retour de flamme

Oui un retour d’une flamme … la colère est un sentiment que je comprends parfaitement mais que j’essaye de maitriser et qui m’interroge, ce sentiment doit je crois être utilisé à son bénéfice et non à sa destruction par plus fort que soi ou en effet l’injustice et le mépris (voir par exemple le numéro de la pensée de midi sur le mépris . Ici j’essaye de reconnaitre ce sentiment en faisant appel de façon plus ou moins déguisée, c’est à dire que je me l’approprie,  à l’expérience aborigène en Australie , .

Fiona Foley est une artiste aborigène contemporaine et cette peinture est  l’illustration idéale ; « l’image »situe le propos dans un contexte soudainement politico-métaphysique », tout simplement de souffrance.

Voila qui éclaire le sens que j’y mets,  même si je n’aime pas trop l’expliciter et que j’ essaye de garder une portée universelle (au sens où elle est offerte) à la réalité de mon expérience qui se rattache à un plus grand ensemble, social, politique et philosophique, esthétique et humain ; c’est le rôle de la poésie et de la pensée poétique , qui peut être pourra ainsi échapper au « non ce n’est pas moi », gardant un caractère opaque qui lui permet de résister, d’exister et de se développer comme ce prolongement en est la preuve, (suivant en cela la pensée première qui m’a inspiré: celle de Gandhi).

Le flux sur lequel nous vivons permet à la pensée de vivre et si nous nous en saisissons, d’infléchir la façon dont nous pouvons percevoir, peut être, loin d’un consensus social appauvrissant,
les réseaux sociaux en sont la preuve : d’un statut sur facebook  (Qu’est-ce qui vous fait croire que le mépris n’atteint pas la colère ? ) suivi de commentaires pertinents mais qui ne prenaient pas en compte une expérience vitale et sociale et privilégiaient la sagesse et l’acceptation candidienne (quelque part) mais finalement aboutissant au retrait (c’est comme cela que je le comprends l’ayant pratiqué) ou au renoncement (chose que je ne parviens pas à faire, je mets « l’habiter au centre de ma pensée et ne parviens pas à roder mais désire ouvrir ) et  le lendemain voyait mon envie développer les quelques mots en exergue et laisser dériver ou enfler dans un post  (https://aloredelam.com/2012/06/09/le-jus-presse/) qui aujourd’hui rallume le dialogue ; preuve que la flamme n’était pas éteinte et le sentiment vivant toujours à l’œuvre ; aujourd’hui le commentaire de M C T vient montrer qu’il y a une base sociale et révoltante : vivre avec 600€ et peut être même personnelle,  à la colère ou à l’injustice, à l’inadéquation de l’existence sociale nommée « mépris » à la réponse non tolérée (par les pouvoirs imbus) .

Je m’apprêtais à écrire un autre texte, encouragé par la vidéo d‘Angélique Ionatos sur Médiapart qui dans ses propos rejoint les statuts que j’avais publié quelques jours plus tôt sur la nécessité du rêve et de l’utopie et l’amplifiant, lui donnant un socle social et politique  : la situation en Grèce mais aussi celle que nous vivons et dont le mouvement des indignés témoignent, un texte de Dimitris Dimitriadis poète grec contemporain s’en faisant l’écho et donnant un poids immense à la notion d’être là dans ce temps de maintenant, prélude à un monde nécessairement nouveau ; une dimension philosophique, artistique et poétique : la conscience et l’intuition d’Odysseus Elytis toujours bien présente est la preuve que la poésie que l’on croit sage et enfermée dans les livres est un retour de flamme que le moindre souffle humain ranime ; car là est le cœur de l’art  et le fondement de l’engagement : l’humain et la relation (un autre de mes poètes, central, peut répondre : Edouard Glissant a basé son œuvre sur cette pensée et cette révolte qu’il nomme « tout monde »); idée que ce texte développe car sommes nous en train de faire si ce n’est un tour du monde de la révolte, du mécontentement et de la volonté de l’utopie née de l’insatisfaction et du mépris qui peut aller jusqu’à la négation, comme les esclavages en témoignent ;

http://www.dailymotion.com/embed/video/xrggsi
Et les rêves prendront leur revanche… par Mediapart

Il est fascinant de voir comment la pensée sur internet peut enfler et s’augmenter de l’apport de l’autre ; donner un souffle plus fort à la réaction, à l’action aussi infime soit elle, qui du fait de son énonciation, existe et fait fleur autour d’elle, empêchant l’adverse de s’établir, du moins on l’espère ;

Là, le commentaire que je comptais écrire devient « post » à part entière, me donnant l’occasion d’expliciter et de développer un propos et déjà j’envisage des thèmes futur, en gestation ou à délivrer, m’enflant de force et poussant  ma pensée plus loin, la faisant sortir du ghetto de l’opacité ou elle était confinée car en effet elle refuse de se soumettre et de se concensualiser ni de se radicaliser à outrance.

Ainsi  l’échange et la relation favorisent l’écriture et le contenu qui se diffuse a finalement la densité de  la pensée, oblige à plus de fermeté dans la tenue et l’élocution, au sens on l’on « dit » fait vivre une attitude au monde, trottoir qui déborde les maisons. l’écriture atteint son but en s’enrichissant de l’autre et s’amplifiant, donne envie de continuer la navigation de cabotage (Jorge Amado) l’exemple, ç’aurait pu être celui de José Saramago,  n’est pas innocent.

Comme le disait Barbara Glowczewski dans ses ouvrages sur les sociétés et la « politique » aborigène , nous pouvons mieux comprendre les logiques culturelles des sociétés aborigènes maintenant que nos sociétés ont intégré les logiques de réseau dans leur fonctionnement , bref notre pratique et l’existence d’internet permet un éclairage sur les pensées aborigènes que les penseurs de jadis ne saisissaient pas, l’ethnologie toute entière et la réalité des peuples autochtones est d’ailleurs à repenser, ou peut être faut il simplement se passer de les regarder (s’en saisir par la pensée) mais simplement les laisser parler et nous laisser happer ; la boucle se boucle ainsi ou plus exactement est renvoyée comme un boomerang à son point de départ, préparant à entamer une boucle de plus car ce sac de nœud qu’est l’univers quoique bouclé n’est jamais conclu.

Cela avec internet est possible et la réponse dont se nourrit le blog qui est conscient de devoir revendiquer sa position de libre-pensée en tant qu’action, vent-brouillon qui n’est jamais conclu mais toujours en mouvement même quand il semble au repos ; la pensée – écriture n’est pas uniquement mots mais est parole active ne cessant jamais.

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