisible assoiffé d’un destin incongru chaotique balbutiement d’un  temps
enragé des mots qui s’imposent dans la versatilité cohérence dont le trajet dispose en logique nébuleuse l’originalité d’un trait  unique entrecoupé des mille cassures de millions de rejets de pousses en feuilles en fruits qui jutent en graines qui volent portées vers un vent qui les happe en destin qui ouvre l’inconnu aux pattes de l’insecte qui la pousse à sa fécondation ultime  vie de graine, haillon d’écorce  libérée la vive genèse de éclate à l’invisible nos yeux captateurs

C’est ce devait être et en effet c’est , l’élancé végétal le têtard l’embryon le sourire allumé au sexe des yeux est là pour en témoigner , la vie fébrile se cache ici matin corolle étincelance d’un espace fabuleux éclipsant toutes les spirales nécessairement rivales du soleil, éblouissements enclins œil aux étoiles qui brillent même à pleurer de la nuit

2006

rencontre

les entendant je caressais l’arbre dans la cour et fit quelques pas, illuminé de ces derniers vers en lune, ils résument tout , et le torse tendu mes pas sautant rejoignent le chemin effacé, cette draille recouverte de buissons épineux , de pierres brise pieds, les sabots torrent et l’attention qui gronde
l’autoroute et les arches bétons ondulaient pourtant à coté , à deux pas, entre deux
juste à traverser, désopiner la ligne blessure
la voie est une faille
et la mer pleine immensément en répons d’une même lancinance, également veine
mais la femme regardait de ces yeux parole et s’enfonça dans la forêt , moi sur la plage , voyant cela, je pris mon ouverture et mes yeux apprirent

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