quand on pense aux morts

Ramassé

comme un serpent dans un panier

le nœud

se confond avec les fruits

et les herbes posées un tapis

assis est comme debout

même si la nuit dehors

Comme dans la rue

l’étendue

et même dans la boue

ne la percevant pas

les arbres de la forêt

et les sourcils froncés

suffisent à la marche

deux mots bien taillés

même le brin le plus fin

quand il est coupé

Le nasal au plus près

de l’odeur et de l’ocre

on se rend compte

qu’au dessus de la tête

Il n’y a pas d’oiseaux

Ni outardes

Ni éperviers

allègre ou amère

l’année se suffit à elle même

et tu te redresses

de tes points de suture

la plaie

cousue d’un fil

le front puissant des rides

saisit au vol

libre de ce qui échappe

les feuilles dont ne fait rien

si elles ne sont pas la branche

le fruit que l’on mange

les nuages voyagent le ciel

plus qu’ils ne le découpent

un souffle c’est le vent

au dessus fonce de la force

et se tapie au fond du panier

à force réussit à élimer le corps

dont il ne reste plus que l’essentiel

à la survie

l’exercice

ce qui est déjà bien

quand on pense aux morts

3615178-3-mai-les-singes-ont-la-parole-avec-la-revue-labyrinthe-75011

le moment n’est pas venu tant que l’on marche

une ridicule appréhension me fait me dire je dois peindre dehors

peindre ce que je vois       ou écrire       mais peindre

malgré que je n’en ai pas fort envie

j’aime la nature mais je préfère m’y promener

aujourd’hui je me suis posé près d’une petite cascade à un endroit où l’eau reposait dans une saine profondeur

y reposer a calmé la journée comme un ciel se vide et s’apaise

j’ai ensuite poussé à travers bois en montant un chemin encombré d’arbres échoué des pierres culbutées on dit des chutes de pierres chutées le bruit de l’eau aussi chutait et je le percevais dans les lacets

je n’aime pas décrire mais si j’omets ces impressions et la pression de mon corps sur le paysage  le pas et ce que je perçois voyais sentais dans ce voyage de garrigue

on me croirait parti dans un voyage et si je regarde c’est pour ne pas tomber ou parce que je suis saisi

mais c’est l’impression la plus forte stagne en moi

il faut la relancer

alors je peins

la masse et ce que je cède

je me peins moi dans le paysage ce qu’il a impressionné


ainsi rirait le maitre de Fabienne Verdier , mais pour quoi t’obstine tu à peindre ça

 

attends le moment de la peinture

Bona Magangu, encre
Bona Magangu, encre

car la correspondance

aller l’Un dans le pas

se sevrer si le lait manque

et que serre l’autrui

 

gicle le froid

ces huitres de pailles

huttes prennent feu

le gel illustre

mixtur-bcn

tu me dis c

e serait

et

je me tais

attent

if

 

à la grande douceur qui irradie de toi

d’apaisement quand se repose la nuit

et que tes yeux beaux sont deux lunes

 

le clair pur

pour

un instant

j’ai savouré

tété de la tête

et opiné

du chef

réduisant le heurt

et âmement séduit

me suis amendé

dans l’accord

 

les cordes ont beau frotter

l’archet s’obstine dans les aigus

ou vaque dans les largeurs

il suffit de savoir

qu’une échelle fourche

qu’une fourchette elle

tandis que clé ronde

ouvre ou ferme à l’envie

que la vie picore ou coeur

cheveux à ras bain d’oeil

jupe verte fume t

elle

chemin qui fume oà

u hume par la voie

de bouche

ou voix

vox est libre

ou

sur le quai de gare

garre

un apétit

orange ou plut ôt

saumon

Matazo Kayama - Cranes
Matazo Kayama – Cranes

l’inatteignable fuite

se dilue

dans le ciel bleu

saumon

ou or ange

picore

sans or ni ange

se lève et grimpe

jah cob

compte les barres

les croches et

tombe de l’Escabeau

ladder

eche elle

est ce Elle à la maison

qu’elle ouvre

ech’ouvre sur elle e

t referme la bouch

e

sans ie

ni ouïe

une tête in

 

POESIE

en catalan

suppose

d’ouvrir

barreau après barreau e

n v

ertical

d’ELLE

arrondi crochette e

t

temp

ère

la

vapeur

 

lumi neuse

légumi euse

alumni

de lux apaise

 

lèvres pleine livre

en boucle

nu age effile le sang du ciel

absorbe

dans l’art

une bouche d’usine

quand la vapeur

du coal

poilue

finalement s’éteint

e

t qu’il e

st

l’heure

 

 

 

afinité

river le clou avec force

un poing sur le fer

un mot eut suffit à étayer la possibilité

entrevoir les étendues

couches étalées dans le mot

 

eut il fallut finir

avoir la clairvoyance

et éviter la chute

 

finalement être fidèle

qu’est ce que cela veut dire

garder le miracle

bien en vue le souffle coupé

anoner

et revoir ton nez

 

la musique de nous deux

ne devait jamais finir

elle continue aérienne

l’air dans mes poumons

manque le souffle oté

 

c’était de poésie

dont nous avions parlés

tu m’avais deviné

et je te regardais

voyant la profondeur

et l’espérance

de te revoir

 

en affinité

chaque rencontre

remettait sur les rails

la substance de nos paroles

nous étions si bavards de nos silences

 

 

 

mots-monde

ce sont les mots qui m’intéressent

m’interpellent

me font m’arrêter et remonter le cours

 

là immobile mais songeur

je me rends

compte

 

chaque mots est en soi une parcelle de la pensée,

un univers en soi sculpté trempé des pluies du temps

je m’arrête sur les mots , je traque les piste songeur

 

car je songe cela me permet de ne pas saisir,

B dirait être saisi se saisir ,

saisir tout seul comme les serres qui emportent est une voie sans issue , une fin ,

 

mieux vaut envisager et laisser courir le fil,

se tendre le long du trajet penser en trajet, le pas, le monde entier est rejoint dans le mot ce point lumineux à partir duquel voir succession interminable de rebond , la poésie défile le langage et tisse dans ce défilement s’interpose

 

le courant court

une faute de frappe détourne et une crue noie  une dérive, une rencontre

50_foley

 

une suite de mot ne construit pas une phrase mais détermine une orée de sens entoure la marque du pisteur

la musicalité du sens dans le monde nacrée dans la bouche désengage le monde

l’illumine

 

toujours la poésie se charge de ce poids qui est contenu, suggéré dans la langue sans qu’il n’y ait de clos ni d’espace assuré, le monde advient par ce qui n’était auparavant que mon regard mais s’offre au monde comme un souvenir informulé surgit et reprend sens ,

dans la rencontre le mot dépose les sens rencontrés et déploie le film de la vie traversé sur son seuil ramenant à soi le geste de délivrance

le mot est une carte rassemblée qui permet de se situer d’ouvrir le geste comme une main qui s’ouvre : tout s’ouvre et livre

 

l’énigme

 

ce son unique s’éploient comme une énigme de sens , le retenir au creux des mains permet la contemplation

la perte dans le renouveau

 

la symbolique du feu

l’ange

l’apparition et la musique

 

le  monde se dissous dans les ailes de l’ange,

de la flamme pure l’absence temporelle

 

la brûlure demeure

chaque mot une énigme

 

un visage une porte ,

cercle un nom d’incompréhension ferme

la peau cède à la pression

s’obtient dans le baiser

il faut être ému

féru d’étymologie

de conscience antique

 

le pécheur

près de l’arbre

se fie à l’hameçon

 

que peut bien vouloir dire ce qui est vu, à peine un sens une direction un toucher quand tout à coup s’enfonce sans coup de semonce

déflagration le sens est là

le feu prend

 

 

ce n’est que par la poésie Casa del respiro de spiritu sanctu que brille le matin dans les yeux d’elle que j’aime

Parce que mon sexe cette nuit a rivalisé cette nuit avec mon âme pour te tenir serrée toi dont je ne sais comment se fera la rencontre,  je me brille de tous les feux et s’incarne par toi la poésie, qui reste sur mon front, resplendissante.

La Lune sous le halo semble suspendue pendue au piton l’étoile du Nord, la broderie,  le halo, les brumes suscitées par la lumière disent que la nuit est de velours, cet écrin que j’ouvre en même temps que les jour, les grain de peau au filtre de l’eau, nécessaire en filet pur entrouvre la nécessité de comprendre la meurtrissure par la Poésie, les accords dansants de la lyre  quand Orion charretait – s’illuminant à l’infiniment nourrissant il était évident que la poésie était le seul chemin valable capable d’irradier la souffrance, pure dans la joie, la reconnaissance – l’illumination, cette cause première d’aveuglement, pouvait suivre mais dans le calme paisible la certitude alors même que les membres se livraient bataille un immense champs de bataille maintenait l’obstination à s’ouvrir et avec lui toi se fiat lux s’y fiant – certains du coté de la Russie ou résistance à l’ordre ou à la communion, à l’étendue finissante, au plus intime de son évanouissement, voyaient les corps célestes briller dans l’olivier et se lèvent dans le brin qui s’enflamme, la sensibilité cela voulait dire et dit toujours dans l’infiniment grossissant du présent par la bouche qui dit oui dans l’eau qui coule limpide de la blessure la sublimant permettant en refermant les chairs ce baume cette échappée dans la santé de dire non maladivement mais en commencement

la Poésie cela est de commencer

non de nier, d’actualiser

B Komorn frayère bleue, photo L>S

Tu, dans la main trace la fleur étoile, de bleu sur fond de blanc ce carreau s’adressant comme dans la conversation entre toi à moi aux hommes et nous faisant femme ramenant les jupes par Orion vers les genoux de l’Univers,

qu’est ce que ta souffrance ? ta meurtrissure laissée libre dans l’élan du Geste de la péri sphère cosmique l’équation ramenée au partage dont tu te trouves charmante ton Don donnant atteignant la réparation devançant d’un chouillat le hiatus, la hâte et les retrouvailles quand dans nos bras la nuit s’évanouit faisant place sous l’oracle à la lune.

Réveille ce qui souffle et respire ta voie lactée dans ta voix oculairement tes mains y pourvoient et glaise jetée à l’air pour mieux faire et dans ce moment présent de l’éternel

je me réveille et de la dureté de mon sexe l’irrigation cherchant à t’atteindre  traversant la nuit j’illumine de mes giclées la voie lactée, la vois tu ? le divin abreuvoir

Le palmier m’annonce qu’il fait jour et que je dois partir, je ne passerai pas l’aspirateur, quelle curieuse façon de te l’annoncer, mais je dois me mettre en marche

je prononce les mots, de grec s’accoudent à l’hébreu

ce n’est que de toi, dans mon corps, les étoiles

elles fulminent de te savoir non encore arrivée, je leur dis patience mon cœur, elle arrive, je lui envoie cette missive digne de l’impératrice mon balluchon pend à la lyre comme un présage tombé en lettre de feu du ciel ta présence est requise pour que je puisse me

consumer

assumer

m’emplir de lumière

ce n’est que par la poésie Casa del respiro de spiritu sanctu que brille le matin dans les yeux d’elle que j’aime

kérosène les Dieux se nomment en majuscule prémisse de la majesté

institutrice de nos Amours

naître n’est rien sans resplendir

t’écrire pour que brille et tes yeux et ma vie

vive

ποίησις

Mais celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l’oeuvre, celui-là sera heureux dans son activité (poiesis). – verset

Ἀριστοτέλης déclare vsou dans POIEiN par PRATTEIN ou contre 

Le verbe poiein, précise le philosophe français Maurice Blondel, «s’applique à toutes sortes d’opérations, depuis celles qui modèlent de la glaise jusqu’aux réalisations les plus hautes de l’artiste ou du poète. Mettre les mains à la pâte, sculpter une Minerve, incarner la pure poésie dans la précieuse matière des mots évocateurs et des sons cadencés, c’est toujours exercer ce métier de fabrication idéaliste qui a fait définir l’homme: homo Faber. Le premier jeu de l’enfant, c’est de manier les choses pour construire l’appui ou l’appartement de ses rêves. Et, à partir des outils les plus rudimentaires du langage et de l’industrie jusqu’aux créations les plus libres du génie, partout se retrouve une matière animée, transfigurée, sublimée par l’ouvrier humain, dominé qu’il est par le besoin de refaire le monde à son service et de réaliser un ordre répondant mieux à ses aspirations.»1

http://youtu.be/QdbOzgw4R4o

Σ’ αγαπώ

le songe de la lumière

La baie est ouverte sur la lumière, elle irradie,

Ce sont toutes les lumières au delà la forêt qui comme un prisme étend le visible dans une ardeur qui est à la foi et à l’éblouissement, l’idéal que chaque voilier en partance emmène s’il tient à revenir. De la fenêtre sans ombre l’idéal se fond dans la mer, les élancements de la pensée distingue des fonds sanglants avant que ne se durcisse la terre.   L’œil est pris dans les vagues et se dilue dans l’étreinte.

la quête de la lumière est brûlante.

Idéalement l’ombre dessine à trait distinctif, versant l’eau la figure d’une femme dans le feu se confond avec le filet de lu vase, la poésie, est ce un lin noir qu’elle destine au vent et à la chaleur ; carafe exquise les yeux sont de braise se doivent d’être dans le flot sombre, elle apaise l’air qu’elle attise le paradoxe lui font songer à la nuit quand elle est de jour.

Quand  je suis parti ceinturé par la voix et cherchant l’écho allant au centre de l’arc de pierre, un chien y passa sans s’arrêter mais bouscula le rire secoua la chaleur et posant La question, il n’était pas philosophe il ne faisait que passer, à ce frisson des dieux répondit les jets des pierres.

J’ouvris la fenêtre

L’éveil de la lumière prolonge tout ce que rappelle la pensée, la sérénité consacrée créant l’indubitable et  les formes aimées qui ont fini par devenir la voix comme la ligne le bouillonnement de la mer, le vol d’une pensée par delà la puissance des mains.

L’insondable et l’indéchiffrable aussi violents que le vent qui déroute.

Je fais quelques pas.

Incrédule je vois le sombre tomber, on nomme cette échappée la nuit, les paupières sont comme fermées sauf ce plissement où l’œil inscrit les étoiles, où même traçant un chemin celui du lait issu des mamelles et que je suis depuis l’enfance la nuit quand mes pas enfin remettent à la solitude et que le monde à son tour rassure, apparente fixité du temps l’espace donne la position quand en fait il engouffre.

La nuit je cherche le jour ou le songe que j’en ai.

Ton échappement, le signe de ton absence.

Est-ce que je ne parviens pas à te saisir, est ce l’angoisse de ne pas saisir, mon impossibilité à retenir lorsque tombe la nuit dans le rêve j’habite un monde obscur et le matin, je m’éveille et me mets à te chercher craignant fort de voir tomber le jour et surgir la nuit, le corps s’enfuit en même temps que s’éloigne le geste du jour, mes doigts secouent un sac de rêve pour en faire tomber des lambeaux, de  ton corps ta présence et le toucher et la brulure de tes yeux me raniment si ne s’éteignent ; ma main, mon œil qui aime agrippe la couleur, suscite la lumière comme une étincelle comme la buée que je voudrais enlacer de mes mains vives, tenir comme amour et entamer le pas, dans une pleine lumière d’un même pas riant sans que s’interrompe le rêve ni que s’efface l’embrassade.

Claire Je te vois hors de ces lignes , le corps à pleine bouffées s’emparer du réel.

d’un grand rire le chien se met à japper.

le beau jour

Il pleut, j’interromps mon travail, ma pensée se tourne comme une fente soudaine et elle baille ; cet éclat de lumière que la Méditerranée avait ce matin, tu te penches sur mes neurones et tu ouvres bruyamment, tu ressembles à la Grèce, tu démêles les feuilles et les sarments, tu renvoies à l’ordre du bleu du ciel, ce n’est pas le bleu, l’heure est striée de rouge  l’orange et un peu de vert picoré de jaune, les mésanges ou le bleu de la mer de loin se posent comme du pollen.

Un prénom russe est arrivé sur le chemin, il avait l’air fatigué, du creux des rêves à l’aube je lui ai donné une crêpe, il m’a donné des nouvelles de Pologne, il s’est mis à pleuvoir, la neige était dure, de la glace perlait du ciel, et l’eucalyptus a eu un haut le corps, je l’ai enveloppé dans le manteau ramené d’Ukraine, vers les creux du repos il est parti, laissant le soleil intact.

Mon réveil émerveillé a battu si fort que j’ai pensé à toi, en rabattant les couvertures, un volume de Trakl est tombé sur le tapis, je sais il n’est pas russe mais il a voyagé si loin, dans les trains à bestiaux d’avant-la guerre et si fort sur mes lèvres qu’il s’endormait aux ruses de l’occident quand tombe le sommeil, il revenait de Cracovie, craque où il y a vie, bâton dans les nœuds des bois au soir quand le froid m’embrase et que je pose le téléphone, murmurant comme un sédatif  :

Ô grandes villes
Bâties de pierre
dans la plaine !
Avec quel mutisme il suit
Le vent, l’apatride
Au front sombre,
Et les arbres dépouillés sur la colline.
Ô fleuves s’enténébrant au loin !
Angoissant
L’atroce soleil couchant
Dans la nuée d’orage.
Ô peuples qui meurent !
Vague blême
Qui se brise sur la grève de la nuit
Chute d’étoiles

Et puis le russe s’en est allé, le café avait une couleur du nouveau Mexique, au moins les feuilles jaunes cherchaient le cours du bleu, pour un instant perdu, étaient les feuilles, vert naissant du presque blanc chanter la naissance et je m’en suis allé fouler la terre, les herbes et le thym, grave et divagant, le soleil avait ton parfum celui dont tu pares la lumière et que tu peins inlassablement, qui a fini, peut être par se confondre avec toi ou est ce un leurre ?  j’ai compris le bleu qui n’est pas l’ombre mais qui recouvre, qui s’est posé sur les fenêtres.

J »ai saisi les filaments dans l’iris, j’ai regretté les étoiles et je me suis levé, j’ai marché d’un bon pas vers toi comme jeté un pull sur mes épaules, gentiment soulevé des perles et des tissus rouges, le blanc enlacé finement, rejoins les tissages des herbes avec la brise et les cuillères peintes, comme des visages au henné, palpitant  les icônes et les doigts du mistral dans la glaise.

Enveloppé des taches d’or suis tout imprégné du vert, mon corps dans le souffle, un parmi d’autres, arbre, j’ai bu la transparence, le poil tacheté du monde s’est mis à avoir soif.

ce n’était que le début du jour se confondait avec le temps, j’ai respiré jusque âme mes  pieds, conscient d’être dans le beau jour.

Il me restait à déposer mes hardes.

libre le chant

Attaché au mat ou couché dans la cale criant dans le noir comme l’effaré de Munch, ou dressé près du bastingage se confondant avec la poupe, un lot de corde lui faisant un tapis, question d’attitude quand souffle en tournoyant autours du mat gonflant la voile, débandée ou aspirant l’obscurité humide de la cale, vrombe cet envahissement cérébral et touchant à tous les pores faisant des nœuds dans les tripes, ce murmure siffle comme la bruyère sur la lande, grande houles calligraphique, la musique des sphères remontant de chez Hadès et le souffle tonne plus fort que le tambour d’une machine à laver ou les crins hérissés quand me touche le frisson de ta main, en spirale comme ébouriffé des vrilles ton nom se pare des hululements des sirènes, méandres labyrinthiques de la pensée, zèbres rendant fou le marin qui sautant par dessus  bord et dénoue les liens retords qui me retiennent noué au mat, enlacé à la poupe ne sautant pas comme Boutès mais confondu au murmure remontant de l’opaque, comme un bouchon de champagne la voix bouclée des muses débouche la clarté des pétillements de l’assoiffé qui assailli se laisse décoiffer de l’entrave, Toi qui me quimboise, fais sauter les clous des travées et du temps mécontent laisse s’inspirer à l’air, libre le chant.

la sonde sans qu’il y ait d’îles

Les mots comme une sonde ne s’éprennent pas des algues ni du plancton, les jambe plongées dans les fonds éclaboussent de vaguelettes , c’est qu’ils ramènent à la surface des cloques d’eau, poissons scintillants qui n’en sont pas, dont les oiseaux ne veulent pas, lumière qui brille que l’on prend pour l’immensité quand la douceur de l’humide se frotte aux jambes.

Pourtant si l’on collait l’oreille aux battements de l’eau comme on le fait avec une conque, on entendrait la respiration et le chant des baleines, on verrait la pieuvre se fondre doucement au sable, la sonde sans qu’il y ait d’îles ai-je dit, il remonte de ce calme comme une rumeur, les pieds ballants l’eau comme une pulsation, un peu au hasard sans même penser ramener sur la barque autre chose que ce qui agite le corps de ce tremblement, accordé au bleu quand il fait beau ou au gris ou à la pluie, vaste, comme à l’âme d’un homme qui vagabonde, sonde du bout des pieds attouchant ce qui peut bien être et qui me bouleverse, les pensée comme du vert trempé dans le bleu, qui flotte, touchant le soleil des cheveux et embrasant l’air chargé de feu, feu de l’eau qui ne peut éteindre mais qu’elle étend.

c’est à ce profond que l’impulsion cède quand l’onde sans qu’il n’y ait d’hameçon ni de piège, les yeux ne voient pas l’eau mais s’accordent à la rumeur qui même assis la fait ressembler à une baleine, trait enchainé à l’harmonie et se sentant si lourde de cette alliance qui l’amplifie, lui fait sentir le sens si profond, légèreté nouée de la tendresse, cette ligne si délicate qu’il saisit entre ses paupière, souffle ce mot à quoi se résume ce simple trait qui dérobe au jour ce qui le lie et fait trembler ce qu’il comprend.

Le mot enfin lui dit tout.

peinture Lamber Sav