l’ici qui marche dans l’ailleurs

Mais pourquoi raisonner uniquement en terme de territoire, d’identité de corps, vassalité et communauté ?

quid de l’esprit comme des courants qui ne sont pas que marins ou mammifères, s’inscrivent dans une mathématique, aussi surement que le soleil brille les aléas aimantent les affinités et gravitent, les pôles de nos circulations intérieures sont en mouvance, attirés les uns vers les autres selon des itinéraires qui doivent rester secret, rivés aux affinités déployant des attractions

loin en apparence, les corps ne cessent de s’alimenter l’un l’autre, de se bécoter en aller retours, le grand vide est un champs magnétique où les dérives en veulent aux rives, imperceptiblement se fondent dans un même esprit même si immobile en apparence, un fil à linge qui au jour semble relier les maisons comme les voix des commérages de la rue et ce de rues en rues descendant vers le port mélange de la lessive à la nuit et au large les voiles des navires

mouvement en forme de fleur, aquarelle de Lamber Sav 1997

Edouard Glissant : un champs d’îles, la terre inquiète, est-ce cela qu’il à voulu dire ? les êtres sur la terre sont en constant soucis de correspondance, déplacement hors de la place dans le mouvement et le temps, de façon récurrente ou par accident pour susciter la fécondation

ainsi fait le vent ou la grand marée sous le repicage de la lune

dans les trajets en dessous tout bouge et se rejoint, se déplace dans quel soucis, déposer les oeufs là à des milliers de lieues plutot que sur place bénéficie t’il à la grande circulation,

photo Vasil Qesari , Lisboa

ils échangent l’esprit comme ils mêlent les salives, le mouvement aide à l’éclosion et la posture statique ne fait que tromper l’incompatible pendant que la vitesse joint les bouts

et patchwork, les proximités sont trajets de bouts en bouts

des iles que nous sommes tous ou quelques uns, coques de noix naviguant de là en là où le monde ne va pas ? le monde des masses continentales est percé des veines qui irriguent et créent des voies établissant là aussi un réseau de correspondances, et on voit de îles couver un continent, maillage des chaumières circonvenir à une forteresse

sailing away (photo inconnu)

le monde n’est pas ce qu’il parait, si solide ou liquide et dans ces états des correspondances, attractions, répulsions, émulsion, révulsion et si on y parle toutes les langues, si le filet entre les mailles touche à l’émotion, les bouches s’abbouchent et sexe de femme en fleur éclosent, dans les yeux le fluide courant qui zèbre l’univers

un socle de terre traversé des mille faisceaux est comparable à l’archipel et , l’esprit en pluie fines gouttes scintillant d’arc en ciel porte et préjuge des transports, la matière en mouvement

bouillonnant  des alliances.

Kreol contre Krévindiou

extrait d’un article sur Potomitan par Maxette Olsson:

une idée de la créolité et de l’être au monde

il faut lire le texte en entier là : ==> http://www.potomitan.info/maxette/creole.php

outé pou tann! Tann pou konpwann!

Appartenant à la diaspora, en ce qui me concerne, être véritablement créole bannit tout sectarisme, dogmatisme ou ségrégation. C´est un état multiracial et multiculturel. Oui! Être créole n´est pas du tout un appel. C´est un état, une intelligence, une spiritualité, un parler, une souffrance, une éducation, une attitude, un proverbe, une histoire, un savoir-vivre, une belle manière, un style, une cuisine, un léver-fâché, une recette, un manger, une élégance, un son, une tradition, une décoration, une musique, un mariage, une chanson, un art, une nouvelle, une danse, une joie, une débrouillardise, une mèdecine, une discipline, une case, une courtoisie, une tenue, une sensibilité, une belle parole, une histoire, un instrument de musique, une littérature, une curiosité, une misère, un babiller, une poésie, un conte, un toiser, une boisson, une veillée, une susceptibilité, un bobo, une pensée, un patrimoine, une insolence, une passion, un piqué, une douceur, une chaleur, une générosité, une fête, une fleur, une épice, un diéser, une magie, un commèrage, un vêtement, une mode, une étiquette, une conscience, un bijou, …  Si-w sé Javèl ou a tiré-y!(Si tu es du Javel, enlève ces vérités établies), est une forte expression créole de la Martinique.

Pour vous dire, que l´on nous appelle créole ou pas, quelque soit notre histoire, que vous soyons Javel ou pas, nous ne pourrons jamais effacé cet état créole, parce que messieurs et dames, jeunes comme vieux, sachez qu´être créole est un esprit créatif en spontanéité existentielle qui transcende toutes les causes!  C´est un don! Quand on a un don, il faut être donnant. C´est l´interaction forte du don. Transmettre ne serait-ce qu´à une seule personne le bien-être créole est ma mission de gratitude d´être consciente de cet état d´esprit.

Encore une fois, je ne suis pas du tout colorée en noir par des couillonnaderies. Je n´écris pas pour être connue, mais pour apprendre à me connaître. En écrivant, j´ai capté qu´il est plus facile d´être connue que de se connaître soi-même. Je ne lis pas pour m´évader, mais pour apprendre à vivre Ô présent. En lisant, je retiens l´extra de mon ordinaire. Je ne parle pas pour avoir raison, mais dans la seule intention d´exprimer cet incessant dialogue intérieur. Étant une outsider exilée, je n´ai jamais eu l´ambition d´appartenir à l´intelligentsia, à un club culturel ou à une congrégation religieuse quel qu´il soit. Et je ne perd pas le nord. J´habite au Nord. Je suis tout simplement une Nègresse Créole lucide d´être descendante d´esclaves, ces nègres et négresses lesquels les négriers blancs parfois aidés de leurs comparses noirs, leurs mettaient entre autres une bombe dans le trou des fesses pour les empêcher de marronner. Bonda miné! est la rengaine. Toute l´histoire créole soit des nègres, des békés, des Syriens, de la présence des ancêtres du Mahatma Gandhi et des ancêtres de Mao est déjà écrite entre autres par Raphaël Confiant, Jean Bernabé, Hector Poullet, Sylviane Telchid, Ernest Pépin, Jala, Jean Sahaï, Jude Duranty, Gisèle Pineau, Edouard Glissant, Patrick Chamoiseau, Frankétienne… tous ces maîtres de la Créolité qui donnèrent une nouvelle vision, une nouvelle force et une nouvelle fierté de la langue créole et de l´état créole. Ne serait-ce pas une méchanceté gratuite d´éteindre cette flamme, cette énergie, ce souffle du “Tout-Monde”?

Ne m´appelez pas créole! On n´appelle pas ce qui est. Je suis divinement Créole, ce qui est parfois interprété comme une superbe.

Maxette Olsson